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XII. Vacances, déambulations et réparations.

24 Octobre 2021 , Rédigé par Pereg

Mon coup de coeur musical de la semaine!

Dimanche soir 19h, Quartararo s’est élancé pour une potentielle victoire de championnat même s’il est loin derrière son rival italien. A la fin du grand prix d’Emilie Romagne, il sera peut-être champion, ou plus proche encore de l’être. Cette ouverture en deux-roues est surtout vouée à me faire digresser sur les deux roues que je peux avoir ici. Mon vélo m’a joué sacrément des tours récemment. Je le savais d’une qualité relative, ayant perdu une pédale, dû resserrer la selle à de multiples reprises, ce matin mon pneu avant a explosé. En allant chez un réparateur de vélo, pneus dégonflés, on y a mis de l’air. Moins de cinq secondes après, il explosait. Sur le moment j’en ai voulu au pauvre réparateur. Mais grâce à un groupe d’adolescent passant à côté nous avons pu nous expliquer et lui changer mon pneu. Il m’a montré à quel point mon matériel était défectueux. Ma voisine m’a accompagné chez ma vendeuse. Cette dernière m’a dit que je n’aurais pas dû l’acheter du fait de ma corpulence… Mais elle me l’a quand même vendu il y a trois semaines ! cherchez l’erreur… Toujours est-il que nous avons réussi à repartir avec une garantie écrite pour un an. Qui n’était pas forcément acquise… D’ici au weekend prochain, je serai normalement l’heureux propriétaire d’une petite moto 125, me rappelant un peu ma petite Noura. Ma voisine Zai partant rejoindre son copain à Montréal, m’a déjà vendu un purificateur d’air et deux trois autres choses, en discutant avec elle ce soir, j’ai testé sa petite moto et j’ai retrouvé une sensation si particulière du passage manuel de vitesse, du plaisir de vibrer bras au vent et cette vibration de moteur à nulle autre pareil.  Je comptais acheter un trail neuf, je vais en tout cas démarrer avec cette petite chose. Ça va me motiver à passer rapidement mon permis. En effet, il est plus simple pour moi de repasser mon permis moto que d’essayer de le transférer du Liban ou de la France. J’aime à nouveau l’idée de devoir me le cogner. Je voulais que tout soit fait d’ici à l’été prochain, il se peut même que d’ici Noël j’ai fait le plus difficile. En tout cas c’est clairement l’objectif de ma période 2.

Je dis période 2 car je raisonne comme chaque enseignant. Jusqu’aux vacances de la Toussaint, période 1, puis jusqu’à Noël période 2, 3 jusqu’aux vacances de février, 4 pour celles d’avril et 5 fin de l’année scolaire. J’ai aussi le plaisir d’être en vacances depuis vendredi après-midi et c’est aussi pour ça que je ne t’écrirai pas la semaine prochaine. J’ai d’ailleurs hésité à le faire ce soir mais j’en avais finalement l’envie après mes pérégrinations de la semaine, mais aussi pour la semaine à venir… Demain direction Soc Son avec neuf de mes collègues du lycée ! On part en colo ou presque. Le pays a ouvert officiellement les routes des différentes régions à partir de vendredi. Trop tard pour partir voir la mer, mais je ne doute pas que je le ferai assez rapidement malgré tout, c’est un besoin vital. En attendant, vendredi puis samedi, j’ai retraversé le pont. Non pas à vélo, mais en bus. Oui des lignes de bus régulières et opérationnelles ici existent et j’avoue que j’ai eu un plaisir non feint à simplement reprendre ce moyen de transport. Le fait d’être de l’autre côté du pont à Long Bien, assez loin du centre-ville. Ça m’a ramené à Varsovie où je prenais le 160 ou le 509 pour aller vers le palais de la culture.

un petit goût d'ici
un petit goût d'ici
un petit goût d'ici
un petit goût d'ici
un petit goût d'ici
un petit goût d'ici
un petit goût d'ici

un petit goût d'ici

Ainsi par le début des vacances, ont démarré mes déambulations dans Hanoï, choses au combien espérées, souhaitées, voulues, désirées, et enfin réalisées. D’abord je me devais de voir où amenait exactement ce bus 98. C’était simple, juste de l’autre côté du pont Long Bien, au début du quartier des 36 confédérations. Chaque rue présente des magasins spécialisés dans une matière ou une discipline. Je ne sais pas si 36 est le nombre exact, mais c’est son nom. J’ai arpenté ses rues aux milles saveurs d’Orient, aux noix dans des sacs de toile de jute, des magasins de chaussures, d’autres d’outils… un chaos atomique qui me plait. On avait eu cette discussion avec Hervé, le chaos est une chose rassurante quand on habite dans un pays moyen, comme le Liban ou l’Egypte. On a connu ça, et on s’y plait. J’ai marché sans savoir où j’allais exactement, je suis arrivé devant des bâtiments que je considère comme communiste, très droits, blocs rigides, qui m’ont ramené à nouveau à Varsovie par son architecture. Je suis passé par loin du mausolée d’oncle Ho, j’irai forcément le voir quand ce sera à nouveau ouvert. Car, oui, pour l’instant, tous les bâtiments culturels, et les bars, sont fermés. Mais bientôt nous y aurons accès je n’en doute pas. Je reprendrai à nouveau mes explorations même si elles ne vont jamais vraiment cesser à présent. Le lac Hoan Kiem est vraiment joli, avec son pont rouge et la légende de la tortue, je vous la raconterai un jour. Un joli moment. De la musique dans les oreilles, j’étais heureux. Samedi j’y suis revenu, cette fois-ci avec Stéphane. On a plutôt fait l’ancien quartier colonial français. De la pagode des ambassadeurs à l’opéra, il y a des édifices impressionnants ! Je me sens plus serein, plus en confiance à présent. Déambuler dans une ville, simplement arpenter ses rues est un plaisir sans cesse renouvelé. Ce plaisir je ne l’avais pas encore ressenti ici, c’est chose faite et ça change ma vision aussi de cette ville, moins inconnue, moins étrangère.

Mon chez-moi c’est bien Hanoï, mon boulot à Long Bien, mon petit appartement cosy, une langue absconde mais que je commence à apprendre. Après plus de deux mois ici, j’ai enfin la sensation d’être un peu à la place que j’espérais, je vis bien au Vietnam, je mange des Banh mi, des Pho Bo et des fruits du dragon. Toujours en décalage horaire avec l’Europe, je vois les résultats sportifs le matin, mais ce soir j’ai pu voir un match épique à Nice, et surtout Quartararo, premier champion du monde moto GP depuis Patrick Pons. Le classico démarre dans une heure en Espagne, il est temps de te laisser pour ce soir !

Et un peu plus...
Et un peu plus...
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Et un peu plus...
Et un peu plus...
Et un peu plus...
Et un peu plus...
Et un peu plus...
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XI. Tayyouneh, Tarot et tuto sport.

17 Octobre 2021 , Rédigé par Pereg

Dimanche fin de journée, je n’ai pas encore pris le temps de corriger mes copies, j’ai choisi d’abord de m’occuper de mon blog, les corrections seront faites d’ici à ce que j’aille me coucher, pas de soucis mais ce travail peut attendre, chacun ses priorités, mon carnet en est une autre. Je doute cependant d’avoir le temps de me poser pour lire Habibi qui trône sur ma table depuis quelques jours, cette lecture doit attendre que j’aie bien deux heures à lui consacrer avant de m’y plonger. La semaine a été intense, fort intense à divers niveaux. Emotionnellement assurément mais aussi physiquement.

Tout d’abord, nous sommes le 17 octobre. Il y a un an, je me faisais tatouer mon cèdre sur le mollet gauche en souvenir d’une révolution libanaise qui est restée dans les mémoires et de mon attachement au pays du cèdre. Je ne sais pas comment se passera ce dimanche à Beyrouth mais cette semaine fut inoubliable. Le juge Bitar confirmé dans les fonctions ce jeudi, les mouvements chiites Hezbollah et Amal ont commencé à descendre dans la rue, en passant par le quartier chrétien de Tayyouneh… Ce qui a amené à des scènes que l’on espérait ne plus jamais voir dans les rues de la capitale. Des tirs d’armes automatiques, de bazooka même. Bilan, 6 morts, des dizaines de blessés et des enfants terrifié. J’ai vu des images d’école ou les enfants sont sous les tables ou dans les couloirs. Qu’est-ce que l’école quand les armes font feu dans la rue ? Voilà un nouveau traumatisme pour cette nouvelle génération après la tragédie du port de l’an passé. De nombreux politiciens ne veulent pas voir le juge Bitar aller au bout de son enquête sur le 4 août, nombreux savaient, et aucun n’a agi. Ils sont beaucoup à être responsables de cette tragédie. Les élections arrivent l’an prochain et la seule impression qui me reste, est que le juge ne sera plus d’ici là et que ce sera le prétexte à leurs reports à date ultérieure. La confiscation du pouvoir reste absolue au Liban et cela malgré la révolution démarrée il y a deux ans. Une partie de moi est toujours là-bas, je connais toujours mieux l’actualité libanaise que la vietnamienne mais je vais changer ça au fur et à mesure.

J’ai besoin de parler météo, je sais que le sujet est passionnant mais il est aussi un indicateur fort du programme qui est le mien. Il a plu sans discontinuer de samedi dernier au lundi 14h. En allant au boulot ce matin-là, j’avais de l’eau à mi-cuisse et pourtant je ne suis pas petit. Depuis j’ai réfléchi en me disant que je ferai un détour la prochaine fois que je constaterai le chemin inondé. La pluie est beaucoup tombée cette semaine, les brèves éclaircies m’ont permis d’aller me balader un peu plus, découvrant un Mall à Long Bien nous une balade à pied dans le quartier. Le vrai bonus de ces ondées est que la température est bien tombée et l’on peut respirer un peu plus. On est passé à 22/23 C, ce qui annonce pour certains l’hiver. On m’a prévenu que les élèves porteraient des vêtements chauds bientôt, je vais découvrir si je peux m’adapter à cette météo très humide pour ce qu’ils appellent l’hiver ici.  J’ai été trois fois à la piscine du lycée, je galère toujours en crawl mais je tiens mon kilomètre de nage. Jeudi, j’ai rejoint le gymnase pour un badminton. On m’a appelé Patator, ça m’a bien fait sourire, quel plaisir de se dépenser en s’amuser avec des collègues c’est quand même sympa.

Le weekend arrivait avec son lot de vie sociale car oui je peux le faire. Vendredi soir, tarot ! Invités chez la proviseure, la quarantaine ensemble à l’hôtel forge des relations particulières assurément. La belote est mon jeu de cartes préféré, mais on m’a proposé un tarot. Je n’ai pas dit non, au contraire et c’est un jeu fort plaisant à jouer aussi. Même si le suspense a été tué au bout de deux parties car Hervé nous a tous tué avec deux « garde-contres » qui sont passées. De belles discussions, un moment plaisant tous ensemble, et rentré comme Cendrillon. J’en ai profité pour appeler à l’apéro à Vannes puis les trèfles un peu plus tard. Le mal de crâne matinal confirmait le plaisir d’un léger abus. Vint la grande sortie prévue. Direction un nouveau Mall en grab, équivalent local d’Uber. On a donc été à décathlon. Léger craquage mais j’ai envie de me faire plaisir. Besoin de rien, mais j’adore ce magasin et acheter une nouvelle cape de pluie, une sur-selle ou une raquette de badminton, étant là pour trois ans, ce n’est pas intéressant d’avoir ce genre de matériel. D’ailleurs à la maison, j’ai récupéré le purificateur d’air de la voisine qui part bientôt, ce n’est jamais perdu. Depuis jeudi, les restaurants peuvent à nouveau accueillir du public, c’est donc naturellement que l’on se devait d’en essayer un ce samedi soir. Après l’intensité de la sortie de la journée, au lieu d’aller en centre-ville on est allé pas loin du lycée à Fritagogo. Burger, frites, et chimay rouge, ça fait plaisir. La soirée fut courte car un dimanche intense arrivait.

Planifié depuis quelques temps, c’était ce matin qu’on se rendait chez Grégory mon collègue pour un entrainement physique de CM1. Avec Caro et Séverine, rendez-vous à 9H30 devant le pont Long Bien. La pluie tombe pile quand on doit démarrer mais qu’importe. On traverse le pont, on longe le lac Tay Ho et à 10H15 à peu près on arrive chez eux. Visite de leur maison et petit café pour ceux qui en boivent, on avait fait déjà un bel échauffement avec le vélo. Là nous a été présenté de beaux ateliers physiques. Ancien préparateur sportif en haltérophilie, il sait vraiment de quoi il parle. Corde, burpees, corde à sauter ou encore step. Deux tours d’échauffement pour faire pousser le cardio, puis trois rotations pour travailler l’intensité, j’étais hs. Caroline est une tueuse de ce côté, elle a fait du karaté et du patinage, Séverine a un physique de marathonienne. A côté de ces trois-là je ne suis pas en forme. Mais je fais au mieux et je sais que c’est un travail de fond et de longue haleine, le but actuellement est de me remettre en forme et je sais bien que je ne suis pas au niveau de mes collègues. Nous avons fait un tutoriel burpees en collectif et franchement c’était cool. Un repas ensemble en suivant avec sur la table du Houmous, depuis le temps que ça me manquait. On m’a parlé d’un magasin qui vendait du tahiné, j’irai donc y faire forcément un tour.

Devant le match de l’ESTAC, il est temps que je m’arrête car ma lessive est finie, j’ai de quoi m’occuper de ce côté. Vendredi prochain, en vacances pour dix jours, pas d’article évidemment. Quelques jours de travail et un peu de repos bien mérité. Et peut-être qu’au retour, nos élèves seront de retour à l’école ? Nous verrons bien. D’ici-là je garderai un œil sur mon ancienne capitale.

XI. Tayyouneh, Tarot et tuto sport.
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X. Retour à l’école, visite médicale et pluie

10 Octobre 2021 , Rédigé par Pereg

Plouf!

Plouf!

Dimanche matin, il n’est pas 9H30 quand je démarre, ma pate à pancakes est prête et je les ferai tout à l’heure. Dehors la pluie tombe drue. Ça a commencé hier vers 11H30 par une fine bruine, un peu plus dense dans la journée d’hier, une pluie douce en soirée, et ce matin ça repart de plus belle. Voilà donc presque 24h qu’il pleut sans discontinuer et j’avoue que ça m’étonne, je n’y suis pas habitué, c’est bien différent de ma chère pluie bretonne qui arrive plusieurs fois par jour. Cette météo autre ce weekend m’oblige à rester à la maison alors autant valoriser ce temps par un peu de cuisine et faire le brunch dominical. Je resterai donc enfermé avec de la lecture, un peu de sport sur le tapis en bas, un peu de musique. Je ne doute pas de pouvoir m’occuper.

La semaine avait démarré par un retour à l’école, il étai temps. Après deux semaines complètes à la maison, je retrouvais ma salle de classe pour enseigner, toujours à distance, mais je suis tellement plus opérationnel à l’école. Concentré et motivé assurément, l’efficacité de mon travail n’en est que meilleur. La plus grande différence se fait par la connexion wifi, celle de l’école n’a vraiment rien à voir avec celle qui est la mienne dans mon appartement. Je pouvais à nouveau revoir l’ensemble des visages de mes élèves, et ainsi remettre au point la configuration obligatoire de présence vidéo pour mes élèves. L’autre aspect positif était de retrouver aussi mes collègues, croiser des gens dans les couloirs, sourire et discuter ça et là. On en dira ce que l’on veut mais ce petit repas du midi en compagnie de Sophie et Séverine comme on ferait à la cantine en France est un plaisir réel. Au Liban, l’organisation chronobiologique des enfants, et l’emploi du temps offrait deux petites pauses snacks à l’école. Ici, j’ai le droit à une vraie pause méridienne, une heure. Ce programme change tellement tout, j’y retrouve la routine plaisante d’un moment passé à table. Les Français passent du temps à table c’est indéniable mais ce plaisir de s’attabler est aussi un aspect indéniablement plaisant de retrouver des collègues français.

Les infrastructures sportives nous sont à présent accessibles, à commencer par la piscine dans laquelle je rêvais de nager depuis sa découverte par la visite fin août. J’ai pu à deux reprises cette semaine aller piquer une tête. 25 m, 80cm d’un côté, 3m de l’autre environ. Quel pied ! Avoir accès à un tel lieu est vraiment un privilège. J’ai investi cet été dans une nouvelle paire de lunette, ma vue subaquatique en a été aussi changé. J’ai fait un kilomètre à chaque fois, ce n’est pas énorme mais je ne fais que commencer à me reprendre en main physiquement et le plaisir de nager ne doit en rien être entravé, sachant que je vais devoir progresser sur toutes mes nages. C’est d’ailleurs le petit supplément qui me manque, de savoir comment m’améliorer en crawl ou dos, un coach pour ça serait bénéfique. Je vais déjà discuter avec un prof de secondaire qui sera surement compétent pour me prodiguer des petits conseils.

L’autre installation réellement découverte cette semaine, fut la bibliothèque du lycée. Un établissement neuf, se doit d’être doté une collection à la hauteur, c’est clairement le cas ! Un abonnement à Causette déjà ! Je peux le lire chaque mois, c’est vraiment cool pour moi qui l’achète systématiquement à mon retour en France. Ici, je la documentaliste me préviendra de son arrivée. Elle a été surprise de cette première demande, mais s’en est visiblement réjouie. A côté de mon magazine féministe, j’ai commencé à explorer la partie bande-dessinée. J’y ai trouvé une perle « Amour Minuscule » de son titre français. Une histoire entre une Italienne d’origine argentine et un Syrien, entre retours dans le temps et voyage initiatique. Une claque. J’en avais déjà entendu parler je ne sais plus comment, mais quelle lecture touchante. Elle m’a ramené à cette sensation du Moyen-Orient, cette émotion puissante, ce lien avec Beyrouth mais aussi plus généralement avec la région autour. Fairuz dans les oreilles, un dessin parlant de la ville de mes ex-colocs, me renvoie, troublé vers une nostalgie pas si lointaine. Pure émotion.

Le dernier évènement de la semaine fut le passage de ma visite médicale du travail… pour avoir une exemption de permis de travail. Rien qu’avec cet intitulé j’ai l’impression de marcher sur la tête. Rendez-vous fixé à 8h du matin à jeun, à l’hôpital E, 13km d’ici. On avait pris le parti de se faire une expédition vélo pour nous y rendre. Mais la proviseure adjointe nous a donné un numéro d’un taxi. En ce moment ils n’ont pas vraiment le droit de circuler mais il y avait visiblement une tolérance à le faire. On a donc donné rendez-vous à ces derniers à 7h du matin. J’ai été d’abord surpris de voir le nombre de gens, réveillé mais aussi actifs en pleine ville à 7H30. Des dames tai-chi au bord du lac Tay Ho, des peuplades de cyclistes, des runners, et plein de magasins ouverts. Il y avait un fourmillement que je n’imaginais pas pour une heure si précoce. 7H40 devant l’hôpital, on ne nous laisse pas rentrer alors que tous les locaux eux ont le droit. Il a fallu attendre que la doctoresse elle-même vienne nous chercher pour que l’on puisse déjà passer la barrière. Nous étions un groupe de 9, ça peut faire beaucoup d’étrangers pour des Vietnamiens à la préférence nationale très marquée. On a commencé à remplir des questionnaires vers un box sur le parking, sans possibilité d’avoir les questions en anglais, il a fallu donc se débrouiller. Enfin nous avons pu entrer dans hôpital, rejoindre le bâtiment E, premier étage… pour à nouveau remplir des papiers, mais avec photo cette fois. Là enfin la visite commençait. Je ne me rappelle pas avoir eu une visite médicale de travail en France, ni au Liban, mais ici elle est intéressante.

Prise de sang, échantillon d’urine, check-up dentaire à la lampe torche, pesée, mesure, test oculaire etc… Ce dernier d’ailleurs ne se fait pas avec des lettres ici, mais avec des cercles dont il manque une partie et il faut en désigner la direction. C’était autre chose. Nous avons également fait une radio des poumons, à la plus grande joie de mes collègues féminines dont visiblement le radiologue avait une préférence forte… Il était presque 10H30 quand les examens complets nous amenaient à la caisse pour payer. Là fut le dernier détail qui nous a bien emmerdé. Je me permets le mot. Il nous fallait pour éditer la facture qui permettait de nous faire rembourser d’avoir le code de référencement fiscal du lycée ou plus simplement appelé « Tax code ». Heureusement que nous sommes arrivés avec des personnes de l’administration en avion cet été sans quoi nous aurions eu beaucoup plus de mal à pouvoir les contacter… 11h sonnaient quand nous avons pu sortir de l’hôpital, épuisé nerveusement par les multiples péripéties de cette visite médicale. Nous déclarer apte à travailler un mois après notre prise de poste à un aspect plutôt comique, mais il fallait. Je suis bientôt en règle complètement vis-à-vis des institutions, youpi…

Je finirai par cette semaine sportive vécue de loin. Vannes a encore perdu au rugby, la France a renversé la Belgique à Turin, c’est assez étrange de ne pas pouvoir suivre en temps réel ces moments de compétition. Je vais devoir m’y habituer mais qu’en sera-t-il pour les grandes compétitions ? Pour les finales ? Je verrai en temps voulu mais d’ici là, je n’ai pas fini de découvrir les résultats au réveil. Mon estomac commence à gargouiller, l’odeur de la pâte à pancakes imprègne la pièce et je vais bientôt démarrer en cuisine, quelques saucisses, œufs sur le plat et autres réjouissantes seront au programme aussi. A défaut d’un dimanche de balade, il sera plaisant à la maison.

Non stancarti di andare

Non stancarti di andare

musique d'accompagnement

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IX. Libération, téléphone et découverte

3 Octobre 2021 , Rédigé par Pereg

IX. Libération, téléphone et découverte
IX. Libération, téléphone et découverte
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IX. Libération, téléphone et découverte
IX. Libération, téléphone et découverte
IX. Libération, téléphone et découverte
IX. Libération, téléphone et découverte

Dimanche matin, je démarre cet article mais je sais que je le finirai ce soir. A présent que je suis libre de circuler comme je le souhaite, je ne vais pas passer ma journée enfermé à la maison. Au contraire, le but étant de profiter un maximum dehors. Les cafés n’ont pas encore le droit d’accueillir du public, les bars ne sont pas ouverts, les restaurants fonctionnent à emporter ou en livraison. Les choses évoluent positivement, et la première des libertés, est celle de circuler.

Hier, midi a sonné quand j’ai eu les images de la libération de la rue, occupé à faire des crêpes, j’allais sortir rapidement ensuite. Mes collègues venaient me chercher pour aller acheter un vélo. Ils en avaient tous un depuis quinze jours et leur mobilité a changé. Ça peut paraître tout bête mais avec tout ce qui se passe actuellement, sans possibilité de prendre un taxi ou un grab, (équivalent local d’Uber), être à pied ne permet pas d’aller de l’autre côté du fleuve. Le vélo était donc nécessaire. Arrivés avec l’orage vers 14h, nous sommes allés chercher celui désormais sera mon compagnon du quotidien. Je n’avais pas acheté de vélo depuis mes 16 ans. Je ne sais pas si celui que j’ai durera aussi longtemps mais je sais que pour faire ce qui doit l’être actuellement il est plus que suffisant. C’est une solution temporaire, car à terme je serai à nouveau motorisé comme au Liban. Mais pour l’instant, c’est juste parfait. On m’a d’ailleurs expliqué la démarche longue et contraignante de transfert de permis moto, c’est une démarche que je vais entamer prochainement que c’est une possibilité. Voir les deux roues de mes voisins m’a vraiment donné envie de m’y remettre mais je sais aussi qu’actuellement je n’ai pas besoin d’un tel véhicule. On ne peut pas encore sortir de la ville, le tourisme inter-régional n’est pas autorisé alors la baie d’Ha Long … J’espère pouvoir m’y rendre durant les vacances de la Toussaint, mais pourra-t-on le faire ?

Pour l’instant, le fait d’avoir pu me rendre dans le quartier de Tay Ho, et proche des monuments j’en suis déjà ravi. Il faut au moins une bonne demi-heure pour s’y rendre mais c’est relativement plat dc largement faisable et ça me permet de m’habituer un peu plus aux efforts. Car mine de rien, il n’est pas aisé de s’acclimater. La chaleur et l’humidité rendent délicate l’adaptation pour mon corps de breton. Malgré trois ans au Liban, j’avais eu du mal avec la chaleur, il me faudra encore du temps pour m’acclimater, si tant est que ça puisse réellement arriver un jour. Dans un quotidien très chargé par le travail à distance, il est important que les weekends soient bien des temps utilisés pour la découverte locale, le fait de pouvoir à nouveau manger en take-away est un plaisir non dissimulé. J’aime cuisiner, mais il y a plein de bonnes choses à découvrir pour si peu alors pourquoi se priver ? Samedi soir une première soirée chez une collègue fut une jolie réussite également. Enfin je pouvais être en dehors de cet immeuble pour une soirée. J’ai eu un nouveau moment avec mes voisins d’ailleurs vendredi soir, c’était fort plaisant, mais retrouver les collègues français après avoir été deux semaines, ça n’a vraiment rien à voir. Une première pizza depuis mon arrivée ici, d’autres saveurs délicieuses et quelques bières, ça donne toujours un joli relief à un moment social. Nous étions chez Stéphane, avec Hervé et Sophie, c’est d’ailleurs avec eux que j’ai pédalé tout l’après-midi. Ajouté les voisins des filles, Camille, Odelin et Séverine, voilà un bon moment collectif que j’espère avoir depuis si longtemps.

Une grande nouveauté pour moi me fut aussi offerte par Stéphane. J’utilise Skype depuis des années, mais je ne m’étais jamais penché sur leur partie payante, sans réaliser les possibilités offertes. C’est quand elle m’a dit que l’on pouvait appeler en France pour un prix dérisoire, je me suis dit qu’il fallait absolument que je teste. Je n’utilise que très rarement à présent la ligne téléphone, il n’y a même qu’une seule personne que j’ai pensé appeler de cette manière, ma grand-mère. Au café pour elle, un peu plus tard ici, j’ai essayé et ça a fonctionné. Alors que je suis depuis 2018 à l’étranger, je n’avais jamais considéré la possibilité de faire les choses ainsi. Quand je suis loin, les nouvelles transitent par les parents, dans un sens comme dans l’autre. Ce ne sera plus le cas à présent. Je me dis que j’ai été un peu idiot de ne pas l’avoir cherché avant. J’aurais dû me pencher sur le sujet, indéniablement, tant pis pour moi, je ne peux remonter le temps. Mais ça fait du bien de savoir que je pourrai appeler à Guiscaër et cela, même du Viet Nam, pour n’importe quel motif, ou des moments plus impérieux. Je pourrai avoir ma grand-mère au téléphone et aussi adulte que je suis, c’est quelque chose.

Dimanche soir devant SRFC – PSG, avec un avantage significatif pour les bretons, le tiendront-ils jusqu’à la fin ? je n’en ai aucune idée, mais ça fait plaisir de me trouver devant le match. Le décalage horaire complexifie les choses mais le match du dimanche 13h est bien celui que je peux voir ici. Les matchs du soir, je ne vois le résultat que le matin. Ainsi pour la ligue des champions, ce décalage apaise la tension du match. Car devant, j'aurais été tendu, à distance ainsi, je ne vois que le résultat et le résumé. J’ai passé une bonne partie de ma journée à rouler à nouveau, des petits problèmes avec ma selle, mais ça ne m’a pas empêché de faire le tour du lac Tay Hô. Pas si loin, mais j’ai vraiment un travail d’acclimatation conséquent. Ayant été plutôt studieux cette semaine, j’ai eu le plaisir de laisser complètement le boulot de côté ce weekend, demain, enfin, je vais pouvoir retourner travailler à l’école, retrouver ma classe et mes collègues à défaut de retrouver mes élèves. Je m’étais dit que je réduirai la quantité de podcast au quotidien, depuis je me suis fait une nouvelle grille avec à nouveau une émission classique : la quatre saisons n’est pas qu’une pizza. Depuis ma soprane préférée et son émission de 16h que j’écoutais après la classe à Fronsac, je n’avais jamais retrouvé de contenu aussi intéressant. Mais c’est reparti quotidiennement grâce à France Musique, entre ballet, opéra ou encore quartet.

Il n’est pas vingt heures et j’ai les yeux fatigués, je n’avais plus pédalé ainsi depuis longtemps. Je vais continuer d’explorer et on verra ce que je vais pouvoir découvrir !

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