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Jacques Chirac, Résidence des Pins et 125

29 Septembre 2019 , Rédigé par Pereg

SWAG

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C’est un de ses souvenirs qui reste, assis devant la tv du salon chez les parents tous ensemble, plateau-repas avec sandwich au jambon, en patientant pour voir 20h poindre et découvrir le portrait du nouveau président de la République. Cette année 1995 annonçait un changement avec le retrait de la vie politique de Mitterrand. C’est fou comme la mémoire est sélective, et de cette soirée de mai 1995, je me souviens du petit fauteuil sur lequel j’étais assis, de la déception de voir Jospin perdre et de la joie non-dissimulée de mon grand-frère qui était pro-Chirac. Mais je ne me souviens ni de la campagne, ni des guignols ou encore de la mort de Mitterrand quelques mois après. J’étais en CE1, j’aurais pu m’en souvenir, mais je suis passé à côté.

Alors la disparition de Jacques Chirac cette semaine, revêt la couleur d’un évènement particulier, c’est la première fois que je ressens à mon humble niveau le décès présidentiel. Il était connu, attendu, mais l’effet n’en reste pas moins choquant et je n’oublierai pas comment je l’ai appris. En entrant dans le bureau de Nada pour je ne sais quelle raison, elle me dit « tu as su la nouvelle ? ».  je n’étais pas au courant « Chirac est mort ». Je n’y ai pas cru d’abord puis j’ai réellement accusé le coup. Et j’ai pensé aux guignols et mon grand-père. Après en y réfléchissant et suivant les hommages de toutes parts, j’ai pu me rappeler les évènements marquants de ses mandats présidentiels que je n’ai pas besoin d’énumérer. Il était aussi l’image d’une France qui n’existe plus, le Swag à la Chirac qu’incarne parfaitement le T-shirt offert à Alex pour un Noël est ce que je veux garder de lui. Un homme pour lequel je n’aurais pas voter, un homme avec des affaires obscures à Paris notamment. Mais un homme de gauche avec une gueule de droite qui sait tâter le cul des vaches. Je finirai ce sujet par les derniers mots que j’ai mis au registre de la résidence des pins « Au revoir Mr le Président, Merci Mr Chirac. »

C’était effectivement la seule chose que j’avais programmé aujourd’hui, de passer à la Résidence des Pins, c’est ainsi que l’on nomme la maison de l’ambassadeur et qui ouvrait ses portes dans le cadre des journées du patrimoine. Pour une première à cet endroit, j’étais ravi de découvrir le luxe de cette habitation qui lui fait également office de bureau, avec un jardin splendide également à côté de l’hippodrome. Des arbres centenaires, une piscine grand luxe et des salons à faire pâlir les plus beaux palais ottomans que j’ai pu voir. Le privilège de la diplomatie, le lieu où a été signé l’Indépendance du Grand Liban en 1920. L’ambassade de France militarisée de la guerre civile. C’était vraiment quelque chose à voir. Rendez-vous initial à 16h puis décalé. Je ne m’en faisais pas, j’avais Monte-Cristo avec moi pour m’occuper, ce n’était gênant en rien.  J’y ai croisé Diane, Mahmoud ou Justine avant de voir arriver Zarif et Cédric et la famille Colrat au grand complet pour la visite. Ce fut un moment assez court mais toujours plaisant.

Au Liban, en ce moment la vie n’est pas simple et l’on commence à ressentir les effets d’une crise économique. Quelques manifestations ont eu lieues ça et là, notamment à Sodeco ou place des martyrs. Mais à mon niveau, il n’y a qu’une seule chose que j’ai pu constater, c’est que je ne peux plus retirer des dollars. En effet, suite à la chute de la livre libanaise il n’est plus possible de retirer dans les banques des dollars sur lesquelles la monnaie libanaise était auparavant indexée. Ce n’est plus le cas et cette dérégulation de la livre entraine une préservation des capitaux des banques en dollars, pour se protéger de l’inflation. Je ne vais pas être touché comme les libanais peuvent l’être mais ça me questionne quand même sur les prochains mois, même si je suis ici encore un privilégié.

En parlant de privilège, il en est un qui me tenait à cœur de démarrer, c’était tout ce qui avait attrait au passage du permis moto, bien plus simple à mettre en place qu’en France. C’est donc ce samedi que j’ai démarré avec Françoise, Jocelyne et Sébastien notre premier cours de moto un peu avant Jounieh. Sur un parking à l’abris de la route, deux 125 nous attendait pour que l’on démarre nos exercices. Il m’a fallait m’équiper d’abord, casques, genouillères et coudières… Oui il n’y avait pas les gants, ni le manteau, ni les bottes comme en France, c’est plus permissif, mais ça n’empêche pas de faire attention ! J’ai eu un peu de mal avec la manière de mettre les gaz et l’embrayage pour y démarrer mais une fois lancé, monter et descendre les rapports était un vrai plaisir, de même que tourner à droite ou à gauche, prenant mon temps pour chaque manœuvre, les décortiquant, pour que ça en devienne une action mécanique. Il faudra du temps et de l’exercice, mais déjà quel plaisir de me retrouver ainsi sur un deux-roues. C’est bien une chose dont je rêvais depuis des années sans avoir même essayer de le réaliser plus que cela, alors une telle opportunité je ne la lâche pas. Quel pied !

La semaine à venir sera celle des renouvellements, entre la réunion parents de mardi après-midi où la crédibilité de l’enseignant est en jeu. Ce bail durera pour l’année. Il y a aussi mon passage à la sureté générale pour un renouvellement de titre de séjour, j’aurais bien de quoi m’occuper, en plus du travail évidemment !

c'est quelque chose quand même

c'est quelque chose quand même

la moto paraît petite...

la moto paraît petite...

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Rentrée et coupe du monde

22 Septembre 2019 , Rédigé par Pereg

une installation intéressante de la foire d'ARTS

une installation intéressante de la foire d'ARTS

Dimanche midi, posé dans le canapé de la coloc devant Irlande – Écosse, j’ai plaisir à m’installer ainsi pour voir les premiers matchs de la coupe du monde qui a démarré au Japon ce weekend. Entre la reprise de l’école et le plaisir d’être ainsi en ville, j’avance doucement à retrouver ma vie libanaise.

En effet depuis lundi c’était un peu le branlebas de combat pour que tout soit prêt et en ordre pour l’arrivée des élèves à l’école. Même si officiellement les enfants n’étaient accueillis en CE1 qu’à partir de jeudi, il n’en reste pas moins que tout devait être au mieux pour leur arrivée dans l’établissement. Ainsi avec la rentrée échelonnée arrivait les dernières préparations dans la classe avec l’organisation même des classes, mais aussi la préparation des programmations ou la découverte de nos nouveaux manuels à disposition. Tout ça prenait du temps et mine de rien, installait aussi une fatigue nerveuse d’une rentrée particulière et sous pression pour que les choses avancent et évoluent dans le bon sens.

On a eu l’avantage de pouvoir démarrer en élémentaire, même si la Bibliothèque n’est pas encore là, même si pour l’EPS les choses vont prendre un peu de retard, nous avons pu démarrer cette semaine. Pour ma part je faisais le pied de grue jeudi matin avant 7h00 pour découvrir quels allaient être mes élèves de cette année, car certains CP, je les avaient croisés en récréation toute l’année. A la lecture de leur nom, il n’y avait qu’une seule que je connaissais et ça n’était pas non plus pour me déplaire. Déjà les voir s’installer à une place, écouter les premières consignes et s’approprier les premiers travaux faits ensemble, ce n’est que du bonheur. L’attente finalement des dernières semaines se retrouvait oubliée pour laisser place au plaisir de la découverte de cette nouvelle cohorte avec laquelle je vais évoluer cette année.

Premier ressenti ils sont tous mignons, bien sûr à cet âge-là c’est facile de le dire aussi mais ils n’ont même pas huit ans pour la plupart alors forcément une bouille encore enfantine et un sourire éclatant. Enfin je dis sourire mais j’ai eu quelques pleurs quand même car même si je ne pense pas faire trop peur, la séparation avec les parents après autant de temps passé à la maison, ça peut être délicat. On retrouve d’un côté l’impatience et de l’autre l’anxiété. C’est donc pour ça qu’il est important, nécessaire, ou je dirais même vital que dès les premières minutes, qu’ils se sentent à l’aise dans la classe.. Je pense avoir relevé ce défi, le premier d’une longue série. Je suis déjà content moi-même de travailler et je ne doute pas que ça rejaillira aussi sur eux et leur bonne volonté de travail.

Je sais d’avance également que la semaine à venir va être plus compliquée pour eux comme pour moi, car ça va être la première dans notre vrai rythme de travail qu’il va falloir prendre. Ca me semble aussi un peu fou de me dire que l’on est en automne et que je commence à peine à travailler réellement, mais c’est aussi ça le travail à l’étranger et je ne vais pas bouder mon plaisir d’avoir eu du temps pour moi.

En parlant de temps pour moi, j’ai été testé les cours de l’arabe en semi-intensif à l’usj et je vais perdurer avec le travail à faire, il faudra trouver une organisation de ce côté mais c’est l’année ou jamais. De plus j’apprécie également de faire découvrir une partie de la ville aux nouveaux arrivants que je côtoie, je sais que je suis chez moi ici, et il m’appartient de le transmettre. Ainsi j’ai eu plaisir à retrouver Tommy pour un spectacle de danse mercredi soir, dans lequel jouait Marah. J’y ai croisé également Charlie, Mickey ou encore Nicole ma prof de Yoga. D’ailleurs je me dis que comme les cours ont changé de jours, il va falloir que je vois comment faire de ce côté également. La méditation est toujours autant nécessaire même si je peux la travailler seul, le faire en groupe est forcément motivant.

Ce weekend encore ne fut pas sans surprise, entre une belle soirée vendredi, ou la visite de la foire d’Arts sur le waterfront, un passage pour la fin de journée à Hamra et toujours cette marche à pieds qui est mienne. Ce plaisir inimitable de marcher en ville, bientôt se fera peut-être également en deux roues.

Ma dernière actualité importante est l’ouverture de la coupe du monde de rugby au Japon, l’entrée en lice des bleus s’est mieux passée que prévue car ils ont gagné contre les pumas, mais ça n’avait rien à voir avec la puissance des springboks comme le jeu des blacks que j’ai pu voir en action à la suite. On est vraiment un niveau en dessous, mais on verra ce que les prochaines rencontres donneront. Bref c’est dimanche et tout va bien, un peu de lecture et de vocabulaire pour m’occuper cet après-midi.

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Réacclimatation

15 Septembre 2019 , Rédigé par Pereg

Le soleil ne m’a lâché depuis mon arrivée à Beyrouth lundi midi, il a fait beau, il a fait chaud et au moindre effort, je suis perlé de sueur. J’en avais presque oublié la nécessité qui était mienne de me réacclimater à la vie libanaise, au quotidien sous cette chaleur suffocante.

Pourtant on m’a dit « il fait pourtant moins chaud qu’il y a deux semaines, là c’était galère »… Oui peut-être, c’est même sûr, mais pour moi qui débarque de Bretagne où le soleil s’est caché un peu plus et surtout l’air plus doux, le changement reste radical. Un changement d’ailleurs qui ne me déplait pas, il faut simplement que je m’habitue…encore. C’est vrai que j’éprouve un réel plaisir à parcourir les rues de mon quartier, entendre du libanais sans piper mot, à retrouver mes repères au supermarché ou simplement à traverser un carrefour au bon moment.

L’expérience de l’année passée renforce forcément la confiance que je peux avoir en mes choix et mes déplacements, mais plus encore c’est comme si je connaissais déjà tout, une découverte qui n’en est plus une, et ce sentiment, je ne l’avais jamais connu à l’étranger. Ca n’a pas exactement le même sens qu’un retour à Bordeaux ou Saint-Malo après une période estivale. La démarche n’est pas la même quand la langue n’en est pas une avec laquelle je peux communiquer. Il faut se réadapter, refaire les chemins, les parcours, les restaurants, les magasins ; me remettre dans les pas qui ont été les miens, pour faire encore mieux cette année. D’ailleurs je n’ai pas de critères spécifiques à cette volonté, simplement ce ressenti.

Car ce qui m’a marqué en cette première semaine, c’est combien l’arabe / le libanais m’avait manqué, que j’aimais cette oralité confondante, dissonante pour une part. Mais surtout que je devais m’y investir plus encore que je ne l’avais fait pour comprendre, apprendre, entendre et a fortiori, parler. Sous quelles modalités, je ne sais pas encore, mais d’ici la semaine prochaine, j’aurais démarré et travaillé en ce sens.

Une des premières personnes que j’ai revu à mon arrivée, c’est Fehmi. On a discuté un peu de l’été et surtout il m’a amené à nouveau faire du sport. Quel plaisir de s’y remettre malgré la chaleur et la fatigue, se replonger dans l’effort en collectif ou simplement se dépenser. Je sais combien j’en ai besoin et que l’on va poursuivre en ce sens cette année, je ne peux m’en passer. Reste à voir malgré tout comment faire pour avoir accès à la piscine car c’est une autre de mes nécessités. N’empêche que je sais combien je dois à Fehmi, combien il m’a aidé l’an dernier et je ne doute pas qu’il le fera encore cette année, mais je pense, j’espère que je pourrais être capable d’en faire autant pour lui, ou pour d’autres d’ailleurs.

Du côté professionnel, La reprise a été particulière car marquée par les travaux qu’ils restent à accomplir pour que l’on puisse accueillir les élèves de la meilleure des manières. Mes CE1 ne seront présents qu’à partir du 19 avant de revenir la semaine suivante pour les premières journées complètes. La découverte des nouveaux collègues s’est déroulée lors de la pré-rentrée, Chloé en CE2, Emilie en CM1 et Emfe, Jacques en secondaire, et d’autres encore, l’équipe est légèrement réduite avec le déménagement. Le changement ne devait pas vraiment en être un au départ pour moi, restant dans le même niveau, avec la plupart des même manuels. Cependant le déménagement est un tel bouleversement que malgré tout, ce sera complètement nouveau encore, et cette année scolaire ne fait exception aux précédentes !

J’ai eu plaisir à retrouver les collègues, remettre les tables, les affichages en place, mais aussi simplement y revenir. La rentrée française, vécue en décalage m’a fait un effet particulier, comme une relative hypocrisie et montrant un peu plus la chance que j’avais de ne plus faire parti de ce système. Pour autant ce n’était pas ça, mais plutôt l’impatience qu’était la mienne de pouvoir me replonger dans mon travail, et ça ne pouvait être fait qu’à partir d’ici.

Alors ce premier weekend beyrouthin, a été relativement calme, entre sortie à Sanayeh pour lire, puis dans un café d’Hamra, une petite sortie Basket, et suivi du foot, mais surtout un dimanche après-midi ailleurs, après avoir bossé ce matin. Parc, lecture, relaxation. Je vais voir comment je m’organise cette année, mais ça me fait plaisir de me dire que je vais profiter de mon après-midi à venir…

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Rentrée, soixante ans et transition

9 Septembre 2019 , Rédigé par Pereg

Posé à l’aéroport d’Orly, il n’est pas encore une heure du matin quand je démarre ce nouvel article. C’était l’idée avec le vol que je prends à 6h30, pour passer à l’enregistrement vers 4h du matin, il n’y avait aucun intérêt à dormir à l’hôtel, et je vais avoir la semaine à venir pour me mettre dans le bain, et récupérer un peu de cette nuit particulière qui est la mienne, celle de mon retour à Beyrouth, celle d’une vraie transition.

Comme la semaine dernière, je me suis questionné sur mon passage français estival, entre séjour itinérant et famille à la maison, je me suis vraiment remis dans un rythme de travail pour préparer au mieux ma rentrée beyrouthine. Pour autant, c’est un mélange de sentiments qui m’a assailli à l’heure où mes collègues français reprenaient le chemin de leurs classes.  Moi qui restait à quai, à devoir attendre pour réaliser pleinement mon retour au travail. L’envie n’est pas ici la question, mais voir tout le monde prendre la direction de l’école ou du collège, et moi rester à la maison, m’a fait un effet assez étrange. L’an dernier, j’étais arrivé en avance au Liban du côté du 21 août. Alors forcément je n’avais pas senti ce retour au travail de la même manière, j’étais déjà installé dans ma nouvelle vie quand la rentrée sonnait en France. Mais cette année non, et mon passage mardi à la SEGPA, voir combien les élèves que j’avais ont grandi, voir combien ils ont changé, m’a fait bizarre. Oui cette vie n’est plus la mienne, et ça n’a rien de mal que de le dire. Mais le décalage n’en est que plus conséquent car ce n’est même plus le même monde scolaire. Je suis donc impatient de rentrer pour ça, reprendre mes marques au travail, reprendre cette vie qui est mienne. Avec en bonus et c’est aussi pour ça que ça me travaille aussi, mon nouvel établissement. Tout change et rien ne change.

Si je suis resté en France jusqu’à ce soir, c’est aussi qu’il y avait un évènement majeur que je ne pouvais me permettre de manquer, les soixante ans de maman. Avoir la possibilité d’être là pour les célébrer est aussi une chance, mais c’est sûr que j’aurais géré mon temps différemment si ça n’était pas aussi important. Alors mercredi en quittant Saint-Malo pour Vannes, je poussais un ouf de soulagement qui amorçait mon retour à la vie libanaise, l’étape finale de mon périple estival. Entre l’anniversaire de mariage, la célébration du jour même et ce qui a suivi ce weekend, c’était fort appréciable de pouvoir être là. J’ai eu cette chance et je ne peux le regretter car si j’avais repris comme en France, un aller-retour aurait été inenvisageable. Donc ces quelques jours en famille ont été la dernière bouffée de fraicheur avant Beyrouth. Avoir autant de temps que j’ai eu cet été, est une bénédiction et je sais bien que mon métier offre cette possibilité à nulle autre pareille, profiter des vacances scolaires. Même si les petites vacances sont plus courtes, la période estivale est un plaisir que l’on se doit d’apprécier. La prochaine fois que je mettrai les pieds en France, ce sera pour Noël. En plus, je reviendra en avril pour retourner voir Munich à quatre, Mutti und sie kinder.

J’évoque le mot de transition c’est aussi à ça qu’est relié ma nuit à l’intérieur de l’aéroport, on est toujours en partance pour une destination. Je ne suis pas le seul à me retrouver ainsi sur des bancs pour un vol très tôt le matin. Cette bulle marque mon retour, la pause qui te fait dire « oui c’est bien reparti ». Naïvement, je pourrais dire que je ne réalise pas bien encore ce qu’il en est car je suis arrivé à un tournant décisif. C’est en effet la première fois que je reviens à l’étranger, au même endroit, pour travailler. Dit ainsi, ça paraît banal, mais ça ne l’est pas non plus car après une telle pause, il faudra reprendre la dynamique qui avait été mienne, se remettre dans mon univers scolaire, et surtout dans un bain linguistique dissonant à mon oreille française. J’ai beau avoir relu un peu en arabe cet été, écouter des musiques et des podcasts en libanais, je sais aussi que j’ai pas mal perdu (faut-il considérer que j’ai appris) et la réacclimatation sera un paramètre à prendre en compte. Entre apprentissage de l’arabe et l’espagnol mon cœur balance, je verrai si je peux poursuivre mon apprentissage des deux.

La géopolitique était source d’inquiétude relative la semaine dernière. Les choses ont évolué positivement, et ce questionnement n’en est plus un. Je garde bien sûr en tête que rien n’est gagné et qu’il faudra rester vigilant, mais rien ne présage un retour aux évènements tragiques de 2006 que le pays a pu subir. On est au bord d’une crise économique majeure pour le pays et c’est déjà bien suffisant.

Cet article me parait un peu trop mélancolique et pourrait questionner ma motivation et mes ressentis mais je suis sûr de moi, sûr de mon choix, de mes capacités d’adaptation, et le plus important, de la nécessité et mon envie de repartir. Beyrouth, c’est ma vie à l’heure actuelle, et toute cette période estivale, n’était qu’une transition entre mes deux années scolaires : la première, merveilleuse de découverte, la seconde qui s’ouvre, celle de la confirmation.

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Repartir

1 Septembre 2019 , Rédigé par Pereg

Cette idée me trotte déjà dans la tête depuis quelques temps, prendre le temps de me poser à mon bureau pour écrire le premier chapitre de cette nouvelle aventure, mon retour à Beyrouth, on pourrait le voir venir comme un Liban 2.0. Pour autant je ne pense pas que je tiendrai le même rythme de publication que l’an passé, trouvant que j’étais quelque peu redondant dans mes écrits, mais si l’appel de la plume se fait sentir, vous pouvez être sûr que j’y succomberai !

Pour autant repartir est une idée qui ne m’a jamais semblé aussi difficile que ces derniers temps. Après la longue pause estivale, j’ai commencé depuis quelques temps déjà à me remettre dans le bain, reprendre mes habitudes de travail et me plonger un peu dans les travaux pratiques. Mais l’excitation du départ initial n’est pas présente et les sources de motivation sont autres actuellement. J’ai envie et besoin de repartir mais j’ai aussi la tête ailleurs.

On m’avait prévenu que l’été d’un expatrié n’est pas forcément simple, que l’on revient chez soi et que les choses n’ont pas forcément changées, mais que nous si, car dans une réalité différente. On a beau me l’avoir dit, le choc n’a pas été simple à gérer à mon arrivée malouine. En retrouvant la maison de Saint-Malo, je revoyais la vie que j’avais quitté, et combien j’étais dans un autre monde à vivre à Beyrouth, à être professeur à l’étranger. Passer ce choc initial, revoir la famille, les amis et retrouver à nouveau des lieux que l’on a fréquenté en se sentant d’une certaine manière extérieur à tout cela. Tout ne fut pas simple, mais j’ai apprécié au maximum ce qui m’a été donné.

Déjà professionnellement le passage en SEGPA m’avait mené sur des chemins plus sinueux et mon départ l’an dernier avait confirmé le processus que je n’étais plus dans un rythme scolaire « normal ». Les congés estivaux plus longs que ceux des collègues français ont aussi accentués cette dynamique de différenciation. Tous reprennent demain alors que je ne serai en pré-rentrée que dans une dizaine de jours. C’est étonnant la tournure que peut prendre certaines choses.

On pourrait me croire triste à évoquer le départ de cette manière, mais il n’en est rien, j’ai juste besoin de temps pour mettre les choses en ordre dans ma tête. Je sais au fond que j’ai besoin de repartir, de me sentir ailleurs pour que la machine se relance. Ça n’empêchera en rien de faire les choses de bonne manière en attendant  à commencer par célébrer les 60 ans de ma maman cette semaine en famille ! C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai prolongé mon séjour en Bretagne car je pense que sinon j’aurais fait les choses de manière un peu différente à commencer par un retour à Beyrouth plus précoce. Que sais-je ? Ou encore prendre la direction d’un autre pays avant de plonger corps et âme dans la rentrée.

Ce faisant l’été a été riche d’expériences. Un passage inoubliable à Cézembre que je rêvais d’arpenter depuis des années. La découverte du Costa Rica, mon premier pays hispanophone pour un séjour itinérant entre jungle et Caraïbes qui a laissé de formidables souvenirs, en compagnie de Jason et d’Anaiz. Un retour animé entre Paris et Bordeaux, avant d’arriver en Bretagne que je n’ai pas encore quitté. Vannes ou Saint-Malo principalement mais des étapes familiales évidentes ou encore les soirées lorientaises de l’interceltique. La belle nouveauté a été la garde de mes neveux et nièces rien que pour moi en terre malouine pour quelques jours. Tonton l’attendait déjà depuis quelques temps, surtout que tout concorde pour pouvoir prétendre à le faire. Néanmoins j’ai également apprécié mon retour à la solitude que me procure cette dernière semaine. Étant en coloc à Beyrouth et passant chez les gens, le recentrage de fin de congés n’en est que plus apprécié, pour repartir de l’avant.

Déjà les questionnements me taraudent : professionnels  d’abord car l’établissement déménage et je ne sais trop ce qu’il est advenu. Comment sera ma classe, mes élèves, les nouvelles conditions de travail vont-elles correspondre à mes attentes ? Suis-je assez performant dans mes préparations pour la rentrée ? J’ai fait des choses mais cela sera-t-il suffisant ? Toutes ces choses que chaque enseignant se pose bien sûr avant de redémarrer une rentrée. Mais aussi personnels : comment ça va se passer en coloc cette année ? Vais-je changer d’endroit ? Comment ça va être de retrouver Fehmi, Tommy, Sahar, Waël et tous les autres ?

Alors à présent que je me sens conclure ce nouvel article, je vais aller voir un film qui me tentait bien, « la vie scolaire » pour me mettre dans le bain, ou pas, mais mon retour vers l’école n’en est que plus pressant, simplement je profiterai en famille avant de Repartir.

 

PS : l’actualité récente du Proche-Orient me questionne quand même et j’espère que la situation tournera favorablement…

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