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XVI. Orelsan, Ewilan et Ha Long Bay

28 Novembre 2021 , Rédigé par Pereg

Rien ne peut me ramener plus en arrière que l’odeur de la pâte à modeler… Ainsi commence « La Quête » le titre qui pour l’instant me plait le plus sur Civilisation, album d’Orelsan, sorti il y a à peine dix jours, disque d’or avec simplement les pré-commandes. Je le passe en boucle depuis lundi, C’est ma cousine qui en le partageant en story m’a fait me lancer dans cette écoute. J’ai été ébloui. Une nouvelle transe musicale qui m’a fait partir très loin, hypnotisé par le son, happé par l’ivresse des mélodies. J’écoute beaucoup de musique, et de temps à autre, il y a une chanson, un album, un artiste que j’ai besoin de passer en boucle. Orelsan avec son nouvel album est de cet acabit-là. Grandeur musicale. Ajouté à cette perle, un reportage en six épisodes, une rétrospective de sa carrière jusqu’en 2018. Hypnotique. Son frère l’a filmé depuis 2003. Le mec était assez fou pour filmer des moments qui sont devenus culte. Le premier dans la musique, le second comme journaliste. J’ignorais qu’il avait fait une émission que j’avais suivi intensément. Les Casseurs Flowters ont placé Caen sur la carte du Rap. Après Big-Flo et Oli à Toulouse, ce n’est ni Paris ou Marseille, mais bien des normands qui ont un flow génial. Orelsan, ce qui compte ce n’est pas l’arrivée mais c’est la Quête.

Eveil des sens, après l’ouïe, la vue. Lundi et comme c’est un peu mon habitude, je passe à la Bibliothèque du lycée. J’embarque quelques BD, à découvrir, à relire ou poursuivre. Après des coups de cœur magistraux, je suis revenu à la fantasy, un univers qui à le mérite de me faire m’évader. En démarrant sa quête, Ewilan doit sauver son monde, qu’elle ne découvre qu’à l’âge de 13ans. Je me rappelle que des copines lisaient cette trilogie quand on était au collège, mais je n’avais jamais fait l’effort d’ouvrir ces livres, je n’avais pas encore été transcendé par le goût de la lecture des mots. L’adaptation en bande-dessinée que j’ai pu lire m’a beaucoup plu, sitôt fini la série de sept, j’hésitais même à la recommencer directement, c’est dire à quel point le challenge pour moi était réussi. Une BD que j’ai instantanément envie de recommencer directement, c’est gagné. Comme presque trop souvent depuis septembre, je me plonge dans une lecture que j’ai du mal à lâcher et passe des heures et des heures à lire, ne pouvant décrocher des mots et des images, mon champ de vision est réduit au simple espace de la page. La nuit aura bien trop avancé avant que je n’aille me mettre sous la couette. J’ai eu beaucoup de mal à avancer dans mon travail cette semaine mais j’ai réussi à le faire car je n’ai pas oublié l’objectif de mon weekend…

Eveil de sens, l’odorat et le toucher, les embruns et la main dans l’eau. Depuis le 3 août je n’avais pas vu la mer, le 3 août… Rarement j’ai passé autant de temps sans voir la grande bleue. Atlantique, Manche, Baltique, Indien, ou le golfe du Morbihan, et j’en passe, je reste rarement sans voir la mer plus de quelques semaines. Cependant le contexte COVID de mon arrivée au Vietnam, ajouté à la difficulté de voyager, même en sortant de la ville pour la Toussaint… je n’avais toujours pas vu la mer ici. Voilà ce que je m’étais fixé comme objectif, simplement voir la mer. Dix jours que j’y pensais fortement. J’ai commencé en milieu de semaine à m’organiser avec plus ou moins de réussite. C’est là, que sorti de nulle part car je l’ignorais, Karine, une collègue de l’école, m’a proposé de l’accompagner sur son dériveur, un 4,20 japonais.  Non seulement j’allais pouvoir voir la baie d’Ha Long, mais en plus j’allais pouvoir naviguer. Un rêve. Sac bouclé samedi soir, couché pas tard pour justement est debout aux aurores.

5h30 et l’alarme sonne. 6h25 après un petit-déjeuner et plus encore, j’embarque dans un gros véhicule direction le sud de la ville. On arrive au bureau de la compagnie de limousine car ce sont les petits bus aménagés qui permettent de faire le trajet confortablement. Mine de rien il y a deux heures pour rejoindre la côte. Un arrêt contrôle COVID à l’entrée de la province de Quang Nihn et on repartait. 9H30 au port de Tuan Chau. Un endroit étrange quand il est vide de ses afflux de touristes massifs venant d’Hanoï. On marchait un peu plus loin pour rejoindre le Yacht club où était posé le dériveur de ma collègue. Voilà bien six mois qu’elle n’était pas venue dans le coin, bloquée à Phu Quoc, elle n’avait pu revenir depuis juillet. Alors son matériel était un peu éparpillé. Apprêtés et motivés, gréement paré, il est onze heures. On fait avancer le 4.20 vers la cale. Mais un garde n’a pas voulu nous laisser ouvrir la barrière. Il a bien fallu une heure de plus que le propriétaire du club vienne valider notre sortie en mer. On était enfin sur l’eau… et là pétole.

Pas une seule risée de vent, tu as beau essayé de modifier ton allure, de passé du près au grand large, on n’avance si peu. Alors on rame un peu. On traverse le chenal principal et on arrive devant les massifs karstiques. J’étais venu pour ça. Ces calcaires sont impressionnants. On s’est amarré sur une toute petite plage à l’abris du vent pour déjeuner. Le bruit de l’eau, l’odeur des vagues et les pieds mouillés, ça m’avait tellement manqué et c’était vraiment ce que je désirais, être là, dans cette baie de rêve. On peut y ajouter un bonus non négligeable. En effet, il se trouve que la voile de loisir n’existe pas au Vietnam, il est l’œuvre de personnes volontaires. Les locaux préfèrent les bateaux à moteur ou les jet-skis. Très peu de monde sait naviguer, ce qui rend les compétences de ma collègue encore plus précieuses. Je fais parti des privilégiés qui ont eu la chance d’avoir pu passer sous une voile dans une des plus belles baies du monde. Ma collègue me dit qu’au maximum dix personnes l’ont fait, je compterai sur cinquante. Mais en soi c’est déjà fou alors que les bateaux à moteur sont faits pour accueillir des dizaines de milliers de personnes. Sur le retour, empannages et virements de bords, j’ai eu le droit de me faire enseigner la voile à nouveau. Cela faisait bien longtemps que je n’en n’avais pas eu alors j’ai eu plaisir à m’y mettre. J’aime l’eau salée, et une fois encore je n’oublie pas ma chance.

17h le bus prenait le chemin d’Hanoï et dans mon cerveau, les neurones tournaient au ralenti, tellement heureux de cette belle mais longue journée. Je baille, et mes yeux se ferment, il est l’heure d’aller dormir, la semaine sera intense, mais je sais qu’à présent je peux attendre jusqu’à Noël pour retrouver le clapotis des vagues. Eveil des sens, j'ai le temps de regoûter à tout cela. 

Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay
Ha Long Bay

Ha Long Bay

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XV. All-Blacks, escalade et enseignement en ligne

21 Novembre 2021 , Rédigé par Pereg

Petite douceur pour la fête des professeurs.

Petite douceur pour la fête des professeurs.

La télé allumée en fond, un peu de football que je ne regarde pas vraiment. La semaine a été intense scolairement parlant mais je reste sur un nuage moral avec la superbe victoire de cette nuit en rugby. Fatigué de m’être couché à 6h du matin pour y assister mais ça valait le coup. Le dernier match remontait à 2018 et nous l’avions perdu, mais c’était avant l’ère Galthier, et depuis les jeunes Ntamack et Dupont notamment sont montés en puissance, on a retrouvé du jeu et de la densité. Voilà douze semaines que les blacks n’étaient pas rentrés chez eux, la fatigue n’a pas dû aider mais ça n’empêche pas que l’exploit reste retentissant. La dernière victoire contre le XV de la fougère argentée datait de 2009, c’est dire que sur la pelouse aucun des Français n’avait eu à son crédit une victoire contre les All Blacks. Chaque victoire reste un exploit, et à deux ans de la coupe du monde en France, c’est quand même sacrément bon signe. Les bleus sont au niveau, ils ne seront pas favoris mais il n’y a pas de raison que le trophée Webb-Ellis ne soit pas à leur portée. D’ici là, le 6 nations de la fin d’hiver sera palpitant à regarder et peut être après plus d’une décennie sans victoire, notre cher XV de France est décidément capable de le gagner. Je n’oublie pas les succès des Anglais comme des Gallois aussi contre les nations du sud. 2015 avec les quatre nations du Sud en demi-finale de coupe du monde, ça semble une éternité, les nations du nord sont au niveau. Le rugby est un sport palpitant, intense et puissant. Voilà clairement un sujet sur lequel je suis assez intarissable.

Pour autant, ce n’est pas la seule chose intéressante de la semaine.  Après une séance de piscine lundi où l’on m’a aidé dans ma technicité de crawl. Il faut que je continue à m’améliorer d’ailleurs. Mercredi soir j’ai rejoint le groupe qui pratiquait l’escalade. Je voulais essayer. La dernière fois où j’avais approché cette activité c’était en camps de vacances à l’âge de 10 ou 11 ans. J’avais une forte appréhension. Cependant je voulais voir si mon vertige, aussi intense soit-il, allait m’empêcher quoique ce soit. La première montée fut fort délicate. Jambes fléchies et souples, et bras tendus. On ne se hisse pas avec les bras, mais on pousse sur les jambes. C’est la théorie en tout cas… Car je n’avais pas monté 5 mètres que j’avais les bras super crispés et les doigts avec des ampoules et incapable de bouger. Crispé comme je ne me rappelle pas avoir été, jamais. En revanche, j’ai un peu triché. On est sensé suivre une piste de couleur unique mais j’ai posé mes mains et mes pieds sur des prises de couleurs différentes pour me monter. J’ai réussi à aller jusqu’en haut, j’ai mis du temps mais je l’ai fait. Il m’a bien fallu cinq minutes pour me remettre de l’émotion. J’ai assuré deux collègues puis j’ai voulu en faire une seconde, je voulais réessayer. Passé de la piste rouge à la rose, j’ai testé ce nouveau chemin vers le sommet. J’ai mis moins de temps, je me suis senti plus assuré, plus confiant, j’étais fatigué mais j’ai réussi à me hisser à nouveau au sommet. De là à dire que j’ai aimé c’est autre chose, mais mercredi à nouveau je testerai. C’est tellement autre par rapport à ce que je fais d’habitude que ça m’intéresse d’en faire un peu plus et de voir où ça mène.

Jeudi devait être une journée calme de préparation de classe en ligne, celle où je poste tout sur moodle. Mais voilà, le site était inaccessible. Un crash du serveur interne au lycée surement bien que l’on n’ait pas vraiment su ce qu’il était advenu exactement. J’ai réussi en passant par mail à faire une petite visioconférence avec mes élèves, puis j’ai fonctionné autrement jusqu’à ce qu’en début d’après-midi, tout était revenu à la normale pour moi. Ce qui n’était pas encore le cas de tous mes élèves. Alors forcément le travail que je leur mets à disposition, tous n’ont pas pu le réaliser correctement. Déjà que la période est longue et difficile pour la plupart d’entre eux, cette nouvelle péripétie amène à une démotivation plus grande de la part de certains. J’ai fonctionné à distance ou en hybride toute l’année passée et je crains vraiment que la même chose advienne ici. Seul le comité populaire de la ville peut décider et il ne semble pas être volontaire pour laisser nos petites têtes blondes revenir sur les bancs de l’école. Si le bien-être des enfants était le sujet principal, ils seraient de retour depuis longtemps, mais voilà la politique ici ne le voit pas sous cette perspective, on ne peut rien y faire.  Je ne suis plus enseignant, je suis enseignant en ligne. Ce n’est pas le boulot pour lequel je me suis engagé mais en ce moment je n’ai pas le choix. L’enseignant est le principal outil et acteur de son travail, sans lui, pas de séances, alors se préserver est vital. Moralement avant tout. On a tendance à l’oublier parfois mais si être bien est la première nécessité pour un enseignement de qualité.

Le sport aide beaucoup à s’extraire de la condition actuelle, mais les sorties également. Vendredi soir j’ai retrouvé Camille, Odelin et Sophie à la pizzeria à côté du lycée pour quelques verres et bien sûr des douceurs italiennes du Vietnam. Ça faisait plaisir de se retrouver ainsi car ce soir de fin de semaine est le symbole de l’arrêt du travail.  Un léger crachin nous a accompagné, Hervé nous a rejoint et même sans rentré tard, le moment fut fort plaisant. Samedi midi, restaurant de poissons avec ma voisine qui m’a fait découvrir un autre lieu génial, un peu caché et fréquenté par de nombreux locaux, il n’y a rien de mieux pour déguster. Je suis passé ensuite à la réaliser de crêpes pour la soirée. J’avais été invité par Fanny à une soirée à Bac Cau, un quartier un peu plus au nord où je n’avais encore jamais mis les pieds, mais pour une balade ce doit être un endroit charmant. Leur maison est ravissante et je me dis que si j’avais trouvé une chambre dans une telle bâtisse pour une coloc, j’aurais été chanceux, c’est clairement ce genre de logements que j’aurais souhaité trouver initialement.  On a bien discuté, bien bu et il était bien deux heures passées quand je suis rentré.

C’était l’heure idéale, car j’avais juste à me préparer pour me mettre devant le match des bleus contre des All-Blacks jouant en blanc. Le Haka donne toujours des frissons, et le début de partie fut comme un rêve. Mais comme beaucoup d’observateurs, j’imagine que la remontée de Ntamack en mode patron à la soixante-deuxième minute fut le moment de bascule. Celui qui te fait penser que non seulement l’exploit est possible mais qu’en plus cette équipe est grande. J’étais à fond dedans, peut-être un peut trop d’ailleurs, j’en ai réveillé ma voisine. A ma décharge je ne pensais pas que le bruit passerait les deux portes. Qu’importe, j’allais me coucher à la fin de la partie, heureux d’avoir vibré à nouveau grâce à notre quinze. Le fait de savoir que les parents étaient au stade, ajoute une dimension à ce match exceptionnel. Ils ont eu l’occasion de le vivre. La seule fois où j’ai vu les bleus jouer remonte à France Ecosse en 2017, je ne me rappelle plus du score mais les bleus avaient gagnés. Ce n’était pas encore la jeune génération. Les bleus font à nouveau peur et quel jeu, quelle envie.

Il est déjà tard, j’avoue que j’aurais pu faire l’effort d’écrire plus tôt mais j’aime aussi le dimanche pour avoir justement le temps de me poser et sans trop de réflexion, bouiner. Je finirai mon weekend en lisant le dernier chapitre de One Piece, on sent que l’arc de Wano tire à sa fin et mon article en longueur. A bientôt.

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XIV. Angine, football et rédaction.

14 Novembre 2021 , Rédigé par Pereg

Transe musicale

Dimanche soir, posé dans mon canapé devant la fin du match de Rugby, les Géorgiens ont été jugé sévèrement par l’arbitre en début de match, mais ils sont plutôt puissants et m’ont fait une belle impression. Même si le score peut leur paraître sévère, ils nous ont mis deux essais. La comparaison avec les Italiens fait que l’on peut se poser la question de leur présence dans un Six Nations remodelé. Un jour aura-t-on le droit à des montées descentes dans le tournoi ? Je n’y serai pas opposé. Je n’oublie pas non plus qu’il y a quelques années, nous avions fini dernier mais en général ce sont quand même les Italiens et leur niveau reste très inférieur aux autres nations. Cela étant dit, le weekend prochain, les bleus affronteront les blacks, qui ont perdu à Dublin ce weekend, ils ne perdent jamais deux matchs d’affilés, ce combat de géants qui est le nôtre est nécessaire en prévision de la coupe du monde 2023. Ce match sera l’ouverture et je dirai qu’on l’espère pour clore également le tournoi, mais ceci est une autre histoire. Les Français ont passé les quarante points, mais que ce fut dur…

Je continue de tousser malgré tout ce soir, je ne suis pas encore au top, j’ai pu courir aujourd’hui malgré tout. Je n’en reviens pas n’empêche d’avoir été malade ainsi en début de semaine. Déjà que j’ai dû aller faire mon test pcr dimanche dernier. Résultat lundi matin, négatif heureusement. J’avais passé mon dimanche à me reposer. Il a fallu faire de même lundi. Je me suis levé pour travailler. J’ai fait mes visioconférences avec une gorge arrachée. Ça ne m’a pas fait du tout de bien car j’en étais à cracher du sang. A 11h, j’étais de nouveau au lit. Je me suis posé la question d’aller consulter, je l’aurais fait si mardi mon état ne s’était pas amélioré. Heureusement pour moi, j’allais mieux, la fièvre était tombée, je ne tremblais plus de tout mon long. J’ai vraiment pris cher. Je ne sais pas où j’ai pu choper ce truc mais ce fut violent. Sylvie ma directrice de primaire a eu un truc similaire, je ne sais pas qui l’a refilé à l’autre. Je me dis aussi que je dois malgré tout m’acclimater car l’humidité résiduelle ici est très importante, la pollution l’est également. On m’a prévenu que nous n’avons pas encore atteint les pics et je n’ai vraiment pas hâte de m’y confronter.

Au début je m’étais que je devrais sortir de la ville, mais je vais m’organiser ça pour dans deux semaines, en tout cas c’est l’idée. Je n’ai pas pu faire de sport de la semaine ou presque, il était donc assez imprudent de me lancer dans une telle aventure, mais ça viendra vite. Jeudi soir, conseil d’école. Ça faisait longtemps que je n’avais pas assisté à une telle réunion. Un peu longue c’est vrai mais son organisation est quelque peu différente de celle que l’on avait à Beyrouth. Le buffet à la fin m’a permis de découvrir quelques douceurs du traiteur de la cantine de l’école. Si un jour la cantine du lycée réouvre, il faudra que j’essaye assurément. Ce conseil d’école a aussi fait que je n’ai pu me rendre au badminton. La proviseure a donc proposé de le faire vendredi. En bonus, j’avais aussi mon premier cours de vietnamien. Un peu frustrant d’ailleurs car mon micro n’a pas fonctionné, je ne pouvais pas intervenir. Je suis arrivé un peu énervé, bouillonnant même. Fanny, une collègue de CE1 l’a remarqué. Mais le fait de jouer m’a apaisé. En me dépensant, il n’en fallait pas plus pour que je redescende. En même temps, pas de sport pendant 6 jours, je devais faire mieux. Samedi matin un peu de tapis, et ce match cet après-midi. On était plus nombreux qu’il y a deux semaines. J’ai joué 9, comme Lewandowski. Dieu que mes contrôles sont mauvais ! J’ai vendangé un max même si j’ai marqué deux buts et fais une passe décisive. On a gagné, mais ce fut serré jusqu’au bout. J’ai vraiment de quoi progresser mais c’est aussi ça qui est plaisant, je ne peux que m’améliorer.

J’ai voulu aller à l’entrainement de gaélique car il y a une équipe ici. Cependant, c’est loin, de ces déplacements qui sont chers en taxi. Alors tant que je n’aurais pas mon permis moto, ça semble un rêve inaccessible. Ce permis d’ailleurs, je voulais le passer rapidement, mais il se trouve qu’il n’y a qu’une seule session organisée par mois, c’était aujourd’hui. La prochaine a lieu le 26 décembre, alors je le passerai en janvier. Mes déplacements sont donc limités d’ici là. Je préfère conduire dans la légalité. Un accident est si vite arrivé et je peux me débrouiller autrement. Je suis sorti hier soir, ou plutôt l’après-midi. J’ai rejoint une collègue du lycée pour aller à Kali, un bar qui proposé une « day-party ». Les bars fermant à 21h, il fallait commencer plus tôt. Vers 17h, avec une première bière à la main, j’ai retrouvé mes deux sud-afs préférés et l’on a poursuivi un peu plus longtemps. Beaucoup de gens le vivent différemment mais la sociabilisation avec des étrangers m’est nécessaire, vitale. Ce n’est pas tellement la fête qui est grisante mais cette ambiance humaine qui fait tourner la tête et j’ai pu en profiter pleinement. Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je ne doute pas d’y trouver mon compte. Nombreux sont les enseignants d’anglais ici, avec des conditions plutôt précaires, je passe pour Crésus avec ma situation stable. Je vais bientôt avoir ma carte de résident d’ailleurs, ce qui sera un élément de plus pour entériner ma position ici.

Le Liban malgré tout se rappelle toujours à moi. Alors que les flammes ravagent une partie du sud, j’ai eu un cadeau inespéré. Une de mes anciennes élèves m’a choisi pour sujet de la rédaction « mon enseignant préféré ». La description faite de moi m’a beaucoup touché, de mon piercing, de mes tatouages et de mes pommes. Je suis un vrai ours, mais dans cette situation, je suis surtout un ourson guimauve. Nos élèves nous marquent, l’inverse est aussi valable. Je ne pensais pas avoir eu une telle influence alors j’ai reçu cette nouvelle pour ce qu’elle est, un cadeau.

Je finirai sur une note culturelle, entre le dernier James Bond, Benedetta ou Présidents, j’ai vu quelques films récents, musicalement j’ai été transporté par une chanson particulière, say something de A Great Big Girl. Mais surtout, j’ai lu « Dans les brumes de Sapa » de Lolita Séchan. On suit l’héroïne et la rencontre de sa petite sœur de cœur une Vietnamienne issue d’une minorité martyrisée. Une histoire puissante encore une fois. La lecture n’a de cesse de me plaire. Je m’arrête à présent que je suis devant Dalida, je ne l’avais pas encore vu. Un film plaisant mais surtout une musique qui ne peut que me plaire, du soleil de l’Italie, la salle rouge de l'Olympia et bien sûr la diva arabe. Difficile de ne retenir qu’un titre mais c’est sûr que je vais en écouter un peu plus dans les jours à venir.

la BD de la semaine et puis la rédaction qui m'a tellement fait plaisir.
la BD de la semaine et puis la rédaction qui m'a tellement fait plaisir.

la BD de la semaine et puis la rédaction qui m'a tellement fait plaisir.

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XIII. Vacances, rugby et test pcr.

7 Novembre 2021 , Rédigé par Pereg

XIII. Vacances, rugby et test pcr.
XIII. Vacances, rugby et test pcr.
XIII. Vacances, rugby et test pcr.
XIII. Vacances, rugby et test pcr.
XIII. Vacances, rugby et test pcr.

​​​​​​​Dimanche soir, j’ai passé ma journée à la maison car je ne peux faire autrement. Ce midi, je suis allé à Family Practice, un centre médical pas trop loin du centre-ville. Hormis cet aller-retour, je ne suis pas sorti de mon appartement. Depuis hier, je ne me sens pas au mieux et les choses ont réellement empiré depuis 21h. Une fièvre absolue, une fatigue extrême et d’autres symptômes caractéristiques du COVID. Vacciné double doses comme prévu cet été, il n’empêche que je peux le choper et c’est ce qui m’inquiète. Ici les choses sont particulières, ils ne rigolent pas avec la maladie et c’est pour ça que j’agis avec précaution. Ce test n’est pas tellement pour moi, mais pour ceux que je côtoie au quotidien, en espérant bien être négatif. C’est ça qui est pénible avec cette maladie. Tous symptômes induisent une précaution extrême car sa propagation est fort délicate. J’ai été surpris de voir que le CDC ne m’a pas aidé, ni d’ailleurs l’hôpital français. Je ne demandais que de passer un test mais il semble que pour cela, il faille se débrouiller seul si l’on n’est pas cas contact. Qu’importe. Le résultat arrivera demain soir et d’ici là, une attente courte et longue à la fois. Je pense que ça sera négatif, la précaution est trop importante pour ne pas devoir la prendre et agir en conséquence, pour moi mais surtout pour mes collègues dont le résultat aussi induit forcément des choses bien différentes.

Les symptômes sont ainsi, j’ai cherché d’abord où aurais-je pu être contaminé. C’est apparu comme une évidence… samedi dernier, au retour des vacances, je suis allé à Spot. Un endroit avec une piscine. Soirée du 30 octobre et moi je ne pense pas à Halloween. Je ne me suis donc pas déguisé, mais quel plaisir de me retrouver dans une situation sociale. Ça m’avait tellement manqué. J’ai rencontré des personnes fort sympathiques, j’ai pu parler anglais toute une soirée. Rentré tard dans la nuit, j’en avais eu besoin, une nécessité vitale pour vivre comme je l’entends dans ma nouvelle ville. Ainsi donc, cette soirée est probablement mon point de contact, sept jours d’incubation, la période correspond. J’espère ne pas l’avoir, vraiment pas, mais on fera donc en fonction.

Avant ce weekend particulier, j’ai d’abord passé de belles vacances. Avec certaines de mes collègues, nous sommes allés à Soc Son la semaine passée. Du lundi au samedi pour s’échapper un peu de la ville, aller respirer à la campagne. Une résidence assez sympathique pour dix personnes avec une piscine adjacente et surtout des chemins de randonnées proche. Une petite découverte du milieu pour démarrer, une randonnée qui ne fut pas celle espérée au lendemain et avec d’autres collègues, une vraie balade le mercredi. C’était tout ce que je voulais. C’est ce moment précis qui fut le plus apprécié de ma semaine. Une belle promenade pour rejoindre un sommet situé à 462m, avec une belle montée. Puis un retour plus calme, on a marché un peu plus de trois heures. Un drapeau breton au vent, mes petits personnages en photo, et surtout une évasion mentale. Le reste de la semaine fut plutôt pluvieux mais nous y avons trouvé d’autres moyen de nous occuper, je n’avais jamais autant joué à Citadelle ou Schoten Totten. La cuisine ne fut pas en reste. Avec du poisson, des nems faits maison, un joli barbecue ou des crêpes. Même si tout n’était pas parfait, ce séjour fut profitable assurément.

Les vacances sont faites pour se reposer, j’ai vraiment coupé durant cette semaine complète, je n’y pas allumé le pc pro du tout. Ça ne m’était pas arrivé depuis fort longtemps. Un retour progressif a fait du bien mais surtout dans mon quotidien la lecture a repris une place prépondérante. J’ai eu le plaisir de découvrir « Habibi » de Craig Thomson. Quand on a une bibliothèque de qualité, il faut donc en profiter. A défaut d’avoir pu dormir cette nuit, j’ai eu le plaisir de voir le XV de France battre les Argentins avec un arbitrage qui pouvait laisser un gout amer. Le décalage horaire est tel que le match était à trois heures du matin ici, et si je n’avais pas eu le sommeil agité, je n’aurais pas eu le plaisir de voir la bande à Dupont gagné ce combat acharné. Chaque jour, je vois les résultats des matchs de la nuit que je n’ai pas eu le plaisir de voir. J’ai toujours en fond un peu de sport, et ce soir je ne déroge pas à la règle. Demain je travaillerai à la maison en attendant je l’espère, mardi de pouvoir retour à l’école et d’oublier ce weekend assez particulier qui vient de se dérouler.

XIII. Vacances, rugby et test pcr.
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