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Rugby, calendrier et sortie du dimanche

25 Avril 2021 , Rédigé par Pereg

Dragon!

Dragon!

Dimanche soir, devant le football une fois n’est pas coutume, Manchester City versus Tottenham mais mon œil est plutôt fixé sur l’écran d’ordinateur que sur la télévision plus loin. En effet, même si je sais écrire sans regarder ni mon clavier ni mon écran, il est clairement plus aisé pour la rédaction de garder les yeux fixés sur le texte, dans les oreilles, une émission de radio qui me plait toujours autant. Je n’arrête pas d’une certaine manière, mais c’est aussi ainsi que je fonctionne. Toujours besoin de faire les choses d’une certaine manière, pour profiter aussi au maximum des possibilités qui me sont offertes.

 

Cette semaine de reprise de travail à distance, ne fut pas si laborieuse, mais retrouver le rythme matinal pique toujours un peu. Les vacances font que l’on est toujours un peu déconnecté. 7h40 le matin, visioconférence et clap de fin à 14h00. Enfin pour les élèves, mais de mon côté, on y ajoute à minima une heure de correction le soir, rien de nouveau de ce côté. On m’a prévenu cependant que la semaine prochaine, le vendredi serait férié… Je consulte mon calendrier, et rien de noté. C’est aussi pour ça que j’ai demandé des éclaircissements à ma direction. Les bonnes nouvelles sont donc venues, quatre jours pour la pâques Orthodoxe, quatre jours à la fin du mois et sûrement tout autant pour l’Aïd. Ainsi le mois de mai reste gruyère. Comme on dit…

Plus y a de gruyère, plus y a de trous,

Plus y a de trous, moins y a de gruyère,

Plus y a de gruyère, moins y a de gruyère…

On ne peut pas en faire la fine bouche mais ainsi le mois de juin sera redoutable, avec cinq semaines complètes. Qu’importe, la fin d’année montre le bout de son nez, et surtout, surtout, je vais peut-être revoir mes élèves. En effet, nous avons reçu comme les parents d’élève, un calendrier prévisionnel de reprise, avec pour les miens, le 17 mai annoncé. Encore trois semaines. Il peut s’en passer des choses d’ailleurs d’ici là… Les subventions concernant l’essence et le pain sont sensés s’arrêter au 30 avril, le Qatar pourrait renflouer aussi un peu la livre. Tellement de choses en trois semaines, je ne vis qu’une semaine après l’autre. La dernière que je viens de passer fut fascinante.

Depuis que j’avais quitté le Burdigala girondin, je n’avais plus fait parti d’une équipe. Ce sentiment je l’avais presque oublié, il m’en revenu en pleine face et pour mon plus grand plaisir. Fin mars lors de mon weekend au ski, j’ai rencontré Baptiste, fils d’un collègue qui joue ici au rugby. Je n’ai pas hésité pour l’accompagner à l’entrainement. C’était donc ce jeudi. Direction Dbayeh et un terrain au calme. Quelques sprints, un entrainement en touche, des oppositions avec des rucks solos. Je ne pouvais évidemment que faire parti des avants, avec mon physique actuel, et puis je n’ai jamais eu non plus une capacité d’accélération qui conviendrait à l’arrière, même la force requis pour être ¾ centre. J’étais juste ravi d’être sur le terrain. A la fin de l’entrainement, le coach gallois vient me voir et me demande si je veux venir jouer le samedi. Je ne me fais pas prier et accepte immédiatement. L’essentiel pour moi était de faire partie du groupe, une sensation si particulière. Une bande de jeune dont la plupart ont moins de 22 ans, mais il y a aussi quelques trentenaires dans le groupe. Je m’y sentais à l’aise alors go. Le samedi avec Baptiste, on prend la direction de l’aéroport. Deux autres équipes, une de Beyrouth, une de Jammour. Les trois restants d’un championnat dont plus aucun match n’avait eu lieu depuis février 2020.

Je découvre aussi que le nom de l’équipe est « les dragons de Jounieh ». Ce dragon m’a fait tellement plaisir à découvrir, comme celui de d’Elven, où ont pu jouer mon neveu, ma nièce et ma belle-sœur cette année. La coïncidence est sympathique. Petit test pcr rapide pour vérifier que tout le monde est bien négatif et on démarré contre Jammour. Bien sûr avec mon numéro 16, je suis sur le banc. Je m’étais dit au départ, si on me demande de jouer cinq minutes, ce sera déjà très bien ! Mais à la cinquième minute de la deuxième mi-temps, j’ai du faire mon entrée pour remplacer Patrick qui avec une épaule douloureuse a du sortir. J’ai donc pris sa place, en première ligne. Au bout des quinze minutes restantes, je n’en pouvais plus, mais j’avais pu plaquer un peu, et pris quelques petits coups également. Le second match a confirmé combien je n’étais pas en forme, mais j’ai fait mon match entier, de toute façon, il n’y avait plus de remplaçants. Un peu fragile en ruck défendant, j’ai pris quelques petits coups, j’avais oublié la douceur des caresses de l’adversaire, une main dans la gueule, un petit coup à la gorge. Le plaisir restait là, faire partie d’une équipe et donner mon maximum, non pas que pour moi, mais aussi pour le porteur du ballon que j’assistais. Trois ballons, une dizaine de plaquages et tout autant de louper. Mon bilan loin d’être formidable, m’a cependant juste confirmé combien j’ai apprécié d’être là où j’étais. Sur le terrain, avec mon équipe. Place à l’entrainement mardi prochain.

Une troisième mi-temps dans le club de sport du coach, petites bières et belles discussions. D’ailleurs, en français, en anglais et même un peu en arabe, le rugby est une langue transgénérationnelle. C’était d’ailleurs super de voir aussi combien la jeunesse libanaise aime ce sport, qui a priori, n’avait rien à faire ici, mais le vivier est réel, et ce serait si bon de voir une fédération intéressante mener de bonnes actions pour le voir se développer ici. Il reste néanmoins le problème du terrain car le synthétique est clairement loin d’être idéal.  Retour avant 19h à l’appartement, je n’y restais que pour une douche avant de partir voir Tommy, enfin de retour après plus de cinq semaines en Norvège. On a passé plusieurs heures à discuter, depuis le temps c’était évidemment nécessaire ! Mes deux derniers mois ici, sans lui, n’auraient pas non plus la même saveur.

Ce dimanche, je ne voulais pas rester en ville, car sinon il était clair que je serai resté au lit un peu trop longtemps. J’ai donc retrouvé Hiba à Charles Helou. De là, nous devions prendre un bus pour aller à Jbeil. Cependant et j’imagine depuis l’explosion, il n’y a plus rien à cet endroit. Après ce faux-départ, on est allé à Dora, et ainsi premier bus vers le Nord. Midi sonnait quand nous arrivions là-bas. Cela faisait bien trop longtemps que je n’y avais pas mis les pieds. Un souk qui reprenait des couleurs, des rues en forte pente menant au port. Une petite jetée avec le clapotis des vagues venant percer les tympans. Il se faisait faim. Petite pause au Pheniqa, j’ai été un peu étonné des prix, pire que dans la capitale. Comme quoi, le tourisme et inflation se suivent. Un dessert à l’ombre des fleurs  et nous prenions direction de la plage. Mais ma pote a proposé de nous arrêter au musée arménien. Lendemain de la commémoration du 24 avril 1915, je ne l’avais jamais fait. Ca m’a évidemment rappelé la Pologne et les musées de la Seconde Guerre Mondiale, avec l’holocauste. Un autre génocide, une autre tragédie. Mes deux colocs étant d’origine arménienne, la présence de leur famille à Alep est dû à cet évènement tragique. Il était intéressant de constater aussi comment étaient organisés certains coins du Liban, notamment Beyrouth, mais aussi Anjar.

Il n’était pas seize heures que nous étions arrivés à la plage. Plage où je me suis baigné un certain nombre de fois. Je n’avais pas imaginé que la foule se presserait aussi à la mer. C’était évident mais je n’y avais pas pensé du tout. Après une courte baignade, la foule ne donnait pas envie de rester surtout place, surtout que nous n’avions pas de voiture pour être maître de nos déplacements. Je m’étais posé la question de le faire en moto, ce sera pour la prochaine fois. Le retour en bus a été rapide. Un dernier service et retour à l'appartement. Une nuque bien rouge mais le sourire, voilà un beau bilan de journée.

Manchester City a gagné, et mon article s’achève, la semaine à venir sera courte, et je pense bouger et bouger plus encore dans ce Liban que je continuerai d’explorer jusqu’au bout.

Jbeil
Jbeil
Jbeil
Jbeil

Jbeil

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Dernier vol pour Beyrouth

18 Avril 2021 , Rédigé par Pereg

Dernier vol pour Beyrouth

Dimanche soir, posé sur mon lit, lumière tamisé et sommeil qui doit venir assez tôt. Demain c’est la reprise, celle de ma dernière période libanaise, une consécration à sa manière. Onze semaines, voilà tout ce qu’il me reste à Beyrouth. C’est à la fois long mais aussi tellement court car je ne pourrai avoir de nouvelle chance.

Ainsi mes vacances bretonnes grâce au confinement m’ont permises de prendre mon temps. Je savais que je voulais voir la famille proche, mais j’ai non-seulement ce plaisir, mais j’ai aussi eu du temps pour être posé. J’ai fait école à la maison pour mes neveux et nièces, j’ai fait un mille pièces en six jours, j’ai fini Vikings, j’ai lu trois livres. A ce rythme, le décompte peut être pertinent, mais ce que j’en retiens surtout c’est que j’ai pu avoir du temps en famille. Oui, ce n’était pas chose aisée. En général quand je suis en Bretagne,  je bouge un peu ça et là, voir la grand-mère, les filleuls, marraine et parrain et plus si possibilité. Mais le confinement n’autorisant pas de déplacement à plus de 10km. Je suis resté centré sur Vannes ainsi, et ce fut pour le mieux assurément. J’ai pu croisé Fabien, Régis et Laura en bonus. Mais je retiens la possibilité d’avoir pu rester avec mes proches. C’est aussi une affaire de contexte car le départ au loin pour la rentrée de septembre m’avait donné l’envie de revenir voir la smala avant de m’envoler pour Hanoï. Je n’aurais pas forcément cette possibilité facilement depuis le Vietnam. Ainsi donc entre les pharaons et les trèfles, le combat était gagné d’avance.

En arrivant à Roissy après quelques péripéties, je me suis fait la réflexion suivante, celle qui donne son titre à cet article, dernier vol pour Beyrouth. Car oui, après mon arrivée fin août 2018, cet avion était le dernier à me ramener à Beyrouth, avant une date indéterminée et probablement lointaine. J’aurais fait Air France, Transavia, MEA, de Roissy, d’Orly, d’hiver ou d’été, et même de printemps. Mais ce retour au 16 avril, merci Simone, fut le dernier à me ramener dans mon Liban. J’ai l’impression que le compte à rebours a vraiment commencé quand j’ai posé le pied sur le sol libanais, avec tous les sentiments ambivalents que cela pouvait provoquer. Une excitation et une relative mélancolie, à la fois un sourire et une relative tristesse. Alors plutôt que de me laisser déborder par mes émotions, j’ai pris le parti de simplement en profiter.

Cette nouvelle période qui démarre me permet d’envisager de nouvelles choses. En effet je peux déjà retourner à la salle de sport et ça va s’avérer nécessaire, à raison de quatre fois par semaine si j’y compte la séance de piscine. Oui c’est intense mais il va me falloir ça, j’ai à bosser pour retrouver un corps plus en forme qu’il ne l’est actuellement. Si on y ajoute l’heure de vietnamien quotidienne, je sais que je ne vais pas chômer après le travail scolaire. Car oui il serait fou d’oublier ce dernier. Même s’il ne prend pas toutes mes pensées, il doit rester sérieux. J’ai eu beaucoup de mal à m’y mettre ce weekend d’ailleurs, mais en m’arrêtant ce soir, il était clos et c’est le principal.

Demain encore à la maison pour les visioconférences, dès mardi je retourne bosser à l’école. Productivité plus importante, mais surtout avec une meilleure connexion on fait plus de choses et c’est vrai qu’à la maison, même si les gars sont sur leur 4g, le réseau n’est pas fou et ne permet pas de faire grand-chose. Le ministre a annoncé une reprise en présentiel, ou en hybride, j’avoue que j’ai du mal à suivre de ce côté, mais je doute malgré tout de retrouver mes élèves d’ici à la fin d’année scolaire en juin. On verra comment les choses se présentent.

Le mois de Ramadan a commencé cette semaine, et je ne l’ai pas trop ressenti en étant en Bretagne, mais pas tellement plus depuis mon retour à Beyrouth, les mesures sanitaires compliques forcément les choses et l’iftar est une chose qui sera à faire en bonne compagnie. Je me souviens de celui d’il y a deux ans, j’avais fait des efforts, je verrai si je reprends certaines décisions pour cette année. La chaleur s’est invitée, celle qui fait déjà penser à allumer la clim alors qu’il y a peu, je pouvais tourner le chauffage de temps à autre.

Dimanche soir à Beyrouth, je sens Morphée m’appeler, c’était mon dernier vol pour Beyrouth, mais il n’y a que l’avenir qui pourra réellement le dire, et d’ici-là, il y aura eu au moins mille-et-une nuits, et toutes autant de péripéties.

 

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