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Chance

28 Mars 2021 , Rédigé par Pereg

Voilà le jeu auquel j'ai perdu.

Voilà le jeu auquel j'ai perdu.

Dimanche matin au calme, vue de ma fenêtre de la neige, sur les hauteurs. Oui je ne passe pas le weekend à Beyrouth, mais je suis monté hier matin à Faraya avec Philippe pour un weekend au combien appréciable, weekend d’évasion et de chance, chanceux car oui j’ai le privilège d’être ici. J’ai du mal à me le dire que je fais partie de ceux-ci. C’est de la culpabilité mal-placée peut-être mais la normale libanaise actuelle est bien différente. C’est aussi le paradoxe que m’offre le Liban actuellement : une crise économique profonde et durable, qui m’a fait passé d’un salaire moyen à une caste que je n’aurais jamais pensé accessible, celle des riches. Le mot est lâché pour la seule et unique fois dans cet article, car il sonne toujours étrangement, entre déni, acceptation et reniement.

Le Liban nous offrait aussi cette semaine une nouvelle chance, celle d’ouvrir à nouveau les restaurants et les salles de sport. Oui à présent, je peux retourner me défouler sur un tapis, je peux aller manger dehors. L’inflation est prenante assurément, mais moins malgré tout que l’effondrement de la livre libanaise. En revanche, même si j’ai décidé de ne pas aller en salle de sport avant la fin des vacances d’avril, je m’étais promis de commencer à me remettre au sport de manière un peu correcte. C’est un long travail minutieux auquel il est nécessaire de s’atteler pour retrouver une forme physique. Une course lundi, la même que samedi dernier, mais j’ai fini en bien meilleur état. En effet, je n’ai pas voulu m’effondrer au bout de cinq kilomètres, je les ai fait avec plaisir. Je fais recommencer au moins tous les deux jours, peut être d’ailleurs qu’il faudrait que j’accélère le rythme et faire encore plus de séances. Mercredi, j’ai pu aller à la piscine, oui aller nager dans une eau un peu trop chaude pour moi, mais le plaisir de se lancer ainsi, quel pied ! Des cuisses qui brûlent, des abdos qui te réclament du repos, j’ai tenu plus ou moins mon kilomètre.

La chance de la semaine était générale car jeudi nous était férié. Jeudi de l’ascension comme de nombreuses fêtes religieuses sont non-travaillées. Dans un moment de travail intense, difficile, avec le travail à distance qui n’en finit pas, un jour de repos est toujours bienvenu. Je l’ai valorisé par une matinée plus longue qu’à l’accoutumée, mais malgré tout c’est délicat de perdre le rythme en sachant que le lendemain est travaillé. Qu’importe, je pense déjà aux vacances.

Quoi ? Déjà des vacances ? oui, oui, le 1er avril après-midi j’aurais donc plus de deux semaines de repos, non ce n’est pas une blague. Elles sont plus que bienvenue, pour plusieurs raisons… Tout d’abord car le travail à distance est pénible pour les élèves, réellement pénible et on sent qu’ils ont besoin de lâcher prise, de penser et de vivre autre chose qu’un enseignement via visioconférences. Il est fort probable que nous continuions à le faire et ce jusqu’à la fin de l’année scolaire mais sait-on jamais. Je ferai en fonction de ce qui me sera demandé. Pour l’heure, le second trimestre est presque terminé et j’ai fini de remplir mes bulletins. C’est assez particulier comme exercice de le faire à distance, mais c’est ainsi.

Chance car j’ai eu l’accord officiel pour rentrer passer mes vacances en France. Malgré une situation sanitaire délicate, j’ai la possibilité de partir en vacances. A ce titre, j’avais deux choix plaisants et bien différents. L’Egypte, pays que je rêve de visiter, ou rentrer en Bretagne voir la famille. Autant l’Egypte me semblait facile, il n’en restait pas moins que si je devais me confiner en Egypte, ça ne serait pas idéal. Mais la France était apparue comme la destination non seulement idéale mais nécessaire. Je me suis rendu compte que la distance de ma prochaine destination ne permettra pas aussi facilement de revenir voir la famille. Alors tant que je puisse le faire, je compte en profiter au maximum. Weekend de Pâques et mercredi non-travaillé, c’est tout ce que j’ai envie. J’ai réalisé aussi que je ne sais pas exactement quand je partirai à Hanoï cet été, peut-être début août, peut être au quinze, ou au premier septembre. On ne peut le savoir actuellement.

Ce weekend démarrait par la défaite contre l’Ecosse, mais la seconde place du 6 Nations. Une nuit courte avant de partir avec Philippe vers la montagne. J’avais hésité mais je ne pouvais dire non. Grand bien m’en a pris. Un réveil qui a piqué avant 6h, mais nécessaire pour arrivé avant 8h au petit déjeuner au chalet. On a pris le temps de démarrer car il était presque 10h quand on a démarré. La moitié de la station fermée, mais un plaisir de glisse assuré. Pour la première fois depuis fort longtemps, j’ai suivi sur un hors-piste. Une belle chute dans la poudreuse, mais je l’ai fait. Pas assuré sur les skis, j’en ai profité malgré tout. J’ai eu du flair à ramener tout mon matériel de ski à Noël. Ça n’aurait pas changer grand-chose. 14h passé, je n’avais pas envie de prolonger car la fatigue se pointait. Retour au chalet pour être au chaud et au calme. Et là, on a fait une chose dont j’avais envie depuis fort longtemps… Jouer !

Oui, quel plaisir, un petit Mario Kart, et tout un tas de jeux de société avec des passionnés, de Oriflammes, Serenissima et Crack à  Wall Street. Des jeux inconnus pour moi, mais quel plaisir de découvrir et faire des parties qui s’enchainent. Bien sûr, quelques espions par-ci, par-là. On a enchainé sur une fondue et une pierrade comme repas du soir. Je ne pouvais pas espérer plus plaisant pour un weekend de coupure. Je vais rentrer à Beyrouth, une sortie moto sûrement dans la journée, et puis du calme.

J’ai de la chance, je ne peux le nier, et je compte simplement en profiter au maximum. A l'heure où je finis cet article je suis dans le canapé à l’appartement, devant le match des bleus et le sommeil me guette, je n’ai pas beaucoup dormi récemment il est vrai et je vais tenter de rattraper tout ça cette nuit. D’ici là, lecture, écriture, et cinéma, de quoi continuer avec la chance qui est la mienne actuellement.

Bouh!

Bouh!

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Rugby, dégustation, profiter

21 Mars 2021 , Rédigé par Pereg

Ce soir, il n’est plus très tôt alors que je démarre cet article mais je voulais malgré tout me mettre à écrire, parmi tant d’autres choses à faire, mais surtout il est clair qu’à la fin de mon écriture dominicale j’irai rapidement dormir. Fatigué d’un weekend fort appréciable, j’ai cette chance assurément, de pouvoir profiter, de vivre mes expériences comme je le désire, de faire tout ce qu’il faut pour continuer à découvrir ce pays et plus encore. Malgré sa taille, le Liban a tellement à offrir et j’ai eu le plaisir de découvrir de jolis coin aujourd’hui, en contournant mon trajet habituel vers la montagne. Le printemps est arrivé et mes pensées s’envolent vers un ailleurs qui me fait rêver, j’ai besoin de rêver de loin, j’ai besoin de penser à la suite et elle me fait clairement envie. Mais ce n’est pas suffisant, car je n’en oublie pas ma réalité quotidienne.

On dira ce que l’on veut mais j’ai vraiment vu le changement dans mon travail depuis que je suis revenu à l’école. Une connexion plus fluide, une organisation plus fonctionnelle aussi car je suis beaucoup plus concentré. A l’appartement, j’ai la tentation de voir les choses différemment. En classe, je fais les choses de manière pratique, le but étant de terminer à 14h chaque jour. Même s’il me reste toujours une heure de correction le soir, je m’organise mieux. Je passe du temps sur mon travail et je suis sérieux, ça n’a jamais la question de faire autrement. Mais mon travail n’est pas ma vie, je me donne donc du temps pour d’autres choses. On a pris l’habitude avec le travail à distance de couper, de penser à autre chose. Le travail face à l’écran est pénible, mais pas le choix, je maitrise donc au mieux les autres paramètres, le temps et l’espace et ce retour en classe, même seul a été capital. Ça m’a d’ailleurs un peu remotivé et sorti de ma routine. Mes colocs l’apprécient aussi car je ne fais plus le bruit pendant toute la matinée.

Je me suis remis au sport aussi, un peu sérieusement dirons-nous car j’ai fait une séance de renforcement musculaire et une course samedi matin. Jeudi soir les burpees m’ont fait mal, mais je sais qu’il est nécessaire que je travaille physiquement de manière un peu intense pour récupérer un peu de foncier à minima. Samedi matin c’était justement l’idée de le tester un peu sérieusement. Une petite marche jusqu’à Raouché et à partir de là, courir vers Beyrouth by bike. Je m’étais dit que faire ce trajet là serait un bon test… Je n’en fus pas déçu. Au bout de ma vie après 5k, les poumons qui brûlent, les adducteurs très tendus et surtout un mental sur lequel y a une marge énorme. Je me suis laissé un peu trop allé récemment et je vais faire ce qu’il faut pour changer ça, pour qu’au moins en rentrant en France cet été, je ne sois pas hs comme je peux l’être actuellement. Sport un jour sur deux à minima. En plus la salle de sport sera théoriquement ouverte donc ça aidera assurément.

En plus de me remettre moi en forme, j’ai été au garage à nouveau pour la moto car je trouvais qu’il y avait des problèmes avec ma petite Noura. Oui il y en a toujours, mais c’est normal aussi avec une moto qui a 25 ans, ça n’a rien d’étonnant. Mardi je suis allé voir. A 14h, je reviens la chercher. Sauf que je n’ai jamais pu rentrer. Un problème avec l’injecteur starter dans le carburateur, une pièce de moins d’un cm qui faisait tout foirer. Ma pétrolette remise à jour, un vrai changement de bruit, et surtout de puissance, je sens que je vais pouvoir la pousser un peu plus et je ne vais pas hésiter. Je sais qu’avec mon casque et mes magnifiques lunettes j’ai un look de tueur en série des années 80, mais ce style me fait marrer. Cette moto est vraiment mon plus grand jouet, celui que je rêvais d’avoir depuis une décennie, et je suis simplement entrain d’apprendre à conduire, faire qu’en septembre, je puisse investir au Vietnam.

L’arrivée du weekend fut accueillie des plus favorablement, productif au possible à l’école, je voulais simplement couper. Un passage à Beirut by bike où Marin, Joseph et Léo ont pu montrer quelques secondes sur la moto, ça m’a fait plaisir de partager ce petit moment avec ces enfants, mais tout autant la preuve de la confiance des parents envers moi. Ils me font penser à ma famille en Bretagne à leur manière. Une soirée de vendredi au calme ou presque, il n’en fallait pas plus pour démarrer le weekend. Les gars m’avait proposé me joindre à eux pour une sortie à la montagne je ne pouvais dire non. On a donc décollé en milieu d’après-midi vers le stand de tir. Oui, avec Wissam qui nous rejoignait sur place, ils voulaient se faire une séance de tir. Je refuse pleinement de toucher à une arme à feu mais ça ne me dérangeait pas de les accompagner. A la première salve, le bruit m’a transpercé, m’a terrifié, et la puissance de ces armes m’a semblé insoutenable. Je ne voyais pas le fun qu’ils pouvaient avoir, juste la destruction qui pouvait être provoquée. Je suis donc sorti de l’endroit les attendre dehors, en écoutant de la musique et lisant Arsène Lupin. Quel héros d’ailleurs ce Lupin, ces aventures sont des plus plaisantes à suivre.

J’ai eu du mal à me remettre de mes émotions alors que je n’avais entendu que quelques coups de feu, mais jusqu’au passage au supermarché, je n’étais pas dans mon assiette. On est monté au Wood Resort Hill. Un petit chalet nous attendait pour la soirée. Génial ! fonctionnel assurément et ça suffisait. Une télévision mais pas France 2… Oui le rugby en tête évidemment, j’ai donc avec accord des gars, mis la radio pour suivre ce France Galles. On savait que ça allait être difficile, ce fut des plus compliqués. Mais combien j’ai vibré. Une fin de match de folie, et des colocs hilares de me voir réagir autant, surtout à la radio ! Voilà bien une manière particulière. Mais c’est ça qui est fort avec le sport, ces émotions qui transcendent. Je suis resté sur un nuage jusqu’à ce que l’ébriété de la soirée me mène vers Morphée.

Petit déjeuner au calme, on est monté à Mzaar pour que les gars mettent les pieds dans la neige, ils ne l’avaient pas encore fait de l’hiver. Vint la question de la suite du programme, on se mit d’accord sur l’idée de faire une petite dégustation de vin. On a pris le premier nom trouvé par Wissam et hop direction Faqra. Ce fut génial. Robert, micro producteur de vins bio nous a ouvert la porte de sa cave. Un cellier dans lequel il avait six cuves, une production de 2000 bouteilles annuelles. Posé sur la terrasse, au soleil, on a discuté de vin, en français en anglais mais aussi en arabe. Quel pied d’avoir un tel plaisir, un passionné et ce débat était une première pour mes colocs. On a acheté quelques bouteilles pour rentrer, car en plus d’être fort sympathique, sa production fut intéressante, très florale pour le blanc et le rosé, plus fruité pour les rouges, particulièrement le syrah qui m’a beaucoup plu. Deux heures qui ont défilé si vite. On a repris la route vers Beyrouth avec un sourire assuré. Ça résume bien ce moment avec mes colocs, et ça confirme juste que ces gars sont géniaux, mais qu’aussi je ferai tout ce qui me sera proposé, je profiterai au maximum jusqu’au bout dans ce Liban qui est le mien.

Dimanche soir, je n’arrête pas de bailler et cet article est terminé. Place au sommeil et une semaine printanière qui s’annonce !

une si belle dégustation

une si belle dégustation

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I. Dimanche, journée parfaite

14 Mars 2021 , Rédigé par Pereg

Il est de ces journées où tout se passe de la bonne manière, où les choses prennent inexplicablement la bonne tournure systémiquement. Improbable, assurément mais si plaisant à vivre car cette journée fut parfaite jusqu’à l’heure de rédaction de cet article.

Avant cette belle journée, la semaine fut intéressante également. Déjà nous avons le plaisir de pouvoir retourner à l’école si nous le souhaitions. Il était indéniable que cette envie me pressait. Je savais que j’allais m’y retrouver seul, mais une meilleure connexion internet peut changer beaucoup de chose et j’ai clairement vu la différence avec mes élèves entre le travail à la maison et au lycée. Bien sûr, l’enseignement se fait encore à distance, mais au moins je peux aller au travail. Je n’avais pas oublié de faire mon petit test pcr avant d’y revenir bien sûr, mais c’était une formalité car j’étais presque sûr d’être négatif. Une fois cette confirmation reçue, je me suis donc permis mercredi de revenir à l’école. D’un point de vue pratique, il reste une chose indéniable… Je suis bien plus productif à l’école que je ne le suis chez nous à l’appartement. Focalisé sur mon travail alors que je puis être distrait chez nous. Une évidence mais malgré tout c’est bien de l’admettre, plus encore de le constater.

Mardi 9 mars, fête des profs. Ce qui signifie jour férié. Déjà rien que ça c’est génial. Mais avant de vous raconter cette journée au combien particulière, je peux aussi dire que j’ai eu un super casque moto en cadeau qui me permet d’utiliser à bon escient les superbes lunettes reçues à Noël par les frangins. Le tout allant parfaitement en style avec ma petite moto. On m’a proposé d’aller marcher, ou plutôt de retourner marcher à Jabbal Moussa, mon parc préféré dans le coin, je n’ai donc pu dire non, mais il fallait partir plus tard car je devais avoir une liaison polonaise que j’expliquerai plus bas. Partir à 10h et des poussières, à midi on s’apprêtait à marcher. Rejoint par Roger et Patrick et toujours avec Philippe pour ce genre de plans, on allait au-devant d’une découverte. Les chemins ne sont pas aussi entretenus durant l’hiver. Mais plus encore, il y avait dans certains chemins de la neige qu’il nous fallait outrepasser. Quel pied de se retrouver ainsi à nouveau en pleine nature un jour de semaine. Petite pause piquenique vers 13h et on allait attaquer la descente du sentier 14, celui qui la fois précédente, nous avait posé quelques soucis à monter. Je me questionnais surtout sur le retour car il fallait penser à rebrousser chemin pour retrouver la voiture. Ce fut au contraire la fuite en avant, chemin 13 vers le lac sur lequel un amas de feuille constant nous faisait glissé. Arrivé au lac pour se poser avant de repartir vers le village de Chouwen avec un léger problème. Notre voiture était garé de l’autre côté du parc. Avec une chance presque insolente, mais aussi du culot, Philippe nous a dégoté un taxi qu’il avait annoncé qu’on trouverait. Ce fut le cas, et ramenés à la voiture, nous avons fait le retour à Beyrouth en suivant. 1400m de descente, de quoi tirer toute la semaine sur les cuisses.

D’ailleurs nous avons eu de la chance en allant à Chouwen, car il n’était pas si évident de bouger en début de semaine. Les routes principales du pays ont été bloquées par des manifestants et il était presque impossible d’aller plus loin que nous ne l’avons fait. Chanceux assurément. Ces blocages ont depuis cessé mais il se peut que ça revienne très vite assurément. En effet la livre libanaise crève le plafond, ou creuse encore selon comment on se positionne. Plus de 12000ll pour un dollar… Je ne pensais pas le voir arriver aussi vite et la barre des 15000 que je n’espérais pas voir franchir avant l’été le sera peut être plus tôt. Je sais combien je suis chanceux comme français ici financièrement. Mais je me veux pas m’empêcher de vivre par compassion, sans oublier la réalité de la plupart des libanais. Je n’en abuse pas, je profite juste de ma vie ici, je ne suis d’ailleurs pas le seul à faire. Ce n’est pas un Monopoly comme j’ai pu en jouer cette semaine, mais la livre ne vaudra malheureusement bientôt plus que le prix de son papier.

Arrivé en weekend assurément mérité après un travail fort intense, une balade au bord de mer avec Fehmi vendredi, une soirée en visioconférence avec la Pologne puis la Bretagne. J’ai eu le plaisir de converser avec Agata cette semaine car elle m’a demandé de faire une présentation de mon parcours durant la dernière décennie dans le cadre du moins de la francophonie. Je ne savais pas si je méritais un tel honneur, mais je ne pouvais lui refuser ça. Ce fut fort intéressant de prendre le recul sur mes années 2010’ et le parcours de vie qui fut le mien. Un samedi assez dynamique fut très agréable, mais rien comparé au dimanche annoncé. J’avais su que Philippe pensait monter à Faraya tester la possibilité de skier car la station avait ouvert ce vendredi. C’était maintenant ou jamais. J’ai donc dit que je serai du voyage. Même si ça devait ne pas fonctionner, je ne pouvais pas passer à côté de cette possibilité de skier. C’est ainsi que démarrer une fort belle journée.

5h45 au réveil car pour une belle journée il faut évidemment se lever tôt. 6h20, en bas de l’immeuble, petit-déjeuner englouti, et joli soleil, direction la montagne pour y rejoindre Julien, Basile et sa famille. Ca roule super bien, ce qui n’est pas très étonnant vu l’horaire un dimanche matin, mais quand-même. 7H30 on les avait rejoint, location de skis et on montait sur le fameux parking de Mzaar où avec les gars  deux ans avant, nous venions de la plage pour faire notre journée de ski. Il fallait venir tôt pour un autre aspect important, il n’y avait que 1500 forfaits à distribuer pour la journée. Les restrictions sanitaires obligatoires impliquaient une organisation au carré, ce qui fut exécutée. D’ailleurs, pour une fois, j’ai apprécié l’organisation. En même temps, sans ces mesures très strictes et ces normes, il n’aurait pas été possible de skier. Première descente et la neige qui crisse. C’est là que j’ai réalisé pleinement la chance que j’avais. Skier. Ce mot impossible pour tellement de monde cet hiver, en France ou ailleurs. Ne serait-ce qu’une journée, je ne pouvais passer à côté. Complètement rouillé, avec un bon matériel mais les vêtements de skis en Bretagne, j’en profitais au maximum. Pistes bleus, vertes, rouges, qu’importe, seule la glisse comptait. A partir de 11h, ça tournait doucement à la soupe, mais nous ne nous arrêtions pas encore. Une nouvelle montée vers l’auberge du Valais pour un sandwich raclette fort apprécié. Une nouvelle montée au Mzaae, un tire-fesse symbolique et nous redescendions à la station. Il restait une chose obligatoire à faire, aller se baigner ! Car oui, le Liban offre cette possibilité folle de passer de la montagne à la mer. Fiddar, juste avant Jbeil dans une petite crique. Une eau un peu plus fraiche que le mois dernier, mais quel pied de faire ce combo-là. Plonger dans cette mer après avoir tutoyer les 2000m, c’est juste génial. En plus, Nous y avions retrouvé Chloé, Sahar, Cédric et Zarif partis marcher au nord.

Tout se goupillait à merveilles, à ma grande surprise, mais en se laissant porter, on ne peut qu’apprécier. Une glace Awad sur le retour pour clôturer cette journée. Enfin du moins je ne le pensais. Car en arrivant, avec les colocs et leurs amis, petits verres quoi ont duré plus que prévu. Improbable mais si génial, tout s’est bien passé. Je tombe de fatigue mais c’est ce qui fait aussi le charme de cette journée, « perfect day » comme le dirait Lou Reed.

Le Crunch perdu hier, j’ai suivi du reste de loin le weekend sportif car mine de rien, la constitution du dossier administratif pour Hanoï, me projette vers un ailleurs lointain, si lointain mais c’est aussi ça qui me plait tant. Saint Patrick arrive bien, nous verrons les autres belles surprises que la semaine va amener.

Descente!

Descente!

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Hanoï, Viet Nam

7 Mars 2021 , Rédigé par Pereg

Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne je partirai… Non je ne suis pas Victor Hugo, mais cette poésie mise en musique par « les frangines » me reste en tête. Cette semaine m’a vu passé dans tellement d’états différents, qu’en ce dimanche soir, j’ai encore du mal à remettre toutes mes idées en place. Mais comme le titre l’indique, un grand bouleversement s’est produit. Fort positif celui-là. Mercredi 3 mars à 11h40, j’ai reçu le mail confirmant mon acceptation de poste à Hanoï au Viet Nam, pour la rentrée de septembre 2021. Après le Liban, l’aventure va se poursuivre sous d’autres latitudes. Un top 3, je ne pensais pas que sitôt j’aurais eu la chance de prendre un poste dans une ville dont je rêvais depuis déjà deux ans. Buenos Aires, Hanoï ou Kiev, comme un repère xyz, où chaque direction est bien différente, pas meilleure, juste un choix. Et ce choix s’est présenté à moi et je ne peux qu’en être ravi ! Je suis d’ailleurs dans ma bulle depuis.

Pourtant ma semaine n’était pas très bien engagée par une mise au travail assez poussive, mais surtout par la réception de mon compte-rendu d’entretien carrière. Comme je m’y attendais après un rendez-vous plus incisif que positif, le compte-rendu avait une grille assez dévalorisante. Même si le commentaire dessous est relativement positif, reste cette grille qui pique pas mal. Je me dis que la directrice de mon école primaire aurait pu être plus professionnelle et ne pas laisser ses sentiments personnels interférés avec son jugement. Mais non, je me sens sacqué. Attendant de voir si l’on pouvait remettre les pieds au lycée demain, je n’ai pas encore signé ce compte-rendu, mais je vais malgré tout demander un rendez-vous à la principale du lycée avant de signer ce document. En France, on peut tout autant tomber sur une inspection avec qui l’on peut être en délicatesse, mais malgré tout, mon séjour libanais aura autour de mon travail un aspect un peu terni par la relation avec cette hiérarchie.

Chaque jour regardant mes mails, rien de particulier se passa mardi. Mais mercredi matin, sur ma boite mail perso et non académique, un message de la secrétaire du lycée Alexandre Yersin me demandant si j’acceptais ou non le poste car je n’avais pas répondu. Choqué, interloqué, je me suis dis qu’à cause de mes spams j’avais peut-être loupé le poste rêvé. En effet le lundi soir, j’avais eu le courrier de proposition de poste, dans mes spams. J’ai failli perdre ce poste à cause d’une mauvaise réception de mail ! Mais non, sitôt écrit, la secrétaire m’a répondu en me confirmant qu’il était pris note de mon acceptation de poste.  Ouf ! J’ai imprimé et envoyé les premiers papiers dès le lendemain, reste à avoir l’accord officiel de détachement de mon département d’origine l’Ille-et-Vilaine et ce sera bon. Je repartirai pour trois ans. C’est tout ce que j’espérais en ce début du mois de mars.

Je n’ai pas pu résister à l’annoncer, le dire haut et fort, comme un cri du cœur, un soulagement. Je vais repartir, je n’ai pas besoin de rester en France, je peux être à nouveau à l’étranger, dans un pays inconnu dans une langue inconnue, dans une culture inconnue, sur un autre continent. Car oui, le Viet Nam, c’est loin. C’est vrai que je n’avais pas réellement réalisé avant d’avoir regardé les avions. 12 à 15h d’avion, avec escale obligatoire, ce n’est pas la porte à côté et il faudra au moins compté 24h de voyage. Rien à voir avec la facilité de retour que permet le Liban. Mais c’est aussi cette expérience que je souhaite, d’un éloignement profond qui oblige à me tourner vers le pays d’accueil alors que mine de rien, je suis encore beaucoup tourner vers la France d’ici. Une soirée pizza et un verre avec les colocs pour fêter ça, il fallait malgré tout se remettre à travailler comme de rien, et enchainer dans ce quotidien libanais qui est toujours le mien. Je suis ravi d’être ici, de profiter pleinement des derniers mois ici sans la pression qu’aurait pu amener un retour France, je m’en sens vraiment libéré à présent.

Cette semaine, un évènement important et très triste s’est passé pour ce pays, la dévaluation de la monnaie a atteint un seuil critique, historiquement bas, plus de 10000ll pour un dollar. C’est horrible pour la population locale réellement et je crains que ça continue encore et encore d’empirer d’ici à mon départ cet été. Les prix ont répondu en augmentant à nouveau et je ne sais pas jusqu’à quel point la population pourra le supporter. D’ailleurs, les routes ont été barré, des pneus et des poubelles brulés, des gens dans la rue. Ce n’est pas comme au début de la révolution, mais je me dis que ça peut tourner à l’émeute malgré tout, je ne l’espère pas. Pour autant, nous continuons l’enseignement à distance comme si de rien n’était. Enfin le ministre de l’éducation a demandé aux enseignants de faire grève. Oui, le ministre lui-même a appelé les professeurs à ne pas travailler la semaine à venir pour protester sur la manière dont on devrait reprendre à l’école. Mais la directive de l’école indique une semaine normale de travail. Flexibilité, tel est le mot absolu dans le cadre professionnel cette année.

Ce weekend cependant, après une semaine en ville, il fallait sortir de la ville et prendre la direction du Chouf pour profiter de l’air frais, mais aussi simplement s’évader de la ville. Certains sont venus faire de la musique, moi simplement m’aérer l’esprit et ce rassemblement en toute bonhommie a été une réelle réussite. De Mario Kart à Citadelle ou une simple partie de foot, on a beau dire mais on s’amuse toujours bien à plusieurs. Je dirai même plus que c’est pour des moments comme ce weekend que je suis ravi d’être ici.

Pura vida comme on dit au Costa Rica, après une spirale un peu délicate, je repars avec un allant presque oublié, celui de l’envol, celui qui me mènera vers un ailleurs souhaité.

Respiration dominicale.
Respiration dominicale.

Respiration dominicale.

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