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Grève, JVS et David

1 Décembre 2019 , Rédigé par Pereg

à vous de lire^^

à vous de lire^^

Dimanche soir, 21h passées, je veux rédiger mon article avant de passer à table et me mettre sous ma couette que je me suis enfin décidé à sortir. Symboliquement je commençais à frissonner un peu au réveil le matin, mais rien de grave, il fait toujours plus de 20 degrés dans ma chambre quoiqu’il se passe donc ça n’est jamais gênant. La semaine qui vient de se terminer à amener pas mal de complexité et d’épaisseur à mon ressenti actuel sur la situation libanaise. Non pas que les choses ont évoluer réellement, car nous avons travaillé normalement, pas de nouvelles coupures mais mardi, la fondation a décidé unilatéralement de baisser les salaires des enseignants libanais de 20%, au motif que les parents n’ont pas payé les frais de scolarité, budget important surtout en période de crise économique.

Ainsi la fondation voulait mettre les parents face à leurs responsabilité, de payer ces frais, et le moyen qu’a trouvé la direction de la fondation mme Bassiri, c’est de baisser les salaires des enseignants, ne souhaitant pas toucher à la trésorerie du lycée. Cet établissement a de particulier que même le directeur administratif et financier, le DAF, n’a pas le pouvoir de gestion, tout est régulé au niveau de la fondation, et donc pour l’équipe de direction française, c’est forcément une situation délicate. Après cette décision, assemblée générale mercredi à 15h après la classe. En tant que français, nous ne pouvons normalement pas faire grève, il y a une nécessité de préavis posé par les syndicats, mais nous sommes allés à l’AG pour soutenir nos collègues libanais. Décision prise, grève pour le lendemain, avec arrêt des rattrapages et de tout ce qui est fait en dehors du temps scolaire. En tant que résident français, même si nous sommes solidaires, on a normalement l’obligation de travailler, ce qui se manifeste par une ouverture des classes en primaire, ce qui n’est pas le cas en secondaire car un prof ou deux ne font pas une journée de travail. Mais ce qui a changé cette fois-ci, contrairement à l’an dernier, mais contrairement à toutes les fois précédentes m’ont dit les collègues, on nous a posé la question : « travaillez-vous demain ?». Avec les collègues résidents du primaire, nous nous sommes donc mis d’accord pour être grévistes, en solidarité avec ce qui se passait pour les libanais, comme une évidence.

Pour moi, c’était symbolique et normal de pouvoir le faire, car une perte sèche de 20% de salaire, c’est énorme, et surtout, le faire mettait la fondation dans l’illégalité. Ainsi, je pourrais retenir que mon premier jour de grève officiel, c’était ce 28 novembre 2019, j’apprécie d’autant plus l’idée que je ne l’ai pas fait pour mes droits. Jeudi après-midi, les représentants du personnels sont allés voir la directrice de la fondation Hariri, et ont obtenus un accord qui leur rendait l’intégralité du salaire, et assurait de ne pas avoir de baisse en décembre. J’étais ravi et soulagé pour mes collègues. Le seul impact réel que ça a eu sur moi, c’est que j’ai eu rattrapage hier matin, samedi. C’était la première fois depuis que j’ai quitté la 6ème que j’avais cours un samedi matin. Je n’étais pas obligé de venir, mais je ne me voyais pas ne pas le faire si mes collègues libanaises le faisaient. Dans ce genre de situations, il faut s’adapter à l’ensemble et ici, l’idée de rattrapages, même pour les PS, semble nécessaire à tous, alors on s’aligne sur la volonté générale. J’avoue avoir profité du weekend pour réellement déconnecté du travail, j’avais aussi bien anticipé de ce côté-là.

C’est à ce titre que je me suis permis de faire une chose presque transgressive, sortir, trois soirs de rang, jeudi, vendredi et samedi. Wahou quelle folie ! Oui bien sûr, je plaisante, mais je me sentais un peu fifou d’oser me promener alors que le lendemain j’ai cours. Qu’importe, ça ne se refuse pas quand on a la possibilité de le faire.

Jeudi soir, je suis allé chez Mustapha, un libanais qui travaille dans l’écologie, pour une soirée de Thanksgiving. Erin ma pote californienne m’avait invité pour cette soirée très américaine dans la thématique, mais bien sûr avec fort peu de ressortissants, et plutôt des internationaux. Pas de dinde, mais de belles tartes, à la citrouille, patate douce ou encore noix de cajou. Un vrai délice pour ces saveurs automnales que je ne connaissais pas. Je me suis d’ailleurs interroger sur la volonté de prolonger au 21ème siècle, une fête qui raconte comment les pèlerins, ont massacré les indiens après avoir bénéficié de leur aide. Je ne sais pas si le massacre des natifs américains est considéré comme tel, mais le reconnaître et expliciter en quoi cette célébration est importante actuellement pourrait peut-être un vrai avancement. Je vois ça d’un œil d’européen, et notre histoire, spécialement à nous français est pleine de massacres en tout genre, mais aucun de ceux-là il me semble, ne donne lieu à un jour férié dans l’année. Ce lien m’amène à une confusion de ressentis envers cet évènement. Après durant la soirée, j’ai profité, notamment d’un camembert bio qui arrivait juste de France, un réel plaisir. Bien sûr à minuit, j’étais au lit, car travail il y a.

Vendredi soir, même combat, comme Cendrillon rentrée du bal, minuit sous les draps. Mais c’était une toute autre soirée, qui m’a assez remué je dois dire. David est rentré en Allemagne. En effet, il était à Tunis pour un séminaire la semaine dernière, et à son retour il a décidé de repartir vers l’Europe pour se prémunir d’une santé déclinante. J’ai eu un pincement au cœur car ça sonnait le glas d’une cohabitation joyeuse et fortement intéressante. Mais le corps a ses raisons que le salaire ignore. C’est important de se préserver, et même s’il lui en coutait de partir, c’était devenir nécessaire. Ainsi donc après un super moment sushis avec mes collègues, j’ai filé à Em Nazih rejoindre David, et Belle qui était rentrée deux jours plus tôt des Pays-Bas, elle ne devait revenir que lundi. Mais grand bien lui a pris car nous avons pu avoir une dernière soirée tous les trois, et vraiment je n’oublierai pas cette colocation avec eux, ce sont les premiers avec qui tout s’est passé naturellement. Non pas de larmes à la séparation mais un pincement au cœur réel. En partant en juin, j’ai perdu mon « trouple » avec Clara et Lucie, fin novembre mon coloc. People always leave, merci Peyton, je ne l’oublie pas ! Après rien de négatif là-dedans et il y a toujours plein de personnes que j’apprécie qui m’entourent ici.

C’est aussi dans cette lignée que samedi soir j’ai rejoint Tommy, Hadi, Charlie et Kate, ça faisait tellement longtemps que je ne les avais pas vu, Charlie, c'était juin. On a pris un verre ensemble et on a filé à une soirée organisée dans un immeuble au nord de Geitawi. Ce genre de soirée, ça me manquait, même si j’ai toujours été actif depuis mon retour en septembre, mais parler en anglais à tous ces internationaux, dont je connaissais pour la plupart au moins le visage, c’était fort sympathique. J’y ai croisé à nouveau Célia, avec qui j’ai passé une bonne partie de la soirée à discuter, mais aussi Max, photographe qui m’a fait faire la photo que vous trouverez ci-dessus. J’ai perdu la notion du temps et l’endormissement fort tard et quelque peu aviné ne m’a pas empêcher de me lever pour aller au basket. Oui je me suis enfin remis au sport proprement, c’est aussi devenu nécessaire avec la bouée qui me serre de ceinture abdominable (le mot en volontaire). Samedi fin de journée à la salle d’abord, puis basket ce matin, j’ai peut-être un peu trop tirer car j’ai eu besoin de me reposer cet après-midi, mais quel plaisir de se dépenser, je n’avais plus pris le temps de le faire depuis septembre, je n’ai qu’une envie, y retourner, ce que je ferai dès demain.

J’ai eu le plaisir aussi en début de soirée d’aller avec Fehmi voir Stampede, le film One Piece qui est sorti au cinéma en France en septembre. Je ne pensais pas qu’il y aurait eu une sortie sur les écrans libanais. Alors quand j’ai appris qu’à partir du 28 novembre il était diffusé ici, j’ai sauté sur l’occasion, de peur de le voir déprogrammer sous peu. Nous étions les seuls dans la salle effectivement. Mais vraiment, pour le fan que je suis, j’en suis sorti ravi, avec plein de paillettes dans les yeux, des rêves de fiction réalisés sur l’écran. One Piece, au même titre que Star Wars ou Harry Potter, est une marque indélébile de ma culture, manga d’abord, mais son univers est magique. Je vous laisse en dessous lire l’article qui résume bien le film et son état d’esprit, je me doute que peu d’entre vous se sont déplacés au cinéma pour voir cet animé.

Le calendrier de l’Aven sur mon bureau me fait de l’œil, je vais plutôt aller m’occuper de mes haricots dans la cuisine et on verra ce qui adviendra pour la suite !

 

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