Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
pereg.over-blog.com

Formation, électricité et clap de fin

30 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche matin et déjà la chaleur est fortement présente. Il fait au moins 23/24 dans l’appartement alors que le soleil n’a pas irisé au travers des vitres du balcon. Le générateur tourne à plein et ce n’est pas possible de mettre la climatisation si le sèche-linge n’a pas encore terminé. Il faut donc voir ses priorités. Alors on s’est donc mis d’accord avec les gars pour cibler le plus important. Le linge d’abord, ensuite, éventuellement, on rafraichira les pièces. Ces derniers jours, la nouvelle est tombée. De fortes restrictions sont venues poindre leur nez. Alors que l’électricité du Liban ne fournit plus que 24h sur 48 en alternance toutes les 6h plus ou moins. Le générateur a donc besoin de repos. Une heure entre midi et deux, une autre entre cinq et sept, et de minuit à 6h du matin. Oui on peut le dire, c’est contraignant. Mais il n’est nullement question de choix. C’est ce que le comité de l’immeuble a décidé. En bon râleur en chef, j’ai donc écrit directement au comité pour demander pourquoi nous n’avions pas été consulté sur la décision. Les propriétaires l’ont été, pas nous. Autant les deux premiers créneaux dans la journée me semblent des contraintes acceptables, la nuit beaucoup moins. Car on peut être dehors en journée, mais de nuit, c’est bien plus difficile. J’ai donc demandé à poursuivre les soirs de fin de semaine, vendredi à dimanche, jusqu’à 2h du matin. Car minuit c’est quand même hyper tôt… Réponse du comité, ce sera 1h du matin, car notre générateur n’est pas en automatique… C’est déjà ça. Je pense que sur du plus long terme, je ne suis pas sûr que j’aurais trouvé ça acceptable, mais pour mon dernier mois, je m’en contenterai. Je sais combien la situation est difficile pour les libanais actuellement, et moi je ne cherche qu’à profiter de ma situation personnelle.

C’est tout le paradoxe dans lequel je suis plongé et avec lequel je me bats malgré tout.  La crise économique, violente, terrible pour la plupart des libanais me permet à présent de rendre possible de nombreuses choses au Liban. C’est fou, mais j’ai un pouvoir d’achat le plus élevé que je n’ai jamais eu. Alors j’en profite, et j’ose quelques excentricités. Cette semaine par exemple, après une virée au nord, arrêt dans un resort, C flows, du côté de Jbeil pour mon dernier jour férié libanais. Ça m’aurait semblé inenvisageable de faire ce genre de choses avant, mais c’est 25€ à présent, alors oui c’est faisable. Nul besoin de le crier sur tous les toits, je me voyais mal d’ailleurs le poster sur les réseaux de manière trop prononcée car mes collègues ne peuvent plus se permettent ce genre de loisirs. C’est là mon problème. J’ai envie de le partager, la retenue me semble pour autant nécessaire quand nombre de personnes que je connais ne peuvent en faire autant. Il me reste encore cinq semaines. On peut le dire autrement, il ne me reste que cinq semaines. J’ai fait à peu près tout ce que je voulais dans ce si beau pays. Des balades nature à n’en plus finir, des restaurants délicieux, des endroits paradisiaques. Je n’en finirai jamais, il y a aussi tous les gens que j’ai côtoyé, profiter encore jusqu’au bout. Bref ce qu’on appelle la vie, le sourire restera jusqu’au bout avant le chapitre suivant.

Cette semaine avait un goût assez particulier aussi, car j’ai eu le plaisir de partir en formation. Non pas en ligne, mais en présentiel. J’ai découvert un nouvel établissement homologué, le collègue Notre Dame de Nazareth, il m’a fait beaucoup pensé à l’ancien LAK, avec de l’espace disponible. La situation sanitaire n’a pas réellement permis aux enfants de pouvoir s’exprimer physiquement, mais quand je me rappelle les espaces disponibles dans l’ancien lycée, le nouveau est vraiment petit à côté et c’est tellement dommage pour ça… Alors mercredi et jeudi avec des formateurs que je connaissais déjà pour les avoir rencontré en soirée. J’ai apprécié de me replonger dans le bain de la discussion pédagogique, de réfléchir et discuter sur les perspectives et les visions d’enseignement. Comme une piqûre de rappel que je suis bien français et ma vision de l’enseignement de l’EPS aussi. Oui, s’il y a bien un mot que j’ai banni de mon enseignement, c’est le mot compétition. Pour mes collègues libanais, il est le cœur de leur réflexion. Une divergence si grande qui me ramène vers les difficultés auxquels j’ai été confronté avec l’intervenant d’EPS de chez nous. Oui l’EPS n’est pas du sport, nous ne sommes pas des coachs, mais des enseignants. Le but étant la pratique du plus grand nombre et leur plaisir de progression. Qu’importe s’il y en a des meilleurs que d’autres, si tout le monde prend du plaisir.

Je ne forme pas des athlètes, mais je joue avec des enfants et leur transmets aussi le plaisir de l’effort. Ils ont assez de leurs parents, de leurs clubs, de leur environnement pour ne pas faire de l’école un terrain de bataille. Je suis breton, je suis français, pas libanais. Je n’ai jamais eu besoin d’être confronté aux difficultés que mes collègues ou mes élèves ont pu vivre, mais ce n’est pas pour autant que je cautionnerai le classement du meilleur. C’est assez candide sûrement, mais c’est aussi ma manière de voir les choses. J’ai fait professeur des écoles pour enseigner le plaisir d’apprendre, le gout de la découverte, de la curiosité et de l’effort. Je sais bien que la vie est un monde de requins, mais ce n’est pas une raison de faire de la classe une compétition.

En parlant de sport, et non plus d’EPS, j’ai fait de belles marches récemment, il faudrait d’ailleurs que je me fasse une longue randonnée, une dernière, je vais voir ça. Mais ce n’est rien comparé au programme de ce dimanche soir. Vannes en demi-finales d’accession au TOP14. Manu a eu sa place pour la Rabine ce soir, et j’espère vraiment que mon cher club de rugby gagnera. C’est fou de penser d’ailleurs qu’ils en sont capables alors qu’il y a à peine cinq ans, ils étaient encore en fédéral. Ce club prend son temps et se donne le droit de rêver. La ligue ne nous prend pas au sérieux pour autant en plaçant la finale à Montpellier, j’espère que le RCV pourra leur donner tort. Nantes joue son maintien en Ligue 1 ce soir aussi, à la même heure. A défaut de voir l’un ou l’autre, je serai de sorti pour justement ne pas m’énerver devant un écran. Il y a des combats dont je préfère uniquement avoir le résultat. Dimanche au calme. Au repos car ça ne m’est pas arrivé depuis longtemps.

Le mois de juin pointe le bout de son nez, j’ai du mal encore à réaliser que c’est le dernier. Un peu comme cette histoire dont j’approche de la fin. Mon filleul m’avait conseillé de découvrir « l’attaque des titans », un manga très intense et j’avoue que j’y ai plongé avec délectation. La fin arrive et je me demande encore comme les choses vont tourner. Je ne pensais pas pouvoir accrocher de manière aussi intense à une nouvelle histoire. Après Saint Seiya, Captain Tsubasa, Berserk ou One Piece. Cette œuvre a de quoi nous ravir et je resterai alerte sur de nouvelles parutions, je ne cesserai d’être étonné. Il est l’heure de rejoindre Pool d’Etat, Beyrouth and Chill, Pura Vida !

Lire la suite

Ecole, eurovision et hernie discale.

23 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Les grands gagnants de l'année.

Le verdict est tombé… Second ! Voilà depuis 1991 que la France n’avait pas été classée si haut au concours de l’Eurovision. Barbara Pravi avec « Voilà », une Edith Piaf nouvelle génération avec une puissance vocale et une prestation sobre et impeccable. Une très bonne nouvelle, et le plaisir de voir la France trustée les premières places car honnêtement depuis que je m’y intéresse, ça n’était pas vraiment arrivé. Cette performance aussi remarquable soit-elle n’a pas eu autant la faveur du public que la férocité italienne. Ils avaient la faveur des bookmakers, ils ont eu le vote du public. Seconde après les votes du jury, seconde des deux précédents, notre chanteuse aurait presque pu effacer Marie Myriam des tablettes, mais ce ne sera pas pour cette année. Mon esprit de compétiteur invétéré a été mis à mal par le stress des votes du jury. Finir second c’est bien, mais derrière l’Italie, ça pique ! Ce n’est pas d’être mauvais joueur que de le dire, mais il y a des pays contre lesquels la défaite est insupportable, et face aux transalpins, il n’y a pas débat, c’est toujours douloureux, ce n’est pas 2006 mais quand même. Ce fut cependant la meilleure édition depuis fort longtemps.

Après une édition 2020 sans concours, retrouver la compétition fut super plaisant. Beaucoup d’énergie sur scène, des prestations impressionnantes, de l’Ukraine à la Finlande, j’avais aussi mes préférés. Il n’empêche que le mode de désignation du candidat chez nous s’est amélioré. C’est devenu un vote du public et rien que pour ça, c’est un peu mieux. On peut espérer voir des chanteurs ou groupes de qualité vouloir aller défendre les couleurs françaises au concours. Barbara, j’espère, ne sera pas une étoile filante au rang de bonnes prestations françaises. Voir plusieurs fois les « 12 points » sortir pour notre chanteuse fut un bonheur éphémère. Tout fut chamboulé avec le vote du public et elle n’a pas assez convaincu pour des européens qui voulaient renverser la table, ils l’ont bien fait ! Le vainqueur ne vient pas de n’importe où. Le festival de San Remo est la porte d’accès italienne. Un grand show présentant une partie de la nouvelle scène azzuri. Ce n’est donc pas surprenant de voir que sur les onze dernières éditions, l’Italie a donc fait 8 top 10, 2 fois second et le Graal cette année. Mahmood aurait dû gagner il y a deux ans d’ailleurs. Quand on est aussi bon chaque année, la victoire devient inéluctable. L’an prochain le concours aura lieu de l’autre côté des Alpes. Le suivre sera fort différent car au Viet Nam, le décalage horaire n’induira surement pas la même ferveur. Mais je reste un inconditionnel de ce concours. On dira ce que veut, mais l’Eurovision a rendu concret musicalement, la fête européenne. C’est un élément constitutif de notre identité européenne, il n’y a donc pas de surprise à voir cet évènement être le show musical le plus suivi au monde.

En dehors d’une musicalité toute particulière, cette semaine fut au combien importante. J’ai eu à nouveau des élèves en classe. Oui mes pitchounes sont revenus en demi-groupe. 9 puis 10 présents, car certains parents ont choisi de laisser leurs enfants à la maison. Quel bonheur de les avoir en classe, quel plaisir de faire à nouveau classe. C’est assez fou d’ailleurs de se dire que pendant six mois, je n’ai pas eu un seul élève face à moi. La dure réalité du Covid19. Une pandémie chamboule tout. Durablement. Mais malgré tout, je peux confirmer que l’école se fait en présentiel. On pourra me dire qu’on peut s’adapter et c’est vrai. Ce métier je le fais pour être avec ces enfants. Ce métier je le fais pour être avec eux et les voir grandir, se construire et les aider à réussir. Et à cet âge, il n’y a pas débat, pour les accompagner, il faut être avec eux. Alors qu’il ne me reste que six semaines de classe, je ne ferai pas de miracles et je sais que pour partie de mes élèves, je n’aurais pas le niveau que j’aurais espéré. Il  y a une chose que je ferai en sorte de leur transmettre à nouveau, le plaisir d’apprendre et de l’école. Car oui l’école à sa manière est une fête. Et ce bonheur, doit être le leur aussi.

Ces derniers mois de travail m’ont apporté aussi un problème, plus insidieux, plus profond, plus délicat. J’ai changé de position de travail. Au lieu d’être debout quatre ou cinq heures par jour, je me suis retrouvé assis face à un écran bien trop longtemps. Ce changement de position a eu un effet indéniable sur mon organisme et je paye aujourd’hui ces conséquences. Une hernie discale multiple avec un tassement des vertèbres basses. J’ai mal au dos depuis quelques années, mais cette douleur vive, brulante, ne passera pas comme ça. C’est bien le problème d’ailleurs. Le rugby et l’accident de moto n’ont pas aidé assurément, mais il n’en reste pas moi que je ferai en sorte de rejouer à 15 au lieu de ne faire que nager. J’aime courir, j’aime me dépenser et même si mon âge avance, il sera sûrement possible de rectifier le tir pour être capable au Viet Nam ou ailleurs encore, de simplement profiter de la ferveur sportive, et pas seulement sur le canapé. Une IRM et de nouveaux rendez-vous médicaux, ce n’est pas de gaité de cœur que je vais le faire, mais suivre un protocole de rééducation, je sais le faire.

Il n’est pas dix heures, le soleil est bien-là, la journée s’annonce belle. Je ne sais pas encore trop ce que je ferai d’ailleurs, mais peu importe. J’ai toujours un peu de travail à mener mais au fond qu’importe. Demain et mardi sont fériés au Liban, je prendrai la route du Nord. Toulouse et Montpellier au panthéon européen du rugby, le championnat de France finit ce soir avec j’espère une ultime victoire nantaise qui permettra d’assurer un maintien sans passer par le barrage, et peut être le titre pour les lillois. Le mois de mai avance à grand pas, l’euro bientôt arrivera. Il ne me reste même plus cinquante jours ici, et je fais encore de belles découvertes. Ce Liban est un pays en or, je vais en profiter toujours plus. Bon dimanche à tous !

Lire la suite

Camping, Eid et accident

16 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Aussi évocateur que puisse être le titre, je me ne me détourne pas même de la vérité. Oui, j’ai eu mon premier accident de moto cette semaine. Nul besoin d’en parler autrement car la gravité du choc a été relative. Alors que je roulais sur la file de gauche dans une double voies. Le 4x4 un peu plus en avance que moi sur la voie de droite a brusquement tourné pour prendre la route à gauche, sans signaler son changement de direction. Même si je ne roulais pas vite, je n’ai pu totalement contrôler ma Noura. Freinage appuyé, mais une légère inclinaison vers la gauche a tout fait basculé. Je me suis retrouvé au sol moins d’une seconde plus tard car une douleur très prononcée au genou droit. Il avait dû heurté la moto durant ma chute. La voiture qui avait provoqué ma chute était déjà bien loin et heureusement pour moi, personne ne me suivait de trop près. Deux piétons m’ont aidé. Le premier pour indiqué aux voitures arrivants de changer de file. Le second pour m’aider à me relever et sortir de la circulation. Après un check relatif de mes douleurs. Petit saignement du bras droit, épaule engourdie, des bleus de-ci de-là. Je reprenais ma direction initiale pour rejoindre Marc. En effet, Nous nous retrouvions à Dekwaneh pour récupérer le premier papier qui permettra le transfert de mon permis libanais vers un permis français, et ainsi me faciliter les démarches d’un nouveau permis international complet. Je ne sais cette procédure ne sera pas forcément complète avant mon départ au Vietnam mais qu’importe. De retour à l’école, j’ai fini ma journée de travail et j’ai pu constaté que la douleur n’était plus aussi intense et j’ai donc décidé de ne pas aller à l’hôpital. En ce dimanche soir, toutes les douleurs ont presque disparu, mais reste un mal de dos qui, pourtant pas lié à mon accident, m’empêche de poursuivre plus en intensité ma pratique rugbystique. Ainsi, je ne dérogerai donc pas à la règle et finirai malgré tout chez le médecin dans la semaine à venir.

Mais cette semaine était marquée par deux évènements d’une toute autre importance que ce petit accident finalement. L’Eid arrivait et avec elle, les jours fériés. Jeudi de l’ascension pour un grand weekend en France, nous en avons eu l’équivalence ici. 5 jours. Mercredi donné, jeudi et vendredi pour l’Eid, et le weekend. Impossible de se plaindre avec un tel programme, surtout qu’en plus, deux autres nouveaux jours nous serons donné d’ici la fin du mois. Le Liban a encore une fois cet avantage fou d’avoir un calendrier le plus gruyère que les pays dans lesquels j’ai pu exercer. Je doute que le Vietnam soit aussi important de ce côté et ça n’est pas important. J’ai pu donc allé jeudi matin avant 6h à la mosquée, écouter le prêche du Cheir, parlant de Palestine et plus encore. Je ne voulais pas quitter le Liban sans avoir marqué l’Eid el Fitr de la meilleure des manière, celle d’un passage dans le lieu de culte. J’ai profité pleinement ensuite de jours de repos donnés. J’avais travaillé ardemment en début de semaine pour ne pas avoir à le refaire durant ce weekend prolongé, et je n’ai pas eu à le regretter. Il y a toujours cet aspect-là dans mon travail, je veux vraiment faire en sorte de me libérer les fins de semaine pour en profiter au maximum. Arpenter le pays, avoir une vie sociale pleine, ces possibilités qui me sont données avant de partir dans quelques semaines je ne veux qu’apprécier une fois encore ce pays si beau, si magique, malgré un contexte difficile. Ce contexte délicat n’est rien comparé au celui du pays au Sud, la Palestine. Sans rentrer dans un débat qui me dépasse, je me dis simplement qu’au niveau humanitaire, il y a des choses qui ne devraient pas exister. Tuer des enfants, abattre un immeuble de journaliste, c’est un crime de guerre. Mais on peut ajouter les très fortes tensions dans les villes mixtes de Lod, d’Acre notamment. Je ne sais pas quelle tournure prendront les évènements à venir, mais je doute que l’apaisement soit à l’ordre du jour…

Je suis parti camper ce weekend. Depuis mon arrivée au Liban, il était de ces choses que je rêvais de faire, et une fois de plus, j’accompagne et accompli un rêve de plus dans ce pays qui est le mien. Parti samedi en début d’après-midi avec Philippe, Stéphane et son fils, on rejoignait Anthony, un collègue du CPF qui d’après les dires de Philippe, un pro du camping et qui adorait ça. La découverte de notre emplacement sauvage, l’environnement et son matériel allaient rapidement confirmer ces dires. De mon côté je montais ma tente, ravi de pouvoir l’utiliser. Une petite balade vers le sommet à l’Est du campement. Une soirée autour du feu. Une nuit en pleine nature, c’est tout ce que je souhaitais. Je voulais vraiment le faire et avoir eu cette possibilité qui est des plus importante. Cependant la fraicheur de la nuit me rappelait aux précautions d’usages… Une température négative, j’ai eu froid. J’avais du matériel mais pas pour ce genre de température. A Presque 2000m, on peut avoir douze degrés comme moins deux. Réchauffé par le soleil matinal, un camp rangé de manière efficace, nous sommes parti voir la statue de Charbel au-dessus de Faraya. Un peu moins de deux heures pour faire l’aller-retour, et une chose que je voulais faire à défaut d’avoir pu le faire avec les colocs. De retour en début d’après-midi, j’ai pu me préparer à la semaine à venir.

Oui cette semaine je vais revoir mes élèves et c’est le plus important, mais peut-être que d’autres découvertes viendront se greffer à ce réel plaisir. Bref les matchs de ligue 1 se terminent et Morphée m’appelle, je vais le rejoindre !

Camping, Eid et accident
Camping, Eid et accident
Camping, Eid et accident
Camping, Eid et accident
Lire la suite

Officialisation et weekend dans la nature

9 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature
Officialisation et weekend dans la nature

Il est onze heures passées que je commence la rédaction de cet article car j’ai trop pris mon temps peut être ce soir, mais en même temps c’est aussi ça qui est plaisant durant le weekend, de faire les choses à notre guise. Particulièrement à ce moment où je me sens encore plus libre qu’avant, soulagé avant tout. En effet, j’ai eu durant la semaine, le plaisir de recevoir de Paris la confirmation de mon détachement à Hanoï pour septembre prochain. C’est donc confirmé, je serai bien au Vietnam pour la rentrée prochaine. Voilà plusieurs semaines que je me questionnais à ce sujet, savoir si pouvais bien repartir, si Rennes me laisserait y aller. Plus d’hésitation à présent. Une nouvelle aventure pour la rentrée prochaine, une nouvelle étape de ma vie, alors il ne tient qu’à moi de profiter plus encore du temps qui m’est compté dans ce Liban qui est le mien.

Cette semaine la confirmation de la reprise en hybride, c’est-à-dire un jour sur deux pour les enfants nous a été amené car les maternels sont revenus mercredi. J’ai hâte à la semaine prochaine pour retrouver mes petits élèves. Le travail à distance, bien que j’ai pris le pli, pouvoir y mettre un terme sera rassurant aussi, retrouvé un semblant de normalité. Masque sur le visage et demi groupe classe mais qu’importe, le 17 mai, mes élèves reviendront. D’ici là, il peut s’en passer des choses, il y a d’abord l’Eid à célébrer, mais bientôt. Bientôt, après presque six mois, je retrouverai mes pitchounes. Un iftar avec des amis également pour profiter plus encore, car oui c’est aussi ça l’hospitalité libanaise. Aller manger chez des amis, libanais et plus encore, c’est aussi ça le plaisir.  

Une séance de rugby un peu trop intense mardi soir m’a fait calmer le jeu sportif entamé récemment. Une douleur vive dans la cuisse, ça ne pardonne pas, mais ça tombait finalement bien aussi car je pouvais sans scrupules finalement laisser la routine de la salle pour aller gambader en dehors de la ville. A défaut d’avoir pu le faire pour la Pâques orthodoxe, j’ai loué une voiture ce weekend. Je suis donc allé la chercher vendredi matin, pour pouvoir décoller sitôt l’école terminée vers le nord. Une sandero automatique, plus grande que la picanto de la Toussaint dernière et vu le périple du weekend, ça n’était pas une mauvaise idée d’augmenter de taille. J’adore ma moto, ma Noura, mais la voiture offre des possibilités bien plus grandes de déplacement et d’aisance. 

14h tapantes, je lâchais mes élèves, et je filais chercher Cédric. En février, il avait eu la gentillesse de me proposer de bouger avec eux, lui rendre la pareille était des plus évidents. Ainsi, on partait vers le nord, et plus précisément, Baatara où se situe le gouffre des trois ponts. Ce lieu, voilà des mois que j’en parle, que je l’avais en tête en me disant, il faut que j’y aille, il faut que je le découvre. A peine Ghazir passé que l’on décide de passer par la montagne plutôt que de rester dans les bouchons de la sortie de ville. On prend ainsi la direction d’Afqa. Je n’y étais pas allé non plus. J’ai donc pris une grosse claque en découvrant cette cavité rocheuse avec ses chutes d’eau étonnantes. Au-delà du temple d’Adonis, un petit pont et la vue de l’ensemble est surprenante. Je retiens la grande de cette cave, servant de niche à de multiples oiseaux, me ramenant vers le Québec et Montmorency. J’imaginais le gouffre des trois ponts en hauteur, et comme son nom l’indique, il était au fond d’une vallée, me ramenant vers un souvenir de vertiges  à la vue vertigineuse qui s’offrait à moi. Cédric m’a motivé pour visiter un peu plus car seul, je me serai cantonné à certains espaces. L’eau qui est coulait, n’avait pas le débit d’Afqa, mais ce gouffre, quelle beauté ! Bataraa, toi qui me tendait les bras depuis si longtemps, je suis enfin venu te voir ! Sur le chemin du retour, il était devenu impératif de faire un petit plongeon dans l’eau. Nous nous sommes donc arrêtés à Jbeil, plage délaissé avec la nuit approchante. Nous avons eu la lueur du coucher de soleil pour un vendredi déjà bien intense.

A l’arrivée à Beyrouth, j’ai pu voir Marc partir chez lui pour deux semaines, l’appartement sera plus calme, mais remplacé par Wissam pour le weekend. Samedi matin au calme, sans grasse mat pour autant. 11h devant chez Cédric, il m’avait proposé de partir à Ehden, dans la réserve des cèdres pour une balade qui le tentait. Ne connaissant pas, j’avoue que l’idée me plaisait bien. On s’est donc mis en route. 2H30 de route, c’est long. Si jamais je retourne par là-bas, je prendrais un logement dans le coin pour éviter de faire autant de route dans la journée car c’est vraiment long. Une petite pause en montant dans la Qadisha, Un manouché et ça repart ! 14h30 et top départ. On commence doucement, sans sac, car la balade n’allait pas durer plus de trois heures. Le sentier 2, puis le 3. On arrive à la jonction avec le 4 que l’on démarre. A la fin de ce dernier, cela fait à peine une heure que l’on marche, et on décide de poursuivre avec celui dont la difficulté était la plus élevée. On se retrouvait sur notre randonnée d’octobre. Une vue magnifique sur une forêt de cèdres, le soleil doux du nord. Une petite sieste et chemin du retour. 2H30 de marche à un bon rythme, mais finalement cette réserve était bien plus petite que celle de Jabal Moussa. Le plaisir de la balade était bien là et c’était le plus important. Route du retour aussi longue, et nouvelle baignade au retour.  L’avantage d’avoir la voiture, c’est de pouvoir transporter des choses. Je suis donc allé faire des courses sur le retour. Avec le style caractéristique du retour de plage. Serviette par-dessus le maillot pour éviter de tremper les sièges de la voiture. La classe à Dallas ! Peu importe, j’ai trouvé tout ce dont j’avais besoin, ou pas besoin justement d’ailleurs.

Dimanche matin, direction le sud cette fois avec Hiba. Enfin le sud, d’abord le Chouf et la réserve des cèdres de Barouk. Oui, troisième jour, troisième balade, il ne pouvait en être autrement. Une petite arrivée avant midi, pour un tour dans une partie inconnue de la réserve. J’ai trouvé la terre très sèche tout au long du weekend et je me dis que l’on n’est que début mai. Qu’en sera-t-il en août, ou même septembre s’il ne pleut pas d’ici là ? L’essentiel était ailleurs. Cette réserve vaut le détour, mais maintenant que j’ai enfin une carte de l’endroit, je voudrais faire les choses de manière un peu différente. Partir du bas, faire l’ascension et redescendre de l’autre. Il n’était pas 13h30 quand nous terminions notre balade. J’avais proposé d’aller manger à Sour. Le plan fut donc suivi. Direction sud à fond, en passant par Deir el qamar et Saïda. Un petit tour dans le dédale qu’est le centre-ville de Sour, et nous retrouvions mon petit restaurant de poisson favori. Du rouget au menu. Oui on ne se refuse rien. Délicieux assurément. Venir à Tyr, imposait un détour par la plage. J’adore cette eau, très salée d’ailleurs, mais si claire. Un plongeon, une sieste et puis s’en va.

Il fallait déjà prendre le chemin de retour. Je n’ai pu faire le plein ce soir. Depuis deux trois jours, je vois de multiples stations, fermer ou rationner l’essence. Je savais qu’une pénurie est probable d’ici la fin du mois, mais je ne pensais pas la voir débarquer avant l’Eid… j’espère que cette célébration pourra se faire sans heurts. Je me doute que ce ne sera pas aussi intense que ce qui se passe actuellement en Palestine occupée, mais quand-même. On nous annonce de fortes restrictions à partir du premier juin. Nous verrons bien. Mais en tout cas à partir de demain, je vais installer officiellement ma nouvelle routine, avec du vietnamien à travailler tous les jours. Un nouveau tournoi de rugby dans quinze jours, je veux en être !

Le sommeil se fait pressant, mais j’ai encore deux trois choses à finir avant de m’y lancer pleinement. Je pars à Hanoï, j’ai profité d’un beau weekend et de nouveaux jours de repos s’annoncent. Oui cette fin d’année scolaire est particulière, mais ce qui est sûr, c’est que je boirai le calice jusqu’à la lie.

mon tube du moment.

Lire la suite

Esprit de contradiction, Pâques orthodoxe et coups de soleil

2 Mai 2021 , Rédigé par Pereg

Sour!

Sour!

Dimanche matin, il est encore tôt alors que je m’attaque à la rédaction de l’article hebdomadaire, mais d’une certaine manière, le programme souhaité pour la journée d’aujourd’hui a déjà été réalisé. Courir 80 minutes. Réveillé comme toute la semaine à 6h40, je ne me suis pas rendormi, au contraire, j’ai mis mes runnings et je suis sorti avant 7h. L’objectif était clair, tenir cette durée, me prouver à moi-même que j’étais capable de courir cette durée. Vous me direz, mais pourquoi 80 minutes, pas 60, pas 90 ? C’est la durée d’un match de rugby. J’ai gardé en tête une des phrases de l’entraineur « comment ferez-vous pour plaquer et venir au soutien de vos coéquipiers si vous n’êtes déjà même pas capable de courir tout au long d’un match ? ».

L’ai-je donc réellement fait pour moi ce matin ? Ou l’ai-je fait pour prouver à mon entraineur que je suis capable de tenir, de suivre moralement le groupe sur l’intensité de l’effort. Je me le dois avant tout à moi-même, ça c’est indéniable. Car j’ai souhaité me remettre en forme, chose qui durera jusqu’à la fin de mon séjour libanais. Mais aussi vis-à-vis de mon équipe, j’ai un train physique de retard. J’en suis bien conscient, j’ai besoin de m’améliorer, et les séances intensives que je réalise actuellement sont aussi orientés vers cet objectif, me mettre au niveau de l’équipe. La remarque de Waël à mon encontre ce jeudi en ne m’appelant non par mon nom mon mais par « Frenchie » aurait piqué mon orgueil ? Assurément. Mais est-ce que je raisonne pour autant par esprit de contradiction, pour lui montrer qu’il a tort de ne pas me faire confiance ? Non, non, je suis au-dessus de ça. Je sais que je dois m’améliorer, et cette amélioration aura aussi pour bénéfice de me mettre un peu plus au niveau de l’équipe. Mais ce n’est pas parce qu’il me l’a dit que je l’ai fait. Je le fais car je choisis de m’améliorer. Je veux donner le meilleur de moi-même et pour ça, je fais les efforts nécessaires pour ne plus être un boulet, pour avoir le droit de retrouver mon prénom, l’honorer sur le terrain car il faut être clair, c’est aussi ce que je vise. Je n’ai pas le jeu de ballon de Baptiste, ni la vision du jeu de Charbel, ni le physique de golgoth de Khalil. Mais je sais que je suis un acharné du travail défensif, et je trouverai ma place dans ce collectif par cet investissement qui est le mien.

Cette semaine j’ai donc fait du sport six fois. Après le match de samedi dernier, récupération en mode piscine lundi. Entrainement mardi et jeudi, récupération avec la piscine mercredi et vendredi également. En parlant d’entrainement, j’avoue que la pédagogie libanaise, et particulièrement celle de mon coach, m’a heurté. Je peux être considéré aujourd’hui comme un pédagogue. J’enseigne en continu depuis 2012. Et je ne me rappelle pas avoir eu un coach à Bordeaux au gaélique qui parlait à son équipe de cette manière.  Ecraser ses joueurs pour les faire progresser, les insulter pour les faires réagir et se motiver. Ce n’est en rien ma vision de l’investissement et de la motivation. On me rétorquera que certains joueurs ont besoin de pression pour progresser et je n’en doute pas. Mais de là à verbaliser de cette manière, il y a un pas, un pas de géant. Ce que je fais en classe n’est pas tellement comparable à ce qui peut être fait dans une équipe d’adultes. Mais pour autant est-ce pertinent ? J’en doute. J’ai aussi passé l’âge de servir de paillasson à un adulte pouvant me crier dessus. Je ne suis plus lycéen ou étudiant, je suis un adulte respectable. Alors soit, il ne m’a pas mal parlé autant qu’il a fait avec d’autres et mes jeunes coéquipiers ne semblent nullement gênés par cette méthode de management. Mon regard est forcément biaisé par le professionnel de l’apprentissage que je suis. Reste encore une différence majeure peut-être avec sa manière de traiter les jeunes. C’est que je sais les efforts que je dois fournir, je sais ce que j’ai à faire, sans pour autant y arriver actuellement. Ce n’est peut-être pas le cas des jeunes pousses avec moi. Je retiens n’empêche la dépense physique intense que sont les entrainements collectif, le fait de faire parti d’un collectif et la sociabilisation induite aussi par cette pratique.

Me tourner vers le sport de manière prépondérante est aussi volontaire pour oublier un peu l’attente dans laquelle je suis plongé concernant mon poste pour la rentrée de septembre. J’attends que Rennes accorde mon détachement pour le poste à Hanoï, ou ne l’accorde pas. S’il y a détachement, khalass on n’en parle plus et je serai au lycée Alexandre Yersin en CM1 pour la nouvelle année scolaire. Mais si ça n’est pas le cas, il y aura un appel à faire et la démarche sera repoussée, voire impossible. J’ai du envoyer une lettre de motivation et un CV pour les postes demandés au mouvement. En effet, j’ai postulé sur les UPE2A (unités pédagogiques pour les élèves allophones arrivants). Autrement dit, des enfants en France, nouvellement arrivés et qui ne parlent que trop peu le français. Ce poste en France, est celui dont je rêve… à mon retour de l’étranger. C’est vraiment le poste pour lequel je me suis formé en passant des  certifications supplémentaires, plus encore que la SEGPA qui m’intéresse indéniablement aussi. Mais entre ce poste très intéressant en Ille-et-Vilaine, et Hanoï. Il n’y a pas match, c’est le Vietnam que je désire le plus ardemment. Alors je patiente, et je verrai quand le couperet tombera, si la pièce joue à pile ou face.

Une semaine de travail relativement courte a donné la possibilité de faire une journée plage vendredi. Il y a des choses que j’ai encore du mal à comprendre, notamment le calendrier scolaire. Les orthodoxes célèbrent Pâques en ce weekend. Nous avons donc eu le droit au vendredi pascal également. Comme le premier mai tombe un samedi, il est « rattrapé » lundi. Demain sera donc une journée de repos. Mais aussi génial que puisse être cette décision, elle est accompagnée du même confinement que pour la Pâques catholique. Samedi, dimanche et lundi confinés. C’est assez particulier de voir à nouveau tous commerces non-essentiels fermés. Je voulais prendre une voiture et partir mais à quoi bon avec de telles circonstances. Je le ferai le weekend prochain. Alors vendredi, j’ai rejoint Tommy, Salah (son chien) et Dorine à Cola. On a loué un taxi pour nous emmener à Sour passer la journée à la plage. J’adore cette plage, nous sommes arrivés à 10h30, j’ai d’abord fait une chose que je n’avais pas encore pris le temps de réaliser. C’est de faire toute la longueur de plage en marchant les pieds dans l’eau. Puis une première baignade avant midi dans cette eau chaude et si claire. La journée avançait vite et malgré une crème solaire tartinée, mais également un tshirt enfilé, j’ai rougi… Un peu de biafine toutes les trois heures pour estomper les symptômes mais les coups de soleil demeurent encore aujourd’hui. J’avais pourtant fait attention, mais ma peau de blanc breton n’est pas de taille à lutter avec la force du soleil libanais. Ma nuque avait pris cher aussi le weekend dernier au rugby.

Ce weekend est donc un weekend de repos et j’en ai profité pour cuisiner un peu aussi. J’en avais envie. Hier matin aux fourneaux, une mousse au chocolat, un ceviche de saumon, une julienne de légumes et une omelette un brin améliorée. J’en ai profité pour faire découvrir à mes colocs le paté Hénaff, mais aussi le beurre paysan breton, ramené précieusement de mes vacances. Ils ont été bluffé, et ont compris le plaisir que je peux avoir à tartiner et dévorer une simple tranche de pain. Aujourd’hui ce sera plus léger mais demain je pense faire à nouveau des crêpes, après tout, j’ai de la farine de sarrasin, du beurre breton, du lait aussi et des œufs bio. Les bons produits sont toujours une bonne base pour avoir envie de cuisiner.  

Midi n’a pas encore sonné que je baille déjà, je termine aussi cet article. Ainsi la télé va chauffer aujourd’hui avec tous les matchs à suivre, du PSG féminin aux nantais, des rochelais face au mur irlandais, aux bleus en hand, il  y en a vraiment pour tous les gouts. J’ai fini l’aiguille creuse hier soir, je continuerai Arsène Lupin plus tard, je vais d’abord m’attaquer à Barry Lindon et bientôt je reviendrai vers Dumas, Bragelonne m’attend  et me guette, il reste mon objectif en lecture depuis plus d’un an! J’ai réalisé ça aussi en rentrant de ma course matinale, je prendrai l’avion le 2 juillet, il me reste deux mois… Time is running out !

Course matinale, j'ai même marché sur l'eau d'après le GPS^^

Course matinale, j'ai même marché sur l'eau d'après le GPS^^

Lire la suite