Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
pereg.over-blog.com
Articles récents

XXXVIII. Football, SEA games et fin d’année

22 Mai 2022 , Rédigé par Pereg

Sepak Takraw et l'oncle veille!
Sepak Takraw et l'oncle veille!
Sepak Takraw et l'oncle veille!

Sepak Takraw et l'oncle veille!

Alors que minuit est déjà passé, je démarre cet article. Ma nuit sera plus courte que je ne l’avais prévu initialement mais je ne pouvais pas ne pas sortir en ville à 21h après la victoire des footballeurs 1-0 contre les Thaïlandais. Roland-Garros en fond visuel et Nota-bene en podcast, je suis dans ma bulle au calme après l’intensité que j’ai pu vivre au centre-ville. Sabrina m’avait prévenu qu’en cas de victoire, les hanoïens pouvaient sortir et déferler sur les artères de la rue en klaxonnant et drapeaux rouges de sortie. Ce fut clairement le cas. Moi qui avais vécu une demi-frustration en 2018 pour la finale de la coupe du monde que d’être à la Réunion et non en métropole, j’ai eu le plaisir de voir l’équipe locale triomphée et la population célébrée avec une joie très intense cette victoire du ballon rond.

Cette semaine de travail a été intense et je n’ai pas eu le temps/ pas pris le temps de tout finir pour la semaine à venir, ce que je ferai demain après-midi assurément. En plus, la semaine suivante ne sera composée que de trois jours avec le pont de fin de semaine. Donc je vais pouvoir souffler un peu plus et surement une fois encore, sortir de la ville. J’ai dû fixer mes premiers rendez-vous parents depuis le retour au présentiel pour certains élèves dont le comportement n’était pas adapté, mais aussi en prévision de la fin d’année qui se profile en se posant la bonne question pour mes pitchounes. Vont-ils tous aller en CM2 ? Je peux répondre directement, oui. Cependant, un gros bémol pour certains avec l’incertitude claire que la marche vers la sixième sera peut-être trop dure à passer. Je garde mon rituel musical d’une musique quotidienne et ma semaine eurovision leur a beaucoup plu. Il est probable que je les ai intéressés à cet évènement avec ma propose excitation d’en parler. Il est de ces vibrations que l’on transmet, quand on est prof, on enseigne aussi ce que l’on est.

Cette semaine aussi marquait le retour sur le mur d’escalade du lycée après la sortie du weekend dernier sur de la vraie roche. J’ai eu le plaisir de découvrir à quel point je me suis senti à l’aise de revenir sur notre mur après le weekend à l’extérieur. C’était assez fou à voir, j’ai pu enchainer deux 5a, ce que je n’avais jamais pu faire avant. L’aisance. Voilà ce que j’ai réellement acquis en allant grimper à Huu Lung. Une motivation plus conséquente et une appréhension très diminuée ont fait un combo fort intéressant. Je bloque toujours sur certaines pistes du fait de mon manque technique mais je vais axer là-dessus pour les prochaines semaines car c’est là où je dois progresser pour éventuellement réussir à passer ce cap qui est le mien.

Le retour au gaélique après plusieurs semaines creuses jeudi soir a fait beaucoup de bien aussi. J’ai eu le plaisir de retrouver la plupart de l’équipe le lendemain soir à HRC pour un joli concert. De la musique live est vraiment un plaisir quasi-inégalé. Pour leur dernier concert car de nombreux expats quitteront le Vietnam pour l’été dès le weekend prochain, avec un retour ou non en septembre. Mais du coup à minuit après le concert, on a enchainé avec un premier after, un second et un dernier me faisant retrouver mon lit à plus de cinq heures passées. Rien d’anormal me direz-vous c’est mon rythme habituel pour le weekend. Je n’avais pas prévu de rester aussi tard mais qu’importe, c’était cool.

Samedi 10h bien passées, je commence à m’activer et là, Arek, un copain polonais parle du Sepak Katraw en précisant que les demi-finales démarrent à 13h. Après quelques courses et un repas rapide. Je me suis mis en route. J’ai trouvé un gymnase assez sympathique et une foule déjà bien motivée. Les Vietnamiens jouaient contre les Thai en demies et les filles ont battu le Myanmar.  Je m’étais promis d’aller voir au moins une épreuve en live, et je suis sûr d’avoir bien choisi. Un sport à nul autre pareil que je ne pense pas que l’on puisse le retrouver à un autre endroit que cette région. Les SEA games sont un joli évènement et j’ai simplement eu plaisir à les découvrir. Un petit verre à l’apéro avec Camille et Odelin et je me mettais au lit tôt et calmement.

Ce matin 7h debout et là ; pluie abondante. Je me demande si le tournoi est maintenu. Oui bien sûr, la pluie ne compte pas ici. Premier match à 8h50, on est à peine le nombre demandé à vingt minutes du coup d’envoi. Heureusement les derniers arrivent. On démarre par une victoire contre les parents d’élève, puis les troisièmes. On enchaine contre les premières sans pour autant les battre. C’est sympa de retrouver les jeunes du dimanche et du mardi dans différentes équipes. Il manque le fils de Nicolas, blessé hier. Il ne nous restait que deux matchs de poule. Nul contre les enfants élèves, et victoire contre les terminales. On finit premier. Du coup on a trois heures de pause avant la suite alors j’ai eu le loisir de rentrer me changer et me sécher  un peu. On revient au taquet pour affronter à nouveau les terminales après la victoire des secondes au pénalty. Ils seront bientôt nos adversaires pour la grande finale car nous avons battu encore une fois les terminales. Pour cette journée, j’étais au service de l’équipe même si j’aurais bien voulu monter plus, j’ai eu plaisir à me retrouver dans le rôle qui m’a été confié, défense. Tache relativement ingrate mais qu’il faut assurer. Du coup, j’aime jouer en attaque mais certains sont impressionnants donc j’ai reculé. J’aurais porté l’eau s’il fallait, j’étais là pour l’équipe. J’ai bien assuré mon rôle, sans marquer de but. Qu’importe, la victoire collective est belle et ma médaille ira dans la classe, je ne sais où !

21h12, je baille déjà mais je résiste au sommeil en me disant qu’il faut traverser le pont. Je décide de le faire à présent, j’ai pu mesurer l’ampleur du phénomène, je n’en reviens toujours pas de ces déferlantes de scooters, mais il fallait le voir absolument. Je ne sais pas de quoi sera faite ma semaine mais j’y suis déjà un peu. Après le football pour un dimanche, les SEA games d’hier et l’escalade, j’ai été verni mais il y a un comble à respecter. Mes yeux se ferments, il est temps d’aller dormir !

aujourd'hui, tournoi du lycée et folie dans la ville
aujourd'hui, tournoi du lycée et folie dans la ville

aujourd'hui, tournoi du lycée et folie dans la ville

Lire la suite

XXXVII. Escalade, Eurovision et élections libanaises

15 Mai 2022 , Rédigé par Pereg

Dimanche soir je rentre de l’opéra après avoir passé le week-end à Huu Lung. Oui ce furent deux jours assez actifs. Si j’étais resté à Hanoï j’aurais sûrement veillé pour assister au show turinois hier soir mais voilà j’étais ailleurs.

Cette semaine de travail fut intense mais le rythme de travail est bien là. J’ai eu le plaisir d’amener ma classe pour la première fois à la piscine du lycée. Aucun ne s’est noyé et le niveau est bien hétérogène. Certains sont très à l’aise, capables de faire la longueur complète sans s’arrêter, d’autres plus hésitants avaient du mal à simplement lâcher le bord. Une de mes élèves s’est révélée particulièrement à l’air dans l’eau alors qu’en classe elle hésite tant. C’est aussi cette vérité que j’apprécie de découvrir en EPS, car c’est aussi une discipline importante.

Une discipline dans laquelle je m’inscris de manière assez intense dans mon quotidien. D’abord avec le football du mardi au lycée pour entraîner nos jeunes pousses. Nicolas et Rémi sont motivés et je me joins à eux pour cet entraînement assez intensif. C’est ça qui est plaisant car le côté préparation est une découverte. Le mercredi je grimpe sur le mur du lycée. Je suis encore bloqué sur les 5b mais je sais que je peux progresser. Il y’a aussi le gaélique du jeudi soir même si sur cette fin d’année se sera probablement moins récurent. Le dimanche il y a aussi le match qui permet d’éliminer les calories de la veille. Mais pas ce week-end.

Déjà vendredi à 16h30, nous avons reçu l’équipe de la police locale. Je pensais que ce serait petit match tranquille mais il avait tout d’un match officiel. Entre les fleurs pour le protocole, l’arbitre et même les journalistes … Un maillot a même été préparé pour cette occasion. Après une première mi-temps compliquée, nous avons redressé la tête avec la fatigue jouant beaucoup plus chez eux que chez nous. Ce fut une surprise, tout comme mon but perso. On est passé de 2-1 pour eux à 6-2. Score final 7-4 et le sentiment du devoir accompli car j’étais piston gauche et j’ai bien couru. Je ne suis pas technique mais je fais les efforts. Défensifs et offensifs. On verra ce que ça donne à présent contre les élèves et les parents dimanche prochain.

Vendredi soir après ce joli match j’ai rejoint Caroline pour récupérer sa guitare qu’elle me prête. Je retrouve ainsi le plaisir de gratouiller qui m’avait manqué. Ellle m’a offert aussi ma place pour l’opéra ce soir. Pas de sortie tardive car samedi matin le réveil sonnait bien tôt. Il avait été décidé de partir pour un week-end escalade. Proposé il y a plusieurs semaines je m’étais dit que ce serait intéressant de partir tester mes capacités sur de la roche. On a donc pris la direction de Huu Lung, à deux heures d’Hanoï. Aller respirer et voir un peu de verdure était déjà en soi une très bonne idée, et le prétexte de l’escalade n’aurait pu être que du bonus mais ce fut fort plaisant. Hier matin, j’ai pu monter trois voies. Moi qui n’avais pas testé la grimpe naturelle depuis mes onze ans. Je pouvais me trouver satisfait. La fatigue et la peur de chuter m’ont tenu plusieurs fois mais c’est aussi le dépassement de ces phénomènes qui est fort intéressant. C’est notre but à tous, se surpasser. Parfois tu trouves des prises et puis des fois tu dois te débrouiller. Pas plus que 5a mais j’en suis déjà ravi. Un petit bain et nous sommes rentrés au home stay pour la nuit. À nouveau un repas copieux, mais la nuit noire nous entourant, la fatigue jouant. Il n’était pas 21h et une seule bière quand je me suis mis au lit. Je n’ai lu que deux chapitres et j’ai tout lâché.

Sorti de mon couchage vers 6h car je tournerai déjà depuis un moment je suis allé m’allonger dans le hamac pour faire une mini-sieste et découvrir le résultat de l’Eurovision qui ne laissait guère de doute. L’Ukraine première grâce au soutien du public Européen. C’était logique. Je suis plus surpris et clairement déçu du résultat de nos bretons représentants la France. Idem pour les très bons résultats britanniques et espagnols. C’est un choix qui n’est pas le mien. Le décalage horaire n’aidant pas, je n’avais pas pu suivre les demies finales, simplement découvrir leur résultat. Il en fut de même pour cette finale. La fête de la musique européenne n’est pas gâchée pour autant et j’écoute avec application la playlist de l’ensemble des chansons du concours de l’année. Nous gagnerons à nouveau un jour, mais pas en 2022.

Tout cela cependant n’entamait en rien ma motivation pour la seconde journée d’escalade. On est allé sur un nouveau site avec une paroi plus abrupte et plus technique qu’elle ne l’était la veille. La fatigue a été rapidement sentie. J’ai eu beau me démener je n’ai pas réussi à toper une seule voie. J’avais atteint ma limite. J’aurais sans doute pu faire mieux, mais la peur de tomber à mi- voie ce matin et la fatigue dans une paroi ressemblant à une cheminée. J’ai échoué par trois fois, ou plutôt j’ai fourni un bel effort qui n’a pas suffi. Je sais que mon niveau, surtout technique n’est pas élevé, j’ai une très grande marge de progression et avec mon physique de rugbyman ce n’est pas évident non plus. Qu’importe, j’ai pris plaisir dans cet effort qui fut le mien ce week-end. Je continuerai à m’entraîner le mercredi et peut être que l’an prochain, je retournerai voir si j’ai progressé ou non.

Retour à Hanoï à 20h, à peine descendu du bus qu’avec Alain nous filions chez lui déposer nos sacs pour rejoindre l’opéra où le concert de la « sparkling night » avait déjà commencé. Installés un peu avant 20h30, nous n’avons loupé que l’intro. Ce spectacle d’opéra montrait au public vietnamien quelques airs d’opéra des plus connus, et mon bonheur de retrouver Turandot, le barbier de Séville ou Carmen. L’alléluia d’Haendel fut aussi très réussi. Pour une découverte de cette salle, il y a de quoi être ravi ! Indochine est venu jouer ici il y a quelques années. Ce concert je l’ai écouté un certain nombre de fois, me retrouver à cet endroit offre une opportunité musicale qui me ravi. J’y reviendrai assurément, je ne sais à quelle occasion mais une telle salle le mérite assurément.

La fatigue me dévore les yeux et je me dis que j’ai bien fait d’écrire cet article au fur et à mesure du week-end pour simplement avoir à le clore en rentrant chez-moi ce soir. Les opportunités sont belles alors il ne faut pas se priver de les saisir. La famille était à Porto jusqu’en milieu de semaine ou presque, à défaut de pouvoir les rejoindre, j’ai vibré de loin. La vie Vietnamienne m’offre des possibilités que je serai fou de refuser. Ce n’est pas pour autant que je ne pense pas au Liban, particulièrement aujourd’hui avec les élections. Vote them out ! Voilà ce que j’en pense mais je ne peux pas voter. Ce qui est mignon en revanche est la tache obligatoire que l’on te fait pour éviter que tu reviennes voter. J’attendrai le résultat sans trop me faire d’illusion et ainsi, l’espoir venant de Beyrouth, soufflera-t-il ou non. Mon ancien lycée, le LAK, a été envahi de partisans que j'aurais préféré ne pas y trouver... Bientôt au lit, mais surtout Pura vida !

XXXVII. Escalade, Eurovision et élections libanaises
XXXVII. Escalade, Eurovision et élections libanaises
XXXVII. Escalade, Eurovision et élections libanaises
XXXVII. Escalade, Eurovision et élections libanaises
XXXVII. Escalade, Eurovision et élections libanaises
Lire la suite

XXXVI. Coupe de France, jeux de société et concerts

8 Mai 2022 , Rédigé par Pereg

Dimanche après-midi, posé dans mon canapé, je baille. Je me posais la question de faire une sieste, ce sera la suite de mon programme après cette écriture. Un peu de calme avant d’aller courir contre les ados. Je ne serai pas au niveau des canaris, vainqueurs hier soir mais je sais me faire plaisir sur le terrain. J’ai besoin d’éliminer un peu après une nouvelle belle soirée hier soir. Mais reprenons les choses dans l’ordre.

La semaine de travail s’est à nouveau bien passée, et pour la première fois depuis la reprise en présentiel, j’ai pu finir de préparer ma classe avant de quitter le lycée vendredi soir. Plus de boulot pour le weekend, même si en pensée j’y suis toujours un peu, j’ai eu le plaisir de lâcher prise un peu plus. Déjà vendredi soir en sortant dîner avec Caroline, je ressassais un peu trop à mon goût. On a passé une belle soirée à discuter, ça faisait longtemps que je n’avais pas mangé libanais. Le réveil a sonné tôt samedi matin car nous avions une réunion toute la matinée au lycée autour du projet d’établissement. Comme en janvier, trois nouvelles heures consacrées à sa rédaction. J’avais choisi le « vivre ensemble », animé par la proviseure elle-même. Ce n’était pas inintéressant, mais la motivation était partie en weekend. On a fini un peu en avance et j’ai mangé avec Katie. Pour la suite du récit l’horaire est de mise.

15h45 : j’arrive au 100 beer garden. Cet endroit porte bien son nom, il y a un choix monstrueux de bières, même si elles ne sont pas données. Nombreuses sont brassées sur place et ça, c’est la grande classe ! Je suis là pour un après-midi jeux de société. Kim m’a proposé de la rejoindre pour qu’on fasse ça et c’est avec plaisir qu’on y retrouve aussi Lane. Après un super smash bros N64 avec un émulateur. On se fait une partie de Catane. Voilà fort longtemps que je n’avais pas joué à ce jeu. C’est un classique et ce n’est pas pour rien ! On a trainé un peu au départ mais la partie fut intéressante. Bao nous a rejoint un peu avant la fin de la partie. On se retrouve mardi prochain pour une nouvelle soirée jeux ! J’ai promis à Louis qu’on ferait un jeu un peu intense plutôt que des petits jeux comme la dernière fois. Par contre oui, c’est presque un peu tôt pour la première bière mais après tout, il était l’heure de l’apéro à Pékin…

18h : j’arrive à Kali. Je suis trempé car il y a eu une belle averse et mon grab moto a eu la bonne idée de s’arrêter pour mettre sa cape de pluie. Sans protection j’ai pris un peu l’eau, une fois de plus. Quand j’arrive Caro est déjà là. On se cale dans les fauteuils avant que le concert commence. Il est un peu retardé avec la pluie mais ce n’est pas grave, ça me laisse le temps de manger une pyta. Hannah arrive.

19h : le concert commence, avec dans l’assistance les ¾ de mon équipe de gaélique. Tay Ho est vraiment un petit monde. Et de nombreuses personnes que je connais ici sont là. Hannah et Martin qui vont partir bientôt en connaissent plus encore mais c’est toujours sympa de voir des visages familiers. Je me dis que c’est ça aussi ma vie, croiser ces visages en soirée. Les « Red ớt Chili Peppers » nous ont offert un joli show. Je ne suis pas fan initialement des Red Hot mais c’est vraiment entrainant comme musique et c’est ce qui fait plaisir. L’assistance répond bien à chaque musique. Le gig dure, dure et dure encore, presque trois heures.

22h : j’arrive au W2M, ce n’est plus une nouveauté, c’est bien un de mes endroits favoris d’Hanoï. Et après avoir été avec Hannah à Kali, je retrouve son cher et tendre dans la chaleur du Whisky Mystic and Men pour un autre concert. Ça a déjà démarré depuis au moins cinq ou six morceaux, les gens sont bouillants et en sueur. En même temps, le groupe fait des reprises de SOAD, system of a down pour les intimes. L’album Toxicity a été fortement écouté pendant mon adolescence avec Anto et Benji, à fond dans la chambre du premier à Kercado. Je retourne au lycée et un peu au Motocultor, dans une foule conquise connaissant par cœur ces morceaux que j’adore aussi. On saute, on crie, un peu pogo par-ci par-là. Inigo nous rejoint et se fait arroser de bière en moins de deux. Je discute avec un comparse qui a un tshirt de Mr 2 et avec mon Mugiwara on fait la paire. J’y perds ma voix mais cette ambiance, plus intense que précédemment, je m’y retrouve tout autant.

00h : Martin est HS et avec Inigo on a envie de poursuivre la soirée. On se dirige vers Fig Tree qui est fermé, du coup Habanera. Là j’y recroise à nouveau Marina et Stéphanie, mais aussi Tran et Cécile que j’avais vu à Kali. Plus de bières donc on passe au Gin & Tonic avec Inigo et les rythmes latinos enflamment la soirée. Je ne suis pas un démon de la danse et encore moins de cette musique-là mais qu’importe, on s’amuse et c’est tout ce qui compte.

4h : je pensais vraiment que je serai rentré plus tôt mais je me suis laissé emporté par la soirée. Résultat je n’ai pas vu la finale de la coupe de France mais j’ai eu le plaisir d’en découvrir le résultat et de parler un peu avec les vannetons réunis à Porto. Voilà 21 ans que le FCN n’avait pas remporté de trophée. Je célèbre souvent les bons résultats bavarois mais celui-là fait tout aussi plaisir.

Le réveil a piqué un peu mais ce dimanche au calme se fera sans peine. Je baille à nouveau, la semaine à venir sera surement plus calme, mais qui sait, un concert peu arrivé à tout moment. La musique est vraiment ce qui peut me faire vibrer. Que ce soit un concert classique comme j’ai eu l’occasion de faire au Liban ou à Bordeaux, que ce soit mainstream comme aux vieilles charrues, celtique à Lorient, Métal ou qu’importe, le son fait toujours battre mon cœur un peu plus fort.

Catane !

Catane !

plaisir d'écouter !

Lire la suite

XXXV. Sortie à moto, soirées et perspectives

2 Mai 2022 , Rédigé par Pereg

la ville animée
la ville animée
la ville animée
la ville animée
la ville animée

la ville animée

​​​​​​Lundi soir, oui j’ai un jour de retard mais le weekend s’est prolongé à Hanoï. Comme au Liban, nous avons la possibilité de rattraper les jours fériés. Ajoutez à cela que le 2 mai est un jour important et férié également, nous avez un weekend de quatre jours qui se terminera demain soir. J’ai pris trois jours et demain matin, je serai à travailler au lycée pour finir de préparer ma semaine et prendre un peu d’avance pour la suivante. Je vais essayer en tout cas, je passerai ma journée complète au lycée. Mais ce soir, alors qu’il n’est pas vraiment tôt je me mets à écrire. J’ai voulu le faire hier mais le temps m’a manqué. Alors, en ce lundi qui est un peu comme un dimanche, je prends ce temps que je voulais m’imposer. Poser les mots sur ce qui s’est passé est aussi nécessaire, et mon chemin du jour, correspond plus à une fin de semaine qu’un lundi.

Cette semaine fut l’occasion de remettre l’église au milieu du village. D’abord scolairement, avec un rythme qui s’est un peu accéléré et des élèves qui sont plus dans le travail. J’ai pu enfin avoir l’occasion de tester réellement mes ateliers MHF/MHM et c’est un vrai plaisir de travail. Je vais les poursuivre jusqu’à la fin de l’année scolaire mais le vrai test sera à partir de septembre avec ce fonctionnement sur une année complète et non tronquée comme cette année a pu être. La convention collective pour la piscine a été signé mardi, l’escalade a repris, tout comme le football que l’on fera même au lycée d’ailleurs. C’est un peu différent mais plaisant assurément. Mes cours de langue ont été un temps fort de ma semaine également, comme à Beyrouth, m’immerger dans une langue permet un travail que je n’ai pas fait avec assez d’intensité, mais à trois cours par semaine, le déclic devrait se faire. Il est nécessaire que j’y plonge aussi sur mon temps libre. Je commence à vraiment apprécier d’écouter cette langue. Il n’est pas aussi chantant que le libanais. Il n’est pas aussi marqué que l’allemand, mais ces tons amènent une manière de s’exprimer totalement autre, notamment dans une politesse de forme qui est des plus intéressantes.

Ainsi le mois de mai débute, celui des trente ans d’Alex. Je ne pourrai pas être à Porto mais cet été nous marquerons le coup. S’il y a bien une différence majeure entre mon expatriation libanaise et vietnamienne, c’est bien la distance à la famille. J’avais eu le bonheur de rentrer à Noël de Beyrouth, de venir en avril 2021 aussi. Mais d’Hanoï, la distance, l’argent et la complexité est toute autre. C’est le jeu. Il y a des moments où ça peut peser plus que d’autres. Cependant, ça n’entame en rien mon plaisir à être ici et ce long weekend bien que passé à Hanoï, a été une confirmation que ma vie est bien ici. Une de plus. Je vis ici, cette résidence est la mienne pour les deux années à venir. Je pense que je garderai mon appartement en septembre, mais surtout, qu’est ce que j’adore ma pétrolette. Cette petite moto qui est la mienne depuis novembre a été une bénédiction.

En ce 2 mai, avec Séverine, Sabrina et Odelin, nous avons sorti les motos et nous sommes allés à Duong Lam, c’est un joli village à l’Est d’Hanoï. Nous avons suivi la digue et un peu plus de quatre-vingt-dix minutes plus tard nous sommes arrivés sur place. C’était mignon, pas de gros tourisme, mais une jolie bourgade de campagne avec des maisons anciennes restaurées. Se suivre les uns les autres, une jolie balade avec une belle cohorte. On était tous couverts de la tête aux pieds, mais ça ne m’a pas empêché d’avoir deux coups de soleil comme des bracelets. Peu de circulation et de belles photos, un test grandeur nature pour moi qui désire partir plusieurs jours d’affilés avec ma jolie moto. C’était le programme rêvé en ce lundi férié, une balade à moto avec des personnes appréciées.

Cette journée ensoleillée fut une jolie conclusion a un weekend assez intense. Vendredi soir, on a commencé par un apéro un peu prolongé. Samedi matin, je suis allé chez Hervé garder Octave et Emilio pendant qu’il allait à l’hôpital chercher Emmanuelle et Maxime, son nouveau-né. Je me suis senti privilégié de rencontrer cette nouvelle vie. Après les avoir quittés, j’ai pris le chemin de Hoan Kiem, j’avais envie de voir le centre. Se balader seul est aussi un plaisir. J’ai rejoint Martin et Hannah à Kali en début de soirée, un burger, un bar, une boite et puis une autre, il était bien tard quand je rentrais. Au réveil dimanche, un brunch prolongé avec Katie. On a halluciné et assisté à une scène WTF. Un mec s’est fait courser par trois. Nous n’avions aucune idée du pourquoi, mais la rage du trio était folle. Je ne sais pas ce qu’il avait fait, mais il s’est réfugié dans notre café pour éviter le lynchage. La police a mis plus de dix minutes à arriver, comme si ça ne les intéressait pas… On s’est quitté avec un sentiment un peu étonnant, j’espère que ce mec va bien.. Pour un dimanche après-midi tranquille, il fut plus intense. avec Sophie, Séverine et Nicolas nous avons fait quelques parties de Monopoly deal et Citadelle. 20h sonnaient avec une victoire au condottiere. J’ai pris la moto pour rejoindre Odelin, Camille et Sabrina en ville. Après un repas sympa, on s’est baladé sur le marché nocturne. A 23h, j’ai retrouvé Martin pour une petite bière. On a vu la victoire d’Arsenal, puis un baby-foot et un billard avant que je ne rentre presque au milieu de la nuit.

C’était un joli moment, tout simplement. Un de plus. Odelin et Camille, Martin et Hannah ou encore Inigo. Des amis que j’apprécie ne seront plus là en septembre et la valse amicale qui était la mienne à Beyrouth reprendra de plus belle en septembre ici, mais qu’importe. Il y a du monde que j’apprécie qui sera là à nouveau. De nouvelles personnes arriveront et je ne doute pas que le futur sera aussi positif que le présent peut l’être. J’ai déjà sommeil, en même temps il va me falloir récupérer un peu. Alors je lâcherai l’ordinateur très vite ! Bonne nuit à tous !

sortie moto du jour!
sortie moto du jour!
sortie moto du jour!
sortie moto du jour!
sortie moto du jour!
sortie moto du jour!

sortie moto du jour!

Lire la suite

XXXIV. Routine, maillot et désespérance.

24 Avril 2022 , Rédigé par Pereg

Dimanche début d’après-midi, posé à l’appartement, j’ai chaud. La chaleur n’est pas encore à son maximum que je transpire déjà à grosses gouttes à juste être. Je partirai au football tout à l’heure après quelques dimanches où je n’y étais pas allé. Ça va me faire du bien de courir un peu malgré la chaleur ambiante, j’ai besoin d’éliminer les toxines que la nuit m’a offert. Quand je suis sorti hier en tout début de soirée, j’ai rejoint Justine et Greg chez eux avant que l’on aille à l’anniversaire d’Odelin. Petite discussion au calme, et on filait rejoindre le groupe. Odelin n’avait pas grillé la surprise. Petit repas végé au calme et à dix heures nous nous quittions. Je n’avais pas envie de rentrer.

J’ai donc pris le chemin du W2M un bar que j’apprécie. J’y ai retrouvé mon équipe de Gaélic pour un concert fort sympathique. A peine 11h sonnaient que la police est arrivée pour fermer le bar. Etonnant. Avec John on a filé au Fig Tree. J’ai eu le plaisir de retrouver Jeanne, et d’autres connaissances francophones, mais surtout je suis tombé sur Stéphanie que je n’avais pas vu depuis le réveillon du premier de l’an. Il était un peu plus d’une heure je pense quand la police est arrivée pour fermer ce bar là aussi. On est donc parti à Teta. En arrivant là-bas j’y ai croisé mes sud-africains préférés, comme un symbole. Je ne peux pas faire une longue soirée sans avoir le plaisir de leur compagnie. A trois heures après un shot de Jaeger, on a décidé de finir à Dockers. Il était cinq heures quand nous avons décidé de rentrer. J’ai eu le plaisir de traverser le pont sur mon grab, juste souriant au vent. Ce sont des moments comme celui-là qui me dire que je suis bien à place. Au bout d’une jolie nuit de danse et d’alcool, de fête et d’amis, cette vibration humaine est ce qui fait le charme de ma vie. Ici ou ailleurs, je suis bien à ma place.

La semaine a apporté un autre plaisir non dissimulé. Je n’avais pas fait classe pour un groupe entier depuis le 28 février 2020, je peux effacer cette date de mon calendrier scolaire. Mais le plus cool, c’est que ce n’était pas juste une semaine, mais que demain et la semaine suivante, ce sera aussi le cas ! C’est ça qui est le plus cool, de savoir que l’on reprend peu à peu le rythme et que l’on va garder cette routine. Bien sûr l’adaptation à ce nouvel emploi du temps n’est pas si aisée. La pause méridienne est très courte, les journées sont intenses mais c’est si plaisant de reprendre un peu de normalité dans le travail. Il me faut anticiper, jauger de la quantité de travail, du rythme car ils ne sont plus habitués. La plupart de mes élèves étaient en dilettante sur le travail à distance et je peux les comprendre. Là, il faut se concentrer de 8H30 à 14h45, ça n’est pas simple. Mais ils sont aussi contents de se retrouver. L’école était le dernier lieu fermé de la ville, cette interdiction a été levée. Si l’on pouvait enlever les masques… ce serait comme de rien. Quand on voit ce qui se passe à Shangaï, nous ne sommes pas à l’abris d’un retour aux extrémités, mais quand même, je profite de cette routine et du retour à une relative normalité. Entre la reprise du vietnamien, de l’escalade et du gaélique, j’ai eu ce que je voulais.

D’ailleurs, jeudi soir à l’entrainement, nous avons été filmés, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite mais la télé locale faisait un reportage sur ce sport encore méconnu pour de trop nombreuses personnes. Je ne sais pas si je rendrai bien à l’écran mais le partagerai avec plaisir. A la fin, nous avons récupéré nos maillots commandés quelques semaines plus tôt. Je suis déjà bien intégré à mon équipe au ¾ irlandaise, mais le fait de recevoir mes maillots noirs et rouges à ajouter au plaisir de faire parti de ce groupe. Je me suis fait la réflexion hier soir cependant que ce ne sont pas encore mais amis, mais je ne doute pas que les choses se feront au fur et à mesure.

Bien sûr, depuis quelques semaines, mon regard reste tourné vers la France et l’élection présidentielle. Ce second tour a eu raison de moi. D’abord je n’ai pas eu envie de voter, puis j’étais presque résolu a voté blanc suite au premier tour... Mais je me suis dit que j’allais écouter les candidats, les écouter sérieusement et lire leur programme. Macron ne m’a pas convaincu, mais pas du tout. Le seul sujet sur lequel je le trouve cohérent est l’Europe. Pour le reste je n’y crois plus. Marine Le Pen, je l’ai écouté, je l’ai lu et je l’ai regardé. Elle a eu raison de moi. Son discours paraît cohérent, mais il me débecte. Il est flippant, et extrême. Tout simplement à vomir. Alors que j’hésitais, elle m’a convaincu de voter contre elle. Elle a réussi à me prouver qu’il fallait lui faire barrage.

Je ne sais pas si je serai encore réveillé à l’heure du résultat ce soir mais j’espère malgré tout que les Français feront le bon choix. Il est dur, il est violent et lui redonner cinq ans ne me plait pas. Mais elle est le chaos. Et moi, serviteur public, je devrai la représenter. Non impossible.  Si mes yeux se ferment je le saurai à mon réveil. Être ici amène aussi des contraintes, on va donc faire avec. Je coupe abruptement. Je lâche le pc, petite lecture sur le balcon à présent, c’est dimanche et tout va bien !

Viet Celt!

Viet Celt!

Lire la suite

XXXIII. Déception présidentielle, Tam Coc et reprise

17 Avril 2022 , Rédigé par Pereg

Tam Coc et environs
Tam Coc et environs
Tam Coc et environs
Tam Coc et environs
Tam Coc et environs

Tam Coc et environs

Dimanche matin, je ne suis pas encore prêt pour demain mais j’ai besoin de poser les choses ce matin avant d’enchainer pour cette rentrée qui ne porte pas son nom. En effet, demain, lundi 18 avril, je reprends en présentiel complet, de 8h30 à 14h45. Ça me semble fou et à la fois c’était devenu inévitable car la vie a repris pleinement à Hanoï. Oui, voilà quinze jours de vacances bien utilisés. Alors cette reprise qui est la mienne me questionne. Voilà plus de deux ans que je n’ai pas eu mes élèves au complet en classe avec moi. Demain comme une forme de conjuration, comme un presque retour à la normalité, presque car les masques sont toujours de rigueur, mais l’école reprend.

Je ne sais pas si tous mes élèves seront présents, mais ce qui est sûr, c’est que je vais arrêter avec le distanciel, je vais arrêter de me connecter en ligne matin et soir. Une fois que l’école fermera ces portes dans le milieu d’après-midi, je n’aurais pas à revenir faire une visio ou deux. Ce changement significatif de rythme ne peut que me faire du bien pour normaliser complètement ma vie vietnamienne. Je me suis beaucoup questionné cette année sur la poursuite ou non de mon aventure dans ce pays. Cette rentrée complète clôt ce questionnement même si au fond, mes déjà nombreux voyages dans ce pays allaient dans le sens de rester pour trois ans. Avec un travail qui reprend pleinement, s’achève une hésitation qui a trop longtemps perduré.

Mardi matin j’ai pris un minibus pour me rendre à Tam Coc, proche de Ninh Binh que l’on surnomme ici « la baie d’Ha Long terrestre ». Le décor est effectivement paradisiaque. Ce lieu a tout de charmant et j’y ai pris des photos magiques. J’en ai pris plein les yeux. J’ai apprécié aussi la solitude de ma semaine. Après une jolie semaine avec Fanny dans le nord, après un weekend de fête à Hanoï, me retrouver un peu seul était ce dont j’avais envie et besoin. Alors arrivé à mon hôtel banane, j’ai pris un vélo pour parcourir les rizières. Balades en barque, monté en haut d’un sommet pour un joli coucher de soleil. J’ai eu le plaisir de rencontrer Elodie, havraise d’à peine 30 ans qui réside à Bangkok et nous nous sommes retrouvés deux fois pour faire de petites visites ensemble. A un autre moment je me suis retrouvé avec Ley et Isabella, autrichiennes de vingt printemps parcourant l’Asie après avoir lâché leurs études. Elles m’ont impressionné de caractère et de motivation. Je n’ai pas osé à leur âge partir plus loin que l’Europe, je n’en avais même pas l’idée. C’est venu au fur et à mesure. Elles, n’ont pas hésité et se sont envolés pour le Vietnam comme j’ai pu aller à Varsovie. Le monde est vaste et les distances sont raccourcies mais leur aplomb et témérité est impressionnante. Ces rencontres éphémères c’est tout ce dont je souhaitais durant mon séjour à Tam Coc. Je ne sais pas si je recroiserais ces personnes un jour, mais leur compagnie momentanée fut plaisante.

Depuis mon retour à Hanoï, je me suis lancé peu à peu à nouveau dans le travail. Nous avons été prévenus durant les vacances uniquement pour cette rentrée de demain et il est donc nécessaire de consacrer une partie de mes congés à cette reprise. Pas de journée de pré-rentrée, une obligation de service. Certains peuvent trouver ça normal, mais c’est très très limite… En effet, selon les règles de l’AEFE nous aurions dû avoir le droit à une journée de préparation pour cette reprise. Le fait que les vacances aient eu lieu, il est donc indéniable que l’on compte sur la bonne volonté enseignante, et donc encore une fois sur notre éthique de travail pour que les choses soient en ordre. Cette décision a été prise verticalement et nous est tombée dessus. Sans négociation, sans dialogue. On vous dit et vous faites. C’est dommage, vraiment dommage. Car au lieu de faire de cette rentrée une joie, elle nous met en tant qu’enseignant, sous une forte pression. Après comme tous mes collègues, je ferai ce que dois, content ou pas n’est pas la question mais pour les élèves, encore une fois, nous ferons le maximum.

En parlant de pression, je ne cache pas ma déception après le premier tour de l’élection présidentielle française. Le seul programme qui me plaisait a échoué de peu à devenir un projet pour la France. Au lieu de ça, on se retrouve avec le même duel qu’il y a cinq ans. Déçu du macronisme et surtout de mon ministre de tutelle, je me retrouve contraint de devoir choisir entre eux, qui me répugnent, et un vote blanc. Car oui, j’ai écouté et lu le programme de Marine Le Pen. La préférence nationale, son idée de la reformation européenne, c’est à vomir et ça n’est pas nouveau. Ce ne sera donc pas un choix. Cependant de là à voter Macron… J’ai du mal à dire oui. J’ai du mal à le faire une nouvelle fois. Je ne dis pas que je ne le ferai pas, j’ai une semaine pour décider, en mon âme et conscience. Si je choisis de votre contre, ou si je laisse aux autres cette décision que je ne désire pas.

Alors que tout va bien j’ai l’impression de tenir un discours bien terne. En ce dimanche de Pâques où l’ensemble de la famille CALVAR se réunit, j’irai à un concert classique ce soir. J’ai découvert Hanoï sous un jour que je ne lui connaissais pas, vibrante, vivante, pleine de monde, pleine de sourires et de joie. C’est cette ville que je suis venu habiter. C’est cette ville que je ne suis venu découvrir et apprécier. C’est pour elle que je suis là. Alors que nous sommes mi-avril, j’ai un peu l’impression que mon séjour vietnamien ne fait vraiment que commencer.

Hanoï Hanoï Hanoï

Hanoï Hanoï Hanoï

Lire la suite

XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle

10 Avril 2022 , Rédigé par Pereg

17h30 : je démarre mon article de la semaine après avoir dormi tout d’après-midi. Ce dimanche est en complète dérégulation, un peu hors de temps. Ma journée n’a commencé que vers 6h30 du matin quand j’ai traversé le pont Long-Bien pour rentrer après une soirée animée. Je suis allé à un concert à 21h, je ne suis pas rentré après cette musique, une bière puis une autre, puis des jeux vidéo et la nuit a défilé. Je suis sacrément décalé. Mais ce soir, j’attends 1h du matin avec impatience.

 Cet horaire correspond à 20h en métropole, soit l’heure H pour dévoiler les deux candidats retenus au second tour de l’élection présentielle. J’ai voté par correspondance, toujours dans mon bureau de vote de Vannes car j’ai fait ma procuration. Jamais je n’ai loupé une élection car j’ai toujours pu voter de loin grâce à mes parents. Cette fois-ci, une première depuis longtemps, j’ai eu du mal à me décider… J’ai eu vraiment du mal à me décider. Le président m’a déçu par ses cinq dernières années, avec son ministre de l’Éducation. Tout se qui se trouve à la droite de Jupiter était déjà exclu. Roussel m’a plu un temps, s’il n’avait pas fait sa campagne que sur des mesures nationalistes et de gastronomie. Hidalgo out depuis le presque début, il ne restait finalement que Jadot et Mélenchon. De base, je préfère le premier et la sensibilité verte m’aurait orienté vers Jadot. Mais sa campagne avec ses prises de paroles sur des terrains d’identité et de police l’ont discrédité. Bien que l’homme me gène énormément, le programme des Insoumis, renommés Union Populaire est plutôt bon. D’un militantisme social, vert et féministe. On pourrait le qualifier de simplement d’engagé. Je me suis donc résolu à faire le seul choix de gauche qui pouvait aller au second tour, en espérant que la droite des chats restera à quai. Elle passe pour presque douce avec le pion de Bolloré plus extrémiste qu’elle. Flippant. Pourtant, malgré une désillusion générale de la politique, je ne me voyais pas ne pas voter. Je ne me voyais pas ne pas faire ce geste, quand encore dans le monde, si peu de personnes en ont la possibilité…​​​​​​​

une carte pour suivre le périple

une carte pour suivre le périple

Vendredi 1er avril à minuit, vacances, je me suis rendu au sud de la capitale pour rejoindre le bureau des bus Saoviet qui allaient me permettre de rejoindre Sapa avec Fanny. Départ du trek ! En effet, on en avait parlé déjà en février et on l’avait validé depuis. Faire un long trek ensemble autour de la ville du nord. Ma seule condition, marcher jusqu’au sommet du Vietnam, le Fansipan ! Je découvrais le programme peu à peu. Le but était de marcher plus de quinze kilomètres par jour et de s’arrêter dans des « homestays » tenus par l’une ou l’autre des minorités peuplant les villages autour de Sapa. Après des banh cuon pour petit déjeuner à 6H30, Cô, notre guide, une Hmong noire est venue nous rejoindre et l’on a directement démarré, direction Ta Phin ! Cette première journée fut pour moi une grande découverte. En effet, je n’avais pas imaginé l’état des chemins dans un pays où l’humidité est la norme. Les chemins sont pleins de boue. Chaque pas s’accompagne d’un son caractéristique et d’une fatigue plus importante. « Attention ça glisse », voilà ce que répétait Cô à longueur de journée. Mon sac à dos bien qu’intéressant était significativement trop lourd. Alors avec mon gabarit pour marcher sur les bords de rizières, ce ne fut pas de tout repos. Les choses changèrent dès le lendemain car on avec un bâton je pouvais m’équilibrer bien plus facilement. Le premier soir un bain d’herbes pour se remettre du premier jour.  Au lendemain, direction Giang Ta Chai. Le soleil fut de la partie et les chemins commençaient à sécher. C’est pour cette possibilité que l’on avait choisi cette période, grand bien nous a pris. Le soleil a rayonné tellement que j’ai eu d’énormes coups de soleil dès le dimanche. Je me suis donc couvert intégralement pour le reste de la randonnée.

quelques photos...
quelques photos...
quelques photos...

quelques photos...

Au troisième jour, le lundi, nous sommes allés voir la queue du tigre, le sommet au bout de la vallée, sans les sacs cette fois-ci, on les a déposés chez la nièce de Cô à Su Pan. Ce fut un régal, libérer du poids du sac, je me suis senti comme un cabri. De belles images, et puis une respiration pleine et entière, loin de la ville, loin du travail, voilà ce que l’on était venu chercher. On le trouvait. On a dormi dans le village de Hang Da, où vivent les parents de notre guide. Le lendemain en repartant, nos sacs ne nous accompagnent pas non plus, car ils se rendent directement chez notre guide où nous passerons la nuit. Nous, nous continuerons à marcher, de montées en descentes, de rizières en forêt de bambous, de chemins secs en chemins boueux. Je ne l’ai pas écrit avant, mais j’ai chuté à de nombreuses reprises, ou plutôt j’ai beaucoup glissé. A droite à gauche, un pas trop appuyé dans une flaque, un pied dans la rizière, une descente sur les fesses. De Lao Chai à Cat Cat pour notre cinquième jour, nous reprenions, le sac, délesté de ce qui ne nous serait pas utile pour les trois jours restants. Un passage dans la fête d’inauguration dans une maison voisine, on nous a servi du coca cola chaud, boisson de choix pour cette minorité. Chaud, car pas de réfrigérateur joint à l’habitude de boire chaud. Ils n’aiment pas les bulles. Cette dernière journée avant de s’attaquer au sommet du pays fut la randonnée la plus longue, 18km ou presque. Mais surtout une fin à presque 19h. J’ai senti à ce moment-là que j’avais poussé un peu le bouchon. La soirée avec le guide qui nous expliquait le chemin qu’on allait prendre…

XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle

On arrivait jeudi matin à ce pourquoi je m’étais engagé. Vaincre le Fansipan, le sommet de toute l’Asie du Sud-Est, cumulant à 3143m. on est parti à 9h et dès le matin je ne me sentais pas au mieux. La journée le confirma, un ventre en morceaux, une fatigue avancée, cette randonnée de 10km seulement mais une pleine ascension fut rude. Très rude. J’ai hésité à renoncer, dans ma tête la question a tourné. Mais pas après pas, heure après heure, j’avançais, jusqu’à 16h, avoir le guide qui me dit qu’on voit le refuge ! Mental gonflé à bloc, je poursuis et une heure à peine plus tard, j’étais au refuge. Si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi. Car hormis un toit, pas de fenêtres, pas d’eau, pas de toilette, pas de quoi cuisiner. Notre guide et le porteur nous ont servi un repas royal malgré nos conditions plus que spartiates. 2 degrés durant la nuit, on s’est serré dans nos sacs de couchages et nos multiples épaisseurs. A 21h, je dormais. La nuit fut courte, mais j’ai réussi à récupérer malgré des courbatures et des crampes.

4h30 au petit déjeuner, des nouilles instantanées à l’eau de la rivière, oui on a fait mieux, mais j’étais d’attaque pour la suite et la fin de l’ascension. 5h30 on a démarré, le soleil pointait son nez à l’Est. La vue était superbe. 7h30, pour la première fois, nous avons l’œil sur l’objectif. On aperçoit au loin le temple en haut du sommet, mais il faut une grande descente et une au moins aussi grande montée dans la dernière vallée. 9h30, on a rejoint les travailleurs au bas du temple. Ce moment-là fut rude. Il restait à peine 200 marches après toutes celles que l’on avait fait pendant deux jours. Chaque pas était super lourd, chaque respiration était pleine d’émotion. J’ai eu même limite les larmes aux yeux, car j’achevais ainsi mon périple de sept jours. On a posé les sacs pour conclure cette arrivée. Tout en haut, le guide nous a remis à Fanny et moi une médaille et un certificat de marche. On ne s’y attendait pas, mais c’était cool. Les gens nombreux autour de nous pouvaient être surpris, mais la plupart respectaient la démarche car eux, sont venus en téléphérique. Quelques photos plus tard on prenait un dernier repas tous ensemble et pour être sûr de ne pas faire de bêtise, je suis redescendu en téléphérique. Je ne voulais pas faire la marche de trop. De retour à Sapa, une douche et je me suis posé en attendant Fanny qui redescendait elle à pied.  Sunworld a privatisé le sommet du pays. Le Vietnam est un pays communiste avec une tendance capitaliste folle. Le sommet du pays est comme un parc d’attraction…

Après le trek au Népal, où je suis monté à 3660, je suis allé moins haut, mais plus longtemps, sept jours. Ce fut un relatif exploit mais je suis fier d’avoir réussi. J’aime le trek, j’aime marcher, je suis allé assez loin dans mon corps, dans mon mental, il me faudra d’ailleurs progresser, améliorer ma préparation, améliorer aussi ma perception et mon acceptation. On peut toujours faire mieux, je vais progresser, le Mont-Blanc, n’est pas encore à l’ordre du jour comme Jason, mais qui sait un jour ?  J’ai vécu plein de belles choses durant cette semaine, j’ai vu des paysages de folie, j’ai rencontré des gens formidables, j’ai vécu.

XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle

Cependant il faut rester alerte et une conversation avec la Bosnie m’a permis de mettre les mots sur ce que peut provoquer un tel périple. Car oui, j’ai découvert des minorités, des Hmong noirs, les Zao, les Giay et les Tay, leurs costumes traditionnels, leurs maisons. L’électricité est très restreinte, l’eau courante n’est pas potable. Les repas que l’on nous offrait étaient considérés comme de luxe pour eux, car la viande n’était pas là à tous les repas. La production agricole de riz, de légumes et leurs animaux sont pour leur propre consommation. Cependant quand les Viets s’installent, ils privatisent les chemins et bloquent peu à peu les minorités. Eux, qui vivent du tourisme ont été durement touché avec le Covid, mais en plus, les resorts qui sont construits font semblant d’être locaux alors que ce sont des viets qui reprennent les codes et laissent les populations locales plus démunies encore. Le Liban m’a marqué avec sa crise économique et plus encore mais aussi la résilience de sa population. Ici la misère prend une autre forme, une discrimination forte. L’analogie peut-elle se faire avec les populations immigrées en France ? ... Ils ne se considèrent pas vraiment vietnamiens mais ils n’ont pas d’autres choix. Alors la meilleure manière de les aider, est de les aider à vivre, de les respecter et d’apprendre d’eux. J’espère l’avoir fait de la meilleure des manières. Profiter mais être conscient.

19h00 : je termine et la nuit est tombée, je vais rejoindre Hoan Kiem en marchant pour aller manger par là-bas avant, de découvrir à 1h les résultats. Demain, je déciderai de ce que je fais de ma seconde semaine de vacances, mais il est clair que je vais vouloir bouger à nouveau. Je suis de retour à Hanoï, les élèves seront bien de retour la semaine prochaine en classe alors ce sera intense. Il est donc primordial d’en profiter au maximum. Pura vida !

Lire la suite

XXXI. Reprise et enchantement

27 Mars 2022 , Rédigé par Pereg

Temple de la littérature et repas au bon souvenir de Beyrouth
Temple de la littérature et repas au bon souvenir de Beyrouth
Temple de la littérature et repas au bon souvenir de Beyrouth

Temple de la littérature et repas au bon souvenir de Beyrouth

Dimanche soir, je suis lessivé, je suis rentré du football comme à l’accoutumée. Triplé et victoire, dire que c’était une habitude serait pédant mais j’ai à nouveau eu de la réussite. On dit que ça se provoque, il n’empêche que j’ai eu les bons gestes. En revanche, j’ai pris tellement cher ! Je suis courbaturé de partout. Le Covid est passé par là et je le sens bien ! Depuis ma négativement de vendredi matin, j’ai enfin pu mettre le pied dehors. J’ai déjà repris le travail mercredi mais je reste à la maison pour être sûr de ne contaminer personne. Cette semaine marque mon retour à une vie normale, à une vie sociale et à l’enchantement du quotidien qui est le mien.

Après mes nouveaux tests positifs de dimanche dernier, mon arrêt maladie a été prolongé jusqu’à mercredi. Cependant je me suis refusé de demander à mes collègues de s’occuper de mon ENT, j’ai donc mis en ligne le travail pour mes élèves comme je l’ai toujours fait. La différence, la grande différence était que je ne faisais pas de visioconférences. Je les ai repris mercredi. J’avoue qu’après dix jours dans travailler avec eux, j’ai eu plaisir de revoir le visage de mes élèves. J’aurais dû le voir de visu les 21 et 22 si je n’avais pas été malade, mais qu’importe. On a repris le rythme et je sais qu’avec les vacances qui arrivent, la toujours prolongation de notre enseignement à distance, ce n’est pas aisé pour eux. Il n’empêche qu’avec cette simple reprise, j’étais encore bien fatigué. La sieste a toujours été un plaisir dans mes journées, elle est depuis quelques temps une nécessité. Ce qui en dit long sur mon état physique… On m’avait prévenu que cette pandémie pouvait atteindre physiquement violemment certains, ce n’est clairement pas tout rose pour moi. J’ai besoin de dormir plus qu’avant et la fatigabilité est plus forte également. Les vacances et la respiration au nord que l’on a prévu avec Fanny arrive à point nommé ! Ce sera sûrement intense mais je serai concentré sur ce pur plaisir qu’est la marche à pied.

La grande nouvelle professionnelle est la venue des élèves mardi et mercredi. Ma positivité m’inquiétait sur le fait de pouvoir retrouver mes pitchounes en classe. Cette ombre a été balayé. J’ai donc pu dire à mes élèves vendredi que je vais bien les accueillir à l’école. En demi-groupe, mais ce sera une première ! Je travail avec ces enfants depuis début septembre dernier et je ne les ai JAMAIS vu en classe. Alors avoir l’opportunité de les recevoir, même pour des évaluations, je prends. Peut-être qu’au retour des congés d’avril je pourrai les accueillir à nouveau ? Il est trop tôt pour se prononcer mais la vie a pleinement a repris ici. Plus de limitation de capacité d’accueil, les lieux de culture sont tous ouverts, plus de couvre-feu. Le seul lieu qui n’est pas encore ouvert est bien l’école primaire. Oui, les enfants de moins de 12 ans ne sont pas vaccinés et mes élèves qui ont eu le COVID l’ont subi de plein fouet. Le comité populaire décidera. Mais d’ici là, j’aurais vu mes élèves.

Dès que j’ai pu sortir vendredi midi, je suis allé manger avec Camille et Odelin à Croque-la-vie. J’ai eu à nouveau cours de vietnamien et ça faisait plaisir. Le soir, anniversaire de Clément nous sommes allé voir un film vietnamien. Une première et j’en garderai un souvenir particulier, car c’est le premier. L’histoire du poste du 93km du chemin de l’oncle Hô. Un peu de lyrisme, une poésie douce dans cette langue que j’apprends même si elle ne coule pas encore à mon oreille. J’ai revu un film libanais récemment et cette langue je la reconnais, les années m’offriront le même plaisir avec le vietnamien, comme l’arabe dialectal du cèdre, comme l’allemand ou le polonais, il y a des mots, des phrases qui me restent. On est allé dans un bar sur un toit où il y avait une rampe de skate. Et l’on a fait un karaoké. Minuit était bien sonné quand je suis rentré.

Samedi matin direction décathlon pour acheter le complément de matériel qu’il me fallait pour partir en randonnée, avec comme priorité une seconde paire de chaussures. En sortant je me suis arrêté au temple de la littérature, je trouvais ça poétique de passer à cet endroit-là, moi qui vénère Calliope et Clio. Une partie de ce temple est aussi le symbole de la ville elle-même et il est probable qu’il finisse sur mon corps quelque part dans un futur plus ou moins proche. Un Bun dau partagé avec Sophie à midi, j’ai fini à Tay Ho mangé égyptien avec Kim, une glace italienne et un ciné avant de retrouver les trèfles covidés en visio en rentrant. Pour ce dimanche, j’ai fait des pancakes et j’ai amené Sophie chez mon garagiste où elle a franchi le pas de se louer un scooter. J’ai les yeux qui se ferment et il n’est pas 20h, les muscles sont tendus mais le sourire est là. Ce sera une soirée irlandaise avec Belfast et au réveil, je verrai donc qui a gagné les oscars !

Lire la suite

XXX. Grand Chelem, cloisonnement et introspection

20 Mars 2022 , Rédigé par Pereg

​​​​​​Dimanche soir, la Bundesliga en fond mais surtout la radio en podcast pour écrire. Je n’ai pas l’œil sur la tv mais plutôt sur mon écran d’ordinateur avec ces premières lignes que j’écris. Il n’est pas 22h et je suis ko. Mon Covid m’a bien tapé. On m’avait dit « oui tu verras, avec tes vaccins ça le fera, tu n’aurais sûrement qu’un rhume… » j’aurais parié, j’aurais perdu. J’ai pris cher. J’ai vraiment pris cher trois jours. A rester allongé presque toute la journée, voies aériennes ouvertes et une pression forte sur la poitrine. J’ai été dégommé. J’ai eu le déplaisir de retourner vers mon année polonaise avec le staphylocoque doré que j’avais eu dans les poumons et cette respiration pesante, difficile. Mardi soir, je me posais beaucoup de questions, d’aller voir un médecin éventuellement. Mercredi matin, la douleur avait commencé à diminuer, elle a continué depuis pour ne laisser place depuis ce weekend qu’à la fatigue extrême. Pourtant, je fais parti des chanceux, de ceux qui n’ont pas besoin d’aller à l’hôpital, de ceux qui ont reçu les trois doses de vaccins et qui peut-être ont allégé mes symptômes. Avec ma chance, je me demande ce que ça aurait été si je n’avais pas été vacciné. Je ne veux pas y penser. Me concentrer sur la récupération pleine et entière de mes capacités physiques sera déjà une grande mission. J’avais eu la mauvaise idée de faire un équivalent de crossfit samedi il y a huit jours, je vais attendre un peu avant de me relancer dans ce genre d’exploit. La marche à pied, le vélo ou la course pour redémarrer et si je le sens, escalade et gaélique. Le protocole de l’école était clair, je me suis testé à nouveau au bout de sept jours. Et l’autotest est plus léger, mais il n’en reste pas moins positif. Je reste donc cloisonné trois jours de plus. Je reprendrai le travail officiellement mercredi, après les dix jours COVID attribués par l’école. La proviseure n’a pas trouvé surprenant que je positive encore. Moi un peu plus.

Cette maladie m’a mis KO. Les premiers jours en plus de dormir de 21h30 à 8h du matin, une sieste le matin, une voire deux l’après-midi. Lessivé, HS. Je pourrai utiliser tous les synonymes mais vraiment éclaté par ce covid. Depuis, je vais mieux, mes nuits sont redevenues d’une durée qui me ressemble plus, sans oublier une petite sieste. Je reprends peu à peu mon rythme, il s’agit de toute façon d’être prêt mercredi. Il faut bien s’y remettre et j’en ai envie aussi. Autant j’apprécie mes congés, autant le cloisonnement dans mon appartement n’est pas la chose la plus fun du monde… Après les deux semaines en chambre d’hôtel, la réduction de déplacement des premiers jours à Hanoï, la suivante bonus de la rue fermée, j’ai pris dix jours à la maison. Si on m’avait prévenu en début d’année que je passerai contraint et forcé autant de temps chez moi, j’aurais rigolé, mais je constate le temps qu’avec cette pandémie, on s’habitude à tout : de rester chez soi, de ne pas voir ses élèves. Certains d’entre eux ont été adorables et m’ont écrit pour me demander comme j’allais. Je pense à eux d’abord et avant tout qui n’auront pas eu de visioconférences avec moi durant mon arrêt maladie, si l’on avait été en enseignement normal, j’aurais été remplacé et fin, eux auraient continué à avancer. Là, à la maison, de cette manière, je doute que certains aient consenti à faire leur travail. Il va me falloir remplir très prochainement les bulletins aussi. Je m’y remettrai doucement mercredi, mais je sais que d’ici aux vacances, ça va piquer assurément.

Même si le corps est ko, le cerveau peut fonctionner. Comme j’en ai parlé avec Caroline, j’étais en pleine introspection. Scolairement parlant, c’est un chantier perpétuel, mais humainement j’ai eu de quoi m’agiter la cervelle. Pas de Saint-Patrick, pas d’anniversaire d’une collègue, pas de sortie du samedi soir, pas de cinéma. Je n’ai rien à regretter car j’étais positif encore ce matin. Cependant, de ne pas avoir de Guiness pour le 17 mars, c’était triste. Là où j’ai apprécié en revanche, c’est Martin qui sous prétexte de passer voir une connaissance dans mon quartier, comptait m’en ramener une. Il n’en a pas trouvé mais l’intention était là, ce qui confirme qu’une fois de plus que j’ai vraiment trouvé mon buddy en la personne de cet allemand roux. Après Colin à Varsovie, Tommy à Beyrouth, c’est Martin à Hanoï. Un mec sur lequel je puis compter, on est sur la même longueur d’onde et il n’y a pas besoin de beaucoup de mots pour se comprendre. Juste le truc qui fait que tu sais pouvoir compter sur lui. J’ai des amies aussi, des collègues appréciés, mais mon cercle social est bien en dehors du lycée, hétéroclite, polyglotte, polyculturel, la vie à l’étranger quoi. Même si ce covid n’est pas simple, il y a des choses qui vont bien ici et c’est aussi parti pour durer. Malgré le chaos professionnel, le tumulte de la pandémie, je peux le dire, je suis quand même bien ici.

Les petits yeux que j’ai ce soir viennent je pense pour une part de la courte nuit que j’ai passé. J’ai voulu dormir tôt mais je n’ai pas réussi. A trois heures du matin, devant l’ordinateur, trop excité pour louper ce Crunch. France-Angleterre pour terminer le tournoi. Les Italiens venaient de gagner à Cardiff, les Irlandais ont marché sur les autres nations britanniques et il fallait battre notre meilleur ennemi pour l’emporter. Ce fut âpre, dense, intense, mais une fois encore, nos bleus ont pris le meilleur sur leur adversaire pour s’offrir une première victoire dans le tournoi depuis 2010, et surtout un Grand Chelem. Italie, Irlande, Ecosse et Pays de Galles. Tous étaient tombés face au XV de France. Les Anglais ont fait de même. Après une décennie frustrante, ça fait deux ans que je vibre à nouveau devant nos bleus. L’équipe de Galthier, cette génération dorée est si impressionnante. L’objectif est la coupe du monde l’an prochain en France, ils s’y préparent de la meilleure des manières. J’ai fait le deuil de regarder des matchs en semaine, je ne peux me lever dans la nuit avec l’école, mais le weekend de temps à autre, ça peut se faire. Cette nuit, ce match le méritait vraiment.

Je dis toujours que je suis breton, je le précise auprès des Français, des Britanniques pour le côté celtique, et parle du bord de mer en France pour éviter que les gens pensent Paris. La découverte ou l’ignorance de Morvan Lebesque, pamphlet sur comment peut-on se décrire breton. Des moments comme cette nuit, je suis Français. Ce n’est pas que pour la gagne, mais aussi pour cette langue qui est si belle. Celle de Molière que je préfère associer à Dumas, Hugo ou Rostand. En évoquant ce dernier, j’ai vu un Cyrano musical qui m’a fait beaucoup de peine, les Américains ne peuvent comprendre la beauté de ce texte et l’adaptation n’en est que trop pâle à côté. J’ai écouté peu de musique cette semaine, mais je suis reparti vers mon adolescence et j’ai mis Avril Lavigne. Il fallait bien s’occuper un peu. A ce titre j’ai regardé « drôle » sur Netflix aujourd’hui. La scénariste de 10% parlant de la galère de démarrer en Stand-up. Une merveille. Je suis aussi retourné à Beyrouth en voyant la version libanaise de « Perfetti sconosciuti ». Encore une fois Nadine Labaki est merveilleuse. Je ne connais pas le cinéma indépendant vietnamien, pour l’instant je l’assimile au Drama coréen et ce n’est pas ma tasse de thé. Mes yeux sont lourds, et je vais aller lire un peu, Dumas, fils de France m’attend.

Lire la suite

XXIX. La positive attitude

13 Mars 2022 , Rédigé par Pereg

Non aujourd’hui pas de football, pas de but, pas de terrain, encore moins de soirée au Novotel comme je devais faire… Ce sera une semaine cloitré à la maison avec une limitation la plus complète de mes déplacements, de mon travail, de mes activités. Hier soir, j’étais de sortie à la Bodega. Comme son nom l’indique un espace fort agréable en extérieur pour accueillir des concerts, et ce fut le cas dans une belle ambiance. Cependant ce matin, je toussais plus que d’habitude, avec des courbatures plutôt importantes. J’avais acheté des autotests pour vérifier que tout allait bien. Le verdict fut sans appel, il vira directement. Si vite que je me suis posé la question du résultat. Un second quelques minutes plus tard venait confirmer le verdict. J’ai officiellement chopé le covid. Pour l’instant rien de grave à signaler, juste une fatigue plus importante qu’à l’accoutumée mais je vais rester vigilant car je sais bien que malgré mon gabarit, j’ai une petite santé. Après trois doses de vaccin, je suis sûr que tout se passera bien.

La semaine avait bien commencé, nous parlions à l’école de faire venir les élèves en demi-classe pour une matinée de travail. Une réunion a été faite et il est clair que je ne prendrai pas le créneau que l’on m’a octroyé pour l’instant, une inversion avec mon collègue d’une autre classe et tout se passera bien. J’y ai beaucoup repensé récemment et j’en suis arrivé à la conclusion que tout a commencé pour moi niveau chaos d’enseignement le jour de la révolution libanaise, le 17 octobre 2019. Depuis ce jour-là, je n’ai jamais vraiment enseigné normalement. Car durant les mois qui ont suivi, il y a eu des jours avec école, et d’autres sans, des changements de dernières minutes. Puis le Covid est arrivé et l’arrêt du travail en présentiel a eu lieu le 28 février 2020. Depuis, jamais je n’ai eu de classe complète face à moi. Voilà plus de deux ans que mon quotidien professionnel n’est plus du tout mon métier. Je me suis formé autrement, j’ai travaillé avec l’ordinateur, préparé des capsules vidéo, utilisé des ENT inconnus, me suis formé sur plusieurs logiciels différents. Mais malgré tout, le cœur de mon enseignement le partage, ne s’effectue plus par le biais que je préférais, le contact.

Mon entorse du majeur gauche ne s’est pas encore rétablie et je n’ai pas pu faire ni natation, ni escalade. Le gaélique a été annulé vu que l’équipe a été décimée. J’attendais avec impatience ce dimanche car après le foot, avec l’équipe nous devions aller voir le PSG Bordeaux au Novotel où sera organisé une soirée autour du match. Un cocktail et plus encore, ce sera donc pour une prochaine fois si l’occasion se présente à nouveau. De même que Mika fait une soirée de départ demain soir, ça aurait été l’ultime occasion de se retrouver ensemble. Cependant, je n’y prendrai pas part non plus. Arrêt maladie pour la semaine également, les collègues vont devoir s’occuper des préparations sans moi. J’ai posé la semaine de travail pour mes élèves, ils seront donc alimentés, mais l’enchainement avec la semaine suivante sera lui plus délicate. On verra, je n’y suis pas encore.

De mon balcon, je vois à présent les choses un peu différemment. En effet, j’ai déménagé deux étages plus hauts. Le sixième étage s’est libéré, j’en ai profité pour m’y installer. Même appartement mais la vue est plus cool et il y a moins de vis-à-vis. Ce changement est mineur, mais la terrasse qui fait face à mon appartement elle ne l’est pas. Oui, pour recevoir, ce sera bien plus appréciable que simplement dans l’appartement ou sur le balcon. Les beaux jours arrivent et je ne doute pas que cette vue qui est la mienne, sera du plus bel effet pour profiter d’une soirée un peu arrosée. Enfin pour l’instant je n’y suis pas du tout, au contraire…

Mes yeux se ferment facilement et ne serait-ce que rester assis me demande une grande concentration, je vais donc m’arrêter là pour ce soir et on verra la suite. Tant pis pour la Saint-Patrick et tout le reste, comme je le dis aux parents d’élèves quand ils m’envoient un mail pour me dire que leur enfant est malade, la santé avant tout. Et bon anniversaire Grand-mère.

Oui quand même

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>