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Fin de résidence au Liban

2 Juillet 2021 , Rédigé par Pereg

Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs
Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs
Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs

Saida, Sour et ce beau cadeau des colocs

Vendredi matin, je démarre la rédaction de cet article, cet ultime article libanais dans un café à Rennes. Oui j’ai pris l’avion, j’ai pris le train et bientôt je rejoindrai les parents à Saint-Malo, dernière étape de mon retour libanais, première étape estivale. Je ne ferai pas de tour de France cette année, mais je compte déjà les jours. En effet, je n’ai que 28 jours de présence sur le territoire métropolitain avant mon envol vers ma prochaine étape le Viet Nam. Mais avant de penser à  la suite, il me paraissait important de clôturer proprement ma résidence libanaise. Je n’ai pas eu le cœur ni la motivation d’écrire un article dimanche dernier. Je voulais profiter pleinement de mes derniers jours à Beyrouth. D’ailleurs on pourrait me dire que je n’ai pas fait grand-chose récemment, ce serait vrai. Mais il était nécessaire de poser un peu les choses. Mon carnet du quotidien à son importance, mais l’écriture de mon blog, de son aboutissement était une nécessité absolue également.

Après un weekend dans le nord, la semaine de travail avec les élèves m’a paru tellement désuète. Plus de motivation, plus de force pour travailler, une concentration dissolue. C’est bien normal quand on arrive fin juin, que le cœur n’y soit plus. Les dernières notions de travail ont été un peu fun, mais pour autant ça ne suffisait pas, leur esprit n’était plus là. Le mien non plus d’ailleurs d’une certaine manière. Mon lak, celui que j’ai connu dès la première année a bien disparu. Les journées de formation avec le départ combiné de plus d’un quart de l’effectif me confirme que le vent a clairement tourné. Je quitte ce lycée où beaucoup de choses ont changé, la plupart des collègues que j’affectionne quittent également, d’autres restent, mais je sais bien qu’une nouvelle année avec tous ces changements, ça aurait été délicat.  Je n’en reste pas moins marqué et bienheureux du travail accompli, avec les enfants et les collègues, de la coordination aux réunions EPS, ce lycéen, cette famille reste la mienne.

La vie quotidienne était pensante aussi, même si j’avais plaisir à aller à l’école, on rentre à la maison, pas d’électricité et cela pendant 12h sur 24h, pas de clim. Dans la rue du bordel avec les stations-services qui font de la rétention et des files d’attente à n’en plus finir… Oui Ce fut fou, délicat, bordélique, mais je crois que mon départ imminent m’a fait m’y accommoder en me disant, « c’est la fin, je peux faire avec car je pars bientôt ». Je ne sais pas si j’aurais été dans le même état d’esprit pour une année de plus… Je ne serai pas resté dans cet appartement, j’aurais cherché ailleurs. Mais s’il y a bien un choix que je ne regrette pas, c’est d’être venu habiter là avec Marc et Fady. Marc a géré son Covid, Fady est revenu pour l’été. Ils ont eu un geste génial et ce tshirt qui résume nos mois de cohabitation est un vrai plaisir. Après Belle et David, cette seconde réelle colocation libanaise fut profitable pour le meilleur, ils ont rendu ma vie bien plus agréable, ils ont fait de mon quotidien cette joyeuseté à partager. Le dernier verre hier soir devait aussi être pour eux, comme une évidence.

L’euro 2020 a rythmé mes derniers jours, une grande compétition sportive trop tôt achevée pour le groupe France, un huitième de finale contre les suisses qui la méritent amplement, mais j’avoue que ça pique encore… Une première depuis 2010, une sortie de route qui j’espère remettra la France sur de bons rails pour la coupe du monde 2022. Je le regrette surtout pour Ngolo Kanté que je vois privé de ballon d’or en fin d’année, si les anglais ou les belges vont trop loin. Ça me fend le cœur, mais j’ai envie de voir l’Italie aller loin, mais cette compétition peut réserver de belles surprises, la Suisse, l’Ukraine ou la République Tchèque. Le football d’accord, mais il y a aussi les Habs en finale de Stanley Cup rudement menés, la NBA dont la finale à venir me paraît clairement indécise. Le vélo aussi avec le Tour de France et ses quatre étapes bretonnes. La famille est allée la voir, ils ont eu raison. J’aurais fait de même si j’avais pu. C’est toujours spécial d’avoir le plaisir de la caravane dans la région, il faut simplement en profiter au maximum.

Après cette digression d’animation, car mes soirées se sont plus passées au bar qu’autre chose, j’ai la sensation d’avoir achevé mon périple libanais de la manière souhaitée. Une dernière plage à Sour, cette eau est si belle. Une dernière balade à Saida, se perdre dans ses rues est toujours un délice. Raouche et la Corniche comme une ultime marche dans Beyrouth, une dernière bouchée à Mezian. Ma ville, Beyrouth, celle qui m’a tant offert, fait découvrir et évoluer. J’ai rencontré plein de personnes formidables, qui resteront dans ma vie pour toujours. Je me suis fait tatoué le cèdre, arbre millénaire symbole de ce Liban historique, et dont la nature foisonnante a tellement à offrir. Ce pays, je le quitte, je ne sais quand j’y reviendrai, si j’y reviendrai, mais il m’est encore trop difficile de pouvoir dire combien cette première résidence m’aura marqué.

Yalah Bye, Behebak ya Lubnan, Beirut, madinati hebik ktir.

Au revoir mon Lak.

Au revoir mon Lak.

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