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Résident !

28 Octobre 2018 , Rédigé par Pereg

Et voilà, déjà une période de passée ! le temps passe vite assurément et ces dix premières semaines libanaises, dont sept au travail, tout a défilé. La fatigue s’est bien faite ressentir récemment et je ne suis pas mécontent de me reposer un peu. Mais surtout cette semaine, j’ai reçu mon précieux sésame, ma carte  de résident français au Liban, je peux à présent sortir du pays et ce sera fait mardi prochain, direction Dubaï.

Cette semaine marqua la fin de la période et les élèves ont montré un certain relâchement. Rien d’étonnant il est vrai après sept semaines de travail, en espérant que tout ne soit pas oublié à la rentrée. C’est fou comme on s’habitue vite à ces petites têtes et au quotidien dans ma classe je me prends des fois à oublier que je suis à l’étranger, une petite remarque en arabe vient me le rappeler immédiatement.

Mardi soir j’ai rejoint Flo & Chris pour une dégustation de cidre. L’idée était alléchante mais en arrivant sur place, j’ai été un peu déçu. Le bar où ça se passait était plutôt sympa mais il n’y avait que deux variétés à goûter finalement. Un sec, un doux. Ceux-ci d’ailleurs n’avaient rien à voir avec ceux que l’on peut consommer en Bretagne, le sec m’a fait penser au Magners que l’on trouve au pub, le doux était plus un jus de pommes gazeux. Mais quand même c’est une production locale et rien que pour ça j’étais ravi d’avoir fait le déplacement.

Jeudi était un jour en apparence calme, mais la météo s’est joué de moi. Tout d’abord une violente bourrasque de vent m’a réveillé vers 3h du matin, suffisamment impressionnante pour faire bouger les rideaux à l’intérieur de ma chambre, fenêtre fermée… et vers midi la grêle est tombée, une averse violente, le ciel était noir, la luminosité avait vraiment baissé, on se croyait en fin de journée. Les grêlons, gros comme des billes faisaient un bruit sourd sur la vitre, et l’eau s’est infiltré dans ma classe. Ça n’a duré que dix minutes, mais quelques-uns de mes élèves ont vraiment paniqués. Ils n’ont que sept ans après tout et je veux bien croire que ce genre de temps puisse les mettre mal à l’aise. Une heure plus tard, grand soleil comme-ci ça n’avait jamais eu lieu. J’ai appris plus tard que dans un centre commercial des vitres avaient éclatées, et un échafaudage était tombé à Hamra. On m’a dit que c’était rare, c’est néanmoins très impressionnant !

Vendredi tout s’est enchainé si vite. Déjà les élèves étaient plutôt calmes pour un dernier jour avant vacances, tout s’est bien déroulé. J’ai reçu un joli colis avec des dessins de mes neveu et nièce ainsi qu’une photo de notre dernier weekend français. A onze heures, je recevais un mail me confirmant l’arrivée de ma carte de résident à l’ambassade de France. Ce document que j’attendais depuis mon arrivée était enfin là. Alors sitôt la sortie du collège, je suis allé l’ambassade de France, et le temps de récupérer ma carte, je ressortais directement. Sur le chemin de Gemmayzeh, je croisais Clara et Arthur qui rentraient chez eux. Art Lab était ma destination, une exposition sur le corps, assez crue mais intéressante. J’ai pu voir aussi des tapis faits par un artiste local, toujours intéressant de se plonger ainsi dans un art inconnu.

Vendredi soir, j’ai rejoint Flo chez elle, Chris devait travailler donc ne sortait pas. Valério, Gil et Tarek étaient avec nous. De belles discussions et vers minuit nous filions vers notre club pour la soirée, un théâtre aménagé pour la soirée d’Halloween. Un peu de dance qui faisait du bien, et on rentrait à nouveau pour discuter plus encore. Au réveil samedi, j’ai vraiment pris le temps de me poser, je ne l’avais pas fait depuis longtemps. Alors une simple sortie pour voir les canaris jouer et gagner, je rentrais à minuit, ancienne ou nouvelle heure je ne sais plus. Oui ici on change d’heure aussi.

Aujourd’hui, alors que ma décision était prise depuis le début, j’ai réservé un avion et un hôtel à Dubaï et mardi j’irai voir la vie là-bas. Bref cette première période de ma vie libanaise a été des plus intenses et même si je ne sais comment est la suite, je ne peux que l’envisager sereinement.

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XII. Un livre, un évènement, un lieu

22 Octobre 2018 , Rédigé par Pereg

Nouvelle semaine, nouveaux défis, j’avais déjà fort à faire pour le travail récemment, mais cette semaine j’ai eu le plaisir de faire une formation en mathématiques. En effet départ mardi à 7h30 avec Mona ma collègue de CE1 D et l’on a pris un taxi pour un autre établissement francophone juste à la sortie de Beyrouth, première fois que je sortais de Beyrouth dans cette direction, « vers l’intérieur ». On a donc rejoint un conseiller pédagogique et une dizaine d’autres enseignants de cycle 2 (soit CP CE1 CE2),  pour parler de l’apprentissage de la numération et de sa difficulté pour nos élèves, c’était des plus intéressants, de quoi faire bien réfléchir. L’an dernier en SEGPA, j’étais dans une autre optique de travail et me remettre dans les programmes des petits de cette manière me fait le plus grand bien.

Mercredi fut une journée extraordinaire dans son sens littéral, jamais ne j’aurais imaginé que cette journée pouvait prendre une telle tournure. En effet tout commença normalement au lycée avec ma journée de classe. Un quiproquo avec l’enfant d’une collègue à la récréation et je recevais un mail assez salé qui m’assomma véritablement. Une incompréhension totale car elle souhaitait quelque chose de ma part qu’elle n’avait pas réussi à m’exprimer de visu et moi qui n’avait pas percuter la situation, ubuesque. A treize heures tout était réglé et c’était finalement pour moi le plus important, que ça ne reste pas, il y a des choses que je ne comprends pas au Liban et je dois faire attention aux ressentis des autres.

La nouvelle la plus importante m’arriva par mail à 11h30, en effet l’ambassade de France m’annonçait que je pouvais me rendre à la Sureté Générale pour y faire relever mes empreintes et valider ma carte de résident. Après avoir fait de nouvelles photos d’identité, je filais à travers la ville pour rejoindre Sofil et l’environnement du ministère des affaires étrangères, la Sureté Générale est attenante. Je me suis d’abord trompé de bâtiment, puis d’étage, pour finir par prendre du mauvais côté en haut de l’escalier. Là, dans un dédale de couloirs serrés, et après avoir eu l’impression d’avoir fait trois fois le tour du bâtiment, j’arrivais dans un bureau de quatre militaires qui s’occupaient des dossiers comme le mien. Le soldat fort sympathique au demeurant prit mes empreintes et compléta mon dossier. A présent, Je n’ai plus qu’à attendre un message de l’ambassade française me disant de venir retirer ma carte de résident et je pourrais à nouveau sortir du pays, en espérant pouvoir le faire dès les prochaines vacances dans un dizaine de jours. On verra !

Je suis rentré tôt ce mercredi et après quelques menus achats et une préparation de cours, je me suis calé sur mon lit pour faire ce dont je rêvais depuis plusieurs jours voire semaines, finir Léon l’Africain. Ce livre est vraiment magnifique et m’a fait l’effet d’une bombe, tout d’abord par la qualité d’écriture d’Amin Maalouf, mais aussi ce roman, ce personnage, sa vie, ses rencontres, son époque, tout était si bien dit. D’une Grenade musulmane avant la Reconquista à la Rome éternelle d’une Renaissance Italienne sous le règne de Clément VII, une vie de voyages, d’aventures et d’illustres figures historiques. Charles Quint, François 1er, Henri VIII, Soliman le Magnifique, comment ne pas s’émerveiller en lisant ces noms. Ce roman m’a transporté dans une vie qui n’était pas mienne, mais qui ne fait que me confirmer, le voyage montre le chemin. Depuis je suis passé à un autre auteur libanais, Khalil Gibran, ayant en plus appris par les parents qu’un de ses textes avait été lu pour leur mariage, comme d’ailleurs un autre pour mon baptême ou celui de Manu, c’est quand même quelque chose !

Vendredi soir j’ai rejoint Clara à Badaro pour converser un peu, et j’ai pris un des bus qui passait pour m’y rendre. Là il s’est passé quelque chose d’assez étrange, je crois que le chauffeur avait coupé la route à un autre bus et le chauffeur de ce dernier s’est mis à l’insulter en arabe, même moi qui ne le parle pas, j’imagine combien son discours a pu être fleuri ! la soirée fut sympathique et on a vraiment bien discuté avec Clara, minuit sonnait déjà quand je suis rentré.

Samedi au calme, c’est vraiment celle-ci ma journée de repos, soit je me bouge et je sors de la ville, soit je me pose et c’est ce qui s’est passé. J’avais décidé d’aller voir le musée national l’après-midi, je passe assez souvent dans les parages mais jamais aux bonnes heures pour pouvoir y entrer. La collection est plutôt riche, si l’on compare à la superficie du territoire, et surtout l’histoire y est très riche, de l’âge du bronze, égyptiens, aux phéniciens, hellènes, romains, byzantins, ottomans, on y retrouve tellement de choses différentes. En sortant sur le retour, je me suis fait rincé par la pluie, il y avait une grosse averse, il a fallu que je sois dessous.

Vers 21h, j’ai rejoint Tommy à Mar Mikhaïl, on avait décidé se voir pour une bière ou deux. Un passage au street Bar, puis direction Toro’s où l’on a vu la fin de Liverpool, et derrière comme personne ne réclamait un programme j’ai demandé à voir Nantes. Quel plaisir de voir jouer les canaris ainsi, le début de saison est compliqué mais pour une fois que je regarde, c’est la première victoire à domicile. Camille et Charlie nous ont rejoint et l’on a joué au billard assez longtemps, deux parties d’échecs perdues contre Tommy mais je m’améliore et un peu de fléchettes, il n’en fallait pas plus pour passer une bonne soirée.

Ce dimanche était un peu différent des autres, d’habitude je me remets à travailler dans l’après-midi mais aujourd’hui je ne pouvais pas, ayant décidé d’accompagner Flo et Christer à une exposition dans la montagne. Un peu de travail et à 16h je prenais la direction d’Aadlieh pour retrouver mes compères. Le bus a mis du temps à arriver mais il est finalement passé et l’on est monté. Oui car vers l’intérieur quand on sort de Beyrouth, on arrive vraiment dans la montagne libanaise. Après quasiment une heure de trajet nous arrivions à Sawfar, où l’on devait voir trouver le Grand Sofar Hotel. Le seul problème c’est que la localisation de google est parfois toute relative au Liban et l’on s’est baladé sur une jolie corniche, mais le musée n’était pas vraiment là. Après une bonne demi-heure, à la nuit tombante, on a rejoint l’ancien hôtel. Déjà que dans ma tête, je l’imaginais comme le Grand Hotel Budapest de Wes Anderson, ça y ressemblait vraiment, le délabrement en plus. Un haut lieu de rencontre de 1920 à 1960, un des plus célèbres du Moyen Orient, détruit par la guerre civile. Dans ce lieu d’histoire, Tom Young, un artiste que Flo connait bien, présentait une exposition sur le lieu et l’inspiration qu’il lui donnait. Impressionnant de voir son travail, ses peintures, et l’atmosphère qui se dégageait de ce lieu.

Un retour en taxi après un nouveau quiproquo avec le chauffeur, il nous avait offert le café et le thé, nous pensions que c’était pour attendre une voiture, alors que c’était juste pour être gentil. Rentrer sur Beyrouth après avoir respirer de l’air pur, sentir le frais sur mes épaules, je ne peux qu’être revigoré de cette sortie et il est clair que je vais aller à la montagne très prochainement pour faire une randonnée. Oui cette semaine comme les autres étaient particulières, une nouvelle fois. Un livre : Léon l’Africain (que j’ai terminé, merci encore Flo !) ; un évènement : mon passage à la Sureté Générale ; un lieu : Sawfar.

 

PS:  je pensais l'avoir publié hier, mais finalement non, désolé pour le retard.

Vue de la corniche de Sawfar

Vue de la corniche de Sawfar

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I AM Capharnaüm

14 Octobre 2018 , Rédigé par Pereg

C'est le côté obscur de la force!

un film à voir

Pardonnez-moi pour ce très mauvais jeu de mots, mais il est le témoin des montagnes russes émotionnelles que j’ai pu avoir cette semaine. En effet, après avoir réalisé un rêve de collégien, j’ai pu voir sur grand écran, une autre réalité libanaise, celle d’une population que je ne croise pas au quotidien, mais qui vit dans cette ville qui est la mienne, Beyrouth. Ajoutez à cela la première pluie de l’année, un weekend coloré, cette semaine était un véritable manège.

Mardi était une journée que j’attendais vraiment depuis quelques semaines, à partir du moment où j’avais acheté ma place avec Fehmi pour le concert d’IAM ici. Un groupe que j’écoutais au collège, eux font la tournée des 20ans pour leur album le plus célèbre, celui que je préfère, « l’école du micro d’argent ». j’ai donc pris la direction du Music Hall Waterfront et j’y ai retrouvé  des enseignants français que je connaissais, tous un peu plus âgés que moi et qui eux, avaient vraiment grandi avec ce groupe de rap. Aux premières notes de DJ Khéops, j’étais déjà transporté dans un autre monde, comme si ce concert de rap, qui est finalement mon premier dédié à ce genre de musique était un aboutissement. C’était aussi leur grande première à Beyrouth, ils n’y étaient jamais venus, dans la salle de concert à ciel ouvert, un peu plus de 400 personnes je pense, et presque exclusivement des français dont l’adolescence était bercée au son du hip-hop marseillais. On a eu le droit aux classiques, aux morceaux qui font vibrer et leur prestance scénique m’a impressionné, pour eux qui touchent la cinquantaine à présent. Finir sur l’empire du côté obscur devant la scène, observé d’un peu plus loin les dernières notes de demain c’est loin, il n’en fallait pas plus pour une belle soirée. En prenant le chemin de la sortie après être resté discuté, Akhenaton était toujours sur scène à signer des autographes et faire des photos, je me suis approché à tout hasard et j’ai eu le plaisir de voir mon billet signé. Non pas que je sois un grand fan, mais son investissement pour le public m’a impressionné. Alors en rentrant à pieds, les musiques à nouveau dans les oreilles, je ne pouvais qu’afficher un grand sourire après une telle soirée.

Mercredi le travail fut plus intense et la concertation avec les collègues assez tendue, je rentrais assez tard pour mieux repartir rejoindre Flo et Chris pour aller voir « Capharnaüm », un film de Nadine Labaki, tourné à Beyrouth, montrant le quotidien qu’un enfant de douze ans, né sans papiers et d’autres histoires tournants autour de lui. Rude, émouvant, ce fût un choc. Je sais bien qu’il y a une partie de la population qui vit dans la misère à quelques kilomètres de moi, mais le voir ainsi montré sur grand écran m’a mis une claque. Je sais que je suis un privilégié, que mes élèves le sont, et qu’évidemment tous les libanais ne sont pas ainsi, cette réalité qui n’est pas la mienne m’a sauté aux yeux. Vivre au Liban c’est aussi ça, savoir qu’à quelques pas, le quotidien de certains est juste un combat quotidien, pour la faim, la soif, la vie.

Jeudi soir j’ai retrouvé Jocelyne dans un bar à jus un peu plus haut sur Mar Elias pour mon premier cours d’arabe. Il était temps que je démarre mais après avoir rencontré plusieurs enseignants potentiels j’ai choisi de travailler avec cette franco-libanaise. Pendant une heure on a discuté, pris des notes, revu ma prononciation de certaines lettres et vu le basique du basique concernant le vocabulaire. Je suis rentré avec mes devoirs, une trentaine de mots à apprendre et surtout tenter de tout prononcer correctement. Après la Pologne, je voulais éviter de faire la même erreur une seconde fois, ne pas tenter d’apprendre la langue du pays dans lequel je réside. Même si ici je pourrais faire sans, j’ai aussi envie de me mettre à l’arabe, pour ne pas être un touriste de plus, je suis ici pour trois ans. Alors après quelques semblants de phrases, on verra la suite jeudi prochain, en attendant je sais à peu près compter jusqu’à 10 sans erreurs.

La première pluie est tombée durant la nuit de jeudi à vendredi, cette odeur d’humidité que j’avais presque oublié est revenue. Deux mois et demis sans voir une seule goutte d’eau tombée, forcément au premier orage, on reste l’admirer. Ca m’a fait du bien de voir cette eau se répandre au sol. Le seul problème est que lorsque ça a repris en soirée, j’étais dessous et dans une tenue pas vraiment approprié. Je pensais que ça se serait arrêté, mais au contraire, ça a tourné en une véritable tempête et je suis assez douché comme rarement pour l’apéro chez des amis. On m’a conseillé d’acheter des bottes et de prévoir une tenue de rechange au lycée, je comprends pourquoi car en moins de cinq minutes, tout était bon à changer. Un verre de vin et un passage au sèche-cheveux, il n’y paraissait plus. On est allé dans un restaurant indien, du côté de Daoura que Madhu connaissait bien, ils viennent de sa région d’origine, du côté de Goa je crois. C’était effectivement un peu différent de la nourriture indienne que j’ai l’habitude de consommer mais délicieux. Un passage à Mar Mikhaïl avec Everitte et je rentrais au milieu de la nuit alors que la pluie avait disparu.

Grand soleil samedi midi quand j’ai rejoint Flo et Chris pour aller à Batroun, un endroit qu’ils adorent et c’est aussi là qu’ils se sont rencontré. On a donc pris un bus qui roulait plutôt vite et en une heure on était déposé au pont de l’hôpital de Batroun. Descendus vers le centre-ville on s’est arrêté à Le Garage pour boire une citronnade, spécialité locale à consommer sans modération. Un passage sur le port et surtout au mur phénicien, il n’en reste qu’une faible partie mais il a été édifié au IXème siècle avant JC, on filait ensuite vers le Colonel, brasserie où mes deux compagnons du jour se sont rencontré. Là, posés à une table face à la mer, un peu de musique en fond et de belles discussions, le temps a filé. C’est vraiment un endroit magique pour être au calme et profiter simplement pour souffler, chill est le terme le plus approprié. Il était aussi logique pour moi de mettre la tête sous l’eau et j’ai été surpris de voir à quel point il était facile de rentrer dans l’eau, en faisant attention aux rochers affleurants. Il n’y a que la baignade qui donne cette sensation, plonger au fond de l’eau et ressortir en respirant à pleins poumons, c’est vraiment magique, surtout quand on se dit qu’on est le 13 octobre. Après le coucher de soleil, on rentrait doucement vers Beyrouth, un petit passage à Badaro pour voir Nicholas et 23h sonnait quand je rentrais, fatigué mais ravi d’une telle journée.

De IAM à Batroun en passant par Capharnaüm et la pluie, cette semaine était un vrai manège émotionnel. C’est aussi ça qui fait que le quotidien, est si intense, car oui le travail est important, je suis d’abord et avant tout là pour ça, mais ces moments de vie, me le rendent magique. Je n’oublie pas de toute façon que demain… c’est loin !

Colonel Reef à Batroun, chill

Colonel Reef à Batroun, chill

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Douce France

7 Octobre 2018 , Rédigé par Pereg

ma chanson préférée de ce chanteur... en anglais dans le texte.

Cette semaine fut marquée pour moi par plusieurs retour en France, du moins en pensée. Tout d’abord par une plongée en Morbihan par une long et beau reportage sur ce département qui m’a vu naître, celui que j’aime profondément et sincèrement, des alignements de Carnac aux îles de golfe, comment ne pas apprécié de venir d’un tel coin du monde ? J’en suis éloigné depuis mon départ en Pologne, peut-être que j’y reviendrai un jour, peut-être pas. Une chose est sûre, j’y repasserai au moins l’été prochain. La Bretagne est une terre multiple et diverse, et la mienne est divisée, grandir à Vannes, des étés à Guiscaer et St Malo, où je suis revenu travaillé deux ans. Alors oui, mon attachement sincère à ma région est toujours vif, à chaque reportage sur un de ses aspects, je m’y plonge inlassablement. Bientôt la Route du Rhum qui arrive et mon esprit vogue vers les pontons malouins.

Charles Aznavour est décédé aussi ce lundi, je l’ai presque pris comme une blague au début, mais finalement oui c’était bien réel. J’avoue ne pas trop avoir réalisé sur le coup, et durant la soirée, une émission de radio sur internet, de nombreux articles également, un monument de la chanson française s’en est allé. C’est au lycée mardi matin que j’ai pu observer combien il était célèbre et illustre d’un point de vue libanais. Ce fils d’immigré arménien était un vrai symbole de la France et de sa langue à travers le monde. De Tokyo à Rio de Janeiro, partout des contacts que j’ai, ont montré une vraie tristesse pour ce chanteur d’un autre temps mais qui signifiait tant encore. Alors quand une collègue du lycée me dit qu’il mériterait d’entrer au Panthéon, là je réalisais qu’à l’international, il était vraiment « the French one ». Du coup je ferai chantez une de ses chansons à mes élèves… version Kids United.

J’ai eu aussi le plaisir de démarrer le reportage « histoires d’une Nation », ce reportage tant critiqué par un certain plébéien. Et ce que j’ai vu m’a mis un coup. Oui je savais déjà que la France s’est aussi construite au travers de son immigration, mais cette histoire peu linéaire montre combien les « français de souches » et l’Etat français n’ont pas été finalement si ouverts à certaines périodes. Nécessité de construction du pays avec la révolution industrielle, repeuplement après la grande guerre, crise arrivée en 1931, la montée du sentiment nationaliste, le régime de Vichy, le traitement des colons au sortir de la seconde guerre mondiale…  La suite du reportage que j’ai pu voir n’a fait que confirmer ce sentiment, la France, terre de multiculturalisme, terre d’accueil mais aussi de drames, qui par son histoire nous amène à notre pays comme il est aujourd’hui. Notre nation est le résultat d’une multitude, je suis ravi que peu à peu, l’Etat reconnaisse les horreurs qui jalonnent son histoire, car l’Histoire avec sa majuscule n’est pas que celle des livres, c’est aussi celle des gens et cette série de reportages me montre ce que je suis. Français… émigré.

Mercredi soir, VINIFEST, un testing de vin à l’hippodrome de Beyrouth, j’ai rejoint Flo et Chris. Château Khoury, Château Musar pour démarrer puis différents vins libanais de plusieurs régions du pays. Depuis Bordeaux que j’ai quitté en 2016, je n’ai pas eu le plaisir d’en refaire alors j’étais vraiment excité un peu trop peut-être d’ailleurs. En effet, pouvoir parler vin avec des viticulteurs, de cépage, de terroir, de bouquet. Mais ici, ce n’est pas tant le produit qui doit être mis en valeur, c’est l’humain et une approche moins direct m’offrait un discours encore plus plaisant et de belles rencontre. Un vin de pomme au nom d’ursidé, une fin de soirée devant le château Cana. La soirée d’ouverture était relativement calme et c’est ça qui est aussi appréciable, pouvoir se balader de stand en stand sans se retrouver coincé entre dix milles personnes. Une chose est sûre, j’y retournerai l’an prochain.

L’approche du weekend se faisait sentir et m’a apporté de belles découvertes. Chaque vendredi soir, l’Orchestre Philharmonique du Liban joue un concert classique dans une église, gratuitement ! Au programme de ce vendredi, Strauss (fils), une œuvre arménienne et surtout la symphonie du nouveau monde de Dvorak ! Une œuvre magistrale dont je rêvais de voir jouer le 4ème mouvement en vrai, cette puissance fait vraiment rêver quand on voit la baguette du chef d’orchestre bouger de manière si frénétique. Sorti très ému, je ne doute pas que je retournerai une prochaine fois, quelle chance quand même d’avoir la possibilité d’écouter un orchestre national gratuitement chaque semaine ! Ca me semble fou, vivement qu’ils jouent du Haendel !

Samedi soir fut un peu différent, Tommy m’avait proposé de le rejoindre à une soirée un peu particulière, un show de drag-queen. Je n’avais fréquenté ce genre d’endroit qu’une seule fois pour l’enterrement de vie de garçon de Tom à Berlin, on était passé dans un bar de drag-queen, durant la soirée parmi tant d’autres. Là c’était différent, dans un pays où l’homosexualité est vraiment tabou, considérée comme immorale, ces hommes / femmes vivent dans un état d’esprit que je ne saurai décrire mais j’essaye d’imaginer combien ça doit être difficile pour eux / elles. Ne voyez dans ma manière de le dire que le questionnement malhabile et le respect de ces personnes. Toujours est il que le show que j’ai pu voir était impressionnant et j’ai profité tranquillement avant de rentrer.

A nouveau plongé dans mes pensées ce dimanche, je réalise un peu plus combien j’ai envie de continuer à découvrir plus encore ce pays, ses habitants et simplement vivre cette ville. Mais pour l’heure j’ai rendez-vous à Fès en l’an 907 de l’Hégire.

début du 4ème mouvement de la symphonie, une merveille.

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