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Fin de résidence au Liban

2 Juillet 2021 , Rédigé par Pereg

Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs
Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs
Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs

Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs

Vendredi matin, je démarre la rédaction de cet article, cet ultime article libanais dans un café à Rennes. Oui j’ai pris l’avion, j’ai pris le train et bientôt je rejoindrai les parents à Saint-Malo, dernière étape de mon retour libanais, première étape estivale. Je ne ferai pas de tour de France cette année, mais je compte déjà les jours. En effet, je n’ai que 28 jours de présence sur le territoire métropolitain avant mon envol vers ma prochaine étape le Viet Nam. Mais avant de penser à  la suite, il me paraissait important de clôturer proprement ma résidence libanaise. Je n’ai pas eu le cœur ni la motivation d’écrire un article dimanche dernier. Je voulais profiter pleinement de mes derniers jours à Beyrouth. D’ailleurs on pourrait me dire que je n’ai pas fait grand-chose récemment, ce serait vrai. Mais il était nécessaire de poser un peu les choses. Mon carnet du quotidien à son importance, mais l’écriture de mon blog, de son aboutissement était une nécessité absolue également.

Après un weekend dans le nord, la semaine de travail avec les élèves m’a paru tellement désuète. Plus de motivation, plus de force pour travailler, une concentration dissolue. C’est bien normal quand on arrive fin juin, que le cœur n’y soit plus. Les dernières notions de travail ont été un peu fun, mais pour autant ça ne suffisait pas, leur esprit n’était plus là. Le mien non plus d’ailleurs d’une certaine manière. Mon lak, celui que j’ai connu dès la première année a bien disparu. Les journées de formation avec le départ combiné de plus d’un quart de l’effectif me confirme que le vent a clairement tourné. Je quitte ce lycée où beaucoup de choses ont changé, la plupart des collègues que j’affectionne quittent également, d’autres restent, mais je sais bien qu’une nouvelle année avec tous ces changements, ça aurait été délicat.  Je n’en reste pas moins marqué et bienheureux du travail accompli, avec les enfants et les collègues, de la coordination aux réunions EPS, ce lycéen, cette famille reste la mienne.

La vie quotidienne était pensante aussi, même si j’avais plaisir à aller à l’école, on rentre à la maison, pas d’électricité et cela pendant 12h sur 24h, pas de clim. Dans la rue du bordel avec les stations-services qui font de la rétention et des files d’attente à n’en plus finir… Oui Ce fut fou, délicat, bordélique, mais je crois que mon départ imminent m’a fait m’y accommoder en me disant, « c’est la fin, je peux faire avec car je pars bientôt ». Je ne sais pas si j’aurais été dans le même état d’esprit pour une année de plus… Je ne serai pas resté dans cet appartement, j’aurais cherché ailleurs. Mais s’il y a bien un choix que je ne regrette pas, c’est d’être venu habiter là avec Marc et Fady. Marc a géré son Covid, Fady est revenu pour l’été. Ils ont eu un geste génial et ce tshirt qui résume nos mois de cohabitation est un vrai plaisir. Après Belle et David, cette seconde réelle colocation libanaise fut profitable pour le meilleur, ils ont rendu ma vie bien plus agréable, ils ont fait de mon quotidien cette joyeuseté à partager. Le dernier verre hier soir devait aussi être pour eux, comme une évidence.

L’euro 2020 a rythmé mes derniers jours, une grande compétition sportive trop tôt achevée pour le groupe France, un huitième de finale contre les suisses qui la méritent amplement, mais j’avoue que ça pique encore… Une première depuis 2010, une sortie de route qui j’espère remettra la France sur de bons rails pour la coupe du monde 2022. Je le regrette surtout pour Ngolo Kanté que je vois privé de ballon d’or en fin d’année, si les anglais ou les belges vont trop loin. Ça me fend le cœur, mais j’ai envie de voir l’Italie aller loin, mais cette compétition peut réserver de belles surprises, la Suisse, l’Ukraine ou la République Tchèque. Le football d’accord, mais il y a aussi les Habs en finale de Stanley Cup rudement menés, la NBA dont la finale à venir me paraît clairement indécise. Le vélo aussi avec le Tour de France et ses quatre étapes bretonnes. La famille est allée la voir, ils ont eu raison. J’aurais fait de même si j’avais pu. C’est toujours spécial d’avoir le plaisir de la caravane dans la région, il faut simplement en profiter au maximum.

Après cette digression d’animation, car mes soirées se sont plus passées au bar qu’autre chose, j’ai la sensation d’avoir achevé mon périple libanais de la manière souhaitée. Une dernière plage à Sour, cette eau est si belle. Une dernière balade à Saida, se perdre dans ses rues est toujours un délice. Raouche et la Corniche comme une ultime marche dans Beyrouth, une dernière bouchée à Mezian. Ma ville, Beyrouth, celle qui m’a tant offert, fait découvrir et évoluer. J’ai rencontré plein de personnes formidables, qui resteront dans ma vie pour toujours. Je me suis fait tatoué le cèdre, arbre millénaire symbole de ce Liban historique, et dont la nature foisonnante a tellement à offrir. Ce pays, je le quitte, je ne sais quand j’y reviendrai, si j’y reviendrai, mais il m’est encore trop difficile de pouvoir dire combien cette première résidence m’aura marqué.

Yalah Bye, Behebak ya Lubnan, Beirut, madinati hebik ktir.

Au revoir mon Lak.

Au revoir mon Lak.

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Paris sportifs, première dose et Qadisha

20 Juin 2021 , Rédigé par Pereg

balade dans la Qadisha

balade dans la Qadisha

Dimanche soir et minuit vient de sonner à l’heure où j’écris ces premiers mots. Ce long weekend aura eu raison de mon écriture pour le meilleur assurément. En effet, après une nuit dans un couvent, après une balade dans Trablos, retour tarif à Beyrouth pour une soirée au calme sans pour autant avoir eu la possibilité de prendre le temps de poser mes mots. Même si le réveil sera tôt, je ne voulais pas déroger à ma règle d’écriture. Un article court n’en reste pas moins un article et de ce côté, j’ai toujours le plaisir d’écrire. J’ai d’ailleurs en ma compagnie mon carnet d’écriture pour clore mon périple libanais dans lequel je ne manque pas de noter à chaque fois ce qui me passe par la tête. Comme durant mes colos, ce carnet un peu spécial n’en reste pas moins un outil nécessaire et la coïncidence d’avoir fini le grand pour me permettre d’avoir celui-ci pour les derniers jours n’est vraiment pas pour me déplaire. Je n’en reviens d’ailleurs pas vraiment car il me ne me reste même pas deux semaines. Un dernier et ultime weekend, qui se passera à Beyrouth, et nulle part ailleurs.

C’est aussi pour ca que ce weekend, le pénultième, était celui qui permettait de partir, une dernière fois, dormir un peu plus loin. Il y avait une expérience dont on m’avait parlé, mais dont je ne m’étais pas réellement occupé avant de me dire qu’il serait temps de le réaliser. Aller dormir dans la Qadisha dans un refuge, autrement dit, un monastère. Car oui, dans cette superbe vallée, mon endroit favori du Liban, plutôt que de le faire simplement dans un hôtel à Bécharré, l’idée était de faire une randonnée, rejoindre un monastère, y dormir et reprendre la marche le lendemain. J’étais donc rentré en contact avec différents endroits avant d’en choisir un, Notre Dame de Qannoubine. Départ vers midi, repas et baignade à Enfeh, puis montée dans la vallée. Voiture posée à 18h, avec la confirmation que la marche sera close avant la nuit, il était temps de partir. Et faire un moment pareil, au calme, faire cette soirée non de recueillement mais de repos, était un programme pleinement alléchant, je dirai même nécessaire. La vue étant folle, ce calme plus que bienvenue permettait de prendre du recul une dernière fois sur tout le séjour que j’ai pu faire ici. Au matin, départ après la messe des nonnes, non je n’y ai pas assisté simplement attendu leur fin pour un retour vers la voiture. Une nouvelle balade dans la vallée, un monastère orthodoxe à visiter avec de jolis escaliers. Passage rapide à Trablos pour une dernière vue de la citadelle, de la foire et son vide absolu. Ce weekend au nord avant d’attaquer la dernière semaine avec les élèves, m’a permis de cocher toutes les caches de ma wish-liste, de tous les endroits que je souhaitais découvrir dans le pays. Je n’ai pas tout vu, je n’ai pas tout fais, mais je peux clairement affirmer avoir découvert le Liban du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Bien sûr Nakhoula et sa région ne me seront pas accessibles, ni la barrière de St Antoine, mais qu’importe. Ce Liban je l’aime et il me reste encore dix jours pour profiter des gens auxquels je tiens.

Ces derniers jours à la maison, je n’ai eu que deux préoccupations, la première est réalisée, la seconde sera peut-être plus compliquée, mon vaccin et ma moto. Je m’étais enregistré sur Covax, et c’était forcément délicat de voir comment les choses évolueraient mais j’étais bien déterminé à prendre ma première dose ici, pour avoir la possibilité de faire la seconde en France et surtout éviter si possible, les trois semaines de quarantaine en arrivant au Vietnam. On m’a dit de me présenter le 16 juin à l’hôpital Rafic Hariri au Sud de la ville avant midi. Il n’était pas 9h que j’étais sur place et j’ai eu le droit à ma dose d’Astrazénéka. Mais quoi ? Tu as fait une dose de ce vaccin alors qu’en France il te serait interdit ??? Oui je sais, mais c’était le seul que l’on me proposait ici. Déjà, je m’en sentais soulagé. Je l’étais moins le soir par la puissance de la réaction au remède. 24 heures intenses ont suivi, entre fatigue violente, fièvre, tête qui tourne et plus encore, j’étais mis ko. Mais depuis, j’en suis surtout soulagé car j’envisage la suite avec confiance. Si je peux faire la seconde avant le 8 juillet, je pourrais donc être le 22 officiellement déclaré immunisé et donc envisagé plus sereinement la découverte du Vietnam à suivre. Tout peut encore changé, mais une semaine en chambre d’hôtel ce n’est pas la même chose, financièrement bien-sûr, mais moralement surtout. On verra, le mantra libanais me reste.

Ces jours-ci, l’euro2020 de football reste l’évènement le plus important que j’ai envie de suivre au quotidien, sportivement d’abord car les matchs peuvent être intéressants, et le sommet France-Allemagne a été un match magnifique à vivre au pub. Une régalade collective, de force, de sérénité contre une équipe qui nous réussit plutôt bien, mais qui a permis de tester aussi la qualité de ces 26 bleus. Depuis la France a fait un nul contre la Hongrie et bien qu’elle a son destin entre les mains, n’est pas garantie d’une suite de tournoi plus facile. Pour pimenter mon suivi de cette compétition, je me suis mis à parier sur les matchs, ce qui m’a plutôt réussi d’ailleurs globalement, mais j’en reviens à présent à privilégier l’équipe qui me rapportera, non pas celle que j’ai envie de voir gagner. Du coup, je peux faire choux-blanc, comme avec les bleus. Les italiens m’ont bien aidé, j’ai été impressionné par leurs qualités collectives, mais seront-ils au rendez-vous en élimination directe ? Nous le verrons bientôt. Ce petit ajout, pourra se faire à nouveau sur des compétitions bien particulières, mais avec parcimonie, car ça reste de l’argent.

J’ai fini ma première page et je commence à bailler à m’en décrocher les canines… J’ai regardé le score désastreux de l’abstention aux élections du jour, de voir la Bretagne plutôt coloriée en rose me fait plaisir, le national ne m’intéresse pas. Les Suns semblent se diriger vers le match 1, et moi vers le sommeil. A bientôt

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Football, massage cardiaque et cas contact…

13 Juin 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche matin, j’attends de faire un test rapide car mes maux de têtes d’hier m’ont convaincu de ne prendre aucun risque et de faire un test ce matin. Un de mes colocs était à un mariage le weekend dernier, il y a passé du bon temps. Cependant il a côtoyé un cas positif, et l’est devenu lui-même mercredi… Du coup, je me suis retrouvé cas contact et ça implique un aménagement assez fort de ma vie quotidienne. J’ai dû être remplacé à l’école et je ne pourrai y retourner que le 22 juin si tout va bien d’ici là. Mais les sorties sont aussi limitées, il en est de même de mes activités. Si je devais m’en attrister je ne serai pas rendu, pourtant c’est bien le cas malgré tout. Ça me peine de me retrouver confiné à nouveau alors que mon séjour libanais se termine.

Être cas contact, ce n’est pas fun, mais la journée d’hier a donné son plein sens à la maladie et la tristesse qu’elle peut provoquer... Durant le match de l’euro Danemark-Finlande, un homme s’est effondré sur le terrain. Christian Eriksen. La même chose avait eu lieu durant la coupe des confédérations en 2001 et Marc-Vivien Foé, lui n’avait pas survécu. Le danois, après avoir reçu un massage cardiaque, a pu être évacué à l’hôpital, et semble se remettre doucement de son malaise. Tout est heureux. Le football a progressé dans la prévention et le soin des cas cardiaques qui sont malheureusement encore trop fréquents. Mais la réaction de ses coéquipiers l’entourant, de ses adversaires, du public, tout cela dépassait évidemment le choc terrible de ce malaise. Le football a repris après avoir reçu des nouvelles rassurantes, et le score au final est anecdotique.

L’Euro a commencé vendredi soir par la victoire italienne sur la Turquie, la France ne jouera que mardi face à l’Allemagne, je pense que nous allons gagner mais on ne sait jamais, il est encore trop incertain pour savoir ce qu’il en sera. Notre équipe est belle, mais une compétition peut parfois réserver des surprises et je me dis que le plus important est de voir de beaux matchs, même si bien sûr une victoire des bleus après la défaite en finale en 2016 serait toujours plus beau. Le tournoi démarre à peine, je vais regarder quelques matchs du premier tour et le reste du mois de juin sera rythme par la compétition. Je ne m’interdit rien pour autant, et hormis ceux des bleus, ce n’est pas si grave si je ne suis pas devant tous les matchs de la compétition. C’est vraiment plaisant de retrouver des stades remplis, des ambiances festives, et un peu de qualité sur le terrain. Cependant mon temps libanais est limité et je souhaite aussi en profiter au maximum de ce qui m’est donné. Alors je dois jongler avec mes possibilités pour toujours fonctionner avec le sourire.

Ces derniers jours, les files d’attente devant les stations essences se sont allongées, le dollar est reparti à la hausse et les tensions rejaillissent… Oui le Liban a ce côté poudrière et la crise actuelle continue de creuser le fossé. Il est difficile de prédire ce qui peut arriver, mais je ne vois pas la situation s’améliorer. Les temps sont délicats pour les libanais, même les cafés à présent sont obligés de laisser des moments sans électricité, ils ne peuvent pas toujours en fournir. Tout parait bien calme en ce dimanche matin, mais pour combien de temps ? … Je ne veux pas être pessimiste mais voir des gens passer des heures aux stations essences n’augure vraiment rien de bon.

Hier, pour me changer les idées, j’ai été plongé dans une douce mélancolie musicale, en écoutant des chansons de territoire, de terroir presque. Je ne parle pas du vin mais vraiment de la terre où l’on a pris racine, cette terre qui nous a fait grandir. L’identification est toujours forte même si ce n’est pas la Bretagne. De la Corrèze au Sud, des corons à la Savoie, l’attachement à un endroit est toujours évocateur pour celle ou celui qui est loin de chez lui. L’écho de la vibration de ces chants m’a aussi ramené vers le peu de temps français que je vais avoir cet été avant mon nouveau grand départ vers l’inconnu. A l’heure où le nationalisme sportif prime sur la vie quotidienne, à l’heure de vibrer aux mouvements du ballon rond, je sais que je suis français, mais aussi un breton loin de sa terre natale.

Une balade que j’ai pu faire, m’a ramené à Guiscaër. En effet je suis allé à Tanayel, dans une ferme pédagogique. Aller voir des vaches laitières, la salle de traite et les pâturages n’était en rien nouveau pour moi, mais je sais bien que pour mes élèves, rien de tout ça ne pourrait sembler évident et il serait donc intéressant qu’isl puissent aller découvrir une ferme, et tout simplement d’où vient le lait qu’ils boivent. Je doute que la moitié le sache. L’odeur si caractéristique des bovins, le foin et l’étable, cela faisait bien longtemps. J’ai eu en revanche mal au cœur en voyant que ces belles vaches avaient toutes des colliers électriques, les empêchant de meugler à leur bon vouloir. Je ne sais pas si c’est réellement autorisé en France, mais cette pratique d’impulsion électrique si l’animal se met à crier ressemble pour moi à une forme de torture. Je ne suis pas un expert animalier, mais je me mets simplement à leur place, si au moindre son, on reçoit un choc électrique….

L’électricité est tombée à 10h00 et je n’avais pas pris le temps depuis de reprendre la fin de l’article de la semaine. Le Joker n’a pas encore perdu à Rolland, les anglais ont battu les croates et je vais suivre les matchs de la soirée. La chaleur de ce dimanche m’a quelque peu écrasée, rien de surprenant car même après trois ans mon corps n’est toujours pas habitué. Ou peut-être est-ce dû aux quelques pintes ingurgitées sous le soleil de plomb, je ne saurai le dire. Mais le sourire reste le même et à l’heure de terminer cet écrit je sais que je suivrai pleinement la soirée sportive.

Une nouvelle semaine à faire à la maison, mes élèves seront en classe avec ma remplaçante pendant que j’assurerai la liaison en ligne. Nous sommes vraiment passé à un autre enseignement, et il me tarde de retrouver mes pitchounes en classe. Ce sera après la fête de la musique et d’ici-là, de nouvelles péripéties. Encore 3 semaines…

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Messe, carnet et électricité

6 Juin 2021 , Rédigé par Pereg

Messe du matin

Messe du matin

Dimanche soir, cantina sociale, un vert de blanc mouawad sur la table et les écouteurs avec des podcasts dans mes oreilles. Un dimanche soir fort agréable pourra-t-on me dire et c’est clairement. Le mec il est dehors, il est dans un café/resto et il se la coule douce. Oui, on pourrait me le dire ainsi c’est vrai. Mais on peut aussi voir le pendant un peu moins positif. Car si je suis dehors, c’est aussi car je n’ai pas la possibilité d’avoir H24 d’électricité à la maison. En effet, nous en sommes à présent à parfois jusqu’à 12h de blackout sur 24h… C’est long… C’est un euphémisme que de le dire. Je n’y peux rien, ce n’est pas faute d’avoir essayé de voir avec le comité de l’immeuble pour réduire au minimum ces plages horaires. Seulement comme tout est lié à l’argent et que l’argent fait défaut, mes voisins font le dos rond. Avec mes colocs, nous subissons car nous pouvons nous permettre l’augmentation du prix de l’essence. Il semble que ça ne soit pas le cas de tous nos voisins. Ainsi au lieu de passer mon temps dans l’appartement, je vais donc le passer à l’extérieur sur ces plages horaires qui me seront défaillantes… Ma cantina sociale ce soir, n’est que le reflet de la difficulté de vivre ici, avec la joie du rire des gens qui sont de sortie. Ce mélange doux-amer correspond parfaitement à une mélancolie du dimanche soir.

Un peu de repos avant d’enchainer une nouvelle semaine, chaotique comme à son habitude à l’hybride qui amène des particularités pour les enfants. Avoir des petits groupes en classe est toujours un plaisir, mais aura-t-on la possibilité d’avoir une classe entière d’ici la fin du mois ? Je ne crois pas. Au fond qu’importe, car en ce mois de juin, mon travail, même s’il est toujours réalisé avec ardeur et bienveillance, n’en reste pas moins relégué au second plan. Entendons-nous bien, il occupe la plupart de mes journées, mais une fois que je sors de l’école, je n’y pense plus avant le lendemain et j’ai suffisamment de temps pour me consacrer à d’autres choses. Des sorties, des restaurants, visites, des lieux. Rien de réellement nouveau finalement dans ce que j’ai fait cette semaine, mais le plaisir de partager des moments heureux.

Carpe diem, je me le répète inlassablement car sans abuser, j’en souris à pleines dents. De Badaro à Hamra, la vie a vraiment repris son cours. C’est à la fois satisfaisant et étonnant. Jeudi soir alors que je voyais les bars pleins, deux pensées contradictoires me sont clairement venues… La première fut la satisfaction, la seconde l’étonnement et l’inconfort relatif. Oui, car côtoyer des gens, faire des sorties et ne pas être le seul à la faire, une nouvelle vie sociale triomphante, il y a de quoi se satisfaire. Mais à côté, et à mon grand étonnement, j’en suis à venir à non pas m’en plaindre mais à être mal à l’aise de croiser autant de monde. Pas de distance sociale ou peu, des gens qui se parlent à distance oubliée. Je ne m’en moque pas, je fais de même d’ailleurs et c’est là mon inconfort le plus important. Je le fais d’accord, mais voir les autres faire de même me gêne. On appelle ça de l’égoïsme. Il me faudra donc retravailler mes compétences sociales. Je suis allé cette semaine aussi une dernière fois au rugby. Non pas pour jouer mais assister et aider à l’entrainement. Avec mes doubles hernies discales, il m’en presque impossible de courir. J’ai eu plaisir de revoir les gars, faire à nouveau parti de cette équipe et j’aurais aimé pouvoir donner plus, mais ce n’est pas à moins de quatre semaines de mon départ que tout changera. Cependant, ce petit bonheur, je le reprendra assurément au Vietnam si la possibilité m’est donné, je la rechercherai en tout cas.

En ce 6 juin, deux évènements peu communs ont eu lieu. Tout d’abord j’ai fini mon carnet d’écriture. En plus de mon blog, j’écris de manière régulière dans ce carnet qui est le mien. Le sort a voulu qu’en terme de timing, ce soit juste parfait. Démarré le 30 août 2014 à l’aube de ma première année scolaire officielle et mes premiers élèves, je termine ce carnet après avoir réalisé la première aventure à l’étranger dont je rêvais depuis le début. Cet achèvement m’amène à présent de nouvelles perspectives. Je savais vouloir vivre à l’étranger, je vais continuer sans savoir où le vent me portera après ce nouveau cycle de trois ans. Il y a des projections qui ne doivent pas être réalisées. De Bordeaux à Beyrouth, de Fronsac à la SEGPA, j’ai beaucoup évolué, j’ai visité de nombreux pays, appris de nouvelles langues, rencontré des personnes formidables. Mes carnets ont toujours eu ce rôle de décharge émotionnelle, faits pour être écrits, non pour être lus. C’est là tout le paradoxe. J’ai besoin d’écrire, de vomir les mots, de me libérer de mes pensées, mais pas de les relire, même si ça a pu arriver. Alors pour ne pas rester sans rien d’ici à mon départ, j’ai pris le parti de faire comme durant mes colos, un carnet du quotidien, une double-page par jour, pour clore ce chapitre si particulier de ma vie. L’idée en tout cas me plait beaucoup.

Ce matin également, je suis allé à la messe. Oui, après avoir été à la mosquée pour l’Eid, je me suis dit que je n’avais pas fait les choses pleinement côté religion. J’ai donc voulu réparer cette erreur qui n’en a jamais vraiment été une, mais de passer à l’église. Ce matin direction Mar Maroun, un peu au sud de l’hippodrome. J’ai omis de le préciser, mais l’intérêt était aussi que la messe était en langue vernaculaire, c’est-à-dire en arabe. Plus qu’en libanais d’ailleurs, car quand on lit les écritures saintes, le fusra est la priorité. Je n’ai pas tout compris, mais la cérémonie est bien différente de chez-nous. Plus courte, plus liturgique et peu de chants. Au moment de la communion, je n’ai pas tellement hésité, je n’y suis pas allé. Je ne suis pas croyant, je suis agnostique et je le ressens toujours comme un peu un défi si une personne comme moi, s’octroie le droit d’aller communier. La population ressemble à celle de nos églises, une population principalement vieillissante, mais j’ai pu voir des jeunes, des couples de moins de trente ans, ou des adolescents, venus seuls, délibérément. Je ne me rappelle pas l’avoir vu en France si souvent. Ou plutôt, je ne me permettrait pas de parler d’une chose que je ne connais plus. Car oui, la dernière messe, pas une célébration à laquelle j’ai assisté, date de 2016 à Saint-Malo. Ce passage que j’ai voulu obligatoire m’a plu, mais je ne rééditerai pas. Une chose est sûre cependant, j’ai enfin réellement rompu l’association langue arabe=Islam.

Mon article touche à sa fin et la fatigue monte doucement, il va être temps de rentrer à la maison, une tartine et au lit, car je n’ai besoin de rien de plus ce soir. Un peu de musique encore une fois, je ne m’en lasserai pas. Plus que vingt-cinq jours.

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Formation, électricité et clap de fin

30 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche matin et déjà la chaleur est fortement présente. Il fait au moins 23/24 dans l’appartement alors que le soleil n’a pas irisé au travers des vitres du balcon. Le générateur tourne à plein et ce n’est pas possible de mettre la climatisation si le sèche-linge n’a pas encore terminé. Il faut donc voir ses priorités. Alors on s’est donc mis d’accord avec les gars pour cibler le plus important. Le linge d’abord, ensuite, éventuellement, on rafraichira les pièces. Ces derniers jours, la nouvelle est tombée. De fortes restrictions sont venues poindre leur nez. Alors que l’électricité du Liban ne fournit plus que 24h sur 48 en alternance toutes les 6h plus ou moins. Le générateur a donc besoin de repos. Une heure entre midi et deux, une autre entre cinq et sept, et de minuit à 6h du matin. Oui on peut le dire, c’est contraignant. Mais il n’est nullement question de choix. C’est ce que le comité de l’immeuble a décidé. En bon râleur en chef, j’ai donc écrit directement au comité pour demander pourquoi nous n’avions pas été consulté sur la décision. Les propriétaires l’ont été, pas nous. Autant les deux premiers créneaux dans la journée me semblent des contraintes acceptables, la nuit beaucoup moins. Car on peut être dehors en journée, mais de nuit, c’est bien plus difficile. J’ai donc demandé à poursuivre les soirs de fin de semaine, vendredi à dimanche, jusqu’à 2h du matin. Car minuit c’est quand même hyper tôt… Réponse du comité, ce sera 1h du matin, car notre générateur n’est pas en automatique… C’est déjà ça. Je pense que sur du plus long terme, je ne suis pas sûr que j’aurais trouvé ça acceptable, mais pour mon dernier mois, je m’en contenterai. Je sais combien la situation est difficile pour les libanais actuellement, et moi je ne cherche qu’à profiter de ma situation personnelle.

C’est tout le paradoxe dans lequel je suis plongé et avec lequel je me bats malgré tout.  La crise économique, violente, terrible pour la plupart des libanais me permet à présent de rendre possible de nombreuses choses au Liban. C’est fou, mais j’ai un pouvoir d’achat le plus élevé que je n’ai jamais eu. Alors j’en profite, et j’ose quelques excentricités. Cette semaine par exemple, après une virée au nord, arrêt dans un resort, C flows, du côté de Jbeil pour mon dernier jour férié libanais. Ça m’aurait semblé inenvisageable de faire ce genre de choses avant, mais c’est 25€ à présent, alors oui c’est faisable. Nul besoin de le crier sur tous les toits, je me voyais mal d’ailleurs le poster sur les réseaux de manière trop prononcée car mes collègues ne peuvent plus se permettent ce genre de loisirs. C’est là mon problème. J’ai envie de le partager, la retenue me semble pour autant nécessaire quand nombre de personnes que je connais ne peuvent en faire autant. Il me reste encore cinq semaines. On peut le dire autrement, il ne me reste que cinq semaines. J’ai fait à peu près tout ce que je voulais dans ce si beau pays. Des balades nature à n’en plus finir, des restaurants délicieux, des endroits paradisiaques. Je n’en finirai jamais, il y a aussi tous les gens que j’ai côtoyé, profiter encore jusqu’au bout. Bref ce qu’on appelle la vie, le sourire restera jusqu’au bout avant le chapitre suivant.

Cette semaine avait un goût assez particulier aussi, car j’ai eu le plaisir de partir en formation. Non pas en ligne, mais en présentiel. J’ai découvert un nouvel établissement homologué, le collègue Notre Dame de Nazareth, il m’a fait beaucoup pensé à l’ancien LAK, avec de l’espace disponible. La situation sanitaire n’a pas réellement permis aux enfants de pouvoir s’exprimer physiquement, mais quand je me rappelle les espaces disponibles dans l’ancien lycée, le nouveau est vraiment petit à côté et c’est tellement dommage pour ça… Alors mercredi et jeudi avec des formateurs que je connaissais déjà pour les avoir rencontré en soirée. J’ai apprécié de me replonger dans le bain de la discussion pédagogique, de réfléchir et discuter sur les perspectives et les visions d’enseignement. Comme une piqûre de rappel que je suis bien français et ma vision de l’enseignement de l’EPS aussi. Oui, s’il y a bien un mot que j’ai banni de mon enseignement, c’est le mot compétition. Pour mes collègues libanais, il est le cœur de leur réflexion. Une divergence si grande qui me ramène vers les difficultés auxquels j’ai été confronté avec l’intervenant d’EPS de chez nous. Oui l’EPS n’est pas du sport, nous ne sommes pas des coachs, mais des enseignants. Le but étant la pratique du plus grand nombre et leur plaisir de progression. Qu’importe s’il y en a des meilleurs que d’autres, si tout le monde prend du plaisir.

Je ne forme pas des athlètes, mais je joue avec des enfants et leur transmets aussi le plaisir de l’effort. Ils ont assez de leurs parents, de leurs clubs, de leur environnement pour ne pas faire de l’école un terrain de bataille. Je suis breton, je suis français, pas libanais. Je n’ai jamais eu besoin d’être confronté aux difficultés que mes collègues ou mes élèves ont pu vivre, mais ce n’est pas pour autant que je cautionnerai le classement du meilleur. C’est assez candide sûrement, mais c’est aussi ma manière de voir les choses. J’ai fait professeur des écoles pour enseigner le plaisir d’apprendre, le gout de la découverte, de la curiosité et de l’effort. Je sais bien que la vie est un monde de requins, mais ce n’est pas une raison de faire de la classe une compétition.

En parlant de sport, et non plus d’EPS, j’ai fait de belles marches récemment, il faudrait d’ailleurs que je me fasse une longue randonnée, une dernière, je vais voir ça. Mais ce n’est rien comparé au programme de ce dimanche soir. Vannes en demi-finales d’accession au TOP14. Manu a eu sa place pour la Rabine ce soir, et j’espère vraiment que mon cher club de rugby gagnera. C’est fou de penser d’ailleurs qu’ils en sont capables alors qu’il y a à peine cinq ans, ils étaient encore en fédéral. Ce club prend son temps et se donne le droit de rêver. La ligue ne nous prend pas au sérieux pour autant en plaçant la finale à Montpellier, j’espère que le RCV pourra leur donner tort. Nantes joue son maintien en Ligue 1 ce soir aussi, à la même heure. A défaut de voir l’un ou l’autre, je serai de sorti pour justement ne pas m’énerver devant un écran. Il y a des combats dont je préfère uniquement avoir le résultat. Dimanche au calme. Au repos car ça ne m’est pas arrivé depuis longtemps.

Le mois de juin pointe le bout de son nez, j’ai du mal encore à réaliser que c’est le dernier. Un peu comme cette histoire dont j’approche de la fin. Mon filleul m’avait conseillé de découvrir « l’attaque des titans », un manga très intense et j’avoue que j’y ai plongé avec délectation. La fin arrive et je me demande encore comme les choses vont tourner. Je ne pensais pas pouvoir accrocher de manière aussi intense à une nouvelle histoire. Après Saint Seiya, Captain Tsubasa, Berserk ou One Piece. Cette œuvre a de quoi nous ravir et je resterai alerte sur de nouvelles parutions, je ne cesserai d’être étonné. Il est l’heure de rejoindre Pool d’Etat, Beyrouth and Chill, Pura Vida !

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Ecole, eurovision et hernie discale.

23 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Les grands gagnants de l'année.

Le verdict est tombé… Second ! Voilà depuis 1991 que la France n’avait pas été classée si haut au concours de l’Eurovision. Barbara Pravi avec « Voilà », une Edith Piaf nouvelle génération avec une puissance vocale et une prestation sobre et impeccable. Une très bonne nouvelle, et le plaisir de voir la France trustée les premières places car honnêtement depuis que je m’y intéresse, ça n’était pas vraiment arrivé. Cette performance aussi remarquable soit-elle n’a pas eu autant la faveur du public que la férocité italienne. Ils avaient la faveur des bookmakers, ils ont eu le vote du public. Seconde après les votes du jury, seconde des deux précédents, notre chanteuse aurait presque pu effacer Marie Myriam des tablettes, mais ce ne sera pas pour cette année. Mon esprit de compétiteur invétéré a été mis à mal par le stress des votes du jury. Finir second c’est bien, mais derrière l’Italie, ça pique ! Ce n’est pas d’être mauvais joueur que de le dire, mais il y a des pays contre lesquels la défaite est insupportable, et face aux transalpins, il n’y a pas débat, c’est toujours douloureux, ce n’est pas 2006 mais quand même. Ce fut cependant la meilleure édition depuis fort longtemps.

Après une édition 2020 sans concours, retrouver la compétition fut super plaisant. Beaucoup d’énergie sur scène, des prestations impressionnantes, de l’Ukraine à la Finlande, j’avais aussi mes préférés. Il n’empêche que le mode de désignation du candidat chez nous s’est amélioré. C’est devenu un vote du public et rien que pour ça, c’est un peu mieux. On peut espérer voir des chanteurs ou groupes de qualité vouloir aller défendre les couleurs françaises au concours. Barbara, j’espère, ne sera pas une étoile filante au rang de bonnes prestations françaises. Voir plusieurs fois les « 12 points » sortir pour notre chanteuse fut un bonheur éphémère. Tout fut chamboulé avec le vote du public et elle n’a pas assez convaincu pour des européens qui voulaient renverser la table, ils l’ont bien fait ! Le vainqueur ne vient pas de n’importe où. Le festival de San Remo est la porte d’accès italienne. Un grand show présentant une partie de la nouvelle scène azzuri. Ce n’est donc pas surprenant de voir que sur les onze dernières éditions, l’Italie a donc fait 8 top 10, 2 fois second et le Graal cette année. Mahmood aurait dû gagner il y a deux ans d’ailleurs. Quand on est aussi bon chaque année, la victoire devient inéluctable. L’an prochain le concours aura lieu de l’autre côté des Alpes. Le suivre sera fort différent car au Viet Nam, le décalage horaire n’induira surement pas la même ferveur. Mais je reste un inconditionnel de ce concours. On dira ce que veut, mais l’Eurovision a rendu concret musicalement, la fête européenne. C’est un élément constitutif de notre identité européenne, il n’y a donc pas de surprise à voir cet évènement être le show musical le plus suivi au monde.

En dehors d’une musicalité toute particulière, cette semaine fut au combien importante. J’ai eu à nouveau des élèves en classe. Oui mes pitchounes sont revenus en demi-groupe. 9 puis 10 présents, car certains parents ont choisi de laisser leurs enfants à la maison. Quel bonheur de les avoir en classe, quel plaisir de faire à nouveau classe. C’est assez fou d’ailleurs de se dire que pendant six mois, je n’ai pas eu un seul élève face à moi. La dure réalité du Covid19. Une pandémie chamboule tout. Durablement. Mais malgré tout, je peux confirmer que l’école se fait en présentiel. On pourra me dire qu’on peut s’adapter et c’est vrai. Ce métier je le fais pour être avec ces enfants. Ce métier je le fais pour être avec eux et les voir grandir, se construire et les aider à réussir. Et à cet âge, il n’y a pas débat, pour les accompagner, il faut être avec eux. Alors qu’il ne me reste que six semaines de classe, je ne ferai pas de miracles et je sais que pour partie de mes élèves, je n’aurais pas le niveau que j’aurais espéré. Il  y a une chose que je ferai en sorte de leur transmettre à nouveau, le plaisir d’apprendre et de l’école. Car oui l’école à sa manière est une fête. Et ce bonheur, doit être le leur aussi.

Ces derniers mois de travail m’ont apporté aussi un problème, plus insidieux, plus profond, plus délicat. J’ai changé de position de travail. Au lieu d’être debout quatre ou cinq heures par jour, je me suis retrouvé assis face à un écran bien trop longtemps. Ce changement de position a eu un effet indéniable sur mon organisme et je paye aujourd’hui ces conséquences. Une hernie discale multiple avec un tassement des vertèbres basses. J’ai mal au dos depuis quelques années, mais cette douleur vive, brulante, ne passera pas comme ça. C’est bien le problème d’ailleurs. Le rugby et l’accident de moto n’ont pas aidé assurément, mais il n’en reste pas moi que je ferai en sorte de rejouer à 15 au lieu de ne faire que nager. J’aime courir, j’aime me dépenser et même si mon âge avance, il sera sûrement possible de rectifier le tir pour être capable au Viet Nam ou ailleurs encore, de simplement profiter de la ferveur sportive, et pas seulement sur le canapé. Une IRM et de nouveaux rendez-vous médicaux, ce n’est pas de gaité de cœur que je vais le faire, mais suivre un protocole de rééducation, je sais le faire.

Il n’est pas dix heures, le soleil est bien-là, la journée s’annonce belle. Je ne sais pas encore trop ce que je ferai d’ailleurs, mais peu importe. J’ai toujours un peu de travail à mener mais au fond qu’importe. Demain et mardi sont fériés au Liban, je prendrai la route du Nord. Toulouse et Montpellier au panthéon européen du rugby, le championnat de France finit ce soir avec j’espère une ultime victoire nantaise qui permettra d’assurer un maintien sans passer par le barrage, et peut être le titre pour les lillois. Le mois de mai avance à grand pas, l’euro bientôt arrivera. Il ne me reste même plus cinquante jours ici, et je fais encore de belles découvertes. Ce Liban est un pays en or, je vais en profiter toujours plus. Bon dimanche à tous !

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Camping, Eid et accident

16 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Aussi évocateur que puisse être le titre, je me ne me détourne pas même de la vérité. Oui, j’ai eu mon premier accident de moto cette semaine. Nul besoin d’en parler autrement car la gravité du choc a été relative. Alors que je roulais sur la file de gauche dans une double voies. Le 4x4 un peu plus en avance que moi sur la voie de droite a brusquement tourné pour prendre la route à gauche, sans signaler son changement de direction. Même si je ne roulais pas vite, je n’ai pu totalement contrôler ma Noura. Freinage appuyé, mais une légère inclinaison vers la gauche a tout fait basculé. Je me suis retrouvé au sol moins d’une seconde plus tard car une douleur très prononcée au genou droit. Il avait dû heurté la moto durant ma chute. La voiture qui avait provoqué ma chute était déjà bien loin et heureusement pour moi, personne ne me suivait de trop près. Deux piétons m’ont aidé. Le premier pour indiqué aux voitures arrivants de changer de file. Le second pour m’aider à me relever et sortir de la circulation. Après un check relatif de mes douleurs. Petit saignement du bras droit, épaule engourdie, des bleus de-ci de-là. Je reprenais ma direction initiale pour rejoindre Marc. En effet, Nous nous retrouvions à Dekwaneh pour récupérer le premier papier qui permettra le transfert de mon permis libanais vers un permis français, et ainsi me faciliter les démarches d’un nouveau permis international complet. Je ne sais cette procédure ne sera pas forcément complète avant mon départ au Vietnam mais qu’importe. De retour à l’école, j’ai fini ma journée de travail et j’ai pu constaté que la douleur n’était plus aussi intense et j’ai donc décidé de ne pas aller à l’hôpital. En ce dimanche soir, toutes les douleurs ont presque disparu, mais reste un mal de dos qui, pourtant pas lié à mon accident, m’empêche de poursuivre plus en intensité ma pratique rugbystique. Ainsi, je ne dérogerai donc pas à la règle et finirai malgré tout chez le médecin dans la semaine à venir.

Mais cette semaine était marquée par deux évènements d’une toute autre importance que ce petit accident finalement. L’Eid arrivait et avec elle, les jours fériés. Jeudi de l’ascension pour un grand weekend en France, nous en avons eu l’équivalence ici. 5 jours. Mercredi donné, jeudi et vendredi pour l’Eid, et le weekend. Impossible de se plaindre avec un tel programme, surtout qu’en plus, deux autres nouveaux jours nous serons donné d’ici la fin du mois. Le Liban a encore une fois cet avantage fou d’avoir un calendrier le plus gruyère que les pays dans lesquels j’ai pu exercer. Je doute que le Vietnam soit aussi important de ce côté et ça n’est pas important. J’ai pu donc allé jeudi matin avant 6h à la mosquée, écouter le prêche du Cheir, parlant de Palestine et plus encore. Je ne voulais pas quitter le Liban sans avoir marqué l’Eid el Fitr de la meilleure des manière, celle d’un passage dans le lieu de culte. J’ai profité pleinement ensuite de jours de repos donnés. J’avais travaillé ardemment en début de semaine pour ne pas avoir à le refaire durant ce weekend prolongé, et je n’ai pas eu à le regretter. Il y a toujours cet aspect-là dans mon travail, je veux vraiment faire en sorte de me libérer les fins de semaine pour en profiter au maximum. Arpenter le pays, avoir une vie sociale pleine, ces possibilités qui me sont données avant de partir dans quelques semaines je ne veux qu’apprécier une fois encore ce pays si beau, si magique, malgré un contexte difficile. Ce contexte délicat n’est rien comparé au celui du pays au Sud, la Palestine. Sans rentrer dans un débat qui me dépasse, je me dis simplement qu’au niveau humanitaire, il y a des choses qui ne devraient pas exister. Tuer des enfants, abattre un immeuble de journaliste, c’est un crime de guerre. Mais on peut ajouter les très fortes tensions dans les villes mixtes de Lod, d’Acre notamment. Je ne sais pas quelle tournure prendront les évènements à venir, mais je doute que l’apaisement soit à l’ordre du jour…

Je suis parti camper ce weekend. Depuis mon arrivée au Liban, il était de ces choses que je rêvais de faire, et une fois de plus, j’accompagne et accompli un rêve de plus dans ce pays qui est le mien. Parti samedi en début d’après-midi avec Philippe, Stéphane et son fils, on rejoignait Anthony, un collègue du CPF qui d’après les dires de Philippe, un pro du camping et qui adorait ça. La découverte de notre emplacement sauvage, l’environnement et son matériel allaient rapidement confirmer ces dires. De mon côté je montais ma tente, ravi de pouvoir l’utiliser. Une petite balade vers le sommet à l’Est du campement. Une soirée autour du feu. Une nuit en pleine nature, c’est tout ce que je souhaitais. Je voulais vraiment le faire et avoir eu cette possibilité qui est des plus importante. Cependant la fraicheur de la nuit me rappelait aux précautions d’usages… Une température négative, j’ai eu froid. J’avais du matériel mais pas pour ce genre de température. A Presque 2000m, on peut avoir douze degrés comme moins deux. Réchauffé par le soleil matinal, un camp rangé de manière efficace, nous sommes parti voir la statue de Charbel au-dessus de Faraya. Un peu moins de deux heures pour faire l’aller-retour, et une chose que je voulais faire à défaut d’avoir pu le faire avec les colocs. De retour en début d’après-midi, j’ai pu me préparer à la semaine à venir.

Oui cette semaine je vais revoir mes élèves et c’est le plus important, mais peut-être que d’autres découvertes viendront se greffer à ce réel plaisir. Bref les matchs de ligue 1 se terminent et Morphée m’appelle, je vais le rejoindre !

Camping, Eid et accident
Camping, Eid et accident
Camping, Eid et accident
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Officialisation et weekend dans la nature

9 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature

Il est onze heures passées que je commence la rédaction de cet article car j’ai trop pris mon temps peut être ce soir, mais en même temps c’est aussi ça qui est plaisant durant le weekend, de faire les choses à notre guise. Particulièrement à ce moment où je me sens encore plus libre qu’avant, soulagé avant tout. En effet, j’ai eu durant la semaine, le plaisir de recevoir de Paris la confirmation de mon détachement à Hanoï pour septembre prochain. C’est donc confirmé, je serai bien au Vietnam pour la rentrée prochaine. Voilà plusieurs semaines que je me questionnais à ce sujet, savoir si pouvais bien repartir, si Rennes me laisserait y aller. Plus d’hésitation à présent. Une nouvelle aventure pour la rentrée prochaine, une nouvelle étape de ma vie, alors il ne tient qu’à moi de profiter plus encore du temps qui m’est compté dans ce Liban qui est le mien.

Cette semaine la confirmation de la reprise en hybride, c’est-à-dire un jour sur deux pour les enfants nous a été amené car les maternels sont revenus mercredi. J’ai hâte à la semaine prochaine pour retrouver mes petits élèves. Le travail à distance, bien que j’ai pris le pli, pouvoir y mettre un terme sera rassurant aussi, retrouvé un semblant de normalité. Masque sur le visage et demi groupe classe mais qu’importe, le 17 mai, mes élèves reviendront. D’ici là, il peut s’en passer des choses, il y a d’abord l’Eid à célébrer, mais bientôt. Bientôt, après presque six mois, je retrouverai mes pitchounes. Un iftar avec des amis également pour profiter plus encore, car oui c’est aussi ça l’hospitalité libanaise. Aller manger chez des amis, libanais et plus encore, c’est aussi ça le plaisir.  

Une séance de rugby un peu trop intense mardi soir m’a fait calmer le jeu sportif entamé récemment. Une douleur vive dans la cuisse, ça ne pardonne pas, mais ça tombait finalement bien aussi car je pouvais sans scrupules finalement laisser la routine de la salle pour aller gambader en dehors de la ville. A défaut d’avoir pu le faire pour la Pâques orthodoxe, j’ai loué une voiture ce weekend. Je suis donc allé la chercher vendredi matin, pour pouvoir décoller sitôt l’école terminée vers le nord. Une sandero automatique, plus grande que la picanto de la Toussaint dernière et vu le périple du weekend, ça n’était pas une mauvaise idée d’augmenter de taille. J’adore ma moto, ma Noura, mais la voiture offre des possibilités bien plus grandes de déplacement et d’aisance. 

14h tapantes, je lâchais mes élèves, et je filais chercher Cédric. En février, il avait eu la gentillesse de me proposer de bouger avec eux, lui rendre la pareille était des plus évidents. Ainsi, on partait vers le nord, et plus précisément, Baatara où se situe le gouffre des trois ponts. Ce lieu, voilà des mois que j’en parle, que je l’avais en tête en me disant, il faut que j’y aille, il faut que je le découvre. A peine Ghazir passé que l’on décide de passer par la montagne plutôt que de rester dans les bouchons de la sortie de ville. On prend ainsi la direction d’Afqa. Je n’y étais pas allé non plus. J’ai donc pris une grosse claque en découvrant cette cavité rocheuse avec ses chutes d’eau étonnantes. Au-delà du temple d’Adonis, un petit pont et la vue de l’ensemble est surprenante. Je retiens la grande de cette cave, servant de niche à de multiples oiseaux, me ramenant vers le Québec et Montmorency. J’imaginais le gouffre des trois ponts en hauteur, et comme son nom l’indique, il était au fond d’une vallée, me ramenant vers un souvenir de vertiges  à la vue vertigineuse qui s’offrait à moi. Cédric m’a motivé pour visiter un peu plus car seul, je me serai cantonné à certains espaces. L’eau qui est coulait, n’avait pas le débit d’Afqa, mais ce gouffre, quelle beauté ! Bataraa, toi qui me tendait les bras depuis si longtemps, je suis enfin venu te voir ! Sur le chemin du retour, il était devenu impératif de faire un petit plongeon dans l’eau. Nous nous sommes donc arrêtés à Jbeil, plage délaissé avec la nuit approchante. Nous avons eu la lueur du coucher de soleil pour un vendredi déjà bien intense.

A l’arrivée à Beyrouth, j’ai pu voir Marc partir chez lui pour deux semaines, l’appartement sera plus calme, mais remplacé par Wissam pour le weekend. Samedi matin au calme, sans grasse mat pour autant. 11h devant chez Cédric, il m’avait proposé de partir à Ehden, dans la réserve des cèdres pour une balade qui le tentait. Ne connaissant pas, j’avoue que l’idée me plaisait bien. On s’est donc mis en route. 2H30 de route, c’est long. Si jamais je retourne par là-bas, je prendrais un logement dans le coin pour éviter de faire autant de route dans la journée car c’est vraiment long. Une petite pause en montant dans la Qadisha, Un manouché et ça repart ! 14h30 et top départ. On commence doucement, sans sac, car la balade n’allait pas durer plus de trois heures. Le sentier 2, puis le 3. On arrive à la jonction avec le 4 que l’on démarre. A la fin de ce dernier, cela fait à peine une heure que l’on marche, et on décide de poursuivre avec celui dont la difficulté était la plus élevée. On se retrouvait sur notre randonnée d’octobre. Une vue magnifique sur une forêt de cèdres, le soleil doux du nord. Une petite sieste et chemin du retour. 2H30 de marche à un bon rythme, mais finalement cette réserve était bien plus petite que celle de Jabal Moussa. Le plaisir de la balade était bien là et c’était le plus important. Route du retour aussi longue, et nouvelle baignade au retour.  L’avantage d’avoir la voiture, c’est de pouvoir transporter des choses. Je suis donc allé faire des courses sur le retour. Avec le style caractéristique du retour de plage. Serviette par-dessus le maillot pour éviter de tremper les sièges de la voiture. La classe à Dallas ! Peu importe, j’ai trouvé tout ce dont j’avais besoin, ou pas besoin justement d’ailleurs.

Dimanche matin, direction le sud cette fois avec Hiba. Enfin le sud, d’abord le Chouf et la réserve des cèdres de Barouk. Oui, troisième jour, troisième balade, il ne pouvait en être autrement. Une petite arrivée avant midi, pour un tour dans une partie inconnue de la réserve. J’ai trouvé la terre très sèche tout au long du weekend et je me dis que l’on n’est que début mai. Qu’en sera-t-il en août, ou même septembre s’il ne pleut pas d’ici là ? L’essentiel était ailleurs. Cette réserve vaut le détour, mais maintenant que j’ai enfin une carte de l’endroit, je voudrais faire les choses de manière un peu différente. Partir du bas, faire l’ascension et redescendre de l’autre. Il n’était pas 13h30 quand nous terminions notre balade. J’avais proposé d’aller manger à Sour. Le plan fut donc suivi. Direction sud à fond, en passant par Deir el qamar et Saïda. Un petit tour dans le dédale qu’est le centre-ville de Sour, et nous retrouvions mon petit restaurant de poisson favori. Du rouget au menu. Oui on ne se refuse rien. Délicieux assurément. Venir à Tyr, imposait un détour par la plage. J’adore cette eau, très salée d’ailleurs, mais si claire. Un plongeon, une sieste et puis s’en va.

Il fallait déjà prendre le chemin de retour. Je n’ai pu faire le plein ce soir. Depuis deux trois jours, je vois de multiples stations, fermer ou rationner l’essence. Je savais qu’une pénurie est probable d’ici la fin du mois, mais je ne pensais pas la voir débarquer avant l’Eid… j’espère que cette célébration pourra se faire sans heurts. Je me doute que ce ne sera pas aussi intense que ce qui se passe actuellement en Palestine occupée, mais quand-même. On nous annonce de fortes restrictions à partir du premier juin. Nous verrons bien. Mais en tout cas à partir de demain, je vais installer officiellement ma nouvelle routine, avec du vietnamien à travailler tous les jours. Un nouveau tournoi de rugby dans quinze jours, je veux en être !

Le sommeil se fait pressant, mais j’ai encore deux trois choses à finir avant de m’y lancer pleinement. Je pars à Hanoï, j’ai profité d’un beau weekend et de nouveaux jours de repos s’annoncent. Oui cette fin d’année scolaire est particulière, mais ce qui est sûr, c’est que je boirai le calice jusqu’à la lie.

mon tube du moment.

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Esprit de contradiction, Pâques orthodoxe et coups de soleil

2 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Sour!

Sour!

Dimanche matin, il est encore tôt alors que je m’attaque à la rédaction de l’article hebdomadaire, mais d’une certaine manière, le programme souhaité pour la journée d’aujourd’hui a déjà été réalisé. Courir 80 minutes. Réveillé comme toute la semaine à 6h40, je ne me suis pas rendormi, au contraire, j’ai mis mes runnings et je suis sorti avant 7h. L’objectif était clair, tenir cette durée, me prouver à moi-même que j’étais capable de courir cette durée. Vous me direz, mais pourquoi 80 minutes, pas 60, pas 90 ? C’est la durée d’un match de rugby. J’ai gardé en tête une des phrases de l’entraineur « comment ferez-vous pour plaquer et venir au soutien de vos coéquipiers si vous n’êtes déjà même pas capable de courir tout au long d’un match ? ».

L’ai-je donc réellement fait pour moi ce matin ? Ou l’ai-je fait pour prouver à mon entraineur que je suis capable de tenir, de suivre moralement le groupe sur l’intensité de l’effort. Je me le dois avant tout à moi-même, ça c’est indéniable. Car j’ai souhaité me remettre en forme, chose qui durera jusqu’à la fin de mon séjour libanais. Mais aussi vis-à-vis de mon équipe, j’ai un train physique de retard. J’en suis bien conscient, j’ai besoin de m’améliorer, et les séances intensives que je réalise actuellement sont aussi orientés vers cet objectif, me mettre au niveau de l’équipe. La remarque de Waël à mon encontre ce jeudi en ne m’appelant non par mon nom mon mais par « Frenchie » aurait piqué mon orgueil ? Assurément. Mais est-ce que je raisonne pour autant par esprit de contradiction, pour lui montrer qu’il a tort de ne pas me faire confiance ? Non, non, je suis au-dessus de ça. Je sais que je dois m’améliorer, et cette amélioration aura aussi pour bénéfice de me mettre un peu plus au niveau de l’équipe. Mais ce n’est pas parce qu’il me l’a dit que je l’ai fait. Je le fais car je choisis de m’améliorer. Je veux donner le meilleur de moi-même et pour ça, je fais les efforts nécessaires pour ne plus être un boulet, pour avoir le droit de retrouver mon prénom, l’honorer sur le terrain car il faut être clair, c’est aussi ce que je vise. Je n’ai pas le jeu de ballon de Baptiste, ni la vision du jeu de Charbel, ni le physique de golgoth de Khalil. Mais je sais que je suis un acharné du travail défensif, et je trouverai ma place dans ce collectif par cet investissement qui est le mien.

Cette semaine j’ai donc fait du sport six fois. Après le match de samedi dernier, récupération en mode piscine lundi. Entrainement mardi et jeudi, récupération avec la piscine mercredi et vendredi également. En parlant d’entrainement, j’avoue que la pédagogie libanaise, et particulièrement celle de mon coach, m’a heurté. Je peux être considéré aujourd’hui comme un pédagogue. J’enseigne en continu depuis 2012. Et je ne me rappelle pas avoir eu un coach à Bordeaux au gaélique qui parlait à son équipe de cette manière.  Ecraser ses joueurs pour les faire progresser, les insulter pour les faires réagir et se motiver. Ce n’est en rien ma vision de l’investissement et de la motivation. On me rétorquera que certains joueurs ont besoin de pression pour progresser et je n’en doute pas. Mais de là à verbaliser de cette manière, il y a un pas, un pas de géant. Ce que je fais en classe n’est pas tellement comparable à ce qui peut être fait dans une équipe d’adultes. Mais pour autant est-ce pertinent ? J’en doute. J’ai aussi passé l’âge de servir de paillasson à un adulte pouvant me crier dessus. Je ne suis plus lycéen ou étudiant, je suis un adulte respectable. Alors soit, il ne m’a pas mal parlé autant qu’il a fait avec d’autres et mes jeunes coéquipiers ne semblent nullement gênés par cette méthode de management. Mon regard est forcément biaisé par le professionnel de l’apprentissage que je suis. Reste encore une différence majeure peut-être avec sa manière de traiter les jeunes. C’est que je sais les efforts que je dois fournir, je sais ce que j’ai à faire, sans pour autant y arriver actuellement. Ce n’est peut-être pas le cas des jeunes pousses avec moi. Je retiens n’empêche la dépense physique intense que sont les entrainements collectif, le fait de faire parti d’un collectif et la sociabilisation induite aussi par cette pratique.

Me tourner vers le sport de manière prépondérante est aussi volontaire pour oublier un peu l’attente dans laquelle je suis plongé concernant mon poste pour la rentrée de septembre. J’attends que Rennes accorde mon détachement pour le poste à Hanoï, ou ne l’accorde pas. S’il y a détachement, khalass on n’en parle plus et je serai au lycée Alexandre Yersin en CM1 pour la nouvelle année scolaire. Mais si ça n’est pas le cas, il y aura un appel à faire et la démarche sera repoussée, voire impossible. J’ai du envoyer une lettre de motivation et un CV pour les postes demandés au mouvement. En effet, j’ai postulé sur les UPE2A (unités pédagogiques pour les élèves allophones arrivants). Autrement dit, des enfants en France, nouvellement arrivés et qui ne parlent que trop peu le français. Ce poste en France, est celui dont je rêve… à mon retour de l’étranger. C’est vraiment le poste pour lequel je me suis formé en passant des  certifications supplémentaires, plus encore que la SEGPA qui m’intéresse indéniablement aussi. Mais entre ce poste très intéressant en Ille-et-Vilaine, et Hanoï. Il n’y a pas match, c’est le Vietnam que je désire le plus ardemment. Alors je patiente, et je verrai quand le couperet tombera, si la pièce joue à pile ou face.

Une semaine de travail relativement courte a donné la possibilité de faire une journée plage vendredi. Il y a des choses que j’ai encore du mal à comprendre, notamment le calendrier scolaire. Les orthodoxes célèbrent Pâques en ce weekend. Nous avons donc eu le droit au vendredi pascal également. Comme le premier mai tombe un samedi, il est « rattrapé » lundi. Demain sera donc une journée de repos. Mais aussi génial que puisse être cette décision, elle est accompagnée du même confinement que pour la Pâques catholique. Samedi, dimanche et lundi confinés. C’est assez particulier de voir à nouveau tous commerces non-essentiels fermés. Je voulais prendre une voiture et partir mais à quoi bon avec de telles circonstances. Je le ferai le weekend prochain. Alors vendredi, j’ai rejoint Tommy, Salah (son chien) et Dorine à Cola. On a loué un taxi pour nous emmener à Sour passer la journée à la plage. J’adore cette plage, nous sommes arrivés à 10h30, j’ai d’abord fait une chose que je n’avais pas encore pris le temps de réaliser. C’est de faire toute la longueur de plage en marchant les pieds dans l’eau. Puis une première baignade avant midi dans cette eau chaude et si claire. La journée avançait vite et malgré une crème solaire tartinée, mais également un tshirt enfilé, j’ai rougi… Un peu de biafine toutes les trois heures pour estomper les symptômes mais les coups de soleil demeurent encore aujourd’hui. J’avais pourtant fait attention, mais ma peau de blanc breton n’est pas de taille à lutter avec la force du soleil libanais. Ma nuque avait pris cher aussi le weekend dernier au rugby.

Ce weekend est donc un weekend de repos et j’en ai profité pour cuisiner un peu aussi. J’en avais envie. Hier matin aux fourneaux, une mousse au chocolat, un ceviche de saumon, une julienne de légumes et une omelette un brin améliorée. J’en ai profité pour faire découvrir à mes colocs le paté Hénaff, mais aussi le beurre paysan breton, ramené précieusement de mes vacances. Ils ont été bluffé, et ont compris le plaisir que je peux avoir à tartiner et dévorer une simple tranche de pain. Aujourd’hui ce sera plus léger mais demain je pense faire à nouveau des crêpes, après tout, j’ai de la farine de sarrasin, du beurre breton, du lait aussi et des œufs bio. Les bons produits sont toujours une bonne base pour avoir envie de cuisiner.  

Midi n’a pas encore sonné que je baille déjà, je termine aussi cet article. Ainsi la télé va chauffer aujourd’hui avec tous les matchs à suivre, du PSG féminin aux nantais, des rochelais face au mur irlandais, aux bleus en hand, il  y en a vraiment pour tous les gouts. J’ai fini l’aiguille creuse hier soir, je continuerai Arsène Lupin plus tard, je vais d’abord m’attaquer à Barry Lindon et bientôt je reviendrai vers Dumas, Bragelonne m’attend  et me guette, il reste mon objectif en lecture depuis plus d’un an! J’ai réalisé ça aussi en rentrant de ma course matinale, je prendrai l’avion le 2 juillet, il me reste deux mois… Time is running out !

Course matinale, j'ai même marché sur l'eau d'après le GPS^^

Course matinale, j'ai même marché sur l'eau d'après le GPS^^

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Rugby, calendrier et sortie du dimanche

25 Avril 2021 , Rédigé par Pereg

Dragon!

Dragon!

Dimanche soir, devant le football une fois n’est pas coutume, Manchester City versus Tottenham mais mon œil est plutôt fixé sur l’écran d’ordinateur que sur la télévision plus loin. En effet, même si je sais écrire sans regarder ni mon clavier ni mon écran, il est clairement plus aisé pour la rédaction de garder les yeux fixés sur le texte, dans les oreilles, une émission de radio qui me plait toujours autant. Je n’arrête pas d’une certaine manière, mais c’est aussi ainsi que je fonctionne. Toujours besoin de faire les choses d’une certaine manière, pour profiter aussi au maximum des possibilités qui me sont offertes.

 

Cette semaine de reprise de travail à distance, ne fut pas si laborieuse, mais retrouver le rythme matinal pique toujours un peu. Les vacances font que l’on est toujours un peu déconnecté. 7h40 le matin, visioconférence et clap de fin à 14h00. Enfin pour les élèves, mais de mon côté, on y ajoute à minima une heure de correction le soir, rien de nouveau de ce côté. On m’a prévenu cependant que la semaine prochaine, le vendredi serait férié… Je consulte mon calendrier, et rien de noté. C’est aussi pour ça que j’ai demandé des éclaircissements à ma direction. Les bonnes nouvelles sont donc venues, quatre jours pour la pâques Orthodoxe, quatre jours à la fin du mois et sûrement tout autant pour l’Aïd. Ainsi le mois de mai reste gruyère. Comme on dit…

Plus y a de gruyère, plus y a de trous,

Plus y a de trous, moins y a de gruyère,

Plus y a de gruyère, moins y a de gruyère…

On ne peut pas en faire la fine bouche mais ainsi le mois de juin sera redoutable, avec cinq semaines complètes. Qu’importe, la fin d’année montre le bout de son nez, et surtout, surtout, je vais peut-être revoir mes élèves. En effet, nous avons reçu comme les parents d’élève, un calendrier prévisionnel de reprise, avec pour les miens, le 17 mai annoncé. Encore trois semaines. Il peut s’en passer des choses d’ailleurs d’ici là… Les subventions concernant l’essence et le pain sont sensés s’arrêter au 30 avril, le Qatar pourrait renflouer aussi un peu la livre. Tellement de choses en trois semaines, je ne vis qu’une semaine après l’autre. La dernière que je viens de passer fut fascinante.

Depuis que j’avais quitté le Burdigala girondin, je n’avais plus fait parti d’une équipe. Ce sentiment je l’avais presque oublié, il m’en revenu en pleine face et pour mon plus grand plaisir. Fin mars lors de mon weekend au ski, j’ai rencontré Baptiste, fils d’un collègue qui joue ici au rugby. Je n’ai pas hésité pour l’accompagner à l’entrainement. C’était donc ce jeudi. Direction Dbayeh et un terrain au calme. Quelques sprints, un entrainement en touche, des oppositions avec des rucks solos. Je ne pouvais évidemment que faire parti des avants, avec mon physique actuel, et puis je n’ai jamais eu non plus une capacité d’accélération qui conviendrait à l’arrière, même la force requis pour être ¾ centre. J’étais juste ravi d’être sur le terrain. A la fin de l’entrainement, le coach gallois vient me voir et me demande si je veux venir jouer le samedi. Je ne me fais pas prier et accepte immédiatement. L’essentiel pour moi était de faire partie du groupe, une sensation si particulière. Une bande de jeune dont la plupart ont moins de 22 ans, mais il y a aussi quelques trentenaires dans le groupe. Je m’y sentais à l’aise alors go. Le samedi avec Baptiste, on prend la direction de l’aéroport. Deux autres équipes, une de Beyrouth, une de Jammour. Les trois restants d’un championnat dont plus aucun match n’avait eu lieu depuis février 2020.

Je découvre aussi que le nom de l’équipe est « les dragons de Jounieh ». Ce dragon m’a fait tellement plaisir à découvrir, comme celui de d’Elven, où ont pu jouer mon neveu, ma nièce et ma belle-sœur cette année. La coïncidence est sympathique. Petit test pcr rapide pour vérifier que tout le monde est bien négatif et on démarré contre Jammour. Bien sûr avec mon numéro 16, je suis sur le banc. Je m’étais dit au départ, si on me demande de jouer cinq minutes, ce sera déjà très bien ! Mais à la cinquième minute de la deuxième mi-temps, j’ai du faire mon entrée pour remplacer Patrick qui avec une épaule douloureuse a du sortir. J’ai donc pris sa place, en première ligne. Au bout des quinze minutes restantes, je n’en pouvais plus, mais j’avais pu plaquer un peu, et pris quelques petits coups également. Le second match a confirmé combien je n’étais pas en forme, mais j’ai fait mon match entier, de toute façon, il n’y avait plus de remplaçants. Un peu fragile en ruck défendant, j’ai pris quelques petits coups, j’avais oublié la douceur des caresses de l’adversaire, une main dans la gueule, un petit coup à la gorge. Le plaisir restait là, faire partie d’une équipe et donner mon maximum, non pas que pour moi, mais aussi pour le porteur du ballon que j’assistais. Trois ballons, une dizaine de plaquages et tout autant de louper. Mon bilan loin d’être formidable, m’a cependant juste confirmé combien j’ai apprécié d’être là où j’étais. Sur le terrain, avec mon équipe. Place à l’entrainement mardi prochain.

Une troisième mi-temps dans le club de sport du coach, petites bières et belles discussions. D’ailleurs, en français, en anglais et même un peu en arabe, le rugby est une langue transgénérationnelle. C’était d’ailleurs super de voir aussi combien la jeunesse libanaise aime ce sport, qui a priori, n’avait rien à faire ici, mais le vivier est réel, et ce serait si bon de voir une fédération intéressante mener de bonnes actions pour le voir se développer ici. Il reste néanmoins le problème du terrain car le synthétique est clairement loin d’être idéal.  Retour avant 19h à l’appartement, je n’y restais que pour une douche avant de partir voir Tommy, enfin de retour après plus de cinq semaines en Norvège. On a passé plusieurs heures à discuter, depuis le temps c’était évidemment nécessaire ! Mes deux derniers mois ici, sans lui, n’auraient pas non plus la même saveur.

Ce dimanche, je ne voulais pas rester en ville, car sinon il était clair que je serai resté au lit un peu trop longtemps. J’ai donc retrouvé Hiba à Charles Helou. De là, nous devions prendre un bus pour aller à Jbeil. Cependant et j’imagine depuis l’explosion, il n’y a plus rien à cet endroit. Après ce faux-départ, on est allé à Dora, et ainsi premier bus vers le Nord. Midi sonnait quand nous arrivions là-bas. Cela faisait bien trop longtemps que je n’y avais pas mis les pieds. Un souk qui reprenait des couleurs, des rues en forte pente menant au port. Une petite jetée avec le clapotis des vagues venant percer les tympans. Il se faisait faim. Petite pause au Pheniqa, j’ai été un peu étonné des prix, pire que dans la capitale. Comme quoi, le tourisme et inflation se suivent. Un dessert à l’ombre des fleurs  et nous prenions direction de la plage. Mais ma pote a proposé de nous arrêter au musée arménien. Lendemain de la commémoration du 24 avril 1915, je ne l’avais jamais fait. Ca m’a évidemment rappelé la Pologne et les musées de la Seconde Guerre Mondiale, avec l’holocauste. Un autre génocide, une autre tragédie. Mes deux colocs étant d’origine arménienne, la présence de leur famille à Alep est dû à cet évènement tragique. Il était intéressant de constater aussi comment étaient organisés certains coins du Liban, notamment Beyrouth, mais aussi Anjar.

Il n’était pas seize heures que nous étions arrivés à la plage. Plage où je me suis baigné un certain nombre de fois. Je n’avais pas imaginé que la foule se presserait aussi à la mer. C’était évident mais je n’y avais pas pensé du tout. Après une courte baignade, la foule ne donnait pas envie de rester surtout place, surtout que nous n’avions pas de voiture pour être maître de nos déplacements. Je m’étais posé la question de le faire en moto, ce sera pour la prochaine fois. Le retour en bus a été rapide. Un dernier service et retour à l'appartement. Une nuque bien rouge mais le sourire, voilà un beau bilan de journée.

Manchester City a gagné, et mon article s’achève, la semaine à venir sera courte, et je pense bouger et bouger plus encore dans ce Liban que je continuerai d’explorer jusqu’au bout.

Jbeil
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