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XV. All-Blacks, escalade et enseignement en ligne

21 Novembre 2021 , Rédigé par Pereg

Petite douceur pour la fête des professeurs.

Petite douceur pour la fête des professeurs.

La télé allumée en fond, un peu de football que je ne regarde pas vraiment. La semaine a été intense scolairement parlant mais je reste sur un nuage moral avec la superbe victoire de cette nuit en rugby. Fatigué de m’être couché à 6h du matin pour y assister mais ça valait le coup. Le dernier match remontait à 2018 et nous l’avions perdu, mais c’était avant l’ère Galthier, et depuis les jeunes Ntamack et Dupont notamment sont montés en puissance, on a retrouvé du jeu et de la densité. Voilà douze semaines que les blacks n’étaient pas rentrés chez eux, la fatigue n’a pas dû aider mais ça n’empêche pas que l’exploit reste retentissant. La dernière victoire contre le XV de la fougère argentée datait de 2009, c’est dire que sur la pelouse aucun des Français n’avait eu à son crédit une victoire contre les All Blacks. Chaque victoire reste un exploit, et à deux ans de la coupe du monde en France, c’est quand même sacrément bon signe. Les bleus sont au niveau, ils ne seront pas favoris mais il n’y a pas de raison que le trophée Webb-Ellis ne soit pas à leur portée. D’ici là, le 6 nations de la fin d’hiver sera palpitant à regarder et peut être après plus d’une décennie sans victoire, notre cher XV de France est décidément capable de le gagner. Je n’oublie pas les succès des Anglais comme des Gallois aussi contre les nations du sud. 2015 avec les quatre nations du Sud en demi-finale de coupe du monde, ça semble une éternité, les nations du nord sont au niveau. Le rugby est un sport palpitant, intense et puissant. Voilà clairement un sujet sur lequel je suis assez intarissable.

Pour autant, ce n’est pas la seule chose intéressante de la semaine.  Après une séance de piscine lundi où l’on m’a aidé dans ma technicité de crawl. Il faut que je continue à m’améliorer d’ailleurs. Mercredi soir j’ai rejoint le groupe qui pratiquait l’escalade. Je voulais essayer. La dernière fois où j’avais approché cette activité c’était en camps de vacances à l’âge de 10 ou 11 ans. J’avais une forte appréhension. Cependant je voulais voir si mon vertige, aussi intense soit-il, allait m’empêcher quoique ce soit. La première montée fut fort délicate. Jambes fléchies et souples, et bras tendus. On ne se hisse pas avec les bras, mais on pousse sur les jambes. C’est la théorie en tout cas… Car je n’avais pas monté 5 mètres que j’avais les bras super crispés et les doigts avec des ampoules et incapable de bouger. Crispé comme je ne me rappelle pas avoir été, jamais. En revanche, j’ai un peu triché. On est sensé suivre une piste de couleur unique mais j’ai posé mes mains et mes pieds sur des prises de couleurs différentes pour me monter. J’ai réussi à aller jusqu’en haut, j’ai mis du temps mais je l’ai fait. Il m’a bien fallu cinq minutes pour me remettre de l’émotion. J’ai assuré deux collègues puis j’ai voulu en faire une seconde, je voulais réessayer. Passé de la piste rouge à la rose, j’ai testé ce nouveau chemin vers le sommet. J’ai mis moins de temps, je me suis senti plus assuré, plus confiant, j’étais fatigué mais j’ai réussi à me hisser à nouveau au sommet. De là à dire que j’ai aimé c’est autre chose, mais mercredi à nouveau je testerai. C’est tellement autre par rapport à ce que je fais d’habitude que ça m’intéresse d’en faire un peu plus et de voir où ça mène.

Jeudi devait être une journée calme de préparation de classe en ligne, celle où je poste tout sur moodle. Mais voilà, le site était inaccessible. Un crash du serveur interne au lycée surement bien que l’on n’ait pas vraiment su ce qu’il était advenu exactement. J’ai réussi en passant par mail à faire une petite visioconférence avec mes élèves, puis j’ai fonctionné autrement jusqu’à ce qu’en début d’après-midi, tout était revenu à la normale pour moi. Ce qui n’était pas encore le cas de tous mes élèves. Alors forcément le travail que je leur mets à disposition, tous n’ont pas pu le réaliser correctement. Déjà que la période est longue et difficile pour la plupart d’entre eux, cette nouvelle péripétie amène à une démotivation plus grande de la part de certains. J’ai fonctionné à distance ou en hybride toute l’année passée et je crains vraiment que la même chose advienne ici. Seul le comité populaire de la ville peut décider et il ne semble pas être volontaire pour laisser nos petites têtes blondes revenir sur les bancs de l’école. Si le bien-être des enfants était le sujet principal, ils seraient de retour depuis longtemps, mais voilà la politique ici ne le voit pas sous cette perspective, on ne peut rien y faire.  Je ne suis plus enseignant, je suis enseignant en ligne. Ce n’est pas le boulot pour lequel je me suis engagé mais en ce moment je n’ai pas le choix. L’enseignant est le principal outil et acteur de son travail, sans lui, pas de séances, alors se préserver est vital. Moralement avant tout. On a tendance à l’oublier parfois mais si être bien est la première nécessité pour un enseignement de qualité.

Le sport aide beaucoup à s’extraire de la condition actuelle, mais les sorties également. Vendredi soir j’ai retrouvé Camille, Odelin et Sophie à la pizzeria à côté du lycée pour quelques verres et bien sûr des douceurs italiennes du Vietnam. Ça faisait plaisir de se retrouver ainsi car ce soir de fin de semaine est le symbole de l’arrêt du travail.  Un léger crachin nous a accompagné, Hervé nous a rejoint et même sans rentré tard, le moment fut fort plaisant. Samedi midi, restaurant de poissons avec ma voisine qui m’a fait découvrir un autre lieu génial, un peu caché et fréquenté par de nombreux locaux, il n’y a rien de mieux pour déguster. Je suis passé ensuite à la réaliser de crêpes pour la soirée. J’avais été invité par Fanny à une soirée à Bac Cau, un quartier un peu plus au nord où je n’avais encore jamais mis les pieds, mais pour une balade ce doit être un endroit charmant. Leur maison est ravissante et je me dis que si j’avais trouvé une chambre dans une telle bâtisse pour une coloc, j’aurais été chanceux, c’est clairement ce genre de logements que j’aurais souhaité trouver initialement.  On a bien discuté, bien bu et il était bien deux heures passées quand je suis rentré.

C’était l’heure idéale, car j’avais juste à me préparer pour me mettre devant le match des bleus contre des All-Blacks jouant en blanc. Le Haka donne toujours des frissons, et le début de partie fut comme un rêve. Mais comme beaucoup d’observateurs, j’imagine que la remontée de Ntamack en mode patron à la soixante-deuxième minute fut le moment de bascule. Celui qui te fait penser que non seulement l’exploit est possible mais qu’en plus cette équipe est grande. J’étais à fond dedans, peut-être un peut trop d’ailleurs, j’en ai réveillé ma voisine. A ma décharge je ne pensais pas que le bruit passerait les deux portes. Qu’importe, j’allais me coucher à la fin de la partie, heureux d’avoir vibré à nouveau grâce à notre quinze. Le fait de savoir que les parents étaient au stade, ajoute une dimension à ce match exceptionnel. Ils ont eu l’occasion de le vivre. La seule fois où j’ai vu les bleus jouer remonte à France Ecosse en 2017, je ne me rappelle plus du score mais les bleus avaient gagnés. Ce n’était pas encore la jeune génération. Les bleus font à nouveau peur et quel jeu, quelle envie.

Il est déjà tard, j’avoue que j’aurais pu faire l’effort d’écrire plus tôt mais j’aime aussi le dimanche pour avoir justement le temps de me poser et sans trop de réflexion, bouiner. Je finirai mon weekend en lisant le dernier chapitre de One Piece, on sent que l’arc de Wano tire à sa fin et mon article en longueur. A bientôt.

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