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Chypre, une parenthèse particulière

30 Octobre 2019 , Rédigé par Pereg

Merveilleux cap gréco

Merveilleux cap gréco

Après une semaine de paralysie complète du pays par la révolution, Thawra, il m’était devenu indispensable d’aller respirer ailleurs… Surtout que Françoise et Alban avaient réussi à faire changer leurs billets d’avion et moi annuler le logement. Je cherchais donc comment sortir et aller ailleurs sans forcément que ça soit trop onéreux. C’est donc le plus simplement du monde que je me suis tourné vers les vols pour Chypre. J’en avais envie depuis longtemps, mais je n’ai jamais vraiment la possibilité d’aller voir l’île d’Aphrodite, mon 22ème pays de l’Union-Européenne actuelle.

Vendredi matin donc, j’ai trouvé un aller-retour à 100€. Il n’y avait pas trop à réfléchir, partant le lendemain. Je me suis réservé une première nuit d’hôtel et une voiture pour une somme assez dérisoire également. Allant à la conquête d’un guide en allant en librairie à Hamra, j’ai échoué, et ainsi me dire que pour la première fois depuis de nombreuses années, j’allais donc partir sans parachute, ou plutôt sans réelle idée d’où je mettais les pieds. Ce n’est pas dans mes habitudes de ne rien préparer, mais je m’y suis tenu en de disant, il faut aussi lâcher prise un peu plus, ne pas tout savoir à l’avance.

Samedi matin, je prenais donc la direction de l’aéroport, Sahar m’y déposant de bonne heure pour ne pas être gêné par les éventuels problèmes sur la route, ne sachant pas ce qui pourrait advenir. A 10h30, j’étais donc posé après la sécurité et prêt à regarder un Angleterre-Nouvelle Zélande en rugby, choc qui m’intéressait au plus haut point. Je ne fus pas déçu, ni par le jeu, ni par le score final. Les blacks ont perdu face à une maîtrise anglaise qui fut réellement bluffante de mon point de vue. Il était ensuite temps de me diriger vers ma porte d’embarquement. Un vol très court car moins de trente minutes en l’air, même pas le temps de faire une sieste mais suffisant pour discuter avec une voisine italienne en partance pour la Palestine occupée.

La première surprise fut de taille, j’ai découvert à l’aéroport qu’ils conduisaient à l’anglaise ! J’avais totalement oublié le passé colonial britannique et la participation au common wealth de cette île pas si isolée que ça. Après l’alphabet cyrillique, les voitures inversées, la chaleur se rappelait à moi pour me dire d’aller me baigner. J’ai donc pris ma petite mazda Demio et j’ai filé à la première plage venue. Merci google pour ton aide, car le retour en Union Européenne a aussi ce bon côté de pouvoir y utiliser mon forfait internet. Une première baignade sur des galets et je filais découvrir le centre-ville de Larnaca pour une soirée au calme.

Dimanche matin, levé de bonne heure, j’ai pris la direction de cap gréco, non sans m’être extasié sur les photos que j’ai pu en avoir. Je ne fus pas déçu en suivant le chemin d’Aphrodite, une eau bleue magnifique, un chemin de lande comme je souhaitais parcourir et me perdre entre végétation sèche et rochers blancs. Passé ce plaisir de découverte du sud de l’île, j’ai pris la direction du mont Olympe, qui rien que par son nom me faisait clairement rêvé. Sur place, une végétation dense, épineuse, et un ciel qui s’obscurcirait à vue d’œil, pour devenir noir… J’ai donc pris des éclairs, du tonnerre et de la grêle au mont Olympe, comme quoi Zeus ne devait pas trainer loin de là. Ça ne m’a pas empêché de voir l’observatoire sur le point le plus haut de l’île, y découvrir des militaires britanniques en stationnement et marcher encore un peu dans cette station de ski à huit pistes quand elles sont toutes ouvertes.

Quatre heures sonnaient et avec le goûter, le désir de rejoindre la côte et me mettre à l’abris de cette météo capricieuse du centre de l’île. Kourion fut donc ma destination pour son site archéologique. Un superbe théâtre face à la mer qui ferait pâlir certains décors hollywoodiens. Un plaisir des yeux que cette île d’Aphrodite, venait un peu plus d’agrémenter par ces vues à couper le souffle, mais aussi ses ruines grecques, la maison Achille, le temps de Poséidon, je retournais vraiment dans cette civilisation que j’ai toujours adoré. Avant que la nuit se tombe, il me fallait me baigner pour ce second jour, quel autre endroit pouvait m’offrir ce que le lieu de la naissance de la déesse de l’amour ? une plage de sable avec une foule surprenante pour un crépuscule et des vagues te menant au large. J’ai donc fait attention mais j’ai pris plaisir à côtoyer ce lieu de naissance du rêve. J’ai rejoins Paphos pour une soirée au calme. J’ai rencontré Tori, une américaine de passage à l’hôtel et nous avons décidé de faire route commune le lendemain.

Lundi matin, direction le site archéologique de Paphos, site de l’UNESCO et natura 2000 à la fois, c’était très intéressant de voir les ruines grecs, byzantines, vénitiennes, ottomanes, parcourues par une faune et une flore non détériorée, où la vie animale remplaçait le tumulte des échos d’un passé glorieux. Un site plus grand que je ne l’imaginais car il nous a bien fallu trois heures pour voir toutes les ruines présentes sur le site. Après un petit déjeuner anglais, nous avons pris la direction du lagon bleu… et c’est là que les problèmes ont commencé.

En effet en chemin pour les bains d’Adonis, sur une route secondaire, j’ai heurté un nid de poule à pleine vitesse. Et ça n’a pas loupé. Les deux pneus du côté gauche HS, en tout cas je n’ai vu que le premier. J’appelle l’agence de location pour signaler le problème et ils me disent de venir à Paphos près de l’autre aéroport de l’île. En chemin, le pneu arrière explose et ils sont obligé de venir nous donner une galette pour que l’on puisse aller jusqu’à leur parking. A partir de là, les choses se sont enchainées, il était 14h30 environ. Ils m’ont dit que je leur devais 1100€ pour les dommages et intérêts sur la voiture, dégâts que j’estimais à environ 250 euros maximum. N’étant pas d’accord sur le montant j’ai donc souhaité partir  et c’est là que la fille de l’agence s’est mise devant la voiture pour m’en empêcher. Un de ses collègues est arrivé et a bloqué l’entrée de leur parking avec sa voiture de sorte à ce que l’on ne puisse pas bouger la voiture de location. Il s’est montré plus pressant physiquement. J’ai donc demandé à la police de venir, souhaitant simplement partir, et en ce jour de fête nationale, impossible de parler à un manager pour se mettre d’accord sur la situation. La police arrivée, n’a pas vraiment pris ma déposition, mais simplement mon nom et mon numéro de passeport, se montrant fort complaisant avec les travailleurs de la compagnie qui eux se faisaient de plus en plus pressants physiquement. Et les policiers les ont laissé faire. Je suis donc parti à pied, car ils avaient enlevé une roue à ma voiture de location, pris le premier taxi direction mon hôtel, avec eux qui cherchaient à me suivre en voiture initialement. J’ai appelé l’ambassade pour les informer de cette situation, et la personne au bout du fil m’a dit de me présenter au bureau comme je venais à Nicosie le lendemain. J’ai pris le bus de 7h pour la capitale, direction l’ambassade en arrivant où l’on m’a bien reçu, mais également fait comprendre qu’ils ne pouvaient pas intervenir et que je devais me débrouiller avec la compagnie. Ce que j’ai fait en allant trouver un bureau de la compagnie avec un manager en fin de matinée. Nous nous sommes mis d’accord sur un prix et je suis parti.

Dans cette histoire ce que je retiens, ce sont mes deux erreurs. D’abord, je n’ai pas pris une compagnie internationale renommée que je connaissais déjà d’avant etc… La seconde est de n’avoir pas pris d’assurance pour cette location, car elle me revient bien plus cher à présent. On apprend de ses erreurs, et celles-ci me coûtent cher. Ce qui me désole le plus dans cette histoire n’est pas l’argent, mais la connivence de la police avec la compagnie, les laissant limite est violent avec moi, j’espère que si ça arrive en France, nos forces de l’ordre sont moins partiales. Et la seconde c’est que je n’ai pas pu aller voir les tortues au lagon bleu !

14h sonnait ce mardi, jour  anniversaire de mon filleul au passage, et je me trouvais à présent, cette histoire derrière moi à explorer le centre-ville de Nicosie, Lefkosia, une ville aux fortifications érigées sur le modèle de Vauban. Une ville coupée en deux, c’est une expérience toujours particulière. Chypre occupée est sous domination turque et même la mentalité, les rues, tout nous le fait ressentir. L’histoire entre la Grèce et la Turquie est semée de conflits et ce front-là  n’est qu’un seul parmi tous, mais voir une ville déchirée ainsi, quelque part sans espoir de réunification tant les choses sont différentes, ça a un côté un peu triste, mais très intéressant à voir assurément.

Après avoir mangé avec Ceol, un irlandais de Galways, j’ai passé ma soirée à discuter avec une collègue d’un autre lycée français, arrivée cette année. C’est un peu comme si Beyrouth se rappelait à moi et qu’il était temps de rentrer. Je n’ai pas vu mon mercredi défilé, mais j’étais content d’être de retour au Liban. La révolution semble s’achever, les universités ouvrent à nouveau tout comme les banques. 

Chypre, alors oui, une île aphrodisiaque, de cette déesse dont ce mot tire le nom, de ces paysages magnifiques, de cette flore présente et sublime, tous ses aspects m’ont fait rêver. Mais ma mésaventure avec l’agence occulte de nombreux aspects de mon séjour chypriote. Quand à savoir ce qui me restera le plus, j’espère que ce sera la déesse de l’amour plutôt que mes erreurs. Il n’en tient qu’à moi également. Kalispera.

frontière en ville.
frontière en ville.

frontière en ville.

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Saoura

21 Octobre 2019 , Rédigé par Pereg

Saoura

Depuis jeudi soir, la vie libanaise a changé. Saoura qui signifie révolution est le mot qui est sur toutes les lèvres. En effet, c’est une révolution joyeuse qui anime le pays, peu de débordements, peu de dégâts en tout cas pour l’instant mais cette effervescence questionne sur la suite à donner à ces actions. Que va-t-il se passe ensuite ?

Tout a démarré par une nouvelle taxe sur Whatsapp, faisant payer 6$ par mois pour l’utilisation de messagerie de ce type. Ce fut l’étincelle qui alluma le feu. J’étais à Jounieh quand tout a commencé pour mon premier cours de moto en circulation réelle. Une sortie exceptionnelle, se dire qu’après trois cours le samedi matin, nous allions vraiment côtoyer les autres véhicules si sereinement. Quelle sensation de folie, un vrai plaisir d’être à deux roues, c’est vraiment quelque chose que l’on ne peut retrouver ailleurs, cette liberté de faire les choses. Ce ne serait pas possible ainsi en France et cette opportunité qui m’est donné ici, j’en profite au maximum.

A 22h sur la route du retour, le trafic était relativement dense pour cette heure-là et en arrivant proche de Daoura, à l’arrêt complet… On se demandait ce qui se passait, ne pouvant voir trop loin pourquoi nous étions bloqués. Arrivant à rentrer par la route côtière et rejoindre Sodeco, j’ai fini à pied. Prenant une heure de plus que d’ordinaire pour rentrer, mais déjà on se questionnait sur la suite… Des pneus et des poubelles qui cramaient dans tous les sens, ça incitait à la prudence mais tout était tranquille. La plupart des grands axes de la ville étaient bloqués et il valait mieux circuler à pieds. Ou en deux roues, c’est fou de voir comment les rues ont été investis par les scooters quand les routes sont bloquées, ils passent toujours malgré tout !

Vendredi après un réveil à l’heure, un message du lycée à 6h50 nous confirmait que l’établissement n’ouvrait pas ces portes en raisons des troubles  de la nuit. L’agitation avait été assez importante en effet, mais peu de heurts finalement. Vendredi matin tout était assez calme pour la première des manifestations d’occupation du centre-ville… Quand j’ai vu le nombre de manifestants augmenté, je me demandais ce que tout ça pouvait donner. Les feux de poubelles étaient encore présents un peu partout en ville et la couverture des voies respiratoires presque nécessaire à certains endroits, mais encore une fois, tout était serein, sans danger réel.

C’est là que Saad Hariri a du prendre la parole, il était attendu car la première réclamation était la chute du gouvernement libanais. Il a annoncé être empêché de pouvoir mener les réformes qu’il souhaitait, ce qui peut être vrai, mais surtout donnait un délai de 72h pour agir. Le décompte fut immédiatement lancé par plusieurs chaines de télévisions, et l’occupation des lieux donna lieu à quelques débordements vendredi soir…

Samedi matin, le leader du Hezbollah pris la parole et demanda le maintien du gouvernement et de son action, ayant aussi surement plus à perdre à le voir tomber. C’est la grande question qui anime tout le monde, que se passera-t-il à la fin des soixante-douze heures ? Je ne vois pas ce qui pourrait changer et la direction que ça va prendre réellement mais je me question à l’heure où j’écris ces mots. Comment est-ce que les choses peuvent redescendre, calmer les tensions si importantes.

En revanche il est une chose indéniable à dire, c’est que le weekend a offert des images que je n’aurais jamais pensé voir. Quand je pense manifestations, le mot joyeux y est rarement associé, mais ici, tout est bien différent, les gens chantent, dansent, vivent dans la rue, ce fut le cas ce weekend d’une manière tellement puissante. On aurait dit que tout le pays était là. Je ne sais pas quel chiffre exact prendre, mais pour certains, plus de deux millions auraient paradé dans le pays, soit 1/3 de sa population. Les images de ce dimanche sont les plus impressionnantes, une foule si dense et si compacte que l’on n’y croirait presque pas.

Une effervescence que je n’ai jamais eu l’occasion de vivre avant, il se passe ici actuellement une révolution, pacifique, populaire, unie comme jamais je n’ai pu voir ce pays le proposé, qu’importe les confessions, que la corruption des politiques qui gouvernent ce pays s’arrête disent-ils. En tant que français je me suis pas mal demandé ce que je devrais faire/dire/penser. Mais là n’est pas mon rôle, je ne fais que transmettre ce que l’on peut voir ici. Un pays dont les habitants veulent que ça change, un peuple uni joyeusement, une demande de changement radical. Saoura.

Le délai de soixante-douze heure arrive à échéance dans dix heures, nous verrons ce qu’il advient.

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Respirations

13 Octobre 2019 , Rédigé par Pereg

Monot, un vendredi soir.

Monot, un vendredi soir.

Il y a de ces moments dans une période un peu dense, où la fatigue s’installe à cause de l’intensité des journées. Cette période que j’estime traverser actuellement a été transpercée par des respirations qui rendent  ce quotidien usant mais acceptable pour ne pas dire réjouissant, et ces pauses, de nature variée, n’amènent que joie et bonheur. C’est ainsi que je me sens ce soir après un weekend fiévreux où l’activité, la nature et les amis ont été des plus présents, quoi de mieux pour bien respirer que tout cela ?

La semaine de classe n’étant pas mon sujet de développement je vais tenter de ne pas m’appesantir sur le sujet mais le rythme de travail n’en est pas moins élevé. Les élèves commencent à peine à prendre ce rythme qu’il faut déjà se préparer à les lâcher sous peu pour les congés de la fin du moins. Jamais période de travail ne m’aura paru aussi courte et difficile à travailler, car on n’avance pas assez vite et tout est compliqué à mettre en place. Ce n’est pas du temps de perdu, mais c’est frustrant de ce dire qu’à la même époque certaines années, tout était bien installé en classe pour mes élèves et moi, et là je suis encore entrain de balbutier avec eux… La conscience professionnelle est une clé de réussite mais elle ne doit pas être un frein à la bonne volonté de travail. La frustration que peut provoquer cette situation a de cesse de me rappeler que l’apprentissage est tout autant pour moi que pour eux. Alors Khalass, on fera ce que l’on peut avant les vacances, les enfants sont heureux de venir à l’école, et pour moi, c’est la meilleure des motivation pour réussir avec eux.

Les conditions de travail à l’école sont comme elles sont, oui tautologie du soir merci, mais le bruit est un facteur aggravant, usant pour tous. C’est la première fois que je ressens les choses ainsi. Sans faire preuve de défaitisme ou de critique envers mon lycée, travailler cette année est un réel challenge que l’on porte tous à bout de bras et qu’il est nécessaire, plus que jamais de penser à soi tout autant et peut être plus encore que notre travail.

C’est dans ce cadre que j’ai souhaité cette semaine et je l’attendais avec impatience, revenir à Monot pour ma première réelle respiration de la semaine, culturelle celle-ci : le concert classique du vendredi soir. Mozart et Tchaïkovski, entre piano et symphonie. Ce n’était pas mon concert préféré, mais il m’a ramené dans une routine beyrouthine qui ne m’apparaissait plus depuis le départ de Clara et Lucie. Ce concert m’a transporté là où je voulais aller, dans les sphères mélodiques qui me manquaient. En plus de revoir Waël et Ghina à la fin du concert que je n’avais toujours pas croisé depuis mon retour à Beyrouth, j’y ai vu aussi Dario, après une discussion en rentrant mardi soir, improbable.

Samedi amenait de nouvelles sensations, une respiration, un challenge. Des plots à contourner et un grand huit à gérer pour la moto, l’annonce de notre prochaine sortie sur route, ce n’est toujours que du bonheur d’être à moto et je vais modérer ma digression sur le sujet. A présent que j’ai mon équipement au complet (pour le Liban) je n’ai envie que de ça, me confronter à la réalité de la conduite libanaise. En rentrant à Beyrouth, après un passage au coiffeur, je retrouvais Paul et Chloé avec la smala et Sahar s’est jointe à nous. On est allé chez papi, et l’on a encore trop mangé, mais c’est bien là le principe.  Les voir tous est une respiration, amicale. C’est fou comment certains peuvent avoir une importance capitale dans mon quotidien libanais. Un basket pour achever mon rhume en fin de journée, je passais ma soirée à renifler au lit. Après je me dis que ça n’était pas plus mal car le meilleur arrivait.

Depuis mon arrivée le 9 septembre à midi et des poussières, je n’étais pas vraiment sorti de la ville pour aller respirer l’air pur du Liban. Oui , il existe, il est juste un peu caché et si l’on cherche au bon endroit, on finit par tomber sur des coins de nature que peu de pays peuvent aussi au monde. C’est ainsi que depuis quelques mois déjà on parlait avec Sahar et Lama d’aller y faire un tour, découvrir ce fameux lac où l’on est sensé pouvoir se baigner… Ce matin donc, à peine huit heures sonnaient que nous étions en route direction le nord pour rejoindre ce mystérieux endroit pour nous que l’on appelle Chouwan. Après une bonne heure de route, sur des voies peu larges et fortement pentues par endroits, nous arrivions au bord de la réserve de Jabbal Moussa, point d’entrée pour le sentier du lac. Nouvelle respiration, la nature.

Un sentir assez court, il faut moins d’une heure pour descendre au lac, mais avec une belle dénivelée. Un sentier assez accessible pour un marcheur du dimanche malgré les montées descentes, mais tout s’est bien passé. Et surtout quel spectacle que ce paradis de verdure que l’automne fait roussir de feuilles jaunes et rouges. Les derniers rayons du soleil de l’été sont partis mais la chaleur est restée et s’envolera avec les premières pluies. Quelle beauté que cette vallée abrupte. Un sentier en forêt, un point de vue, et un lac pas si froid que ça pour de la basse montagne. Je ne pouvais que piquer une tête, c’était d’ailleurs mon objectif initial de la journée. Les filles s’y sont essayées aussi et l’on remontait tranquillement notre chemin quand aux portes de l’arrivée, je suis tombé sur Dario. Mon caméo de la semaine comme il m’a dit, et c’est vrai, c’est la sensation que ça m’a laissé et le plaisir toujours renouvelé de le croiser de manière impromptue.

Après cette première ballade, nous avons enchainé sur une seconde pour voir une autre partie de la vallée, un peu en aval pour voir les restes d’un moulin à eau. J’y ai vraiment respiré l’automne et le calme. Le lac étant une « randonnée » de choix, là nous étions seuls. Cette bulle éphémère, entre bruit de torrent et craquement de feuilles, je me dis que j’étais bien dans un endroit où je devrais revenir forcément, un de mes endroits préférés du pays. C’est fou comme s’éloigner de la ville change la perspective du pays et bien que j’adore l’effervescence de la capitale, il n’y a que la nature qui me fasse vibrer autant. Alors en partant nous sommes allés nous restaurer du côté de Batroun, pour piquer une tête à nouveau, mais dans la mer cette fois. C’est là que j’ai continué ma dernière respiration, la lecture. Pris, attaché et obnubilé depuis mon retour au Liban par la lecture de ce classique qu’est « le comte de Monte-Cristo », Jason m’avait prévenu que le passage actuel est difficile à lâcher et je ne peux que le confirmer. J’ai lu encore et encore, me raisonnant à arrêter pour aujourd’hui mais sitôt un moment de disponible, je foncerai à Paris en 1838.

Voilà pour une fin de semaine où je me suis senti respiré, d’amitié, de musique, de challenge, de nature et de lecture, chacune à son importance, et font que ce soir, malgré la fatigue, je n’ai envie que d’une chose, continuer

Chouwan...

Chouwan...

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Colocation, réunion parents et qualification

6 Octobre 2019 , Rédigé par Pereg

Vinifest avec les colocs.

Vinifest avec les colocs.

S’il y a bien une chose qui a changé des derniers temps à domicile, c’est bien mon appartement lui-même ou plutôt ma colocation. En effet depuis trois semaines en plus d’Abed, sont arrivés David, un allemand de 23 ans qui travaille en lien avec l’ambassade et le Goethe Institute. Mais également Belle, néerlandaise d’origine afghane venue ici apprendre l’arabe. Samedi dernier après une soirée à Hamra avec ma coloc, cette semaine les réjouissances ont été prolongées l’anniversaire de cette dernier mardi soir. Nous avons tous mangés ensemble et passés une belle soirée à discuter.

Jeudi soir avait lieu un évènement que j’attendais depuis mon retour au Liban, Vinifest ! Alors tous les trois nous y sommes allés, il fallait bien leur faire découvrir les boissons locales… Nous en avons donc bien fait le tour, goutant tour à tour des blancs, des rosés et des rouges pour une belle soirée animée. On a beau dire mais c’est aussi ça qui est plaisant, pouvoir s’amuser dans son quotidien ou simplement discuter en anglais en rentrant à l’appartement. Hier soir était de cette veine-là également. Posés sur la terrasse derrière ma chambre, un pichet de Gin-tonic et puis un autre, on a discuté assez tard pour finalement nous retrouver motivés à 1h du matin à aller à Métro al Medina danser ! là encore, ce fut une assez grande surprise pour eux, de la musique arabe style boite sans vraiment l’être mais toujours de quoi s’amuser tous les trois. Alors en allant me coucher après une ultime bière, et c’est bien là ma pensée actuelle, je vis enfin dans une colocation comme je l’espérais, et le fait qu’ils soient tous deux européens n’y est pas étranger j’imagine. On a beau dire mais notre système de valeurs, d’échange et conception de pas mal  de choses est assez similaire, il est donc plus facile de se mettre d’accord sur un tel fonctionnement. C’est un peu l’auberge espagnole ici, et c’est ce dont j’ai besoin.

Après un environnement quotidien plaisant, il n’empêche que je suis quand même là pour travailler et mardi avait également lieu un évènement toujours important en début d’année, la réunion des parents. L’exercice consistant à faire un monologue pour expliquer ce que l’on va faire de l’année et comment, le tout en ne perdant pas trop les parents sur des notions pédagogiques et répondant à leurs questions. Il y avait un paramètre à ne pas négliger non plus cette fois-ci, l’arrivée dans le nouveau lycée. Oui, un déménagement a de quoi questionner pour ne pas dire plus certains. A ma grande surprise, je les ai directement vu rassurés, confiants dans la pérennité de l’école et son devenir à son nouvel emplacement. Cette nouvelle cour, ces nouveaux bâtiments n’étaient pas pour leur déplaire et surtout la confiance en l’établissement et la qualité des enseignants étaient bien là également.

Alors après avoir laissé Rima prendre la parole en arabe pour expliquer son programme, et le passage de Mme Laviron la directrice, j’ai pris la parole. C’est un exercice plaisant et que l’on appréhende toujours mais j’ai aimé l’échange que j’ai pu avoir avec les parents de mes élèves mardi soir, expliquant les projets de sortie, ma manière de fonctionner ou encore l’utilisation du matériel de classe. Je ne pensais pas mais j’ai débordé du créneau horaire d’un bon ¼ d’heure, on aurait dit une diva qui ne voulait pas quitter la scène. Plus sérieusement, ça m’a bien rassuré sur le fait que les parents suivaient le travail de leurs enfants et me faisait déjà confiance et même pour certains m’apprécient déjà. Que demander de plus pour travailler sereinement pour cette année qui démarre à peine ?

Le temps passe vite et en ce dimanche midi, je me dis que la semaine a filé, une de plus, en voilà quatre depuis mon arrivée  et les choses se sont mises en place. Idem pour mon cours de moto du samedi matin avec Alain. Cette seconde séance était l’occasion d’approfondir les sensations du weekend précédent, fluidifier le passage des rapports, prendre de la confiance dans les petits virages et les accélérations, mais aussi tester mes gants et casque sur ce parking, avant de le faire sous peu sur route. Je ne veux pas brûler les étapes mais j’avoue qu’à la fois j’appréhende et je suis excité de la suite à donner à tout ça. Je ne doute pas que tout se passera au mieux pour moi de ce côté et que je pourrais dire d’ici noël que le permis moto sera mien, mais il y a encore un peu de temps. Idem pour mes autres sorties, sushis avec Sahar et Lama lundi soir ou basket hier.

Alors pour clore cet article qui rayonne de bonheur mais c’est sincère, j’ai eu le plaisir de voir le XV de France se qualifier contre les Tongas ce matin malgré un match qu’ils se sont rendus compliqués. Après je n’ai pas envie de faire la fine-bouche, on sera en ¼ de finale alors qu’il y a à peine six mois, j’étais le premier à dire que nous serions éliminés en poule, c’est quand même quelque chose mais j’ai envie de rêver un peu et c’est ce qui manque à cette équipe, de nous faire rêver… Les canaris en revanche me surprennent un peu plus à chaque journée et les voir engranger les points weekend après weekend est un réel plaisir. Bref dimanche après-midi qui démarre et avec le sourire.

avec mon instructeur...

avec mon instructeur...

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