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Indépendance, couscous et adieux

25 Novembre 2018 , Rédigé par Pereg

Cette semaine a été des plus particulières, de par son rythme très saccadé, mais aussi des évènements qui ont eu lieu. Autre fait notable pour moi, d’habitude je note les choses au fur et à mesure pour mon article, je le fais peu à peu, le relisant et l’améliorant uniquement le dimanche quand je m’y mets. Cette fois-ci je le fais d’une traite en cette fin de semaine, n’ayant pas pris le temps de le démarrer avant ce soir.

Avec deux jours fériés, c’était forcément assez compliqué de se mettre à travailler en classe, les élèves étaient assez distraits, mais j’ai été ravi de voir que je n’ai pas eu d’absents malgré ces ponts possibles. Les parents sont des plus vigilants quand il s’agit de leurs enfants et de leur travail, c’est toujours impressionnant à voir car pour certains.

Mardi jour férié et comme un bon prof, je suis malade les jours où je n’ai pas classe, c’est tellement un plaisir de se retrouver au fond du lit alors que l’on pourrait faire autre chose, mais bon ce sont des choses qui arrivent et l’important était surtout d’être à l’école le lendemain !

En Effet ce mercredi était le jour de célébration de l’Indépendance du Liban le 22 novembre. Et à l’école c’est vraiment un évènement, déjà certains élèves sont arrivés en tenues de scouts ou treillis car bien sûr, il y a association avec le côté martial et militaire. Je n’ai jamais été un pro armée et ce genre de démonstrations me gêne toujours un peu mais je ne m’en offusque pas au contraire, je suis curieux de voir ce que ça peut donner. Avec les élèves, nous sommes descendus dans la cours rejoindre toutes les autres classes de la PS au CE1, c’est-à-dire 22 classes quand même ! assis sur les gradins les élèves de cycle 2 assistaient aux différentes représentations des maternelles et c’était assez mignon. Martial aussi mais voir les petits bouger ainsi sur une musique arabe disant combien le Liban est un beau pays, c’est quelque chose. L’hymne national libanais était aussi une découverte pour moi, je n’avais jamais vraiment pris le temps de l’écouter. Une écharpe aux couleurs du drapeau en souvenir, je ne me sentais pas légitime à la porter, mais elle fait à présent partie de la décoration de ma chambre. Ma classe donne sur cette grande cour où toutes les cérémonies avaient lieu, celles des cycle 3, collégiens et lycéens, et j’avoue que du coup il a été très compliqué de travailler mais je n’ai pas privé mes élèves de voir ces spectacles de nos fenêtres.

Jeudi était un jour férié, j’avais le plaisir d’être invité chez Fehmi et sa famille pour manger le couscous et c’était vraiment bon. Couscous tunisien en plus, ces saveurs m’étaient inconnues et cette découverte m’a fait vraiment plaisir. Une semoule « rouge », un mouton tendre, des pois, des carottes et piments un réel délice. J’ai appris aussi que l’on pouvait en faire avec du poisson et visiblement c’était tout aussi délicieux. Mahmoud avait amené aussi des pâtisseries libanaises et pour le goûter alors que l’on n’avait plus faim du tout, on a gouté à tout ce qui était présent sur la table. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu le ventre aussi plein.

Puis le weekend est arrivé, calme d’abord n’étant pas sorti vendredi soir, je me réservais pour la soirée du lendemain, la dernière de Chris et Flo ici à Beyrouth. Lecture, travail et repos ont été les maitres mots de mon weekend, la pluie torrentielle dehors ne demandait pas son reste non plus et ne faisait que confirmer ma non-motivation à mettre le nez dehors. A 19h je me suis mis en route pour Sassine, rejoindre les fiancés chez eux et la soirée fut agréable une fois encore, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu le plaisir de discuter ainsi avec Tommy, mais ça me faisait surtout bizarre de me dire qu’ils vont réellement partir, ils sont les piliers de ma vie sociale ici et les choses vont être quelques peu chamboulées. Qu’importe pour moi, c’est le mieux pour eux. On s’est retrouvé à passer par Toros en fin de soirée, billard avant de rentrer. J’ai pu aussi discuter avec Wael qui comme moi se voit comme un Serpentard et l’on s’est bien amusé de ce fait.

En rentrant assez tard cette nuit, je me dis quand même que les choses vont  évoluer d’une autre manière à présent et quelque part, mon introduction au Liban est close.  Place au développement !

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Tatouages et cinéma

18 Novembre 2018 , Rédigé par Pereg

Le cinéma a toujours été un art majeur pour moi, voir des films et des séries me procurent des émotions qui parfois sont sans commune mesure, l’attachement aux personnes, à l’histoire, mais aussi à des péripéties magistrales ou improbable, la vie sur grand écran amène ce petit plus que les yeux ne demandent qu’à voir. Fiction ou réalité, cet art est certainement celui qui me fascine le plus, de la réalité libanaise aux méandres fantastiques d’une romancière anglaise.

Ce mardi était pour  moi une nouvelle occasion de m’émerveiller d’un tel spectacle, d’abord en réalité, une dernière séance de piscine le matin avec ma classe de CE1. J’ai dû sauter dans l’eau car une élève buvait la tasse sans vraiment que le maître-nageur n’agisse, quelque part je voulais aller dans l’eau mais là c’était une alerte que je ne pouvais ignorer. J’ai passé le reste de la séance dans le grand bain, mais pour ce groupe d’élèves peu enclin à apprécier le milieu aquatique, ça les a rassuré de me voir les accompagner, même si de base, je ne suis pas censé être dans l’eau. Une longueur en brasse et une en crawl suffisaient à mon bonheur du moment. Même si le travail a été plus compliqué derrière,  c’est agréable d’en avoir terminé avec la piscine.

Et ce soir-là, non pas que j’y retournai mais en allant au cinéma voir « le grand bain » un film de Gilles Lellouche, je me suis plongé dans un milieu inattendu, la natation synchronisée masculine, avec une troupe de bras cassés, différents exemples de losers, antihéros par excellence auxquelles on s’attache, on sourit, on rit d’eux, avec eux mais toujours avec tendresse et douceur. C’est un vrai feel good movie, tu as juste le sourire sur ton visage en sortant d’une telle séance et c’est aussi pour ça que je peux aimer le cinéma, de la dureté de la réalité, au bonheur simple d’un lever de soleil bien filmé. La vie sur pellicule.

J’attendais aussi cette semaine un autre film que je souhaitais voir, fan de l’univers d’Harry Potter, je ne pouvais louper le nouveau film sorti des studios londoniens, les crimes de Grindelwad, oui c’est fou de se replonger à nouveau dans l’épique univers du monde des sorciers, et cette fois-ci dans un Paris de 1927, reconstitué pour les besoins du film. Et ce dimanche, je ne fus en rien déçu, au contraire, ce film noir qui n’a plus rien à voir avec le monde gentillet des premiers livres d’Harry Potter laisse un sentiment assez magique, de découvrir un aspect bien différent de l’histoire, l’ascension d’un mage noir, que tous doivent combattre. Sans révéler quoique ce soit, il m’a vraiment donné des frissons et quelques interrogations sur l’univers magique lui-même, alors j’irai lire avec plaisir en attendant de voir la suite sur les écrans. Cet imaginaire est impressionnant et m’y plonger est un délice. Au travers de ce film, mais aussi de la lecture du second opus des livres, je me dis que je reste un grand enfant, l’imagination est un de mes biens les plus précieux.

Cette semaine j’ai aussi récupéré mon maillot de bain oublié à Dubaï, un parent d’élève y passe régulièrement et je lui ai demandé si c’était possible de passer voir Lala à l’hôtel où je résidais, ce qu’il a fait et vendredi pour partir en weekend, j’avais récupéré mon précieux. C’était surtout symbolique car je n’aime pas perdre ou oublier mes affaires mais je suis bien ravi de l’avoir récupéré, ces parents d’élèves sont en plus fort sympathique, alors que demander de mieux, ils sont tous super avec moi et ne cesse de me dire qu’ils apprécient la manière dont je travaille avec la classe, c’est vraiment gratifiant, même si bien-sûr, tout n’est pas rose.

Vendredi soir, après un skype avec les parents, je me dirigeais vers Mar Mikhaïl, pour la farewell party de Flo et d’une autre journaliste, Lisa. Moi qui me pensait très en retard, il se trouver que je suis arrivé à peu près comme tout le monde vers un peu plus de 21H. Aaliya book est vraiment un bel endroit, on y profita de bonne manière avant de se retrouver à quelques pas de là chez Imojin (en espérant bien l’écrire) à une soirée des plus intéressante et improbable encore une fois. Ce soir-là j’ai rencontré Dominika, la première polonaise que je croise à l’étranger, et elle est tombée des nues quand elle a vu mon tatouage avec le Polska Walczaca, mon symbole d’attachement à Varsovie, qui et je le sais, est un fort symbole nationaliste. On a pas mal parlé de la ville mais aussi de plein d’autre choses et quelques minutes plus tard, le plus fou, j’ai rencontré Sergio, espagnol de Valence qui lui avait un triskell sur le bras ! Je savais le symbole plaisant mais de là à le voir sur le bras d’un espagnol je n’en revenais pas non plus. Si l’on m’avait dit en sortant que je rencontrerai une polonaise qui tombera dénue devant mon tatouage et un espagnol qui me fera le même effet j’aurais bien ri. Un dernier passage chez Toro’s pour jouer aux fléchettes avant de rentrer.

Je savais qu’ici j’allais rencontrer des internationaux mais une telle soirée me prouve à quel point c’est génial d’être ici, de rencontrer de telles personnes, personnalités de haute volée. C’est vraiment l’aspect que je préfère ici, les gens que j’y rencontre. Ce sont vraiment ces moments qui font de nous les personnes que nous sommes, les hommes et femmes que l’on côtoie qui nous aide à nous forger une personnalité. Alors dans ce bain multiculturel qu’est Beyrouth, je me trouve vraiment à ma place.

Slytherin kind, bro!

Slytherin kind, bro!

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Début novembre

11 Novembre 2018 , Rédigé par Pereg

Salon du livre francophone

Salon du livre francophone

A mon retour des Émirats Arabes Unis, Beyrouth m’a fait du bien, m’a semblé humaine et accueillante, comme si c’était déjà le foyer que j’avais trop longtemps quitté, et le salon du livre francophone que j’ai parcouru de long en large et en travers y est pour quelque chose.

Samedi après-midi en effet, je rejoignais le BIEL pour découvrir ce salon que j’attendais comme on attend son anniversaire, il me tardait de voir qui seraient les auteurs s’y produisant, la taille des stands, mais aussi le foisonnement des livres. Ce salon ne m’a pas paru si grand, mais forcément si je compare à Etonnants Voyageurs, c’est beaucoup plus petit. Pour autant ce salon gratuit m’a vraiment fait plaisir à parcourir, et surtout il y avait aussi des bandes dessinées, au prix européen. Car un one piece à 12€ je ne l’achète pas mais le prix était sans taxe d’importation au salon ce qui m’a permis de craquer. Trois bds et un livre seulement, mais qu’importe c’était le plaisir d’y être. Au hasard des allées, j’y ai croisé Emile Lahoud un ancien président du Liban, mais aussi la député de la 10ème circonscription des français de l’étranger, mais aussi et surtout Alexandre Najjar, un auteur libanais dont le nom ne m’était pas inconnu, c’est lui qui a écrit le dictionnaire amoureux du Liban que je n’ai pas encore ouvert, mais que je lirai forcément. J’y ai vu aussi samedi à 19h, une très belle conférence sur la bipolarité et combien ce trouble peut permettre la créativité de ses malades. Après une pause à l’appartement je rejoignais Flo, Chris et Tommy pour quelques bières et fléchettes.

Le dimanche 4 novembre, et comme depuis quelques semaines, ce sont les quais malouins que j’avais en tête, la route du Rhum prenait en effet son départ de la pointe du Grouin en ce dimanche. J’y ai assisté sur internet mais c’est bien une chose pour laquelle j’aurais adoré être encore à St Malo. L’arrivée de Gabart approche, j’ai été déçu d’apprendre pour le chavirage de Le Cléac’h, encore une fois, c’est palpitant de suivre ce genre d’évènements et je suis ravi de pouvoir le faire d’ici, on peut faire beaucoup sur internet.

Une semaine de vacances c’était court, il a fallu remettre le pied à l’étrier et ce fût plus compliqué que prévu avec l’arrivée de l’inspectrice dans ma classe mardi. Elle passait partout mais ça met toujours un coup de pression supplémentaire. Je me suis donc activé dès dimanche à reprendre mon rythme de travail, j’étais déjà allé travailler à l’école le lundi des vacances pour partir à Dubaï l’esprit tranquille. L’homologation de l’Etablissement au sein du réseau AEFE, voilà qui ne me semblait pas rien. Mardi midi, après la piscine et le passage à la bibliothèque, j’avais organisé trois ateliers, c’est ce qu’elle a pu voir sur la découverte du dictionnaire et l’ordre alphabétique.  C’est fou comme le temps passe vite dans ces cas-là  et on oublie la présence d’un observateur extérieur pour être plongé dans mon travail. La directrice m’a dit qu’elle avait apprécié ce qu’elle a vu et je me félicite qu’elle soit passée chez moi, même si ça fait râler et donne un petit coup de pression c’est toujours intéressant d’avoir un œil extérieur sur ce que l’on peut mener en classe. La suite du travail de la semaine a été de décider des évaluations à mener sur la période, on a pu se mettre d’accord avec mes collègues de CE1. 15 évaluations à préparer, trois chacun, et ça fait quand même une quantité moindre de travail à fournir ce qui est des plus plaisants parfois.

Mardi soir était l’occasion de retourner à nouveau au salon du livre, non pour y acheter d’autres livres, mais pour aller y écouter Christine Ockrent, la journaliste française qui a écrit un livre sur MBS, Mohamed Ben Salman, l’actualité internationale aidant, j’étais vraiment curieux de voir ce qu’elle pouvait en dire et en écrire. Je ne fus pas déçu, Elle et surtout Stéphane Lacroix, un analyste expert du Moyen Orient, ils ont raconté l’ascension de ce saoudien vers le pouvoir centralisé, contournant les contre-pouvoirs qui existaient dans la monarchie saoudienne, mais aussi la relation très tendue avec la religion wahabite. La conclusion venait pour dire que  malgré les difficultés actuelles, il est probable que ça n’entravera en rien sa course vers le pouvoir.

Cette semaine au lycée j’ai également eu un petit problème lors d’une rencontre de parents, ce n’est pas grand-chose en soi mais ça m’a fait bizarre. Vendredi matin, j’ai rencontré une maman voilée. Rien d’anormal mais en arrivant je lui ai tendu la main pour la saluer. Elle a fait un pas en arrière car elle ne voulait pas me toucher. J’oublie parfois où je me trouve et le rendez-vous s’est très bien passé ensuite mais il y a aussi des moments comme ça, où je dois faire attention, à la forme plus encore que le mes paroles ou mes actes.

De plus cette semaine, le lycée s’affiche sur tous les réseaux sociaux du fait de sa délocalisation presque certaine à la rentrée 2019, c’est donc un grand chamboulement, non seulement pour nos élèves actuels, mais aussi les collègues dont certaines étaient élèves ici, ou même leurs parents. L’attachement au LAK, son lieu,  est une chose qui me touche vraiment même si je m’en sens assez distant, c’est mon lieu de travail mais pour beaucoup de monde ici c’est tellement plus que ça. c’est leur seconde maison, celle de leur vie d’école et parfois professionnelle en plus, alors j’ai hâte de voir où tout cela va nous mener, peut-être à Baabda, mais peut être ailleurs aussi, je ne sais pas non plus si ça change des choses pour moi ou non.

J’avais besoin de me changer les idées ce weekend après un travail intense, je voulais clairement penser  à autre chose et une belle soirée avec Chris et Flo a donné exactement ce dont j’avais besoin, penser complètement à autre chose et rentrer à l’aube. La pluie du samedi après-midi a eu raison pour une grande part de ma motivation, mais j’avais aussi besoin de me reposer, d’être au calme, je n’avais envie que de ça, de lire. L’adaptation en bd du 4ème Mur de Sorj Chalandon, l’arabe du futur n°4, mais aussi Antigone de Jean Anouilh et j’ai démarré le second volume d’Harry Potter en anglais. Le tout devant du sport, TV5 Maghreb Orient est vraiment devenue ma chaine préférée, le match commenté par Didier Roustan ou même le match du XV de France, c’est un plaisir de retrouver ce genre de programmes malgré la défaite des bleus.

En ce dimanche du 11 novembre, je ne pouvais faire autrement que de me trouver devant TV5 pour la cérémonie du centenaire de la fin de la Grande Guerre, un moment très symbolique que je relie aussi au centenaire de l’indépendance de la Pologne en ce même jour. Ce matin, le devoir de mémoire est très présent, voir tous ces chefs d’Etat devant la flamme  du soldat inconnu de l’Arc de Triomphe, des représentants des belligérants tous unis pour la paix. Notre ennemie d’hier, l’Allemagne est aujourd’hui notre allié le plus solide.

Avant de me remettre au travail, je me dis que cette semaine fut particulièrement intense pour le travail, mais tout autant diverses, des livres au Rhum, de la délocalisation du lycée à la mémoire de l’armistice.

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Dubaï Wonderland.

4 Novembre 2018 , Rédigé par Pereg

Dubaï Wonderland.
Dubaï Wonderland.
Dubaï Wonderland.
Dubaï Wonderland.
Dubaï Wonderland.
Dubaï Wonderland.
Dubaï Wonderland.

Ville rêvée, ville de rêve Dubaï est cette cité que je souhaitais voir depuis mon arrivée au Liban, l’endroit par lequel je voulais passer, tant j’en avais entendu parler, tant les commentaires sur cette ville me semblaient fous. Pour autant je n’avais pas du tout d’image mentale de la ville, simplement des brides d’images. Alors mardi je me suis envolé pour un court séjour là-bas, à 2000 km du Liban.

Déjà en prenant la compagnie Emirates, j’ai été surpris positivement par la qualité du service et de tout ce dont disposait l’avion, je comprends pourquoi ils ont été élu plusieurs fois la compagnie aérienne de l’année. Un vol tout confort même en économie et 3h30 plus tard, je rejoignais DXB international. Au sortir de l’aéroport, la nuit était déjà là, il était 18h passées, mais déjà avec ce terminal spécialement dédié à la compagnie Emirates, il y avait déjà un semblant de ce que j’allais observé, un bâtiment immense et bien pensé. Arrivant au métro, la ligne allait m’amener directement vers la plage où j’avais réservé un hôtel… à plus de 35km ! une ligne droite longeant l’artère principale de la ville Cheik Zayed Road. Sur cette route, j’ai pu déjà voir combien j’étais dans un autre monde, celui des Emirats, celui d’un pays qui a du pétrole et plein d’argent à dépenser, celui où les tours de 200m sont légions, celui où la démesure est la loi.

Arrivé à JBR, Jumeirah Beach Residence, je me perdais parmi les tours pour enfin arrivé au Bahar 4, mon hôtel se situait au 19 étage avec une vue sur la plage. Une chambre partagée, une auberge de jeunesse fort sympathique dont la gérante française a été super cool avec moi. Autant un loyer dans ce voisinage est extrêmement cher, autant mon lit était dans une norme européenne de prix. Alors après une première baignade et découverte de mon environnement proche, je me plongeais dans le sommeil, malgré un décalage horaire de deux heures, vers minuit il était temps de dormir.

Au réveil, j’avais déjà quelques idées de ce que je souhaitais voir dans la journée, mais sans pour autant avoir d’ordre dans ce programme. Ali, un allemand voisin de chambrée, m’a donc montré un bateau qui faisait une liaison de la marina de Jumeirah au vieux Dubaï et permettait de voir la Skyline de cette ville. Sauf qu’à 10h alors que j’étais prêt, le bateau lui ne l’était pas, il fallait attendre une heure et je ne voulais pas me permettre de le faire. Je suis donc allé chercher le métro, de jour ça n’avait plus rien à voir, les bâtiments semblaient encore plus grand alors quand je suis arrivé au pied de Burj Khalifa, j’avais du mal à en distinguer le sommet. 828m de haut, la tour la plus haute du monde et à son pied, le Mall le plus grand du monde, 1200 boutiques, 800 000m² de shopping. Il fallait le traverser pour rejoindre la tour et j’ai eu de la chance car juste en rentrant, une librairie anglaise gigantesque. J’y ai acheté un guide de la ville et le Harry Potter 2 version Serpentard que je souhaitais avoir depuis sa sortie cet été, « in english in ze text ».

Arrivé aux caisses pour monter à la tour, on me signalait que tous les billets en réduction étaient partis et que je devais payer plein tarif si je voulais monter. C’est ça aussi quand on réserve au dernier moment, c’est toujours plus compliqué, mais je ne me voyais pas être là sans monter à l’observatoire dans un bâtiment le plus haut du monde. 555m plus tard j’avais une vue de Dubaï à nulle autre pareille, impressionnante, gigantesque. Les immeubles de 300m de haut semblaient si petits, et tout donnait une impression de Légo que l’on aurait construit à son pied. En revanche en levant un peu les yeux, je ne voyais que de la ville au nord et au sud à perte de vue, mais le golfe à l’ouest, le désert à l’est. Un horizon étonnant mais très plaisant à voir. J’y suis resté assez longtemps pour essayer de réaliser l’ampleur de cette construction, faite en seulement six années, ne me lassant pas d’observer ce fourmillement en son pied.

Redescendu sur terre, je voulais voir ce qu’étais ce fameux Dubaï Mall et ce qu’il contenait je n’en fus pas déçu. Après un Mc Arabia au MacDo peu fameux (avec Jason j’ai pris l’habitude en voyageant de tester les sandwichs « locaux » qu’ils ont créé), je partais en quête de l’aquarium… oui ce centre commercial avait un aquarium en son sein. Un tunnel aquatique magique et impressionnant à voir, un bassin aux poissons multicolores et apaisants, avec des requins des raies, une jolie faune. De là je suis allé voir le zoo qui l’accompagnait, un petit néanmoins varié qui m’en apprenait un peu plus sur les créatures que le désert d’Arabie pouvait cacher. En sortant je me suis promener un peu au hasard dans ce centre, et après m’être un perdu, je suis tombé sur une patinoire… Immense comme l’écran juste au-dessus qui devait mesuré plus de 40 m de long sur sa moitié en hauteur. Il était temps que je sorte de là. J’ai donc marché et ça m’a paru long pour retrouver la sortie vers le métro.

Il fallait que je vois autre chose, ce Mall, cette tour, cette démesure, cette exubérance me paraissait être trop, alors j’ai pris la direction du vieux Dubaï, et ça m’a fait un bien fou. Des immeubles à taille humaine, des rues calmes, des habitants posés, j’avais besoin de respirer après la grandeur du New Dubaï. Le musée de la ville m’apprenait combien la croissance de la ville avait explosé depuis 1950, passant de 55 000 habitants, à plusieurs millions actuellement. Et la croissance de la ville ne s’arrête pas là, j’ai pu voir des dizaines et des dizaines de tour en construction, comme si cette ville n’arrête jamais. Alors après le musée, je me suis dirigé vers les souks, celui d’épices notamment, même si j’étais alpagué de partout j’ai adoré me balader avec ces odeurs enivrantes plein les narines.

A 18h30 je prenais le bateau dont j’avais entendu parlé le matin par Ali, mais dans l’autre sens, voir la Skyline de nuit me plaisait tout autant. C’est vraiment à ce moment que j’ai réalisé combien cette ville me semblait folle, un pays des merveilles. Passant en revu les différents quartiers, avec chacun ses gratte-ciels, devant la palme de Jumeirah et l’Atlantis pour finir avant d’entrer dans la marina. J’avais beau tourné la tête, il n’y avait que des tours hautes et immenses. J’ai pris ensuite la direction de la Madinat, une sorte de petite cité dans la ville avec des hôtels « chassieux ». J’ai été mangé italien, et même si le prix paraissait un peu cher, rien de fou… hormis l’alcool, 12€ le verre de vin, ça pique. Oui les prix de l’alcool sont prohibitifs, mais je ne voulais faire autrement. En rentrant à l’hôtel avant minuit et comme c’était halloween je me suis décidé à sortir et découvrir un bar pas loin. Grand bien m’en a pris car j’y ai rencontré Josh d’Atlanta, qui bossait au Koweït pour l’armée américaine et l’on a passé deux heures à discuter ensemble.

Au réveil je fonçais dans un autre mall, celui des Emirates, car il y avait là-bas une chose que je voulais faire et dont j’avais déjà entendu parlé bien avant de venir. Ski Dubaï, oui on peut skier là-bas. Alors j’ai pris un forfait pour deux heures et je suis allé dévaler la piste avec grand plaisir. C’est fou quand même de se dire que l’on se retrouve dans de telles conditions qui le permettent, mais aussi des gens qui n’ont jamais connus la neige, pouvoir la voir au quotidien, respirer comme à 2000m d’altitude l’air si profond et apaisant des sommets. Même si la piste était simpliste, une bleue au maximum, j’ai pris plaisir à faire cette dinguerie, skier à un endroit qui ne descend jamais en dessous de 15 degrés à l’extérieur. Ce temps était suffisant pour découvrir l’endroit et m’amuser, je pense que plus longtemps j’y aurais perdu de l’intérêt, comme beaucoup de choses, c’était histoire de les faire une fois.

En sortant je rentrais à l’hôtel car j’avais réservé un safari dans le désert… oui après le ski le désert. Je retrouvais donc à plus de 15h un chauffeur indien accompagné de quatre autres personnes pour aller voir le désert de Dubaï, sans oublier de faire quelques passages en 4x4 dans les dunes. Ce fût court mais assez sympathique et en moins de temps qu’il n’en faut je ne percevais plus la ville, simplement du sable dans toutes les directions, même si en fait nous étions pas loin de l’autoroute allant à l’Est. Pour la soirée, il y avait un buffet et un petit spectacle. J’ai apprécié de voir les danseuses du ventre, le tourneur égyptien ou le cracheur de feu, mais surtout les deux sud-africains avec qui j’ai passé on temps à discuter. Un dernier passage  dans l’eau, idéal en novembre et avec Josh pour une dernière pinte hors de prix, Morphée m’accueillait à bras ouverts.

Au réveil vendredi, mes bagages étaient déjà prêt pour mon retour au Liban, j’avais un peu de temps j’ai donc discuté avec Tracy, une ariégeoise qui vivait ici depuis deux ans. Et son parcours insolite m’a montré aussi combien on pouvait réussir à Dubaï si l’on croyait en ce que l’on faisait. Une fille qui venait du mannequinat après son bac faisant aujourd’hui du trading et finance, sans diplômes reconnus, simplement un réseau et des compétences apprises au fur et à mesure. Ce genre de choses me semblent inenvisageables en France où le diplôme est primordial, mais pour autant il faut laisser la place aux gens qui peuvent faire des choses sans en avoir.

Alors sur le chemin de l’aéroport j’ai repensé à tout ce que j’avais vécu là-bas, de la plus haute tour à la bipolarité neige/désert, des nouvelles nationalités rencontrées comme Bélarusse ou Sud-Africain, il n’y a vraiment que dans une telle ville où c’est possible, c’est d’ailleurs exactement ça cette cité, la ville des possibles. La ville où la démesure est norme, où le trop n’existe pas. Après je n’oublie pas non plus ce que j’ai vu, du quartiers des travailleurs indiens qui me semblaient être des esclaves modernes, des jeunes filles dans les bars qui venaient toutes chercher de l’argent contre des faveurs sexuelles, c’est aussi ça Dubaï.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé Dubaï, je l’ai fait, intensément, agréablement mais comme New York en 2014, je ne peux le regrette en rien, au contraire. Je suis venu et j’ai vu, j’ai vécu, Dubaï Wonderland.

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