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IV. Découverte de l’école

29 Août 2021 , Rédigé par Pereg

Mon lycée
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Mon lycée
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Mon lycée

Mon lycée

Une nouvelle semaine s’achève, mais la quarantaine reste de mise. En effet le 6 septembre est là date que j’ai le plus en tête, cependant je doute que le confinement arrive à son terme ce jour-là. En effet, la situation continue de se dégrader dans le pays et je doute que l’on puisse avoir accès à la ville ni aux régions environnantes avant longtemps. Le choix est un choix. Plus question de revenir en arrière même si la tentation d’y repenser est grande. Cet été à nul autre pareil, avec ces semaines de quarantaine qui s’enchainent ont malmené un peu ma résolution. J’ai voulu venir, je savais que ça pouvait être délicat, je savais que les restrictions pourraient être plus importantes. Elles le sont. Enfermé à domicile, sans pouvoir aller plus loin que ma rue, sans pouvoir aller découvrir le marché aux fleurs ou voir le lac. C’est frustrant, je mentirais si je disais le contraire. Mais j’ai choisi de venir ici, j’assume ce que ça implique. Les difficultés éprouvées par ce nouveau confinement sont réelles, moralement principalement car le cerveau ne cesse de fonctionner et cogiter devient un état de fait. Il y a aussi d’autres choses positives que je ne vais pas occulter non plus. Déjà ma semaine avec Hervé et les repas ensemble, tout comme nos discussions sur plein de sujets sont des moments plaisants du quotidien. Mais mon grand moment de la semaine fut indéniablement la découverte de ma nouvelle école.

Hier, samedi 28 août sonnait l’heure officielle de la fin de quarantaine. Nous sommes à présent confiné à la maison, non plus pour notre arrivée au Vietnam, mais au même titre que les habitants. Avec une exception importante, nous avons une autorisation permanente de venir au lycée. Une attestation officielle nous a été remis à tous. Après, avec le contexte, les rassemblements sont à proscrire, le nombre d’enseignants se déplaçant est ainsi limité. C’était donc notre tour de venir découvrir l’école ce samedi. Voir le bâtiment de l’extérieur, donne une impression d’immensité. Ce fut encore plus impressionnant de l’intérieur. Quatre bâtiments construits autour d’une allée centrale, comme une rue traversante. En A, la piscine, le dojo, le gymnase, sans compter le stade avec piste d’athlétisme et terrain de foot/rugby. Je n’avais jamais vu d’installations sportives aussi intéressantes. En B, toute la partie lycée avec la bibliothèque commune. En C, un auditorium et l’administratif. En D, tout le primaire.

De l’espace, de la verdure entre les bâtiments et les classes. Un mur d’escalade également. Comparé à mon établissement précédent, c’est sans commune mesure assurément. Les maternelles en bas, la cour du primaire au premier étage avec des classes, et les grands comme mes CM1 au dernier étage. La curiosité était le maître de mot de ma pensée à l’idée de découvrir ma classe. La première impression est toujours importante. Je ne fus pas déçu. De l’espace pour circuler, des rangements pertinents, une classe lumineuse avec une grande baie vitrée, de la hauteur sous plafond. J’ai rarement eu des conditions de travail aussi favorables, nous avons même tous un ordinateur de travail, presque neuf que l’on peut utiliser à convenance. L’émulation positive que donne l’accès un tel environnement de travail ne peut pas non plus compenser le fait de devoir démarrer à distance avec les élèves, car oui c’est acté, nous serons en distanciel pour commencer l’année. Reste à voir si j’aurais le plaisir d’aller travailler au lycée ou si je devrais rester à domicile pour le faire. La décision est celle des autorités locales.

Ce dimanche ensoleillé, je le passerai à nouveau à l’intérieur, comme les jours, naviguant de ma chambre à la cuisine ou la table du salon, entre lecture, un peu d’exercices, ou Netflix. Il y a toujours de quoi passer le temps, mais ce n’est pas ce qui me reste. Le vietnamien n’est pas une langue simple, ces premières leçons me confirme que j’ai du boulot de ce côté, je vais donc prendre mon temps et peut-être un jour les progrès seront significatifs. Mon esprit est aussi à parcourir le monde. Du délitement de l’économie libanaise, de la reconstruction d’Haïti aux massacres des talibans, je m’en inquiète forcément. L’évolution de la crise afghane à la crise sanitaire, ce monde ne tourne pas toujours rond. Pour autant je reste focaliser sur ce pourquoi je suis venu ici, enseigner, la visite de l’école, ce n’était qu’un des premiers pas. 

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III. De l’hôtel à la maison

22 Août 2021 , Rédigé par Pereg

Mon nouveau lycée, Alexandre Yersin.
Mon nouveau lycée, Alexandre Yersin.

Mon nouveau lycée, Alexandre Yersin.

​​​​​​Dimanche soir, au calme, devant Netflix et je commence à rédiger mon article. Je ne sais pas si je serai en capacité de regarder le derby ce soir mais il est sûr que j’essayerai. Je ne suis plus sur le même fuseau horaire, mais à défaut de pouvoir m’ouvrir au Vietnam, mon esprit est toujours relié à la France. Alors Rennes-Nantes bien sûr que je l’ai en tête. Ma quarantaine à l’hôtel s’est achevée vendredi soir et depuis quarantaine à la maison.

En effet, il était prévu que la ville soit confinée jusqu’au 23 août, c’est-à-dire demain. Cependant cette semaine, une nouvelle est venue noircir le tableau. La ville d’Hanoï est confinée jusqu’au 6 septembre. Un confinement ici, n’a rien à voir avec ce que j’avais pu connaître avant. Non seulement, il est interdit de sortir de chez soi, mais en plus il y a des barrages pour cloisonner les différents quartiers, et même plus encore car des barrières sont posées aux entrées de certaines ruelles. C’est assez fou de voir ce cloisonnement mais le Vietnam depuis mi-juillet 2021 vit son premier pic de l’épidémie avec le variant Delta. Le pays déjà fermé, affronte la crise à sa manière, en confinant. Pour accéder au territoire national lui-même, un permis de travail était obligatoire, cette quarantaine devient moralement plus délicate. La sortie de l’hôtel au lieu d’être un réel soulagement apporte donc une nouvelle obligation, celle de faire comme tous les locaux, mais sans la facilité des livraisons facilitées à la maison. Car oui, sortie de quarantaine sans passer par la case magasin, donc pas de SIM locale, donc pas d’accès aux applications de livraison. Ce pourrait être un détail, mais du coup, l’accès à toute la nourriture livrée n’est pas accessible. Enfin presque toute car j’ai réussi avec Capichi à nous faire avoir un peu de Vietnam en bouche.

Je dis nous car depuis vendredi soir, je ne vis plus seul. Hervé, un collègue de secondaire nouvellement nommé à accepter que je vienne vivre avec lui le temps que je récupère mon propre logement. Avec la quarantaine, ça risque de durer aussi longtemps que la ville est confinée. Ainsi, vendredi soir, première vraie interaction sociale depuis deux semaines. Quel bonheur de simplement parler avec des gens, de visu, plus seulement par messages ou par téléphone, mais de vive voix. On a passé le weekend à discuter de choses et d’autres, allant au minimarché de l’autre côté de la rue, marchant dans notre quartier en allant même devant le nouveau lycée. Oui, à peine à 300m de la maison d’Hervé, j’ai été bluffé par cet établissement. Pour venir du Liban, le décalage est majeur. Immense, neuf et pleinement équipé, c’est un environnement de travail idéal. Reste à voir si l’on y aura accès, ce qui est clairement une autre histoire…

On a été transféré, car effectivement notre convoi de vendredi soir à 23H30 nous a paru comme tel, il ne fallait pas que l’on parte plus tôt pour dire que notre quarantaine était complète. Un chauffeur tout équipé en schtroumpf est venu nous chercher. Ne pouvant pas communiquer en anglais avec lui, il fallait juste espérer qu’il ne se tromper pas de chemin car nous étions dans l’incapacité de lui transmettre nos demandes. Après avoir déposé la mauvaise personne initialement, nous avons tous réussi à rejoindre le logement dans lequel nous étions tous sensés vivre. La maison d’Hervé ressemble à une maison typique vietnamienne, toute en hauteur. L’accès se fait par le salon, la cuisine est derrière, et le reste dans les étages. Une cuisine sans fenêtre, voilà bien une chose pas commune pour des Français vivants en plain-pied ou même sur deux niveaux. Ici, la première chambre est à l’étage supérieure, et chaque demi-niveau apporte une nouvelle chambre. On finit au quatrième par une terrasse avec des barreaux tout autour, j’en ignore encore la raison, mais terriblement efficace pour faire sécher le linge, ça en revanche c’est sûr.

Ma chambre actuelle est telle que sera probablement celle que j’espère avoir dans une colocation proche, au troisième étage, petit balcon, et lit immense et matelas dur. En parlant de ce lit, j’ai eu le plaisir d’avoir un drap et des taies d’oreiller Peppa Pig, si c’est pas la classe ! Peu m’importe, un lit pour dormir, un coin pour travailler, pour l’instant il n’y a guère à faire en plus. Je savais qu’en acceptant le travail ici, les conditions de vie pourraient être différentes, que le quotidien pourrait être plus délicat car chaque pays gère la crise à sa manière… Mais je ne peux m’empêcher de penser que ce que nous vivons ici est une sacrée épreuve malgré tout. Oui, confinement volontaire durant tout le mois d’août, isolation totale et sociale, loin de la famille, loin des amis. Les réseaux sociaux ont du bon, mais le revers de la médaille dans une situation telle que la nôtre actuellement c’est de voir celles et ceux qui ont la chance de vivre « normalement » alors qu’ici nous sommes confinés. Les émotions sont souvent mauvaises conseillères, il est forcément délicat de comparer le quotidien que nous avons à affronter ici avec celui des plages littorales bretonnes. Je sais pourquoi je suis venu, mais je sais qu’il est usant de voir la différence entre notre réalité et celle de la métropole. A force d’entre en face à face avec moi-même je me suis retourné le cerveau. C’est un monde étrange que le nôtre, et j’ai fait un choix. Il est trop tôt pour en tirer des leçons quelconques, mais cet été est assurément un des plus particulier que j’aurais passé.

Nous avons quitté un confinement strict d’une chambre à celui d’une maison. De l’hôtel à la maison, peu de changements. Le 6 septembre, les choses évolueront peut-être mais d’ici là, malgré tout, je resterai en quarantaine.

Voici mon chez-moi.
Voici mon chez-moi.
Voici mon chez-moi.
Voici mon chez-moi.

Voici mon chez-moi.

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II. En quarantaine

15 Août 2021 , Rédigé par Pereg

Cela fait plus d’une semaine que je suis à l’hôtel, chambre 322. Je n’ai le droit de mettre le nez dehors que pour le plaisir de récupérer mes repas, matin, midi et soir. J’ai oublié aussi le test pcr que nous avons fait à notre arrivée, il y en aura un également pour notre départ. Avant d’être coincé de cette manière, je ne savais pas réellement ce que pouvait être une quarantaine stricte. A Beyrouth, l’appartement déjà avec ses différents espaces nous permettait de disposer d’un espace moins restreint. En France lors du premier confinement, le kilomètre autour de la maison permettait malgré tout de sentir les embruns et de se balader dans des chemins. Mais ici, nulle possibilité n’est donnée à autre chose que cette chambre.

Cette chambre est devenue mon monde, avec une relative routine qui s’est instaurée. La livraison des repas à heure régulière facilite aussi cette mise en place. 7h30 petit-déjeuner, ou plutôt repas car quand on a un pot-au-feu à cette heure-là ce n’est pas la norme à laquelle nous avons pu être habitué. 12h00, déjeuner, et 18h30 le soir le dîner. J’ai le plaisir d’avoir dans la chambre face à la mienne la nouvelle proviseure, mais nous n’avons pas le droit de parler. D’ailleurs il est rare que l’on se croise quand on vient chercher nos repas à la porte. C’est arrivé finalement qu’une seule fois depuis le début. Pour prévenir que les repas sont déposés à la porte, sur la table à disposition, ils frappent à la porte. Au début c’était une alarme, étant déconnectable, je n’ai pas hésité à la couper pour préserver mon sommeil car je suis rarement sur le pont de si bon matin malgré tout. La nourriture proposée est une combinaison de plats locaux comme le Pho, qui est une soupe, et de plats plutôt occidentaux. Après mes excès estivaux, cette transition gastronomique a ses vertus.

Dans ce quotidien, il y a plusieurs objectifs que je me suis fixé, pour faire en sorte de valoriser cette quarantaine. Un peu de travail pour l’école, un peu de vietnamien, des exercices physiques, et de la lecture au quotidien. Vous me diriez oui c’est la base, tu peux le faire, et j’abonde. Je fais tous les jours certaines parties de ce programme, avec plus ou moins d’ardeur, mais rares sont les journées où ce programme a été complété entièrement. Catastrophe ? Non, assurément que non, car la première chose à préserver dans cet enfermement volontaire est le mental. Je fais donc les choses pas à pas. Les journées sont à la fois longues et très courtes. Le paradoxe temporel suit forcément l’humeur et l’implication dans l’activité dans laquelle on s’est plongée. De cette première semaine complète, je peux retenir les choses suivantes. J’ai appris mes premiers mots dans la langue locale, j’y vois un peu plus clair sur le travail que je vais commencer à faire en septembre. J’ai fini Barry Lyndon et démarré Le Vicomte de Bragelonne, j’ai un peu de retard sur Jason mais nul doute que je le finirai. Enfin j’ai un peu mal aux abdos donc je peux me dire que c’est un minimum. Je n’y vois non pas un accomplissement mais c’est un minimum que je ne saurai m’enlever.

D’ici à dimanche prochain, je devrai sortir pour de vrai de cette chambre et aller voir le monde extérieur. Enfin presque. Le Covid-19 fait actuellement des ravages au Vietnam comme il n’avait jusqu’alors jamais fait. Plus de 5000 cas quotidiens. La ville elle-même est cloisonnée et pour sortir de chez soi, il faut un laisser-passer, faire ses courses et s’en revenir. Ces mesures sont en vigueur jusqu’au 23 août à minima. La découverte de mon quartier, de la ville et de ses merveilles, attendra encore un peu. Le pays ne peut se montrer sous son meilleur jour, mais viendra le moment où nous serons libres de circuler. A ce moment je serai prêt à arpenter ce nouvel univers qui est le mien. J’ai fait le choix de venir ici, conscient que les mesures vis-à-vis de la pandémie pouvaient être plus restrictives. Elles le sont. Chaque pays, chaque gouvernement, agit selon ce qu’il pense être au mieux et les décisions européennes ne sont pas celles qu’ont prises une majorité de pays dans le monde, c’est ainsi.

La quarantaine agit aussi comme une phase d’introspection. Ce n’est pas un gros mot et il serait absurde de dire que ce moment ne me fait pas réfléchir, à mes choix, mes envies, mes perspectives. Pas de grande remise en question, pas de prise de tête sur telle ou telle chose, juste l’acceptation de ces pensées qui sont les miennes actuellement. Mon corps est au Vietnam, mon esprit lui, est très proche du Liban. Entre les pénuries qui s’accumulent et l’accident mortel de la nuit passée, ça fait une nouvelle fois beaucoup. Trop. Je m’inquiète forcément pour mes amis qui y vivent, ceux qui vont y revenir aussi à la fin de l’été. Sans parler de l’enseignement dans une telle situation. J’ai quitté un pays souffrant, j’ai l’impression qu’au cancer s’est ajouté le choléra. Devant ce tableau noir, je continue malgré tout à espérer. On ne quitte jamais vraiment un endroit, et Beyrouth comme Varsovie ou Bordeaux, ce sera toujours un peu chez moi.

Je suis à Hanoï, pour une nouvelle expérience, sur un nouveau continent. Mais pour l’instant, je suis simplement, en quarantaine.

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I. Nouveau départ

8 Août 2021 , Rédigé par Pereg

Avant de partir...

Avant de partir...

Dimanche 8 août 2021, je reprends à nouveau la plume pour évoquer ce nouveau départ qui est le mien. Cet été à nul autre pareil à amener son lot de rebondissements, mais aujourd’hui je suis où je devais être, à Hanoï, en quarantaine. Oui, je suis arrivé ici vendredi soir tard dans la nuit, et à présent j’ai quatorze jours à faire dans ma chambre. C’est fou et à la fois ce n’est rien. Le monde covidé dans lequel nous vivons impose des restrictions. Celles mises en place ici au Vietnam sont très importantes. La ville elle-même est confinée d’ailleurs pour deux semaines également. Alors que je sois à l’hôtel ou dans un logement personnel rien n’aurait changé. Impossible d’aller dehors.

Avant de me retrouver dans cette chambre, j’ai proposé de mon été du mieux que je pouvais. Parti avec émotion début juillet du Liban que je quittais pour de bon, j’ai eu la sensation d’avoir pu croiser celles et ceux que je souhaitais cet été. Passer du temps en famille était de loin ma priorité et ce fut clairement le cas. Avec mes neveux et nièces, ma famille proche, mes filleuls, mes parrain/marraine et les cousins sans oublier les amis. Avec un départ prévu au 30 juillet, il fallait faire court. J’ai eu le droit à quelques jours de plus sur le territoire métropolitain, j’en ai profité un peu plus. Quitter un endroit qui nous porte autant est toujours délicat, ma Bretagne, mon Liban, ils m’appartiennent comme je leur appartiens.

On pourrait donc me rétorquer, mais pourquoi repartir ? Cette envie si irrépressible, ce besoin si vital est bien le mien. Je voulais, je me devais de partir pour une nouvelle contrée. Depuis plusieurs années déjà je pensais au Vietnam. Rien ne m’y attachait, mais comme pour Varsovie ou Bordeaux, le sentiment profond que, si je m’y rends, les choses vont bien se passer.  Alors quand début mars on m’a proposé le poste ici, je n’ai pas réfléchi longtemps. Le sentiment serein que c’est là que je vais poursuivre ma vie, continuer à découvrir ce monde qui est le nôtre, apprendre une nouvelle langue, m’ouvrir aux autres, et bien sûr enseigner.

Cette volonté ne va pas sans difficulté mais je ne puis me plaindre de mon choix. C’est ma volonté qui m’a mené où je suis. Ce travail, je le désire et je ne doute pas de tout ce que ça va m’apporter. Il est vrai aussi que cette découverte future me laisse un peu perplexe avec les circonstances actuelles, je souhaite juste que les choses s’améliorent pour qu’enfin la richesse de la culture, de la gastronomie et la société vietnamienne me tendent les bras. Je n’en ai qu’un aperçu au travail de ma fenêtre, de la télévision locale, de mon guide de voyage. J’y entrevois une certaine ironie, toucher du bout du doigt le rêve, mais finalement ce n’est que son reflet dans l’eau. Il faudra attendre pour ouvrir les yeux et s’émerveiller dans ce nouveau quotidien qui sera le mien.

Le périple qui m’a mené ici ne fut pas sans heurts. Tout au long de l’été j’ai commencé par m’inquiéter pour ma seconde dose de vaccin. Le fait d’avoir eu ma première dose au Liban avec AstraZeneca rendait impossible une seconde dose en France avant septembre. Ajouter au bonus qu’au Vietnam, je ne pouvais recevoir une seconde dose en arrivant, je me trouvais dans une situation ubuesque dont mon médecin traitant à Saint-Malo m’a extrait en me permettant d’avoir une seconde dose. Pass Sanitaire validé pour la France, c’est le plus important. Parti à partir le 3 août, dans un train blindé, j’ai me rendre à une exposition dont j’avais entendu parler des mois avant sur les divas du monde arabe. Dalida, Oum Kalthoum, Dalida et bien sûr Fairouz. Du temps, grâce à mon métier j’en ai toujours eu, mais voilà que courrai comme jamais je n’avais fait durant une période estivale.

 

Les divas du monde arabe...
Les divas du monde arabe...

Les divas du monde arabe...

Pour entrer au Vietnam, la lourdeur administrative locale m’a impressionné, c’est pour ça que jusqu’au bout, je voulais être sûr de ne rien avoir oublié, de ne rien avoir oublié, ce qui aurait rendu caduque mon arrivée ici. Un pcr en anglais avec de multiples informations, un dossier pour l’immigration et plus encore. Ce qui m’a le plus gêné, ce sont les bagages. Me voir réduit à 30kg en soute, je ne m’y attendais pas et j’ai ainsi dû reprendre mes valises, en y laissant la moitié de mes affaires, que je me ferai peut-être envoyé plus tard. Un long voyage. Parti à 16h, à Minuit à Doha pour la correspondance. Un aéroport immense, avec un monde fou. Je ne voyage pas seul, nous sommes un groupe de 7 à arriver en même temps. Nous avons cherché un endroit pour nous reposer un peu car l’escale durait plus de douze heures. Au bout du terminal D, après être passé à côté de la délégation brésilienne paralympique, des fauteuils nous attendaient. Une dernière marche et puis s’endort. A peine cinquante personnes dans notre avion pour Hanoï. Ce n’est pas étonnant car actuellement le pays est fermé aux visiteurs. Il faut obligatoirement un permis de travail pour pénétrer dans ce pays. A l’arrivée, combinaison schtroumpf obligatoire pour faire le chemin jusqu’à l’hôtel. Dès mon premier mouvement, je l’ai trouée, j’ai éclaté les gants et les lunettes avaient bien trop de buée. Après une attente interminable, nous avons pu prendre la route de l’hôtel. J’entrais dans ma chambre il était presque trois heures du matin. Encore dans mon rythme européen, la première nuit fut fortement décalée.

Ma première journée de quarantaine est passée très vite avec l’avantage de pouvoir suivre les jeux olympiques à des heures plus accessibles, surtout les finales des sports collectifs. Du basket au volley avec le handball, j’ai vibré, en vietnamien dans le texte, c’était encore plus drôle. Les valeurs portées par l’olympismes sont puissantes et on se laisse toujours porter par la ferveur sportive. La nuit fuit meilleure et celle qui est la mienne ce soir le sera assurément également. Car oui, cinq heures de décalage avec l’Europe, le rythme du quotidien est donc à trouver.

Pour l’heure, une séance de sport, une séance de vietnamien et un peu de travail, ce sera mon lot quotidien pour occuper ces journées qui sont les miennes. Je n’oublie pas de me détendre non plus, mais pour en profiter vraiment, il faudra le mériter. Savoir que je ne suis pas seul dans cette galère aide aussi beaucoup, sept à arriver ensemble, ça créé forcément un esprit d’équipe, de soutien, de solidarité. Garder l’esprit vif et occupé sera aussi la clé. Place à la quarantaine, je vous ferai par de cette expérience dans son ensemble la prochaine fois.

En partant de Varsovie en 2011, je m’étais dit que je voulais enseigner à l’étranger et que j’avais axé mes études, mon travail, toujours en gardant en tête cette volonté de travailler avec l’AEFE. Ce fut fait au Liban, le challenge aurait pu s’arrêter là. Mais non, ce n’était pas suffisant. Reprendre la route pour un nouveau contrat de trois ans était la seule chose que je gardais en tête. Comme un second souffle, une nouvelle voie, un nouveau départ.

D u schtroumpf à la quarantaine...
D u schtroumpf à la quarantaine...
D u schtroumpf à la quarantaine...

D u schtroumpf à la quarantaine...

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