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Liban saison 1, fin

1 Juillet 2019 , Rédigé par Pereg

une vidéo qui présente bien ce pays dans lequel je vis.

Dimanche 30 juin, demain je quitterai le Liban jusqu’en septembre, avec une valise pleine mais du strict nécessaire estival en France. Oui cette année fut belle, intense, aventureuse et pleine d’émotions. C’est d’ailleurs tout ce que je peux avoir en tête à l’heure d’écrire ces quelques mots. Pour autant deux ressentis dominent : celui de vouloir rentrer pour l’été, voir la famille, les amis et partir en vacances ; mais également celui et il est neuf pour moi, d’un retour en septembre. Je n’ai jamais eu ce que la nouvelle année scolaire offrira, un retour en terre qui il y a un an était inconnue et qui aujourd’hui est mon chez moi. Le quartier de Zarif à Beyrouth, de mon lycée Abdel Kader en plein déménagement aux douceurs nocturnes jusqu’à l’aube. Je reviendrai pour une seconde saison.

La Pologne m’a beaucoup marqué, et depuis, je n’avais eu de cesse de travailler pour rejoindre le système scolaire des écoles françaises à l’étranger, un accomplissement. Depuis mon arrivée ici, ce sentiment s’est confirmé, je suis bien à ma place à enseigner dans un pays qui n’est pas le mien originellement, dans un pays dont les habitants parlent une langue que je dois apprendre, avec des paysages à découvrir, de la nourriture inconnue et des rencontres humaines que je ne peux oublier.

Bien sûr aussi géniale qu’a pu être mon année, toute la vie à Beyrouth n’est pas rose, du système de recyclage quasi inexistant à l’eau du robinet non potable, il y a des choses qui sont plus difficiles que d’autres mais ça n’empêche que je suis à ma place ici. Je ne parle toujours pas libanais mais j’arrive quand même à présent à déchiffrer l’arabe, l’écrire également. Tous ces changements, ces découvertes m’ont enrichies d’une manière qu’il m’est difficile de réellement expliquer. Même si j’arrive à mettre des mots sur ces sensations, le retranscrire a comme un effet d’atténuation. Qu’importe.

Cette dernière semaine fut quelque peu différentes, les élèves sont partis lundi en vacances, et depuis mardi matin, le rangement, et l’emballage de la classe pour notre nouvelle école en septembre a fait que le contexte était particulier. Particulier pour moi qui boucle cette première année ici, mais surtout pour les collègues qui quittent cet établissement qui fut le leur pendant de nombreuses années. Certaines y ont même été élèves, comme leurs parents avant elles. Ce déchirement qui est le leur peut être entendu, mais on ne peut vraiment le concevoir pour nous français qui changions d’école en passant de l’élémentaire au collège et au lycée.

Quelques séances à la salle avec Fehmi pour finir de nous achever physiquement également, il n’y a pas à dire, je sens le changement qui est le mien. Même si mon dos me fait toujours mal comme tous les matins, il y a une relative amélioration et l’entrainement que l’on a fait tous les deux y est certainement pour quelque chose. Preuve en est sur la soirée du lycée vendredi soir, j’étais comme un fou à danser, sobrement plus ou moins mais l’amusement était de mise. Ce sera forcément étonnant cet été de revenir en Bretagne après ces mois passés ici, mais c’est aussi un contraste que j’ai besoin de vivre, revenir aux sources. Le dabké, danse traditionnelle libanaise m’y ramenait à chaque pas, comme un lien avec les danses bretonnes que je vais retrouver en fest-noz du côté de Lorient ou ailleurs.

Une année, passée si vite et qui pourtant par certains aspects a été fort longue. Depuis plus de deux mois, pas une seule goutte de pluie est tombée et j’attends avec impatience l’ondée salvatrice que j’espère trouvée en métropole. Quand on a été habitué à la pluie, en tout cas de temps en temps, je me surprends à l’espérer autant. Il en est de même pour un bain de mer qui arrivera vite à mon retour en Bretagne. Se baigner au Liban est possible, mais pour trouver une mer décente, il faut sortir de l’agglomération beyrouthine et de ce côté un véhicule est forcément nécessaire. Ce sera donc probablement un de mes chantiers en septembre, savoir si j’investie dans un véhicule motorisé ou non. La piscine aussi agréable soit-elle ne fait pas tout et le sel et les embruns, quand on y est habitué, est un bienfait que l’on ne saurait oublié.

De Baalbeck à Sour, de Tripoli au Chouf, j’ai eu le plaisir de parcourir ce pays, de visiter de multiples endroits magnifiques, des ruines romaines ou de la nature brute, c’est aussi le charme du Liban, qui recèle de merveilles alors qu’il ne fait qu’un tiers de la Bretagne en superficie. Un condensé de couleurs et de chaleur humaine également qui rend la vie ici si particulière. Hier soir, pour la dernière fois avant mon départ estival, je me suis replongé dans ces plaisirs. Passant de Mar Mikhaïl  à Hamra, et rentrant tard dans la nuit après en avoir profiter pleinement. Je ne sais pas si l’on peut dire que la vie libanaise est douce, mais une chose est sûre, c’est qu’un certain art de vivre, carpe diem à l’oriental est bien présent.

Le Liban a de cesse toujours me surprendre, quand on pense avoir compris comment marchait certaines choses, on vient te prouver par a+b que ça n’est pas le cas. C’est perturbant et grisant à la fois, car le pays en entier est ainsi. Des différentes communautés qui y résident, aux multiples internationaux qui s’y investissent, ce pays est en perpétuelle évolution et qui sait ce qu’il en adviendra demain. J’ai rencontré il y a peu, une française qui n’était pas revenue depuis trois ans. Trois ans dirons nous c’est court et pourtant elle ne reconnaissait pas la ville, les quartiers avaient évolués, bougés, ses magasins délocalisés et d’autres endroits ouverts à leurs places. Je verrai ce qui sera de mes ressentis de septembre, mais je sais que déjà rien que de penser à revenir ici, j’en ai le sourire. Mais avant de revenir, il faut partir. Reculer pour mieux sauter.

Alors je terminerai ainsi cet épilogue, une première année riche, folle, géniale, et qui me fait simplement sourire en imaginant la seconde à venir. Merci le Liban, on se voit en septembre.

petit hommage à mon lycée.

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