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Confinement, Arsène et transe musicale

17 Janvier 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche fin de journée, Anfield Road en fond pour un match anglais qui devrait s’annoncer sympathique. Nantes n’a toujours pas gagné, et je n’ai encore trouvé comment regarder proprement le biathlon ici. Mais cette semaine, mon sport personnel s’est amenuisé du fait comme le dit le titre, d’un nouveau confinement. C’est là mon plus grand désarrois, mais au combien nécessaire pour la société libanaise. Depuis jeudi matin, nous sommes tous à la maison, 24h sur 24, tous les jours de la semaine. Je n’ai fait que deux sorties depuis, une courte samedi matin, et une promenade pluvieuse ce midi. En mars dernier en France, au moins nous avions le droit de sortir simplement marcher dans la rue pour une heure. Ici ça n’est même pas autorisé actuellement. Ainsi, ma promenade respiratoire de la journée m’a mis en infraction avec la loi et je n’aime pas ça. Mais rester enfermé constamment n’est pas non plus une chose que l’on devrait imposer.

Il est vrai que la notion de sécurité médicale est importante, que pour faire baisser le nombre de nouveaux cas, il faut éviter au maximum les contacts, ce que je m’efforce de faire avec application. Mais malgré tout, je ne peux m’empêcher de me dire que j’irai bien voir la mer, juste sentir les embruns (cf Toi & Moi) je suis resté dans le quartier. Cette promenade permise en dépit de la loi, j’ai pu constaté que de nombreux libanais faisaient de même, se regroupant devant les cafés pour certains, ou d’autres comme moi à simplement marcher. Il est probable que si le sport avait été autorisé, même avec limitation, la corniche et d’autres lieux de la ville auraient été envahis par les sportifs de confinement. J’ai été également choqué de voir des personnes que je compte parmi mes amis, certains publier leurs sorties quotidiennes, en voiture ou en courant alors que la plupart du pays évite scrupuleusement de mettre le pied dehors. Je ne dis pas que si j’avais la possibilité de le faire je ne le ferai pas, mais ce qui est sûr, c’est que je ne le publierai pas . Il y a un aspect assez indécent à montrer de façon ostentatoire que l’on ne respecte pas les règles. D’ailleurs, le fait d’écrire que je le fais pour être pris ainsi, et j’en suis désolé. Cette promenade dominicale était quasi-vitale au cloisonné que je suis.

Ce confinement va se poursuivre au moins une semaine encore, si les nouvelles ne sont pas bonnes, ils envisagent déjà de le poursuivre pour deux semaines supplémentaires. A ce rythme, les efforts physiques réalisés depuis septembre vont être réduits à néant, j’ai donc une solution obligatoire à mettre en place pour me dépenser malgré tout. Pas de machine à la maison, il va donc falloir trouver autre chose. Sport en ligne, c’est une solution, mais ça ne sera pas une discipline quotidienne, et celle-ci je vais devoir la mettre en place, je ne doute pas d’en être capable. La rigueur doit être égale pour la nourriture, le sommeil, les écrans. Qu’il est difficile d’ailleurs de lâcher les écrans… Je sais bien que je passe déjà beaucoup de temps face à mon ordinateur, mon téléphone, ou encore ma switch. Mais l’occupation est relative sans jardin, sans jeux à partager. Alors malgré tout, je lis, mes mousquetaires n’ont pas sauvé le roi d’Angleterre. Je pense que le weekend prochain j’arriverai à bout de 20 ans après. J’ai de nouveaux livres papier depuis Noël qui n’attendent que moi, et cette lecture plaisir assurément fera du bien.

La motivation, cet état qui nous fait tous avancer, tous progresser, celle qu’actuellement beaucoup cherchent, moi le premier. Il y a peu encore, j’aurais passé un temps conséquent avec la liseuse en main et tourner page après page. Mais avec le stress du travail en ligne, avec ce confinement, avec cette météo maussade, l’effort est devenu plus difficile, la motivation plus lointaine. On pourrait croire avec ces mots à une dépression pourtant il n’en est rien, c’est juste un état de fait collectif, qui nous entraine peu à peu faire une léthargie acceptée. Il est d’autant plus dur de lutter contre ce moulin que mes élèves ont du mal et je le sens. Cette semaine était vraiment délicate pour nombre d’entre eux. Comment les blâmer ? On avait pu travailler à l’école, et maintenant nous sommes de retour à distance pour un temps indéterminé.

Alors durant cette semaine délicate, deux éclaircies sont venues offrir un rayon de soleil à mon cerveau embué. Tout d’abord Lupin, ces cinq épisodes, dévorés d’une traite hier soir m’ont confirmé combien Omar Sy est un acteur génial. La qualité du programme nous donne simplement envie d’attendre la suite qui arrivera dans quelques mois. Non il ne joue pas Arsène Lupin, il s’en inspire et c’est une réussite. Quand une série me donne envie de lire le livre, c’est forcément une réussite. J’ai réalisé d’ailleurs que je n’avais jamais lu Maurice Leblanc, aucun. Je me souviens d’avoir vu ça trainer à la maison dans la chambre de mon grand frère, en bibliothèque verte, mais la lecture ne m’évoque aucun souvenir. A présent elle m’intéresse ! Il est clair que je me plongerai dans ces aventures d’ici la fin de l’année, une fois que j’en aurai fini avec le Vicomte de Bragelonne. Je ne sais quel est LE livre qui m’a fait démarré, mais un jour que je situerai vers mes seize ans, j’ai commencé à m’intéresser de moi-même à la « grande littérature ». Il fallait que je le fasse par moi-même, il fallait que ça vienne de moi. Je n’ai pas été capable d’écouter les conseils que l’on avait pu me donner en la matière, à commencer par ceux de ma mère, grande lectrice, librocubiculariste devant l’éternel. Je n’ai pas su entendre les conseils. Est-ce un défaut ? Je ne saurai le dire, mais il a fallu du temps avant que la lecture soit la compagne qu’elle est actuellement. Alors Lupin par Louis Leterrier inspiré de l’original, j’en redemande, mais pour l’heure c’est Dumas qui fera ma soirée.

Mon autre sensation de la semaine, Birds on a Wire, musicalement difficilement classable, cette perle française est mon incontournable musical du weekend et probablement pour quelques temps encore. Le nom vient d’une chanson de Léonard the Great Cohen. Dom la Nena, violoncelliste virtuose et Rosemary Standley chanteuse de Moriarty, un duo improbable à la qualité indéniable. Un second album que j’écoute en boucle, tel une transe musicale que je ne veux pas encore quitter. J’ai découvert l’an dernier la chanson « la marelle », le morceau m’avait marqué. Je m’étais enregistré l’album dans avoir pris le temps de l’écouter. Ce fut fait cette semaine et depuis il ne s’arrête plus. En plus elles ont reprise un morceau de Kemener et Squiban, un Kan ha diskan avec une tonalité si particulière. Une redécouverte d’un chant traditionnel sous un autre aspect, une perle. Alors ce soir, en poursuivant D’Artagnan et consorts dans leurs péripéties, la musique sera toute choisie.

La seconde période démarre, toujours un score de parité, les éclairs ne cessent pas, une soupe a réchauffer et au lit.

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