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XIX. Noël de loin

26 Décembre 2021 , Rédigé par Pereg

Ha Long
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Ha Long

Ha Long

​​​​​​Dimanche soir, milieu des vacances. Je n’écris jamais durant les vacances, et comme chaque règle, en voici l’exception. Cette exception d’ailleurs est liée aussi à la situation fort particulière que je vis actuellement. Ce sont mes premières fêtes passées loin de la Bretagne, loin de la famille. Pas de tours de Guiscaër à Port-Launay, de Briec à Landéda. Déjà en acceptant le poste ici en mars dernier, je savais que les mesures prises par le pays en matière de covid n’étaient guère évidentes. J’ai eu la confirmation avec ma quarantaine à l’arrivée dans le pays. Tout en sachant pertinemment que nombre de mes collègues n’ont pas quitté le pays depuis l’été 2020 voir, même avant… Alors qui suis-je pour me plaindre après seulement quelques mois ici ? Je n’en ai pas le droit. On pourrait me dire qu’à 33 ans, et avec la maturité, l’acceptation professionnelle, je dois réagir de la bonne manière. C’est d’ailleurs plutôt le cas il est vrai. Cependant ça n’en reste pas moins étrange de faire Noël à Hanoï alors que la famille était au complet à Vannes. Ils ont été d’ailleurs tous adorables, un appel le soir du réveillon, un autre au moment de l’ouverture des cadeaux, c’était super. C’est aussi ça le monde actuel avec son lot de particularités.

Le COVID a changé beaucoup de choses, à commencer par la vie vietnamienne elle-même. En effet, ce pays est un des pays les plus touristiques du monde, et sa balance commerciale penche clairement négativement depuis que le pays ne peux plus accueillir de touristes de l’étranger. Le déficit semble colossal. Je l’ai d’ailleurs constaté fortement en allant en Ha Long dimanche dernier. Entre le port de Tuan Chau, les deux parties de ville que sont Hong Giay et Chai Bay, il y a un tel nombre de logements vides que ça en est fou. Des milliers de maison vides, de résidences hôtelières laisser à l’abandon. C’était un spectacle triste, surtout pour la population locale qui doit vivre autrement. J’y ai trouvé cependant un bénéfice magique. Nous sommes allés en mer avec Sabrina et Katie, dans la baie, vide de ses bateaux touristiques par centaines. Nous étions seuls. Un seul autre bateau a navigué dans nos eaux proches. Nous avions Ha Long pour nous seuls ou presque. Je mesure clairement la chance que nous avons eu de la découvrir ainsi. Même si nous étions rendus si loin en décembre, ce spectacle maritime restera un grand souvenir, une chance exceptionnelle. Le contraste d’ailleurs avec la grisaille régnante sur la ville était saisissant. Le Vietnam, un pays vivant du tourisme, un pays qui ne peut venir sans ses visiteurs internationaux.

Demain je découvrirai un nouvel aspect, celui du tourisme de masse en allant à Phu Quoc, une île au sud du pays, paradis aménagé que je suis curieux de voir de mes yeux vus. Ce sera fort différent assurément, mais ça fait aussi parti de la réalité de ce pays. Nous devions aller à Da Lat et les choses se sont passées différemment. Je pars donc dans le sud où je rejoindrai Fanny, rencontrée à Paris pour l’exposition des divas du monde arabe. D’ailleurs peut-être que je l’aurais fait de la même seul mais quand on me propose une telle expédition je dis oui. Je pars donc le 27 jusqu’au premier inclus. Je ferai mon réveillon du premier de l’an dans un festival de musique, sur une plage avec des inconnus. L’idée est fort tentante et assez improbable quand on y pense un peu trop fort. Noël fut fort sympathique avec des collègues que j’apprécie. Un dîner du 24 tous ensemble après un grinch des familles. Une soirée Just Dance sur lequel on s’est bien marré. Une raclette le 25 à midi. Bien trop à manger mais un vrai moment convivial de partage. C’est ce que j’espérais.

Mon dimanche fut plus calme, de la lecture, un peu de rangement et un sac à dos à préparer pour partir demain aux aurores. Un test rapide pour prendre l’avion, une partie de football. Pour une fois on a battu les jeunes largement. J’ai proposé à Hervé de nous rejoindre, il y a été super. J’ai aussi marqué deux buts, ça ne m’était pas arrivé depuis quelques temps. Mais le match fut sujet aux blessures. Un jeu s’est foulé la cheville, pour ma part j’ai une jolie trace de crampons et l’annulaire droit à surveiller. Ça aurait été dommage de se blesser à l’aube de vacances mais se dépenser après les destins de Noël n’était pas une mauvaise idée non plus. Wall-E en mode chill pour cette soirée au calme, après avoir écouté le dernier album d’Angèle. Bragelonne doit avancer, déjà que Charles II est monté sur le trône de son père décapité, quelle sera la suite ? Il me tarde de prendre le temps de la découvrir. Mes yeux se ferment doucement.

Une pleine semaine de vacances m’attend. Pura vida !

Noël
Noël
Noël

Noël

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XVIII. Avent, routine et concert

12 Décembre 2021 , Rédigé par Pereg

​​​​​​​Dimanche après-midi. Je doute que j’aurais le temps de finir mon article avant de partir au foot tout à l’heure mais qu’importe. Je voulais démarrer tranquillement ce midi pour ce soir avoir moins de choses à rédiger. Je sais que l’humeur de la journée est souvent bien différente de celle de la fin de journée mais qu’importe. C’est le premier dimanche depuis quelques semaines pour lequel je n’ai qu’une seule chose de prévu, aller jouer au foot à 16h. Il ne fallait pas que ce soit trop tôt non plus car je ne suis pas sûr que j’aurais été en état…

Hier soir fut une soirée des plus réussies, un enchainement de bonnes choses étonnantes pour le plus grand bonheur qui est le mien, se sentir vivre. L’humain est un animal social et ce samedi l’a démontré une fois encore. Après un grand tour à vélo le matin pour aller chercher des cartouches d’encre et un casque pour ma petite moto. J’avais entendu parler d’un marché de Noël par une collègue. Je m’y suis donc présenté un peu avant 16h. Le marché était tout petit, mais le plus surprenant était qu’il avait lieu dans une micro-brasserie. J’ai donc mis du cœur à l’ouvrage et tester différentes bières. Le réel plaisir de ce mois de décembre, un vin chaud, expérience étrange que d’en boire en étant en short mais cette gorgée épicée ramenait aux soirées au coin du feu. Autre style, autre ambiance. Je voulais sortir samedi soir, j’ai pu voir qu’un concert rock avait lieu au Spot. Arrivé vers 18h, c’était assez calme, le groupe local était assez soft. J’ai discuté avec Jack qui se trouvait par hasard le chanteur du groupe suivant. Punk rock, l’ambiance est montée, un vrai plaisir. Un groupe de reggae qui reprenait les grands standards. Pour clore ce petit évènement, du linkin Park a en fait pété la sono. Venait déjà 21h et l’obligation de fermée. Ce couvre-feu est toujours d’actualité. En passant devant un magasin avec Jack, le bar d’en face était finalement ouvert, je m’y suis donc glissé. J’y ai retrouvé mes sud-africains préférés et l’on a suivi la soirée bien tard. Après la baie d’Ha Long et le permis. Voilà un dimanche où je n’avais pas besoin de me lever et j’ai donc marqué ce weekend d’une fort belle manière. Mon mal de crâne a finalement disparu mais je sais que je vais galérer à courir sur le terrain tout à l’heure…

Je reprends à 22h passées, j’ai mis Love Actually en fond après en avoir parlé avec les frangins tout à l’heure. Voilà bien plus d’un mois que l’on n’avait pas parlé ensemble, ça fait juste plaisir de revoir les petites bouilles mignonnes de mes neveux et nièces. Après une nouvelle soirée agitée, il fallait éliminer les toxines. Arrivé en retard, j’ai renâclé comme à chaque fois au début, mais ça m’a juste vraiment fait du bien. Quatre fois par semaine en activité est vraiment ce qu’il me faut. Les jeunes nous ont battu, mais le plaisir de jouer est bien là, et à chaque fois. J’étrenne un peu plus mon maillot munichois et même si je ne suis pas du tout au niveau de mon cher Pavard, j’ai plaisir à jouer. On en est tous là, jouer, transmettre, s’amuser ensemble, cette passion footballistique s’exprime non seulement par le suivi des matchs mais le plaisir d’être sur le terrain, aussi modeste soit notre niveau, c’est juste le pied. Bientôt je retournerai essayer du rugby ou du gaélique. Elevé au grand air, football dans le jardin, la haie fut ravagée un très grand nombre de fois. Du jardin des Bahuons au tir entre les arbres à Saint-Malo, il y a toujours eu un ballon dans le coin.

Restons dans les souvenirs d’enfance, ceux de la période de l’Avent, hier j’ai été à un marché de Noël, en short et tshirt, j’y ai bu un vin chaud. C’était assez étrange d’ailleurs de trouver du vin alors que la saison ici ne s’y prête pas du tout. Il est clair que depuis mon arrivée ici, je vois bien que la culture est différente. Je ne m’attendais pas à trouver du monde en père-Noël à chaque coin de rue, mais l’ambiance est totalement autre ici. Le 25 décembre est un jour comme les autres. C’est le Tet qui comptera début février. Alors malgré un petit calendrier de l’Avent offert par ma voisine, et quelques films pour me mettre un peu de l’ambiance. La routine de décembre n’est pas celle des autres mois. Je vais changer de rythme. Ma petite moto est toute prête, j’ai un casque, une assurance, il ne me manque plus que mon permis papier et je serai bon pour rouler. J’ai hâte de pouvoir parcourir la ville sur ma DEN, elle fait un joli petit bruit que n’est que fort plaisant. Je roulerai à Noël. Le fait de pouvoir me déplacer ainsi changera aussi mes possibilités.

La dernière semaine de travail s’annonce, les élèves sont fatigués, nous le sommes tous, mais voilà vendredi soir, je serai en vacances et les premières de Noël loin des miens, loin de la Bretagne. C’était une potentialité. Alors ne pas avoir l’atmosphère et le froid de Noël feront des choses différentes et ce sera très bien aussi !

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XVII. Permis moto, performances et Livreval

5 Décembre 2021 , Rédigé par Pereg

ma chanson de la semaine

Dimanche fin de journée, et je vais passer ma soirée sur des corrections, après mon retard pris durant la semaine, c’était une évidence que j’allais devoir m’y recoller. Mercredi je dois rendre les bulletins, et bien qu’on le sache depuis quelques semaines j’avais eu du mal à m’y mettre, il faudra que tout soit fini pour mercredi. Et ça le sera. J’y passerai une bonne partie de la soirée mais qu’importe. Je savais que la limite arrivait et comme la semaine ne fut guère productive, le travail à distance nous atteint tous à différent degrés et la motivation est la première des grandes difficultés. Il est clair que le travail devrait être le seul objectif, l’essentiel est de le réaliser.

Chaque jour ou presque, après l’école, je suis bien occupé. Piscine le lundi, mercredi escalade, jeudi badminton, et vendredi vietnamien. Cette semaine fut un peu différente. La perspective d’un premier triathlon organisé au lycée changeait mon programme d’entrainement. J’ai donc forcé un peu sur la natation lundi, je voulais tester voir, si je pouvais forcer un peu plus le trait, j’ai réussi à faire 2000m, presque sans m’arrêter. Mine de rien, je suis en bien meilleure forme que je ne l’étais en arrivant ici, ou plutôt après les premières semaines de confinement. Mercredi troisième séance d’escalade, celle pour moi de décision. Savoir si je continue ou si je m’arrête là. Après deux pistes avec dévers, j’ai refait la piste que j’avais fait au départ, il y a deux semaines. J’ai eu le plaisir de constater à quel point c’était différent et que j’étais plus à l’aise. J’ai progressé, déjà pouvoir me déplacer latéralement ou lieu d’être face au mur, et puis les avant-bras bien moins douloureux. Ça m’a vraiment fait plaisir. Je sais bien qu’avec mon gabarit, quoiqu’il se passe ce ne sera pas facile mais il n’empêche que je vais continuer et découvrir un peu plus cette activité. Jeudi soir badminton, le gymnase était un peu plus calme cette fois-ci mais j’ai eu de quoi courir, notamment un simple avec Minh-Duc de haute volée. On a arrêté au bout de deux sets car le vrai défi physique pour moi arrivait.

Vendredi à 15h30, premier triathlon. Bien sûr nous étions dans la piscine du lycée, mais qu’importe, enchainé trois disciplines aussi variées est un effort très intéressant. 400m au démarrage, je n’avais jamais nagé aussi vite, en moins de 10 minutes c’était accompli. Vint l’heure du vélo, nous y sommes allés en groupe, l’aller tranquillement, mais au retour avec certains, on a décidé de pimenter un peu et d’accélérer. C’est là que j’ai constaté une fois encore que mon vélo est de piètre qualité. Je devais vraiment forcer sur les pédales pour suivre le rythme de mes camarades. La boucle cycliste terminée, on enchainait sur le stade du lycée en course à pied. Les jambes en feu, ça ne m’a pas empêché de démarrer, un tour, puis un second, pour finir treize tours plus tard avec 5km au compteur en moins de vingt-huit minutes. En moins d’une heure et demie avec les changements d’épreuve, je m’étais surtout prouvé que j’avais retrouvé de la condition physique. Il s’agira à présent de conserver avant de penser à progresser plus encore. Mes performances ne sont pas exceptionnelles, loin de là, mais me prouver à nouveau à moi-même que j’en était capable est un vrai plaisir.

Ce dimanche, on m’a donné l’opportunité de passer mon permis moto. Pourtant oui je l’ai déjà eu au Liban. Cependant, souhaitant le faire transférer en France, procédure toujours en cours (et pas près de se terminer) je n’avais pas ma licence libanaise pour le prouver et faire un transfert ici qui m’aurait permis de conduire un peu. J’ai choisi directement de passer le permis gros cube, pour avoir une moto plus grosse qu’une 175, du moins c’est l’idée, et au contraire des autres, n’aura pas de date de péremption. L’intérêt pour moi est multiple car ainsi je peux également, si mon transfert de licence libanais venait à échouer, le faire avec la carte vietnamienne. Ce matin donc réveil 5h30, 6H15 avec Lionel à Mipec pour prendre un taxi. On avait dû préalablement passer un pcr rapide, pour venir à l’examen. 7h00 départ du bus d’AEON mall un peu au sud-est. On est sorti de la ville pour rejoindre un centre d’examen à une heure d’ici. Il y avait trois étapes. La première est de savoir si je parle assez vietnamien pour faire l’examen écrit. Contrairement au Liban où l’on peut passer le test en français, il est forcément en vietnamien ici. J’ai donc dû lire une phrase (que je n’ai pas compris) qui voulait dire que j’étais capable de lire la langue locale. Assis à côté d’un assistant pour le test, il me donnait les réponses en me disant quelle case cochée. Moi qui voulais tout faire légalement, j’étais obligé de me transgresser pour pouvoir conduire officiellement une moto ici…

Vint l’étape de la conduite. Le parcours fut un peu plus long, un huit complet puis une sortie sur une ligne droite, un slalom et une dernière ligne droite avec des ralentisseurs. Dit ainsi ça n’est pas très compliqué. Cependant, contrairement à Beyrouth, la moto pour l’examen nous est imposée. Il y en avait deux sur lesquelles on a pu s’entrainer, une lourde avec un autocollant Chelsea et des problèmes électriques au démarrage. Une autre bleue avec un guidon de biker très désagréable et sans frein. Chacune avait des défauts et l’on n’avançait pas tellement sereinement pour l’examen. Voilà des mois que je ne m’étais pas assis au guidon d’un deux roues. Je fus appelé en premier des « Tei » les étrangers car tous les locaux passaient avant. Après une hésitation je me suis lancé. J’ai fait mon parcours et à la fin j’ai entendu « Thi dat », qu’on pourrait traduire par « validé ». L’examen de conduite se passe sur 100 points, cinq points en moins par faute. En signant la feuille j’ai constaté que j’avais fait trois erreurs, 85. Qu’importe l’essentiel était là. Dans deux semaines j’aurais officiellement ma carte de permis et d’ici là je ferai contrôler ma petite pétrolette. Je vais pouvoir explorer la ville sous un autre jour, plus loin, plus vite et finalement, me voilà en avance sur le planning imaginé. Je prendrais le temps de choisir quelle sera ma monture mécanique, à présent que je peux le faire je n’hésiterai pas.

Je rongeais un peu mon frein de ne pas pouvoir utiliser la moto de Zai que j’avais acheté, mais je voulais le faire de manière légale, ravi de voir que j’ai bien fait de patienter. Il ne me reste qu’à finir mes bulletins et après je pourrais dire ce début d’année vietnamien, bien que chaotique par certains aspects, sera plutôt réussi. Deux semaines avant les congés de Noël et ici je ne ressens pas le mois de décembre, ni la météo ni l’atmosphère me font penser à Noël mais ce n’est pas grave, je vais le découvrir sous les tropiques.

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