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Couvre-feu, épiphanie et grand soleil

10 Janvier 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche soir, attablé dans la salle à manger de la coloc, il est déjà dix-neuf heures et je me mets seulement à écrire. La semaine dernière, je pouvais encore profiter d’une soirée en extérieur. Depuis mercredi cette chose n’est plus et ça n’a rien de surprenant, c’était même nécessaire de revenir à des règles plus strictes. Le nombre de cas positifs s’est envolé au Liban, les bars et les boites ont fermé, les salles de sport également. Le nombre de tests est passé à 25000 par jour, et le nombre de cas journaliers est passé à plus de 5000. Il n’est donc pas étonnant de voir de nouvelles restrictions apparaître. Retour du couvre-feu à 18h, alternance dans la circulation des véhicules, fermetures des commerces non-essentiels.

Alors qu’il n’y a plus qu’à être chez soi le soir, littérature, cinéma ou autre activité, j’ai choisi malgré tout de privilégié mon temps en extérieur et me consacrer au travail nécessaire en rentrant à la maison. Car avec ces nouvelles restrictions, nous sommes revenus à un travail à distance… Et s’il y a bien une chose déplaisante, c’est bien le fait de travailler ainsi. Pas le choix, les élèves à la maison, face aux écrans, et moi qui doit transmettre ainsi les notions. Après le mois de décembre en hybride où les élèves pouvaient revenir un peu en classe, recommencer tout à distance ramène les difficultés qu’incombent un tel enseignement. Bien sûr, la situation sanitaire est délicate au Liban, pays probablement le plus touché en proportion ces dernières 48h. Mais enseigner ainsi n’est vraiment pas une sinécure. La motivation n’a pas totalement disparu car il est important de pouvoir faire du mieux possible pour nos élèves, malgré les circonstances, mais que c’est difficile… Oui j’ose me plaindre, je sais bien que d’autres ont dû passer à temps-partiels, perdre une partie de leur salaire, d’autres sont au chômages, d’autres perdent leurs entreprises. Il n’empêche qu’à ma simple hauteur, celle d’un enseignement de primaire à Beyrouth, le boulot n’est reste pas moins délicat actuellement.

Le principal de ce point de vue est d’ailleurs sous d’autres latitudes, sur les postes auxquels je postule pour septembre prochain. Déjà certains dossiers doivent être rendus d’ici à la fin de semaine qui démarre, le temps passe plus que rapidement. Je ne sais honnêtement pas quelles chances j’ai réellement de décrocher un des postes auxquels j’aspire, mais repartir pour trois ans dans un nouveau pays est un challenge qui me motive sacrément. La grande différence par rapport par rapport à 2018, c’est que j’ai inclus des établissements situés en Europe, ce n’était pas le cas la dernière fois. Mais avec le contexte mondial actuel, même si je vise malgré tout l’autre bout du monde, je ne serai pas contre revenir vers les Balkans par exemple. Les dossiers pour cette semaine principalement, les réponses pour début mars. Il faudra se montrer patient. Comme a pu le dire un certain Comte a propos d’autre chose, mais qui sied totalement ici : « attendre et espérer. »

Cette semaine, l’annonce est venue dès lundi nous savions que le couvre-feu allait être mis en place. Mais comme mercredi, il y avait le « noël arménien » jour férié auquel il ne fallait pas toucher. Tout est resté ouvert jusqu’à ce moment-là. Cette incohérence gouvernementale de vouloir préserver un jour férié pour que les gens profitent plutôt que de mettre en place directement les mesures drastiques, ça m’échappe. Néanmoins, je comptais bien en profiter malgré tout. Ainsi mardi soir après une pizza et un peu de vin, je me posais la question de sortir dans un bar, oui en faisant attention aux gestes barrières, mais sortir une dernière fois. Arrivés à la coloc, j’appris que Fady allait rejoindre des amis à lui pour un match de football. Je me suis joins à la troupe et à 22H30, peut-être même légèrement plus tard, nous démarrions. Autant j’ai fait du sport, la réactivité et les accélérations nécessaires au football, je les avais oublié. Je fais un entrainement foncier qui n’a tellement plus rien à voir que je me retrouvais malgré-moi, un peu à la peine. Ainsi sur une action peu formidable de ma part, j’ai senti comme un claquage au niveau du genou gauche. Sur le moment, rien de vraiment douloureux, mais le mercredi matin, tourner simplement la jambe était une douleur assez importante. Un brin inquiet, j’attendais un peu pour voir s’il fallait que j’aille voir un médecin ou non. Je me pose encore la question aujourd’hui même si la douleur n’est plus vraiment présente, je sais bien sûr que je serai attentif à la moindre sensibilité au niveau de cette zone un peu fragilisée. Voilà une chose que je n’avais pas encore faite, hourra…

L’épiphanie, 6 janvier dans notre calendrier, une galette pour la célébrer. C’est aussi un évènement attendu ici pour une partie de la population, frangipane dans la tête et couronne pour les enfants. On en a fait une hier et c’était génial de voir la motivation des enfants envers les fèves, combien ces pitchounes veulent être premier de manière aussi éphémère que le temps de manger ce dessert. Un prix relativement décent si l’on compare à celles trouvées en France, mais pour une société libanaise en crise, ce n’est jamais donné. Je ne me rappelle pas l’avoir fait les années précédentes, mais j’ai apprécié celle-ci en tout cas. Il en est de même pour la raclette que nous avons fait à la coloc vendredi soir. Un passage à Spinney’s pour récupérer tout ce qui nous était nécessaire, et une belle table pour célébrer ce weekend. En y ajoutant une partie de Cards Against Humanity, la soirée fut simplement réussie.

Depuis mon retour à Beyrouth juste avant le réveillon, le soleil a été un compagnon assez présent, me permettant au quotidien d’être en bermuda quand j’ai pu voir la neige tombée en Bretagne. Il n’ y a plus de saisons pourrait-on dire et ce sera avéré car une amie m’a montré des marguerites en fleur à côté de chez-elle. Si la vague de froid annoncée pour cette semaine arrive bien, j’ai peur que de nombreuses cultures soient mises à mal par ces températures si particulières. Ceci-étant, si j’avais le plaisir d’aller me baigner plus au nord, je ne dirai pas non. Durant ma marche dominicale sous un soleil haut perché, alors que les voitures ne sont pas sensées roulées, j’ai été surpris du nombre de véhicules s’autorisant à rouler un jour où les véhicules ne devraient pas le faire. Croiser une ou deux voitures avec une justification me semble approprié, mais autant de véhicule non, car il est évident que la plupart, ne respectaient pas les règles volontairement. Je suis assez pénible sur le rappel à la loi pour pas mal de choses, mais cette propension libanaise à volontairement ignorer la loi quand elle ne satisfait pas, ça me dépasse tellement.

Après une pause pour prendre des nouvelles de Vannes et de la Bretagne, je viens apporter un point final à la rédaction de cet article hebdomadaire. Une semaine de travail à distance, un nouveau couvre-feu pour le mois de janvier, et des dossiers pour partir en septembre. Il y a encore un an, nous étions dans une perspective si différente, alors j’espère que l’on aura l’occasion de réellement passé à autre chose en 2021.

Un joli jeu ...

Un joli jeu ...

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