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VIII. Voisins, sociabilisation et patience

26 Septembre 2021 , Rédigé par Pereg

Festival de l'automne, tradition chinoise, et Cards against humanity
Festival de l'automne, tradition chinoise, et Cards against humanity

Festival de l'automne, tradition chinoise, et Cards against humanity

​​​​​​​Dimanche matin, et pour être honnête, j’ai un peu mal au crâne. La soirée fut animée et ça fait du bien. A défaut d’avoir le plaisir de passer du temps avec mes collègues qui se sont réunis, la situation particulière dans laquelle je me trouve fait que j’ai eu le plaisir de rencontrer mes voisins.

Dimanche dernier ce n’était pas sûr, nous avons eu la confirmation dans la soirée que nous allions bien devoir rester à la maison pendant quatorze jours. Oui, à nouveau un confinement, à nouveau cloisonné dans un espace restreint. La mesure m’a semblé folle mais elle n’a rien de surprenant ici, plutôt que de confiner une famille ou un bâtiment, c’est la rue dans son ensemble qui est bloquée. Être au mauvais endroit au mauvais moment. Je connais bien ça. J’ai eu du mal en début de semaine à l’accepter, pleinement vacciné, dans d’autres pays je pourrais circuler normalement. Mais je vis au Vietnam, et je dois donc faire avec les règles locales, aussi délicates soient-elles. Je le savais avant de venir, c’était une possibilité, je me retrouve dans ce scénario, tant pis. Nous avons dû également faire un nouveau test pcr mardi, je me doute qu’il y en aura un autre d’ici la fin de cette quarantaine.

Si je dois tirer un unique bénéfice de ce confinement, c’est bien la rencontre avec mes voisins. J’en avais déjà un peu parlé la semaine dernière mais nous avons pris le temps de nous connaître un peu plus. Mardi soir, pour le festival de l’automne, nous nous sommes réunis sur le toit de l’immeuble, boire quelques bières et faire un « cards against humanity ». Sans le plaisir d’être avec mes collègues ni d’explorer la ville, ce moment de sociabilisation m’a fait beaucoup de bien. Depuis mon arrivée début août, pas de bar, pas de restaurant, et peu de contacts extérieurs à l’école. Alors cette respiration venue de l’immeuble apportait un nouveau souffle. Déjà je pouvais discuter en anglais toute la soirée, découvrir une nouvelle tradition locale et jouer ce jeu assez horrible mais cool avec des personnes que je commence réellement à apprécier. Ce weekend nous avons prolongé. Soirées Mario Kart chez moi, il n’en fallait pas plus pour s’amuser ensemble. J’avais déjà eu le plaisir de jouer à quatre en famille et c’était fun, au Liban également, alors le fait ici ne pouvait présager que de bonnes choses et je le confirme.  Des gens de ma génération, quelques verres autour d’un jeu rigolo, il n’en faut pas plus pour passer une bonne soirée. 

A défaut de découvrir la ville, j’essaye de valoriser le temps qui est le mien. Tout d’abord le boulot est fait. Ce n’est pas super passionnant mais le travail à distance guide mon quotidien. La connexion fait parfois défaut et est même plutôt lente mais dans l’ensemble j’ai réussi à faire ce qu’il fallait. Prendre le rythme.  A côté de ça, ma leçon quotidienne de vietnamien est nécessaire. Cette langue me semble vraiment complexe mais je ne me rappelle pas combien je galérais en arabe. Les choses vont forcément s’améliorer au fur et à mesure, le temps d’apprentissage d’une langue est un temps long et je ne doute pas de progresser. Avec l’arrivée de ma seconde valise, j’ai eu le plaisir de pouvoir me remettre à jouer un peu de musique. Je suis rouillé mais c’est un réel plaisir du quotidien. Je n’oublie pas tous les jours de marcher à minima sur le tapis au rez-de-chaussée à défaut de courir sur le stade du lycée. Bientôt nous aurons accès aux infrastructures du Lycée, la piscine me fait rêver et je ne doute pas que j’irai faire mes longueurs.

Encore une semaine, je ne sais pas d’ailleurs si samedi nous aurons le loisir de sortir, ou s’il faudra attendre dimanche exactement, qu’importe, je ne suis plus à ça près maintenant. Mais ce n’est vraiment pas fun d’être à la maison, alors cet après-midi je me plongerai dans un monde de lecture. J’ai pu récupérer le guide de la méthode MHM. C’est assez rare que je me fasse des lectures pédagogiques mais avec mon changement de niveau et de manière de travailler, c’est devenu nécessaire. Je veux et je dois continuer à me former, à apprendre. Notre métier est en perpétuelle évolution, particulièrement avec l’enseignement à distance et l’utilisation de nouveaux outils. J’ai découvert plein de nouvelles choses et je ne doute pas que je vais continuer. J’espère juste à défaut de l’avoir eu l’an passé, me retrouver face à une classe complète. Ce n’est pas d’actualité, mais je me dis qu’en novembre, ça pourra devenir une réalité. Tout dépendra de la situation COVID et ici elle est très incertaine.

La chaleur augmente et mon mal de crâne commence à disparaître. L’ordinateur a beaucoup tourné et il est temps de le laisser de côté. Entre Ryder Cup et football, il y aura toujours un peu de sport en fond.

Avec les voisins
Avec les voisins

Avec les voisins

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VII. Retour en confinement ?

19 Septembre 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche matin et la frustration de la journée d’hier est passée. L’acceptation est mienne et on verra exactement à quelle sauce je serai mangé. En effet, j’ai eu la surprise de voir ma voisine toquer à ma porte hier matin en me demandant de descendre dans la rue, et de faire un test PCR. Un enfant, a été testé positif au COVID, et la mesure ici, par prévention, est de fermer la rue et de confiner l’ensemble de ses habitants. Pas la famille proche, dans un appartement, pas seulement l’immeuble, mais la rue. Mon allée n’est pas très grande, mais il n’empêche que ça doit faire facilement une centaine de personnes. En soi, que le voisinage se fasse tester, je trouve cela assez intéressant d’ailleurs, c’est même plutôt normal. Cependant les militaires bloquant les entrées/sorties, et l’interdiction complète de temps pour un temps indéterminé m’a fait très mal moralement. Nous sommes en attente des résultats des tests, on en a fait deux, à 11h et à 17h à nouveau le CDC en demandait un second. Viendra ensuite une décision… Celle de nous garder ici pendant 14 jours… ou d’ouvrir la rue à nouveau. Si ça se trouve d’ici deux trois ce ne sera qu’un mauvais souvenir, mais j’en doute. Le seul moyen ici qu’ils aient de contenir le virus est de confiner les gens. La vaccination pousse mais pas assez pour influencer sur les décisions gouvernementales. Il y a plus de 95 millions de personnes à vacciner et avant l’été, tout allait très bien ici. Le variant delta fait des ravages et la seule précaution prise est plus que vitale, le confinement est la seule solution.

Ce qui nous arrive ici, arrive de la même manière dans toutes les rues où des cas COVID sont détectés. Cloisonnement de l’ensemble. Me retrouver à nouveau confiné alors que le parfum de la liberté et le mouvement commençaient à poindre, j’avoue que j’ai fulminé. Le timing est fort détestable. Vendredi, le pont qui permet d’accéder au centre-ville a été réouvert. C’était d’ailleurs le programme du weekend, aller voir de l’autre côté, le quartier français et Tay Hô. Mais nan, je n’aurais pas mon vélo, je ne franchirais pas le pont Long Bien. Pas encore. Dans le contexte délicat actuel que nous vivons ici à Hanoï, c’est frustrant. J’ai réalisé hier que ça faisait sept semaines que je n’avais pas mis les pieds au bar, sept semaines. Non pas que l’alcool soit manquant, mais le lien social assurément. Le mois d’août en quarantaine, cloisonné dans la rue début septembre, autorisé à se rendre au lycée. Les choses s’amélioraient, mais c’était sans compter celle nouvelle péripétie. Les filles ont pu avoir leur vélo hier, Hervé est passé sur le pont. Je prendrai mon mal en patience.

Après avoir ruminé ma situation, j’ai aussi cherché à trouver les côtés positifs de ce nouveau confinement. D’une part, j’ai rencontré l’ensemble des résidents de mon immeuble. Un Néerlandais géant, un jeune gallois, un Anglais un peu plus agé, une canadienne (je crois mais je n’en suis pas sûr) et deux vietnamiennes. C’est tout bête mais ce premier contact fait aussi du bien car nous sommes tous dans la même galère. Quelques petites discussions en anglais et j’espère que bientôt nous pourrons nous organiser un peu plus et pourquoi pas apprendre à se connaître un peu plus. En tout cas, je suis ravi de mon appartement. J’ai reçu ma seconde valise cette semaine après qu’elle ait pu passer les douanes vietnamiennes. Mon calendrier, mon tuteur de cornemuse, mon cadre familial, tout est bien installé. Je suis officiellement chez-moi. J’ai dressé une liste de choses à avoir pour finaliser mon aménagement, du matériel qu’ici nous trouvons à prix réduit, mais pour ça, il me faudra me rendre au centre commercial. Un jour viendra, j’irai là-bas. Enfin, j’ai été productif hier et j’ai finalisé ma semaine en avance. Je suis rendu où je voulais être de ce côté et c’est plutôt pas mal.

Pour la première fois depuis mon arrivée j’ai aussi allumé la tv hier soir, le Bayern a écrasé son adversaire, Lens-Lille, il y a toujours moyen de voir du football à la télévision, mais le décalage horaire rend les choses particulières, je dois attendre le réveil pour savoir les résultats des matchs qui se jouent après 20h en Europe, j’ai du mal à m’y habituer. La rentrée a été compliqué à Beyrouth, oui je pense toujours au Liban et j’ai des contacts presque quotidiens avec des personnes là-bas. Dans mon ancienne école, ils ont instauré un jour de travail à distance par semaine, pour éviter aux enseignants de venir travailler au quotidien… On en est là. Je suis soulagé d’en être parti pour ne plus le vivre au quotidien mais j’ai malgré tout le besoin et l’envie de savoir ce qu’il s’y passe. J’ai vraiment laissé une partie de mon cœur à Beyrouth.

 Il est à peine 11h, je vais aller marcher sur le tapis en bas de l’immeuble à défaut de pouvoir explorer, je me plonge dans les méandres de mon esprit à défaut de m’user les pieds à vagabonder. La décision viendra dans la journée ou demain, et l’on verra si je suis dois bien rester chez moi ou si ce n’était que temporaire. Inch’allah ça ira. Attendre et espérer.

Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.
Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.
Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.
Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.
Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.
Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.

Un florilège en photo de ma semaine. Une mue, un chemin auprès des rails, du beurre salé (enfin), ma valise, des larves qui font rêver... Et bien sûr, ma rue bloquée.

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VI. Rentrée, emménagement et livraison

12 Septembre 2021 , Rédigé par Pereg

Mon Chez-moi!
Mon Chez-moi!
Mon Chez-moi!
Mon Chez-moi!
Mon Chez-moi!
Mon Chez-moi!
Mon Chez-moi!

Mon Chez-moi!

​​​​​​Lundi dernier l’objectif était clair. Dimanche matin je vais me réveiller dans mon appartement, je serai enfin installé, avec la rentrée passée et ma seconde valise arrivée. Les premiers sont effectifs, la dernière attendra demain soir avec un peu de chance, un peu plus longtemps peut-être.

Rentrée à distance, découverte des élèves en visioconférence, ce format n’est en soi pas nouveau pour moi. Les modalités et les outils le sont. Car nouvel établissement, nouveau fonctionnement. Nous choisissons avec les collègues du niveau comment nous allons travailler avec les élèves, collectivement. Les choses étaient plus dirigées à Beyrouth. Mes vingt-cinq élèves sont très mignons, ça faisait longtemps que je n’avais plus travailler avec des élèves de cet âge. J’avais presque oublié leurs capacité et leur autonomie, plus bien grande que mes CE1 des années passées. L’outil numérique n’est pas une surprise pour eux non plus et du coup ils exécutent rapidement et activement ce que je leur propose. J’ai un recul en revanche par rapport à mes collègues, je viens d’un pays qui a passé l’année sans jamais avoir une classe entière en présentiel. La fatigabilité de l’enseignement à distance, je la connais bien. Je prends donc vraiment mon temps. Je sais que l’année sera longue et déjà je ne vois pas la première période se passer autrement qu’à distance. Le pays changement peut-être de stratégie, mais pour l’instant, cette réalité en ligne est la seule à laquelle mes élèves ont accès. Hormis un élève de CP à Cancale, je n’avais jamais eu d’élève d’origine asiatique dans mes différentes classes, c’est devenu ma norme. Plus mixte que mes classes de Beyrouth, de ce cette première semaine, je retiens leur sourire.

La vie dans le quartier s’éveille peu à peu. Nous avons à présent l’autorisation de nous promener dans notre zone. Les choses sont malgré tout limitées. On ne peut pas se rendre au centre-ville, ni à l’hôpital pour la visite médicale d’ailleurs. Le quartier de Long-Bien semble vraiment autre. Ce n’est pas du tout le cœur historique de la ville, la plupart des étrangers vivent à Tay Ho. Comme à Beyrouth, je voulais être à une distance à pieds raisonnable de l’établissement. Chez Hervé j’étais à 5 minutes à pied, je suis à présent à 20. Hormis mon immeuble, je réside bien dans un quartier qui me semble quasi exclusivement vietnamien. Des ruelles, des méandres dans lesquels se perdre, des scooters qui passent à toute heure, et les cuisines ouvertes au pied des bâtiments. Les maisons sont construites toutes en haut, avec au rez-de-chaussée, la pièce de vie, ouverte sur la rue. Me fondre dans mon environnement, dans le bain linguistique, dans les saveurs et les odeurs du quotidien, voilà ce à quoi j’aspirai. Les marches quotidiennes vont me permettre d’explorer peu à peu les alentours, pouvant tomber par hasard et par plaisir sur un bouiboui cuisinant un Pho Ga ou un Bum Nem. Rares sont les petites échoppes ouvertes, les restrictions sont encore importantes, mais bientôt j’aurais le plaisir de manger réellement dans la rue et découvrir un peu plus la cuisine locale. En attendant, mon frigo est plein de fruits et légumes, je ne vais pas mourir de faim c’est sûr.

Je suis rentré dans mon appartement hier. Comme à Beyrouth, je l’ai trouvé en passant par les groupes Facebook de logement. Le pays actuellement fermé au tourisme, offre des loyers à prix réduits comparés à ce que ça pourrait être en fonctionnement normal. J’avais repéré cette annonce depuis le début car elle semblait être à proximité du lycée et intéressante. La visite de cette semaine a confirmé directement que c’est un endroit dans lequel je pouvais vivre pour cette première année. Ce ne sera donc pas une coloc. J’en ai d’ailleurs visité une, et les choses ont été claires rapidement. Impossible de vivre dans un endroit où le frigo est plein de moisissures. Je ne sais pas comment les mecs qui étaient là pouvaient se sentir à l’aise avec une cuisine dans un tel état. Je ne suis pas venu pour m’inquiéter de savoir si les autres ont fait leur part de boulot à la maison. Avec Marc et Fadi, malgré de petits désagréments, les choses étaient simples. Quand j’ai vu cette cuisine en bordel, je me suis dit que j’allais dépenser trop d’énergie pour rien. Ainsi je suis arrivé dans mon studio. Car malgré une chambre relativement séparée, ça ne forme qu’une seule grande pièce. Petit mais bien agencé, il ne faudrait pas y être à plus de deux. En un mot fonctionnel.

La dernière étape de mon installation est la livraison par DHL d’une valise d’effets personnels, la seconde après la première venue avec moi début août. Si j’avais su les démarches par lesquelles j’ai dû passer, le prix total, mais surtout le coût moral et l’énergie déployée. J’aurais fait comme Hervé, payer même si c’est extrêmement cher avec Qatar Airways. J’aurais mis la seconde valise en soute et basta ! Je devrai normalement récupérer ma valise demain soir, je dis bien normalement car tant que je ne l’aurais pas entre les mains… J’ai imposé un listing détaillé à mes parents, me séparer de la possibilité d’avoir du Calva, de celle d’avoir mon rasoir, refaire le listing en anglais, payé des frais d’importation de frais exubérants, ça fatigue. Ce coût là est bien plus important que l’argent. Comme me l’a dit Jason, le coût monétaire est le moins onéreux. Il a pleinement raison. J’ai opté pour cette stratégie, c’est bien la dernière fois que j’agis de cette manière. C’est en faisant qu’on apprend. Pour le coup, j’ai bien appris… Demain soir, Inch’Allah, je n’aurais plus à me questionner et remplirai les derniers placards. De quoi a-t-on besoin pour se sentir bien ? Qu’est-ce qui fait que l’on est chez soi ? En préparant ma valise cet été, je me suis vraiment demandé ce qui était le plus important. De quoi j’ai Absolument besoin au Vietnam. Ce n’est que du matériel, la valeur affective liée à certaines affaires est difficilement quantifiable, mais je sais que je ne me sens pas encore complet tant que le calendrier du gaélique n’est pas au mur, tant que le maillot des canaris n’est pas au placard, tant que mon drapeau n’est pas pleinement affiché au mur.

A Beyrouth, le LAK a eu une prérentrée fort mouvementée, la crise actuellement au pays des cèdres rend l’enseignement délicat dans les conditions actuelles et je me dis que je me serai à nouveau usé à travailler dans des conditions particulières. Ce n’est pas évident ici non plus, ce n’est pas l’Europe où tout se passe presque « normalement ». Mais après une pandémie mondiale, y-at-il encore une norme qui vaille ? Tout le monde a un masque en classe à partir du CP… La chaleur écrasante dehors me montre à quel point j’ai changé d’environnement, je surveille aussi le niveau de pollution, une nouveauté pour moi. La vue de ma fenêtre est un agencement délicatement chaotique. Je ne sais pas si avant le Liban, je m’en serai extasié de la même manière. Ce n’est pas tant que je recherche la difficulté, mais la découverte d’un tel environnement, d’une langue, d’un pays, de ses habitants, quel bordel mais j’aime ça. C’est la vie que je me suis choisi pour l’instant, celle que je veux vivre intensément. Je suis à Hanoï, et mon séjour ici ne fait que commencer.

VI. Rentrée, emménagement et livraison
VI. Rentrée, emménagement et livraison
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V. Pré-rentrée, fête nationale et fin de confinement ?

5 Septembre 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche fin de journée, j’ai enfin fini de préparer la semaine à venir. On a beau penser et préparer pleins de choses, il y a toujours des détails à perfectionner. D’ailleurs ce n’est jamais parfait. Mais voilà, nouvelle rentrée en distanciel après celle du Liban l’an passé. Je ne peux pas dire que j’en sois ravi, mais se remettre au travail est malgré tout plaisant. A force d’être en dilettante avec la quarantaine, puis l’auto-confinement, puis le même régime que la population vietnamienne du quartier, j’avais du mal à me motiver à travailler de manière constructive. La perspective de la rentrée a changé les choses, en me donnant un but, une motivation et de quoi me piquer au vif. Je suis habitué à travailler à distance avec l’année passée, mais il y a un élément qui change et pas des moindres… les outils de travail ! Car oui tout serait plus simple si je pouvais utiliser exactement les mêmes logiciels qu’au Liban. On est passé de Google Classroom à moodle, de Meets à Zoom etc… Je n’ai pas d’ailleurs d’avis tranché sur mes nouveaux outils, c’est juste que l’adaptation passe aussi par leur maitrise et j’ai donc forcément passé plus de temps à manipuler ces outils que si j’avais pu utiliser ceux de l’an passé.

C’est forcément plus confortable d’utiliser des outils dont on a déjà la maitrise. C’est un gain de temps, de performance aussi assurément. Mais venir ici me donne aussi un nouveau souffle professionnel. Je n’étais pas dans la facilité à Beyrouth, mais il y a une certaine routine à rester dans le même niveau, avec les mêmes collègues. Ici tout est une pure découverte. Je n’en reviens toujours pas de la qualité des infrastructures dans lesquelles je vais être. J’ai aussi un ordinateur de travail plus que fonctionnel, et au quotidien, c’est assurément un gain essentiel. La pré-rentrée a eu lieu le 1er septembre, en visioconférence. J’ai pu découvrir le visage de collègues que je n’ai pas encore rencontré, et un fonctionnement d’établissement qui n’a rien à voir avec mon cher LAK. L’ensemble des titulaires de classe, primaire et secondaire, sont français, mais il y a un certain nombre de travailleurs locaux. L’organisation est simplement différente. Le pays déjà est tout autre, alors qu’au sein de l’école française, ça ne soit pas la même chose n’a rien d’étonnant non plus. C’est d’ailleurs pour ça aussi que je vais utiliser une nouvelle méthodologie en français et en mathématiques. J’explore de nouveaux horizons pédagogiques.  « Qui renonce à être meilleur, cesse déjà d’être bon. » Merci le FCN pour cette citation que je garde toujours dans un coin de ma tête, l’appliquer est vital.

Le 2 septembre est la fête de l’indépendance au Vietnam, proclamé par Ho Chi Minh en 1945. Les forces japonaises avaient capitulé. Peu de temps après, les forces françaises sont revenues. S’en est suivi une guerre d’indépendance dramatique, menant mes compatriotes au massacre de Dien Bien Phu en 1954. En apprendre plus sur l’histoire du Viet Nam, c’est aussi découvrir la violence française envers ses colonies, la gestion impérialiste européenne ou occidentale, sur ces populations qui ne le demandait pas. Porter un regard sur le passé colonial français, c’est aussi en accepter toutes les difficultés. Après avoir vécu dans l’ancien protectorat qui a toujours souhaité des rapports importants avec la France, je constate ici un changement important de perspective. Français=occupant= tyran. Même si la diplomatie internationale sera plus mesurée, le poids du passé reste important. Le regard de la population locale envers les étrangers est aussi teinté d’un fort nationalisme, bien compréhensible avec les invasions subies au cours de son histoire. Alors ce 2 septembre, les drapeaux étaient de sortie dans la rue, mais pas de grande cérémonie comme il aurait été de mise en d’autres circonstances.

Vendredi dernier, les autorités locales ont annoncé une évolution de la situation pour demain, lundi 6 septembre. En effet, la ville d’Hanoï est divisée à présent en trois parties. Impossible de passer de l’une à l’autre. Mais dans mon quartier et je le vérifierai directement demain, le confinement est partiellement levé. Il semblerait que les checkpoints qui ne permettaient pas de circuler librement seront ouverts. Les commerces peuvent être ouverts. Un changement radical. Tellement impatient de pouvoir explorer, si tel est bien le cas, je ferai en sorte de marcher pour enfin commencer à arpenter et découvrir Long Bien.  J’ai de la chance d’être de ne pas être au centre-ville car ce dernier est encore tout confiné. La vie va redémarrer. Je reste malgré tout sceptique, je reste à douter, à me questionner, à m’interroger, car s’il y a bien une chose que j’ai apprise, Merci le Liban, c’est de relativiser et d’attendre. Inch’Allah tout ira bien demain.

Durant les dernières semaines, j’ai bingwatché (oui le terme n’est pas des plus élégant) un certain nombre de séries, de films, j’ai lu des centaines de chapitres de manga, j’ai avancé dans Bragelonne. J’ai trouvé le temps de m’ennuyer aussi. L’homme comme tous les animaux, n’est pas destiné à rester en cage. Mon esprit n’a pas mené que des réflexions constructives. Ce n’était pas si facile et j’espère bien que c’est la fin de l’enfermement. Hier soir par exemple, je me suis aligné les nouveaux épisodes de la Casa de Papel, j’ai envie de voir la fin de cette histoire. Ils l’ont découpé comme lupin, 5 épisodes et 5 à venir en décembre. Sympa mais surtout vivement la fin. Il m’a manqué une chanson italienne marquante comme ça avait pu être le cas de Bella Ciao ou Ti amo lors de la saison précédente. A défaut d’une chanson en vietnamien, je me replonge avec délectation dans les méandres musicaux de mon esprit, qui m’ont fait récemment plusieurs fois passés les Alpes.

Les jeux paralympiques s’achèvent bientôt, les français ont été bons, récoltant un nombre important de médailles, j’ai été bluffé par les performances Ukrainiennes, néerlandaises ou azéries, car ils sont même devant nous et de loin au classement des médailles. Les britanniques ont bien repensé leur système de sport professionnel et sont au même niveau que les USA pour ces jeux-ci. Comme quoi la meilleure leçon de 2012, ils l’ont fait au niveau des fédérations. Je ne sais pas si nous sommes capables dans l’hexagone d’une telle révolution pour 2024. L’avenir nous le dira. C’est assez étrange d’ailleurs de ne pas avoir les résultats sportifs immédiatement. Le décalage horaire amène un désintérêt partiel car l’instantanéité n’est plus possible.

Ainsi s’achève cette semaine de pré-rentrée, plus intense que les précédentes. Demain c’est le jour-j, celui de ma prise de poste, c’est réellement le début de ma nouvelle aventure professionnelle, de ma présence ici.

Tạm biệt

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