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XVI. Orelsan, Ewilan et Ha Long Bay

28 Novembre 2021 , Rédigé par Pereg

Rien ne peut me ramener plus en arrière que l’odeur de la pâte à modeler… Ainsi commence « La Quête » le titre qui pour l’instant me plait le plus sur Civilisation, album d’Orelsan, sorti il y a à peine dix jours, disque d’or avec simplement les pré-commandes. Je le passe en boucle depuis lundi, C’est ma cousine qui en le partageant en story m’a fait me lancer dans cette écoute. J’ai été ébloui. Une nouvelle transe musicale qui m’a fait partir très loin, hypnotisé par le son, happé par l’ivresse des mélodies. J’écoute beaucoup de musique, et de temps à autre, il y a une chanson, un album, un artiste que j’ai besoin de passer en boucle. Orelsan avec son nouvel album est de cet acabit-là. Grandeur musicale. Ajouté à cette perle, un reportage en six épisodes, une rétrospective de sa carrière jusqu’en 2018. Hypnotique. Son frère l’a filmé depuis 2003. Le mec était assez fou pour filmer des moments qui sont devenus culte. Le premier dans la musique, le second comme journaliste. J’ignorais qu’il avait fait une émission que j’avais suivi intensément. Les Casseurs Flowters ont placé Caen sur la carte du Rap. Après Big-Flo et Oli à Toulouse, ce n’est ni Paris ou Marseille, mais bien des normands qui ont un flow génial. Orelsan, ce qui compte ce n’est pas l’arrivée mais c’est la Quête.

Eveil des sens, après l’ouïe, la vue. Lundi et comme c’est un peu mon habitude, je passe à la Bibliothèque du lycée. J’embarque quelques BD, à découvrir, à relire ou poursuivre. Après des coups de cœur magistraux, je suis revenu à la fantasy, un univers qui à le mérite de me faire m’évader. En démarrant sa quête, Ewilan doit sauver son monde, qu’elle ne découvre qu’à l’âge de 13ans. Je me rappelle que des copines lisaient cette trilogie quand on était au collège, mais je n’avais jamais fait l’effort d’ouvrir ces livres, je n’avais pas encore été transcendé par le goût de la lecture des mots. L’adaptation en bande-dessinée que j’ai pu lire m’a beaucoup plu, sitôt fini la série de sept, j’hésitais même à la recommencer directement, c’est dire à quel point le challenge pour moi était réussi. Une BD que j’ai instantanément envie de recommencer directement, c’est gagné. Comme presque trop souvent depuis septembre, je me plonge dans une lecture que j’ai du mal à lâcher et passe des heures et des heures à lire, ne pouvant décrocher des mots et des images, mon champ de vision est réduit au simple espace de la page. La nuit aura bien trop avancé avant que je n’aille me mettre sous la couette. J’ai eu beaucoup de mal à avancer dans mon travail cette semaine mais j’ai réussi à le faire car je n’ai pas oublié l’objectif de mon weekend…

Eveil de sens, l’odorat et le toucher, les embruns et la main dans l’eau. Depuis le 3 août je n’avais pas vu la mer, le 3 août… Rarement j’ai passé autant de temps sans voir la grande bleue. Atlantique, Manche, Baltique, Indien, ou le golfe du Morbihan, et j’en passe, je reste rarement sans voir la mer plus de quelques semaines. Cependant le contexte COVID de mon arrivée au Vietnam, ajouté à la difficulté de voyager, même en sortant de la ville pour la Toussaint… je n’avais toujours pas vu la mer ici. Voilà ce que je m’étais fixé comme objectif, simplement voir la mer. Dix jours que j’y pensais fortement. J’ai commencé en milieu de semaine à m’organiser avec plus ou moins de réussite. C’est là, que sorti de nulle part car je l’ignorais, Karine, une collègue de l’école, m’a proposé de l’accompagner sur son dériveur, un 4,20 japonais.  Non seulement j’allais pouvoir voir la baie d’Ha Long, mais en plus j’allais pouvoir naviguer. Un rêve. Sac bouclé samedi soir, couché pas tard pour justement est debout aux aurores.

5h30 et l’alarme sonne. 6h25 après un petit-déjeuner et plus encore, j’embarque dans un gros véhicule direction le sud de la ville. On arrive au bureau de la compagnie de limousine car ce sont les petits bus aménagés qui permettent de faire le trajet confortablement. Mine de rien il y a deux heures pour rejoindre la côte. Un arrêt contrôle COVID à l’entrée de la province de Quang Nihn et on repartait. 9H30 au port de Tuan Chau. Un endroit étrange quand il est vide de ses afflux de touristes massifs venant d’Hanoï. On marchait un peu plus loin pour rejoindre le Yacht club où était posé le dériveur de ma collègue. Voilà bien six mois qu’elle n’était pas venue dans le coin, bloquée à Phu Quoc, elle n’avait pu revenir depuis juillet. Alors son matériel était un peu éparpillé. Apprêtés et motivés, gréement paré, il est onze heures. On fait avancer le 4.20 vers la cale. Mais un garde n’a pas voulu nous laisser ouvrir la barrière. Il a bien fallu une heure de plus que le propriétaire du club vienne valider notre sortie en mer. On était enfin sur l’eau… et là pétole.

Pas une seule risée de vent, tu as beau essayé de modifier ton allure, de passé du près au grand large, on n’avance si peu. Alors on rame un peu. On traverse le chenal principal et on arrive devant les massifs karstiques. J’étais venu pour ça. Ces calcaires sont impressionnants. On s’est amarré sur une toute petite plage à l’abris du vent pour déjeuner. Le bruit de l’eau, l’odeur des vagues et les pieds mouillés, ça m’avait tellement manqué et c’était vraiment ce que je désirais, être là, dans cette baie de rêve. On peut y ajouter un bonus non négligeable. En effet, il se trouve que la voile de loisir n’existe pas au Vietnam, il est l’œuvre de personnes volontaires. Les locaux préfèrent les bateaux à moteur ou les jet-skis. Très peu de monde sait naviguer, ce qui rend les compétences de ma collègue encore plus précieuses. Je fais parti des privilégiés qui ont eu la chance d’avoir pu passer sous une voile dans une des plus belles baies du monde. Ma collègue me dit qu’au maximum dix personnes l’ont fait, je compterai sur cinquante. Mais en soi c’est déjà fou alors que les bateaux à moteur sont faits pour accueillir des dizaines de milliers de personnes. Sur le retour, empannages et virements de bords, j’ai eu le droit de me faire enseigner la voile à nouveau. Cela faisait bien longtemps que je n’en n’avais pas eu alors j’ai eu plaisir à m’y mettre. J’aime l’eau salée, et une fois encore je n’oublie pas ma chance.

17h le bus prenait le chemin d’Hanoï et dans mon cerveau, les neurones tournaient au ralenti, tellement heureux de cette belle mais longue journée. Je baille, et mes yeux se ferment, il est l’heure d’aller dormir, la semaine sera intense, mais je sais qu’à présent je peux attendre jusqu’à Noël pour retrouver le clapotis des vagues. Eveil des sens, j'ai le temps de regoûter à tout cela. 

Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay

Ha Long Bay

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