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Second trimestre, pluie et yoga

31 Mars 2019 , Rédigé par Pereg

Dimanche pluvieux, dimanche heureux ? L’adage est confirmé aujourd’hui malgré un calme certain mais le sourire était bien là. Après une nouvelle semaine intense de travail, durant laquelle j’ai fini mes évaluations avec les enfants. Le second trimestre s’est enfin achevé par la remise du bulletin ce vendredi à tous mes élèves. Il n’en fallait pas moins pour qu’ils soient enfin relâchés. Je suis toujours aussi surpris par l’importance et la culture de la note et de l’évaluation qu’il y a déjà à leur âge. Il y a là un aspect que j’ai encore du mal à saisir, très libanais peut-être. Il y a déjà une pression importante mise par les parents, et si les enfants n’ont pas réussis à 200% partout, les parents peuvent être déçus. Alors que le processus d’apprentissage est un long chemin de construction, qui s’étend même encore à l’âge adulte. Cette pression mise sur les enfants, on la retrouve dans d’autres pays, mais je la trouve des plus importante ici, peut être d’autant plus que l’enseignement est loin d’être gratuit.

Le mois de mars s’achève et avec lui le printemps renait, ou du moins il inonde… Cette semaine alors que je m’imaginais pouvoir marcher tous les jours sous un soleil radieux, j’ai plutôt dû m’abriter pour éviter de tremper. Averses intenses, orage, ou simple crachin, la pluie n’a fait que nous accompagné. Ici, je pensais être à l’abris des giboulées girondines mais ce n’est pas le cas. Même si l’on me dit que c’est une année exceptionnelle, qu’il n’y a pas eu ça depuis 1968… ça commence à m’agacer un brin de me retrouver un peu trop sous la pluie libanaise. Elle disparaîtra sûrement avec le mois d’avril mais cette météo est assez pesante et n’aide en rien à calmer l’excitation ambiante. J’ai l’impression que partout où je vais, la pluie me suit, me poursuit et me dit « n’oublie pas qu’à n’importe quel moment, dans n’importe quel pays, tu finiras trempé ». Je pensais sincèrement qu’au Liban, je serai épargné, mais la nature ne peut pas être aussi verdoyante dans certaines parties du pays sans que les eaux tombent du ciel.

Avec le travail et la pluie, je n’ai pas pu trop voir le jour cette semaine, faisant des journées assez longues, je ne pouvais que me rattraper ce weekend, c’était devenu un impératif, une nécessité. Déjà, j’ai fait en sorte de quitter l’établissement à 14h30 vendredi, ce que je n’avais encore jamais fait, mais c’est aussi grâce au fait d’une préparation avancée pour la semaine à venir. Une sieste et des hésitations, je me demandais où aller pour la soirée et finalement j’ai chu comme une nouvelle fois à Sin El Fil, à la coloc cactus pour une soirée comme à chaque fois fort sympathique avec Clara comme d’habitude.

Au réveil samedi, j’avais plusieurs objectifs pour le weekend, il me fallait malgré tout travailler un peu pour les semaines à venir, préparer le programme potentiel de la visite parentale et m’occuper de mon petit Boris, dont l’objectif n’est plus au point. J’ai donc pris la direction de Burj Hammoud pour aller voir un magasin d’électronique qui ne m’a pas donné du tout satisfaction.  Je commanderai donc en France les objectifs nécessaires pour profiter pleinement de mon réflex. Il me faudra trouver un autre moyen de dépense l’enveloppe des parents d’élèves mais je ne doute pas de trouve une bonne idée prochainement pour le faire. Le reste du travail, étant reporté au dimanche, la motivation me manque souvent le samedi.

Après un retour à l’appartement, je retournais à Gemmayzeh pour retrouver Tommy puis Hadi et Karam, discutant de bon aloi. Un retour assez tôt car la pluie ne donnait envie que de rentrer dormir, ce qui fut fait. Changement d’heure qui ne marque pas. En ce dimanche je ne me sens pas encore trop décalé, on verra si je peux dire la même chose au réveil demain matin. Le travail ayant avancé, même s’il me reste toujours ma leçon d’arabe que j’avais décidé de reporter à date ultérieure. Se posait la question de savoir si j’avais la motivation ou non de rejoindre les filles ou non, n’étant pas allé à la salle, il fallait bien se dépenser un peu.

C’est donc ainsi que j’ai rejoints Lucie et Clara à Riwaq pour un cours de yoga collectif. Je n’avais jamais fait une telle chose depuis fort longtemps, une séance longue et pleine qui change de mes exercices de quinze minutes quotidiennes. On s’est retrouvé vers 18h30 pour discuter un peu, le cours ne commençait qu’une heure plus tard. C’est alors que la prof est arrivée et surprise, c’est une personne que je connaissais. Beyrouth est décidément une capitale aux allures de village car à chaque nouvelle rencontre, je constate que cette même personne est toujours l’ami(e) d’amis. Bref le cours à commencer et je me suis rappelé pourquoi j’aimais ça, mais aussi pourquoi je trouvais toujours que je manquais de souplesse et d’abdos. Il y a des exercices et des positions qui sont plutôt difficiles à tenir. Méditation, relaxation et étirements, j’en suis revenu fatigué mais apaisé, étiré et un brin assoupi. J’avais presque oublié le bien-être que procure ce genre de séance et je ne doute pas que j’y retournerai à nouveau. Mais peut-être que si le temps le permet, je ferai l’aller-retour à pieds. Il est à présent temps de m’arrêter, même sans rejoindre morphée, j’ai simplement envie de profiter du calme qui est le mien ce soir pour penser à autre chose.

à vous d'essayer si ça vous dit!

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Intensité et fête des mères

24 Mars 2019 , Rédigé par Pereg

le film n'est pas terrible mais quelle chanson! Elle va tourner en boucle dans mes oreilles comme d'autres avant elle.

Il est de ces semaines où la seule impression que l’on a, est de ne pas voir le jour, de ne pas avoir assez de temps devant soi pour faire les choses correctement. C’est l’impression que m’ont laissé ces derniers jours. En effet, hormis une petite ballade lundi en fin journée, depuis je n’ai eu de cesse de courir après le temps pour le travail.

La période des évaluations est toujours compliquée et peu avenante pour les élèves, ils sont énormément leurs nerfs, mais ça ne fait pas tout et en bonus aux travaux de correction et plus encore, j’ai eu des problèmes de comportements à gérer entre certains élèves de ma classe. Mine de rien je m’en suis trouvé assez affecté car on peut dire que l’on peut se percevoir par le biais des actions et de l’évolution de nos élèves. Forcément si un ou plusieurs d’entre eux agissent d’une manière peu convenable, je ne peux que me remettre en question et c’est ça le plus dur. Car même si en soit, ce n’est pas moi qui a eu ce problème, ma gestion n’a pas permis de le régler diligemment et j’ai dû faire intervenir la directrice, témoin de mes difficultés à gérer la situation. Je n’aime pas ce ressenti qui te dit que tu as fait quelque chose de mal quelque part, même si tu peux toujours te trouver des excuses d’une certaine manière, tu te remets quand tes élèves agissent mal que quand c’est toi qui est concerné directement, ils sont le reflet de ton enseignement.

L’éducation est une question parentale, mais la co éducation à laquelle nous participons en tant qu’enseignant nous affecte forcément également, car un élève de notre classe qui ne progresse pas avec le reste du groupe, c’est que l’on a dû se tromper quelque part, où que l’on a loupé quelque chose. Et chaque année tu recommences avec de nouveaux élèves, de nouvelles têtes pour lesquelles ces questionnements sont perpétuels. Je ne parle de la charge professionnelle. Tout ce qui est de l’ordre parental, que je ne connais pas est encore plus important, et je comprends un peu plus en évoluant les sollicitations des parents sur leurs enfants. Les miens attendront encore un peu, mais déjà j’en ai encore 28 à moi d’une certaine manière cette année et ça me suffit amplement.

Nulle question  de baisser les bras, d’abandonner ou de renoncer, faire front malgré la relative tempête qui m’a traversé, je sais que le calme reviendra sous peu et surtout j’ai envie de continuer à progresser avec ces élèves, les amener le plus loin possible et je ferai ma mission jusqu’au bout avec envie et plaisir. D’autant plus que j’ai eu une nouvelle rencontre avec les parents de la classe mardi, qui s’est déroulée de la meilleure des manières. Je suis toujours étonné de voir les réactions très positives des parents à mon encontre et mon travail, mais ça fait toujours plaisir à voir.

Cette semaine, il y avait une date importante, le 21 mars. Non ce n’est pas le printemps qui compte, ce n’est pas l’équinoxe non plus, mais bien la fête des mères. Comment dire à quel point j’en ai été une nouvelle fois bluffé. La manière de faire les choses pour les libanais à de folie l’intensité qu’ils y mettent. C’est une véritable institution ce jour-là. Il faut aller voir sa mère, sa grand-mère, mais également de la même manière pour la famille du conjoint. C’est très mal vu si ce n’est pas fait. Les liens familiaux sont très importants, le respect des ainés est abordé d’une manière différente mais il y a un côté sacralisation de tous les évènements liés à la famille, et c’est aussi ce qui amène cette folie. Je dis folie, mais pour les libanais, il faut simplement être à la hauteur, et donc le montrer. Dépenser, consommer, montrer, et plus encore. Ce système je rentre forcément dedans pour respecter les codes, mais je le fais encore à défaut car ce n’est pas du tout ma manière de faire les choses. J’ai été élevé et grandir avec la conviction profonde, que j’ai encore, que le geste le symbole est important, mais pas de dépenser des milles et des cents.

Alors qu’ici ce n’est pas la manière de faire, je m’adapte donc, en tout cas j’essaye au mieux. C’est donc aussi pour ça qu’avec mes élèves, nous avons réalisé un tableau en quatre compositions. Eux l’ont fait bien mieux que moi. Il s’agissait d’abord de faire un fond à la peinture, choisissant la couleur désirée, puis de dessiner à la craie grasse le paysage sur lequel seraient collés des personnages dessinés au feutre ou au crayon de couleurs, le tout avec la fabrication d’un cadre autour. Le rendu était plutôt pas mal pour la plupart d’entre eux et j’ai été ravi de voir que les mamans aussi ont apprécié.

 Alors ce weekend je me suis changé les idées, un repas épique et délicieux chez Cédric et Zarif pour le nouvel an en Azerbaïdjan, puis j’ai poussé à Sin El Fil dans la coloc Cactus pour la fin de soirée. Samedi plus au calme avant d’aller dîner merveilleusement à nouveau avec le gang brésilien et revenir sous une lune tardive. Aujourd’hui, Brunch avec Clara et Lucie, c’est toujours un plaisir de passer du temps avec elles. Un nouveau dîner ce soir car oui demain, une fois encore, je sais que j’ai bien de la chance, mais c’est jour férié au Liban. D’une certaine manière on pourrait dire que l’on ne travaille pas beaucoup ici mais le nombre de jours férié dans le ressenti, je n’ai pas compté exactement en réalité c’est plus qu’étonnant.

Bref une fois encore la semaine s’achève doucement sous le crépuscule beyrouthin, et le sourire à défaut du soleil me tiendra toujours compagnie.

mon "oeuvre" personnelle...

mon "oeuvre" personnelle...

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Jour 100, trivial poursuit & Saint Patrick’s day

17 Mars 2019 , Rédigé par Pereg

mon jour 100.

mon jour 100.

En ce dimanche soir, je me dis que ma routine d’écriture est de plus en plus compliquée à tenir, en effet, l’article hebdomadaire est toujours plaisant à construire et narrer. C’est aussi un exercice complexe pour me renouveler et toujours faire en sorte de trouver une nouvelle manière de dire les choses, que ça reste agréable à lire. Alors je me suis dit, non pas pour la première fois mais comme une acceptation que ce n’est pas forcément une chose que je tiendrai de la même manière l’année prochaine. Personne ne m’a rien demandé et c’est moi tout seul qui ait exigé un article par semaine, mais dans le fond, la qualité des mots récemment me laisse un peu perplexe. Je ne suis pas forcément satisfait de ce que je peux produire ; tout en continuant à le faire chaque semaine. On verra si cette pensée et cette volonté se maintient toujours autant, si cette envie qui est mienne perdure et me permettra de poursuivre ce projet d’écriture. Mais d’abord et avant tout, c’est le plaisir de l’écriture qui est en jeu et en ce moment, il n’est pas des plus présents. Entre mes carnets et ce blog, j’ai l’impression d’être trop dans la description de ma routine, toujours dans le jus, et rarement dans la réflexion, mon « destin » étant désormais confirmé. Je ne demande pas de réponse à une question que je ne pose pas finalement, mais comme le moral qui peut fluctuer, les envies sont relatives. Alors avec l’arrivée du printemps, ma prose refleurira peut-être, en attendant je sais que la source du verbe ne s’est pas tarie, elle coule juste plus doucement.

Cette semaine avait pour particularité de démarrer un mardi, avec le jour férié octroyé pour la fête des profs lundi. Ce qui démarrait réellement pour moi cette semaine, c’était la période d’évaluations pour mes élèves. Oui le second trimestre s’achève à la fin du mois, et j’ai donc démarrer mes évaluations, une à deux par jour, rythme tenu au moins encore une semaine. Le tout pour aboutir à un bulletin qui j’espère sera en mesure de satisfaire tout le monde, et permettra de voir les progrès que mes pitchounes ont fait. Si ça ne tenait qu’à moi, je n’en ferai pas, car l’évaluation formative des élèves me suffit, mais le modèle de l’école de la note, toujours malgré tout d’actualité, oblige à produire un bulletin, gage de qualité d’une réussite personnelle des élèves. Certains réussiront bien mieux que d’autres mais je constate quand même globalement une réelle évolution positive de mon groupe classe, et c’est ça que je veux avant tout transmettre aux parents.

 Ma stagiaire également a pu prendre la classe cette semaine, ce n’était pas rien pour elle car c’était une première. J’ai presque du mal à me souvenir comment je me comportais au tout début, dans mes classes vertes, avec Clémence à Port-Launay, ou durant mes années de master à Bordeaux, tout ça est si loin et pourtant ça ne fait pas si longtemps finalement. J’ai toujours beaucoup à apprendre, je peux toujours faire mieux, mais il faut aussi se laisser le temps d’évoluer. Avoir quelqu’un venant observer et apprendre de moi, me fait me questionner un peu plus sur mon travail mais aussi me dit que je ne dois pas bosser si mal, car c’est tout de même une forme de reconnaissance que d’avoir eu l’accord de ma directrice d’accueillir Aya. J’espère pouvoir l’aider au maximum et lui transmettre un peu de ce qui fait pour moi la magie de ce métier, l’humain.

Jeudi 14 mars, était aussi une journée au combien importante symboliquement, c’était le 100ème jour de classe de l’année. Depuis la rentrée de septembre, j’avais mis en place dans la classe, une roue qui permet de compter les jours, tournant jour après jour. Modèle reproduit de ce qu’avait pu proposer Fabien et Brigitte à Cancale, il permet de voir le temps qui passe. Ça m’a quand même fait un choc aussi de découvrir que j’avais déjà travailler 100 jours avec mes pitchounes, ils ne sont plus du tout les mêmes qu’au début d’année et je crois que moi aussi j’ai pas mal changé. En bien j’espère, mais je suis surtout dans la projection sur l’année prochaine avec le changement de lycée. En tout cas, ce jeudi, j’avais donc demandé aux élèves d’amener des collections de 100 objets : certains ont amené des pièces, des cartes, des boutons, des bâtons, des billes, ou des rouleaux. Une vraie réussite, et l’on a tout recompté en classe, avant que je ne leur montre ma collection à moi, de plus de 100 bonbons, oui c’est aussi ça qui est super, c’est de marquer les jours et j’espère que ça leur a plu autant qu’à moi.

La fin de semaine arrivait vite, mais après les déceptions sportives françaises, du football au biathlon en passant par le rugby, je suis dans l’idée de prendre du recul sur ce que je regarde. Ça a tendance à m’exaspérer en ce moment, ce qui est assez ridicule, je ne suis pas professionnel, supporter malgré tout, mais d’abord désolé de voir que notre sport hexagonal ne s’en tire pas à si bon compte en ce moment, tous sports confondus, en tout cas ceux que je regarde. Après tous, les champions sont des hommes comme les autres, et faillibles tout autant. Je préfère me replonger avec délice dans la lecture de Faust de Goethe ou partir dans les diatribes féminines de Causette (Merci Rana de me l’avoir ramené de Paris).

Samedi soir, je devais rejoindre initialement le gang brésilien, après une journée de travail plus ou moins aboutie. Clara est passée après Italie-France que les transalpins auraient tellement mérité de gagner, et l’on a regardé Green Book, l’oscar du meilleur film. Je ne pensais pas qu’il prendrait de manière assez triviale un sujet aussi lourd et ce fut un visionnage fort plaisant. Il n’en reste pas moins que certaines scènes sont difficiles et l’on peut parfois oublier que des évènements comme ceux de ce films n’ont à peine plus de 50 ans. Sur le point de partir rejoindre Gil, elle m’annonce que le dîner est annulé et du coup je file avec Clara chez un ami à elle, Blaise. On a passé un très bon moment à discuter accompagnés de vin rouge, mais surtout d’un trivial poursuit, jeu auquel j’ai eu plaisir de voir que je n’avais pas perdu la main. L’orage assourdissant résonnait durant la soirée mais au moment de partir, la pluie avait cessé et l’on est rentré tranquillement à pied.

Ce matin, je n’avais qu’une seule idée en tête, être à un moment donné dans un bar, une pinte de Guiness à la main. Tradition oblige, en ce jour de saint Patrick, ça fait bien longtemps que je n’ai pas dérogé à cette règle si plaisante, de me retrouver à boire et à manger à un moment de la journée. Mais avant cela, il fallait d’abord finir ce qui devait l’être, leçon d’arabe et d’espagnol, corrections de copies, préparation de la semaine et plus encore. Ce qui fait que je n’ai pu sortir de l’appartement que vers 16h finalement. Direction Monot pour voir la rue Huvelin interdite aux voitures, pour le « car free day ». C’était agréable de pouvoir marcher au milieu d’une rue animée par de petits stands, ce qui m’a fait penser au marché de Cancale du dimanche matin. Un tour à Mar Mikhaïl ensuite pour prendre cette boisson houblonnée méritée et revenir doucement après avoir vu la fin du match de Liverpool.

Cette semaine est passée très rapidement, je me dis que la prochaine fera de même mais au fond c’est aussi ça qui est plaisant de voir qu’avec le travail mais aussi le reste, j’avance et comme quoi finalement, mon flow n’est pas si faible ce soir. Je laisserai la place aux surprises amenées par cette nouvelle semaine.

tout est dit!

tout est dit!

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Fête des profs, François Hollande et Tripoli

11 Mars 2019 , Rédigé par Pereg

Conférence ...

Conférence ...

Encore une semaine si particulière, où de nombreuses choses se sont déroulées, avec toujours un ravissement et un étonnement de ma part. C’était la reprise déjà, et dans ce cadre se remettre au travail ne fut pas des plus simples après la Jordanie et le rêve éveillé que j’ai pu y vivre. C’est toujours compliqué de s’y remettre mais pour les élèves d’autant plus, je ne sais pas pourquoi j’ai eu l’impression que ça l’était encore plus cette fois-ci, comme si on faisait un saut en arrière, comme si tout le travail depuis le début de l’année avait été oublié. Mais ce n’était pas grave, j’avais plaisir de m’y remettre aussi et curieux de la semaine qui venait, je n’en fus pas déçu.

Oui car au Liban, le 9 mars est le jour de la fête des profs, journée où l’on reçoit des cadeaux pour le travail de l’année selon les envies des parents, mais ce jour-là est également un jour férié normalement ! D’où le fait que je n’écrive qu’aujourd’hui plutôt que le dimanche habituel. Alors le huit mars, journée internationale des femmes, j’ai vu trois mamans de ma classe venir en début de matinée, apporter des gâteaux pour tous les élèves, et m’offrir un cadeau commun qui me laissa pantois. La reconnaissance des parents a une saveur particulière, ils montrent beaucoup, nous ne sommes pas habitués à ça en France, voir ces témoignages m’a beaucoup ému et j’ai encore du mal à m’en remettre.

Ce dimanche soir, il y avait une soirée organisée par le comité des parents du lycée pour l’ensemble des personnels du lycée dans un hôtel du centre-ville, le Bristol. Cette fois-ci, contrairement à la soirée de Noël, j’avais amené une tenue plus adaptée, Veste de Costume et chemise. L’année prochaine, j’amènerai un pantalon adapté pour parfaire la tenue. C’est nécessaire d’avoir le costume en soirée organisée ici, donc je ne fais que m’adapter même si ce n’est pas ma manière de faire, il faut respecter les us et coutumes locales. Un très beau et bon buffet, quelques nouveaux vins découverts, je ne peux que confirmer le plaisir que cette soirée a offert.

Cette semaine un évènement très préparé mais dont je n’avais pas entendu parlé avant mardi soir, la venue de François Hollande, à l’Université Saint-Joseph. Mercredi après-midi, en sortant de la concertation, je me suis donc dépêché de rejoindre le campus des sciences humaines, à proximité de l’ambassade française. Une heure avant la conférence j’étais déjà sur place, mais je voulais surtout être sûr pouvoir accéder à la conférence, ne sachant combien de personnes seraient présentes. Du coup, dès que la salle s’est ouverte, je m’y suis faufilé et j’ai réservé une place à Lucie qui devait me rejoindre. Il est arrivé sur les coups de 17h15, bien entouré de quatre gardes du corps. Très applaudi, marseillaise et hymne libanais pour commencer, le protocole est toujours étonnant pour moi. Son discours, bien qu’il n’ait rien dit de spécial, a été intéressant à écouter, je ne m’attendais à rien, je voulais juste revoir celui dont j’avais suivi la campagne avec attention en 2012, et même fait un de ses meetings à Bordeaux. Il a parlé de la crise syrienne notamment, et cette partie-là, m’a éclairé un peu sur la manière dont le conflit avait été géré par son cabinet, et pourquoi la fameuse ligne rouge d’Obama franchie, rien n’avait été fait. Je n’ai pas cherché à faire de photos avec lui, mais même si discours sonnait un peu langue de bois, je suis sorti content. 

Le soleil nous a accompagné toute la semaine et l’on s’était dit avec Clara et Lucie, qu’il fallait qu’on en profite pour sortir de la ville et aller découvrir Tripoli, la capitale du Nord et seconde ville du pays. Ce dimanche matin donc, on s’est rejoint avant 9h pour rejoindre Charles Helou et les bus qui foncent au nord. Avant 11h on était déposé à proximité du centre-ville. Là une ambiance très différente, plus orientale, dans l’idée que je m’étais faite de la ville ; comme Amman en Jordanie. Un premier passage dans les souks avec un florilèges de saveurs nous embaumait. On est donc monté vers la citadelle, massive, impressionnante et sur surplombant la ville toute entière. Redescendu dans les souks, on a pris le temps de faire les friperies pour les filles. Puis Akra, un restaurant aux abords de l’entrée, assez typique. Mais Tripoli, c’est aussi des pâtisseries ! La ville est connue et célèbre pour ses desserts, et de ce côté on est allé chez Habbah et quel délice ! Vint le temps de la balade digestive et on est allé à El Mina. On pensait cette partie de la ville proche du centre, ce ne fut pas le cas. On a bien marché 40 minutes, mais au moins sur des trottoirs. Un passage au port, puis une petite ville où les embruns soufflaient, une vraie balade dominicale comme j’aime faire.

Il était l’heure de revenir sur Beyrouth, et filer à ma soirée de la fête des profs. Je n’ai pas chômé, mais c’est aussi ça qui est bon. On verra ce que la semaine qui s’ouvre, va offrir.

Tripoli vue de la citadelle

Tripoli vue de la citadelle

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Indiana Jones, Laurence d’Arabie et les croisés

3 Mars 2019 , Rédigé par Pereg

Indiana Jones...

Indiana Jones...

Petra, i’ve dreamed a lot about this place, it was the first and only thing I wanted to see in my trip in Jordan. And it was amazing being there, more than I imagine because Petra is so much more than just the Treasure, the most known place because of the movie, the Last Crusade.  It could be weird to write in English but I wanted to try it, as was my holiday over there, all in English.

Aller, pas de chichi, je repasse en français pour plus de lisibilité mais je me suis fait, juste pour moi, cet article au complet en anglais, langue que je n’ai eu de cesse d’utiliser durant tout mon périple jordanien.

Il a d’abord fallu se lever pour aller prendre l’avion mercredi matin, 5h du matin pour bien se mettre dedans et partir à l’aéroport après un petit-déjeuner sur les coups de six heures. Une valise en soute que j’aurais pu garder en cabine, mais qu’importe, j’embarquais avec MEA pour Amman. Le voyage fut très court, une heure à peine car les villes ne sont même pas distantes de trois cents kilomètres ! mais voilà entre les deux, il y a la Syrie et Israël donc ce n’est pas forcément simple. Quand on se dit qu’il y a un siècle, il y avait un train qui faisait Istanbul, Damas, Beyrouth, Jérusalem, Le Caire, ça laisse songeur…

En arrivant, je fus accueilli par un homme de l’agence de voyage, qui m’a facilité le passage à la Douane. Une fois la valise récupérée, Shaded m’attendait à l’aéroport. Il fut le chauffeur de tout mon voyage. Un homme d’une soixantaine d’années fort sympathique. On a récupéré Hani, le guide pour les quatre jours, inséparable de son chapeau qu’il a toujours vissé sur sa tête. Et pour compléter ce quatuor, Nancy, une canadienne de 67ans qui venait découvrir le pays après avoir fait l’Egypte.

On a donc filé vers le nord sous une pluie fine pour rejoindre Jerash, cité romaine antique. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai réalisé la taille du site et l’ampleur des ruines qu’il y avait sur place ! Des arches magnifiques, un cirque qui accueillait plus de 10 000 spectateurs, un théâtre très bien conservé également où un musicien jouait de la cornemuse. Oui, aussi dans la région, la cornemuse est un instrument traditionnel, sans surprise réelle mais tellement plaisant de le voir jouer l’Amazing Grace dans cet endroit qui semble si éloigné des pays celtes. La pluie augmentait d’intensité et nous poursuivions jusqu’au temple d’Artémis, le bâtiment le plus important de cette cité. En prenant la rue principale, via cardo, nous revenions sur la place ovale, agora magnifique dont les colonnes étaient toujours debout. Passage éclair dans le centre des visiteurs et il était temps de partir.

Poursuivant notre route vers l’Ouest, nous sommes arrivés à Ajlun, voir un château construit par le neveu de Saladin, premier rempart contre les croisés qui étaient plus au sud. Forteresse impressionnante même si elle était en grande partie détruite. En plus de ce fort aux accents du moyen-âge, la vue était magnifique… dit-on car avec le brouillard et la pluie qui étaient avec nous, on avait même du mal à voir à plus de cinquante mètres.  Ça nous ait arrivé régulièrement dans ce voyage, que la météo peu commode ne nous permette pas de voir le paysage assurément magistral. Qu’importe, nous faisions route vers Amman et l’hôtel où j’allais passer ma première nuit. Mais il était bien tôt, à peine 17h quand nous sommes arrivés.

Plutôt que de passer ma soirée dans l’hôtel, je me suis bougé et suis allé voir le centre-ville d’Amman, qui valait assurément le détour. Passage chez Hachem pour un petit falafel, j’ai filé voir le théâtre romain magistral de la ville, même sous la pluie, c’était bluffant, avec le forum immense juste devant, je ne pouvais qu’être impressionné. Passé devant la mosquée du roi Hussein, je me suis perdu parmi les multiples senteurs du marché aux fruits, puis vagabondé un peu plus au nord, sans vraiment savoir où j’allais, j’arpentais les rues en regardant partout. Je finis par remonter vers l’hôtel après une belle balade de deux heures à peu près. Oui Amman est une ville entre sept collines, comme Rome, alors ça grimpait un peu quand même. Un repas à l’hôtel et un lit douillet, j’étais prêt pour la suite !

Après une nuit où la pluie n’avait cessé de tambouriner aux fenêtres, nous partions vers le sud, au Mont Nebo. Celui-là même où dans la bible, Moïse revenant d’Egypte aperçu la terre des siens pour la première fois, il y mourut. Et comme la veille, la météo peu clémente ne permettait pas d’avoir la vue espérée sur la mer morte et Israël, mais en revanche l’église que Jean Paul II et d’autres papes sont venus visités avait de belles mosaïques. La ville de Madaba et plus largement la région étant réputée pour ça, on est passé par un atelier où travaillait des personnes à mobilité réduite, une coopérative comme il en existe de nombreuses dans le pays, aidée par la fondation de la Reine Nour. Petit rappel, en Jordanie, c’est une famille régnante, dont le roi Abdallah II est dépositaire du pouvoir.

A Madaba, il nous fallait aller voir l’église Saint-Georges, église orthodoxe classique qui recèle en son sol une merveille : une carte datant du VIème siècle qui montre tous les sites bibliques du Moyen-Orient, de l’Egypte à la Palestine, une mosaïque avec plus de deux millions de pièces. On peut y distinguer aisément certains lieux dont Jérusalem. Il ne reste qu’à peine la moitié de la carte, mais quel travail, et je n’imagine même pas la splendeur si l’on pouvait la reconstituer en entier. En sortant, la rue était gorgée d’eau, cinq à dix centimètres tellement il pleuvait, mais c’était sans comparaison avec les torrents d’eau versés sur la capitale, là même où je me baladais la veille, il y avait plus d’un mètre dans les rues ! le forum devant le théâtre était devenu une immense piscine. Folie que cette pluie.

C’est pour ça que s’est posé un choix important. Aller à Kérak comme prévu, ou partir pour le sud plus rapidement et aller voir un autre château, Montréal. Kérak, de ce que j’en avais lu m’intéressait au plus haut point, surtout pour l’immonde René de Chatillon qui en fut le maître. Tout ce que je voulais voir sur les croisades était là. Mais il y avait un vrai risque de nous retrouver coincé un peu avant Pétra si la météo peut clémente faisait bloquée la route… Alors passé cette mini-déception, nous sommes partis vers Pétra. Je gardais dans ma tête un questionnement réel sur la possibilité ou non de voir Pétra, car en fonction de la météo, ils pouvaient interdire d’accéder au site ! Montréal est une forteresse bâtie à la demande de Baudouin 1er, roi de Jérusalem pour protéger la défense des états latins d’orient et sa capitale. Celui-là tiendra même après la chute de la ville en 1187. Une forteresse impressionnante encore une fois, mais également avec une vue gâchée par le brouillard. Ca devenait une habitude lors de ce voyage.

La suite du voyage vers Pétra fut relativement calme, avec des traces de neige sur les bords de route. Mais on est bien arrivé à destination vers 18h. Buffet plus sympathique qu’à Amman, mais pas d’une grande qualité non plus. Plutôt que de rester prostré à l’hôtel, je décidais de me mettre en route vers le Cave Bar, qui se trouvait à l’entrée du site et dont les recoins sont d’anciennes tombes nabatéennes. Une petite bière locale en dégustation et je revenais à l’hôtel tranquillement ramené par deux jordaniens avec qui j’avais discuté un peu. Toujours avec l’inquiétude de ne pas savoir si oui ou non je pourrais voir Pétra le lendemain.

La nuit fut longue mais peu reposante, mais à 7h30, je recevais un message d’Hani nous confirmant qu’il n’y a aucun problème pour la journée, le site serait ouvert. Bonne nouvelle que j’ai transmis à Nancy au petit-déjeuner, et à 8H30 on était prêt à aller explorer. Elle aussi était avant tout venue pour voir Petra. Arrivé au centre des visiteurs, on a suivi le chemin menant au Siq, le passage obligatoire pour entrer dans la ville, celui-là même qui débouche sur le trésor, la tombe la plus connue, merci Indi. Tout au long de cette douce descente, je n’étais qu’excitation guettant à chaque tournant si je l’apercevais. Au bout d’un peu plus d’un kilomètre, je le vis, l’aperçu, cette merveille pour laquelle j’ai fait le voyage. Magnifique, réellement, magnifique.

Ce n’était que le début, car passé cette extase, nous sommes descendus pour aller voir la ville… et quelle ville ! des mausolées de rois encore plus impressionnants, des habitations troglodytiques, un théâtre creusé dans la roche. Un site immense. Hani nous a quitté là, et avec Nancy, nous voulions aller voir le monastère, 900 marches plus loin. Il nous a bien fallu une bonne heure pour y accéder mais on ne pouvait regretter cet effort tellement cette tombe, appelée monastère en raison des croix byzantines sur la montée, l’imposante structure était bluffante. On a également poussé juste un peu plus loin pour avoir une première vue sur le Wadi Rum, le désert de Laurence d’Arabie, mais aussi sur le grand rift, celui-là même que l’on retrouve en Afrique de l’Est.

Au retour du monastère, petite pause avant d’attaquer les tombes royales, toutes plus imposantes les unes que les autres, mais surtout, ce qui nous tenait à cœur, voir le trésor d’en haut. Il fallait pour cela, faire tout le contournement en haut des tombes royales, mais quarante-cinq minutes plus tard, on y était, au trésor vu d’en haut. Le soleil qui avait joué à cache-cache depuis le début se montrait pile à ce moment, il était quinze heures déjà. Au moment où j’allais partir, un homme m’invectiva grâce à mon maillot de la Bretagne, me disant venir de Brest. J’adore toujours autant voir que l’adage est respecté, qu’au cours de mes péripéties je trouve toujours un breton ou une bretonne quelque part. On a fait le chemin inverse puis remonté toute la ville, le trésor, le Siq, jusqu’au centre des visiteurs.

Un peu fatigué de cette journée fort sympathique, je me suis posé à l’hôtel, pensant aussi que le lendemain je devais déjà voyager en sens inverse. Mais pour l’heure c’était la lecture et la fin du roman sur Faust que ma marraine m’a offert à Noël qui occupait mes pensées. J’adore toujours autant me plonger dans des lectures sur la renaissance, cette période à ceci de particulier que d’illustres personnages se sont côtoyés, et ce médecin allemand, en faisait assurément parti. Je me suis lancé ensuite dans Romain Gary, ce nom m’évoque beaucoup mais je n’avais jamais pris le temps de le lire, à présent que j’ai bientôt fini les promesses de l’aube, je chercherai assurément à en lire d’autres de lui.

Samedi matin, réveillé à 7h comme finalement tous les jours de la semaine, nous sommes partis à 8h tapantes pour le Wadi Rum, le désert du fameux Laurence d’Arabie, participant actif de la libération des terres syriennes et arabes des ottomans. Et le désert à de folie qu’une nature aussi belle qu’aride. C’était comme beaucoup de choses durant mon voyage, impressionnant. J’avais l’impression de marcher sur l’histoire, de me balader à travers les années. D’une inscription cunéiforme, au lieu de rencontre des dignitaires arabes c’est vraiment quelque chose. De nombreux films ont eu aussi des scènes, Star Wars IX (les scènes ont été tourné il y a peu), seul sur Mars et quelques autres, ça fait toujours quelque chose de se le dire.

Vint le moment amère où il fallait repartir vers l’aéroport, et refaire en sens inverse l’autoroute du désert, assez longue car il nous a fallu un peu plus de quatre heures pour rentrer. J’étais très largement à l’heure à l’aéroport, j’ai dit au revoir à mes compagnons de ce périple et je suis parti à la douane. Posé en attendant l’avion, écriture et lecture n’ont eu de cesse de m’occuper.

J’ai adoré faire ce voyage, visiter ces endroits magnifiques, historiques, culturels, quelle richesse ! Je voulais tester le voyage organisé et une chose est sûre à présent, ce n’est vraiment pas ma manière de voyager. Même si c’était très bien, le moment le plus vivant c’est quand je me suis balader dans Amman. Alors je ne peux regretter tellement ce séjour a été fort pour tout ce que j’ai vu, mais je sais que je ne recommencerai pas de cette manière la prochaine fois. Jordanie, pays magnifique et riche de beaucoup, je reviendrai te voir.

Wadi Rum

Wadi Rum

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