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Ma ville

27 Août 2018 , Rédigé par Pereg

Beyrouth, chantier immobilier permanent

Beyrouth, chantier immobilier permanent

Dès le mercredi matin, j’ai démarré mes recherches pour un appartement m’inscrivant sur des groupes de location ou colocation sur Beyrouth. En allant faire ma première visite, je suis passé à côté de mon nouvel établissement, le Lycée Abdel Kader, qui m’a paru assez impressionnant. Je sais que l’on ne plaisante vraiment pas avec la sécurité ici, les murs sont hauts et avec du barbelés, et de ce que l’on m’a dit, c’est finalement bien commun ici. Et cette première chambre que j’ai pu voir, m’a plu. Je ne savais pas encore à ce moment-là que j’y emménagerai le lundi suivant.

En allant visiter un appartement jeudi soir, j’ai croisé Christer dans la rue, par hasard. Il a accepté de venir voir la chambre avec moi, une qui était vraiment moins intéressante que celle de la veille.  Il m’a proposé de venir voir leur appartement, lequel était très bien fourni , d’autant plus qu’ils ont emménagé eux-mêmes. On a rejoint Bassan un peu plus loin pour aller boire quelques bières. Nous avons parlé de plein de choses, mais j’ai surtout écouté, ce libanais avait vécu des choses exceptionnelles, un séjour en Irak dans le cadre de son travail pour une ONG. Ce faisant, il a aussi reçu un message d’Ali sa copine américano-canadienne, qui venait de décrocher un poste à CNN  à Atlanta! Je ne voulais pas déranger mais l’on m’a proposé de me joindre à eux pour célébrer cette nomination. Quelques bières et une bouteille de champagne plus tard, on a discuté encore et encore, du Liban, de nos expériences personnelles ou de Lynyrd Skinird dont le guitariste venait de décédé, et je suis rentré. Une soirée improbable que je ne suis pas près d’oublier.

Après une nouvelle visite d’appartement, toujours dans le quartier de mon lycée pour pouvoir aller au travail à pieds, j’ai décidé de prendre la chambre avec Abed, à deux pas du lycée, la première visite était la bonne. La ville est si grande quand on la parcourt à pieds, j’ai commencé à prendre les taxis mais ça ne me semble pas si logique encore, m’habituer à comment les choses fonctionnent ici, et aux gens tout simplement.

Alors j’ai continué à explorer, du parc de l’université américaine qui est le plus grand espace vert de la ville, à la marina, il y a plusieurs mondes, de nombreux aspects que je commence à peine à effleurer, mais une chose est sûre, j’ai découvert un monde qui n’était pas le mien. D’une certaine manière, je me suis retrouvé comme Dan dans Gossip Girl (oui je sais, belle référence! ), tel un « outsider » dans un quartier de luxe, je regardais autour de moi et n’y voyait qu’opulence. Ça ne m’est pas arrivé souvent de me sentir dans un monde auquel je n’appartiens pas, et là, en me baladant vers Zaitunay Bay, j’étais dans un autre monde. En revenant vers mon hôtel à Hamra, ça m’a fait réfléchir, car oui c’est ça aussi Beyrouth, des gens extrêmement riches et quelques centaines de mètres plus loin, des familles syriennes immigrées. On oublie souvent en France combien on a de la chance d’y vivre, simplement d’y être né permets de voir le monde et de découvrir aussi que tout n’est pas rose ailleurs. Si ce tableau peut paraître un brin négatif, j’en fus surtout étonné, je sais bien que je ne suis plus en l’Europe.

Il y a aussi d’autres aspects de mes premières explorations qui me surprennent. Les magasins sont ouverts très tard et tous les jours, l’odeur de la nourriture est magique à chaque coin de rue, la vie de la rue est au rythme des klaxons des voitures. L’électricité est coupée également régulièrement mais à l’hôtel comme dans ma nouvelle résidence, il y a un générateur qui compense. L’eau du robinet n’est pas potable du tout, il faut donc acheter des bouteilles d’eau si l’on veut en boire. La rue est très animée même le soir assez tard, c’est encore les vacances, mais la vie n’est pas au milieu de journée quand la chaleur est très présente, plutôt en début de soirée.

J’ai commencé à trouver mes repères, savoir où me balader, où aller boire un thé, où avoir du wifi, où faire quelques courses, mais ce n’est qu’en continuant à parcourir les environs que je trouverai vraiment mes marques.  J’ai déjà dégusté plusieurs sandwichs locaux, bœuf, poulet, mouton, végétariens, ainsi que des pâtisseries merveilleuses dont la saveur principale m’échappe encore.

Je n’en reviens toujours pas d’être ici, de démarrer cette nouvelle aventure, et chaque jour me rapproche un peu plus de ma rentrée qui me fera sauter à pieds joints dans un nouvel univers. Alors oui ce n’est que la fin de ma première semaine, je commence à me sentir chez moi, à réaliser que c’est le nouvel endroit que je vais appeler « ma ville ».

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Jour 1

27 Août 2018 , Rédigé par Pereg

Une fois embarqué, je pensais que le vol allait être calme. J’ai eu l’agréable surprise de m’asseoir à côté d’une canadienne dont les parents étaient libanais immigrés et qui comme chaque année venait passer quelques jours au Liban. Elle fait partie comme de nombreuses personnes de cette diaspora libanaise que l’aéroport de Beyrouth Rafik Hariri accueille en masse chaque année, créant des difficulté et des temps de retard assez importants pour de nombreuses personnes (merci papa pour l’article). Ce ne fut pas trop mon cas, moins d’une demi-heure après mon arrivée je prenais l’entrée principale de l’aéroport, non sans avoir remercier Nour pour ce qu’elle avait pu me dire sur le pays de ces ancêtres.

Au sortir de l’aéroport, je me suis fait alpagué par plusieurs taxis, et pris le premier qui passait pour mon hôtel. Ce n’est qu’en arrivant que j’ai découvert que j’avais payé quasiment deux fois le tarif pour ce trajet, oubliant de convertir les dollars en livres libanaises, je me suis fait avoir une première fois.

Le trajet m’a semblé déroutant, des constructions neuves au côté d’immeubles délaissés ou abîmés par la guerre, une foison urbaine que je n’avais jamais vu ailleurs. Tout cela me mettait déjà dans le bain pour une nouvelle vie. La chaleur elle aussi était de la partie, un ressenti dépassant les 35°C alors que la plupart des gens que je voyais portaient des pantalons et des vestes.

A l’hôtel, j’ai récupéré ma chambre qui était étonnamment plus petite que ce que j’imaginais, et en regardant à nouveau le site de l’hôtel pour la réservation, j’ai réussi à négocier une chambre normale non sans devoir m’expliquer plusieurs fois, en français et en anglais. Malheureusement le Wifi était payant, j’ai donc dû me débrouiller autrement de ce côté. J’ai tout déposé et je suis parti me balader, jusqu’au parc de Sanayeh, un bel espace envahi par des familles de toutes origines. C’est depuis cet endroit que j’ai pris un « taxi service » le moyen de déplacement le plus commun ici, pour rejoindre Christer, le fiancé de Florence pour aller boire une bière.  Une nouvelle fois j’ai payé deux fois le prix oublier de préciser « service » au lieu de « taxi ». On s’est retrouvé devant un Starbucks et j’ai pu utiliser le wifi le temps d’envoyer quelques messages pour dire que j’étais bien arrivé.

On est descendu vers Mar Mikhael, la rue principale des bars, j’ai pu découvrir mes premières bières libanaises, Almaza et Beirut. J’ai décidé de rentrer à pieds pour explorer un peu de nuit cette ville inconnue.  Sur le chemin du retour, je suis passé à côté du Sérail, le siège du gouvernement, j’ai pu voir les militaires à chaque carrefour, armés et veillant au grain que personne ne s’en approche. En faisant le tour, je me suis trompé et directement deux militaires m’ont interpellé. Mais en leur demandant mon chemin, voyant également que j’étais un vrai touriste, ils m’ont simplement orienté dans la bonne direction. La prochaine fois que je passerai dans ces alentours, je serai d’autant plus prudent que j’ai bien vu qu’ils ne plaisantaient pas avec la sécurité. Une belle première soirée qui ne présage que de bonnes choses pour l’avenir.

Une image de Mar Mikhael

Une image de Mar Mikhael

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Le grand départ

27 Août 2018 , Rédigé par Pereg

Kenavo !

C’est le premier mot que j’ai en tête quand je pense à mon départ, mon grand départ. Depuis que j’ai quitté la Pologne en 2011, je n’ai que ça en tête, partir travailler à l’étranger. Bordeaux pendant cinq ans, j’y ai fait mon master et réussi mon concours.  Une mutation en Bretagne à Saint-Malo à l’été 2016, j’ai eu le plaisir de venir habiter la maison de grand-mère, et à présent Beyrouth.

Depuis que je travaille dans l’éducation, j’ai pu voir les différents niveau de l’école primaire,  être avec des publics assez divers, de la TPS à la 4ème SEGPA, j’ai pu expérimenté plusieurs manières d’enseigner, pour aller aujourd’hui vers le public que je désirais avoir depuis longtemps, celui des écoles françaises à l’étranger.

En relisant des vieux écrits, je me disais que pour mes trente ans, je vivrais à l’étranger. Alors quand en début d’année 2018 pour la seconde fois, j’ai postulé dans plusieurs pays, le Liban a toujours fait de mon top 3. Je me suis rappelé aussi récemment qu’un de mes professeurs de lycée nous avait dit qu’il y avait travaillé, cette idée a dû me rester en tête.

Quand j’ai reçu le mail me proposant le poste, je n’en revenais pas, c’était le mercredi matin 4 avril. J’avais beau avoir postulé, les commissions étaient déjà passées depuis presque un mois, j’avais presque fait une croix dessus. Mais voilà, un poste était à pouvoir dans mon établissement. Après plusieurs coups de fil à la famille, je me suis donné un peu de temps pour dire oui, je n’avais que soixante-douze heures devant moi mais sans me le dire, mon choix était. Au réveil le lendemain je ne pensais qu’à ça, c’était une évidence, il fallait que j’y aille, les heures avançaient et ne faisaient que confirmer ce choix. J’ai donc accepté le poste le vendredi matin, tous ceux à qui j’en avais parlé savaient que j’allais dire oui.

Vînt ensuite le temps des démarches, des contrats, de l’administratif, qui je dois dire ne s’est pas fait sans difficulté, notamment pour le Visa. Finalement, tout était prêt en temps et en heure. Je n’avais plus qu’à faire mes affaires… C’est là que le choix fut le plus cornélien, prendre le minimum vital, que ce soit en vêtements mais aussi pour le travail. Réduire sa vie à 46 kg et ne rien prendre de plus. Mais comme le reste, tout s’est bien passé en déposant les valises à l’aéroport.

Un superbe weekend en famille a fini de clore mon été français, une exposition parisienne en passant et il était temps de prendre mon envol. Une nouvelle fois, sortir de ma zone de confort et me lancer dans un nouveau périple, un nouveau pays, une nouvelle langue, et tellement de choses à découvrir !

Prendre un nouveau départ, une nouvelle vie, celle que je souhaitais, néanmoins ces derniers jours bretons n’ont pas été si faciles. On s’installe dans un quotidien, j’ai eu la chance de pouvoir habiter une belle maison à Saint-Malo, avec un jardin magnifique. Alors quitter ce confortable cocon, même si c’est ce dont je rêvais, ne fut pas si aisé. Le grand saut vers l’inconnu.

Qu’importe, je laisse ma Bretagne derrière moi, je suis parti pour une belle et grande aventure !

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