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XXXIV. Routine, maillot et désespérance.

24 Avril 2022 , Rédigé par Pereg

Dimanche début d’après-midi, posé à l’appartement, j’ai chaud. La chaleur n’est pas encore à son maximum que je transpire déjà à grosses gouttes à juste être. Je partirai au football tout à l’heure après quelques dimanches où je n’y étais pas allé. Ça va me faire du bien de courir un peu malgré la chaleur ambiante, j’ai besoin d’éliminer les toxines que la nuit m’a offert. Quand je suis sorti hier en tout début de soirée, j’ai rejoint Justine et Greg chez eux avant que l’on aille à l’anniversaire d’Odelin. Petite discussion au calme, et on filait rejoindre le groupe. Odelin n’avait pas grillé la surprise. Petit repas végé au calme et à dix heures nous nous quittions. Je n’avais pas envie de rentrer.

J’ai donc pris le chemin du W2M un bar que j’apprécie. J’y ai retrouvé mon équipe de Gaélic pour un concert fort sympathique. A peine 11h sonnaient que la police est arrivée pour fermer le bar. Etonnant. Avec John on a filé au Fig Tree. J’ai eu le plaisir de retrouver Jeanne, et d’autres connaissances francophones, mais surtout je suis tombé sur Stéphanie que je n’avais pas vu depuis le réveillon du premier de l’an. Il était un peu plus d’une heure je pense quand la police est arrivée pour fermer ce bar là aussi. On est donc parti à Teta. En arrivant là-bas j’y ai croisé mes sud-africains préférés, comme un symbole. Je ne peux pas faire une longue soirée sans avoir le plaisir de leur compagnie. A trois heures après un shot de Jaeger, on a décidé de finir à Dockers. Il était cinq heures quand nous avons décidé de rentrer. J’ai eu le plaisir de traverser le pont sur mon grab, juste souriant au vent. Ce sont des moments comme celui-là qui me dire que je suis bien à place. Au bout d’une jolie nuit de danse et d’alcool, de fête et d’amis, cette vibration humaine est ce qui fait le charme de ma vie. Ici ou ailleurs, je suis bien à ma place.

La semaine a apporté un autre plaisir non dissimulé. Je n’avais pas fait classe pour un groupe entier depuis le 28 février 2020, je peux effacer cette date de mon calendrier scolaire. Mais le plus cool, c’est que ce n’était pas juste une semaine, mais que demain et la semaine suivante, ce sera aussi le cas ! C’est ça qui est le plus cool, de savoir que l’on reprend peu à peu le rythme et que l’on va garder cette routine. Bien sûr l’adaptation à ce nouvel emploi du temps n’est pas si aisée. La pause méridienne est très courte, les journées sont intenses mais c’est si plaisant de reprendre un peu de normalité dans le travail. Il me faut anticiper, jauger de la quantité de travail, du rythme car ils ne sont plus habitués. La plupart de mes élèves étaient en dilettante sur le travail à distance et je peux les comprendre. Là, il faut se concentrer de 8H30 à 14h45, ça n’est pas simple. Mais ils sont aussi contents de se retrouver. L’école était le dernier lieu fermé de la ville, cette interdiction a été levée. Si l’on pouvait enlever les masques… ce serait comme de rien. Quand on voit ce qui se passe à Shangaï, nous ne sommes pas à l’abris d’un retour aux extrémités, mais quand même, je profite de cette routine et du retour à une relative normalité. Entre la reprise du vietnamien, de l’escalade et du gaélique, j’ai eu ce que je voulais.

D’ailleurs, jeudi soir à l’entrainement, nous avons été filmés, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite mais la télé locale faisait un reportage sur ce sport encore méconnu pour de trop nombreuses personnes. Je ne sais pas si je rendrai bien à l’écran mais le partagerai avec plaisir. A la fin, nous avons récupéré nos maillots commandés quelques semaines plus tôt. Je suis déjà bien intégré à mon équipe au ¾ irlandaise, mais le fait de recevoir mes maillots noirs et rouges à ajouter au plaisir de faire parti de ce groupe. Je me suis fait la réflexion hier soir cependant que ce ne sont pas encore mais amis, mais je ne doute pas que les choses se feront au fur et à mesure.

Bien sûr, depuis quelques semaines, mon regard reste tourné vers la France et l’élection présidentielle. Ce second tour a eu raison de moi. D’abord je n’ai pas eu envie de voter, puis j’étais presque résolu a voté blanc suite au premier tour... Mais je me suis dit que j’allais écouter les candidats, les écouter sérieusement et lire leur programme. Macron ne m’a pas convaincu, mais pas du tout. Le seul sujet sur lequel je le trouve cohérent est l’Europe. Pour le reste je n’y crois plus. Marine Le Pen, je l’ai écouté, je l’ai lu et je l’ai regardé. Elle a eu raison de moi. Son discours paraît cohérent, mais il me débecte. Il est flippant, et extrême. Tout simplement à vomir. Alors que j’hésitais, elle m’a convaincu de voter contre elle. Elle a réussi à me prouver qu’il fallait lui faire barrage.

Je ne sais pas si je serai encore réveillé à l’heure du résultat ce soir mais j’espère malgré tout que les Français feront le bon choix. Il est dur, il est violent et lui redonner cinq ans ne me plait pas. Mais elle est le chaos. Et moi, serviteur public, je devrai la représenter. Non impossible.  Si mes yeux se ferment je le saurai à mon réveil. Être ici amène aussi des contraintes, on va donc faire avec. Je coupe abruptement. Je lâche le pc, petite lecture sur le balcon à présent, c’est dimanche et tout va bien !

Viet Celt!

Viet Celt!

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XXXIII. Déception présidentielle, Tam Coc et reprise

17 Avril 2022 , Rédigé par Pereg

Tam Coc et environs
Tam Coc et environs
Tam Coc et environs
Tam Coc et environs
Tam Coc et environs

Tam Coc et environs

Dimanche matin, je ne suis pas encore prêt pour demain mais j’ai besoin de poser les choses ce matin avant d’enchainer pour cette rentrée qui ne porte pas son nom. En effet, demain, lundi 18 avril, je reprends en présentiel complet, de 8h30 à 14h45. Ça me semble fou et à la fois c’était devenu inévitable car la vie a repris pleinement à Hanoï. Oui, voilà quinze jours de vacances bien utilisés. Alors cette reprise qui est la mienne me questionne. Voilà plus de deux ans que je n’ai pas eu mes élèves au complet en classe avec moi. Demain comme une forme de conjuration, comme un presque retour à la normalité, presque car les masques sont toujours de rigueur, mais l’école reprend.

Je ne sais pas si tous mes élèves seront présents, mais ce qui est sûr, c’est que je vais arrêter avec le distanciel, je vais arrêter de me connecter en ligne matin et soir. Une fois que l’école fermera ces portes dans le milieu d’après-midi, je n’aurais pas à revenir faire une visio ou deux. Ce changement significatif de rythme ne peut que me faire du bien pour normaliser complètement ma vie vietnamienne. Je me suis beaucoup questionné cette année sur la poursuite ou non de mon aventure dans ce pays. Cette rentrée complète clôt ce questionnement même si au fond, mes déjà nombreux voyages dans ce pays allaient dans le sens de rester pour trois ans. Avec un travail qui reprend pleinement, s’achève une hésitation qui a trop longtemps perduré.

Mardi matin j’ai pris un minibus pour me rendre à Tam Coc, proche de Ninh Binh que l’on surnomme ici « la baie d’Ha Long terrestre ». Le décor est effectivement paradisiaque. Ce lieu a tout de charmant et j’y ai pris des photos magiques. J’en ai pris plein les yeux. J’ai apprécié aussi la solitude de ma semaine. Après une jolie semaine avec Fanny dans le nord, après un weekend de fête à Hanoï, me retrouver un peu seul était ce dont j’avais envie et besoin. Alors arrivé à mon hôtel banane, j’ai pris un vélo pour parcourir les rizières. Balades en barque, monté en haut d’un sommet pour un joli coucher de soleil. J’ai eu le plaisir de rencontrer Elodie, havraise d’à peine 30 ans qui réside à Bangkok et nous nous sommes retrouvés deux fois pour faire de petites visites ensemble. A un autre moment je me suis retrouvé avec Ley et Isabella, autrichiennes de vingt printemps parcourant l’Asie après avoir lâché leurs études. Elles m’ont impressionné de caractère et de motivation. Je n’ai pas osé à leur âge partir plus loin que l’Europe, je n’en avais même pas l’idée. C’est venu au fur et à mesure. Elles, n’ont pas hésité et se sont envolés pour le Vietnam comme j’ai pu aller à Varsovie. Le monde est vaste et les distances sont raccourcies mais leur aplomb et témérité est impressionnante. Ces rencontres éphémères c’est tout ce dont je souhaitais durant mon séjour à Tam Coc. Je ne sais pas si je recroiserais ces personnes un jour, mais leur compagnie momentanée fut plaisante.

Depuis mon retour à Hanoï, je me suis lancé peu à peu à nouveau dans le travail. Nous avons été prévenus durant les vacances uniquement pour cette rentrée de demain et il est donc nécessaire de consacrer une partie de mes congés à cette reprise. Pas de journée de pré-rentrée, une obligation de service. Certains peuvent trouver ça normal, mais c’est très très limite… En effet, selon les règles de l’AEFE nous aurions dû avoir le droit à une journée de préparation pour cette reprise. Le fait que les vacances aient eu lieu, il est donc indéniable que l’on compte sur la bonne volonté enseignante, et donc encore une fois sur notre éthique de travail pour que les choses soient en ordre. Cette décision a été prise verticalement et nous est tombée dessus. Sans négociation, sans dialogue. On vous dit et vous faites. C’est dommage, vraiment dommage. Car au lieu de faire de cette rentrée une joie, elle nous met en tant qu’enseignant, sous une forte pression. Après comme tous mes collègues, je ferai ce que dois, content ou pas n’est pas la question mais pour les élèves, encore une fois, nous ferons le maximum.

En parlant de pression, je ne cache pas ma déception après le premier tour de l’élection présidentielle française. Le seul programme qui me plaisait a échoué de peu à devenir un projet pour la France. Au lieu de ça, on se retrouve avec le même duel qu’il y a cinq ans. Déçu du macronisme et surtout de mon ministre de tutelle, je me retrouve contraint de devoir choisir entre eux, qui me répugnent, et un vote blanc. Car oui, j’ai écouté et lu le programme de Marine Le Pen. La préférence nationale, son idée de la reformation européenne, c’est à vomir et ça n’est pas nouveau. Ce ne sera donc pas un choix. Cependant de là à voter Macron… J’ai du mal à dire oui. J’ai du mal à le faire une nouvelle fois. Je ne dis pas que je ne le ferai pas, j’ai une semaine pour décider, en mon âme et conscience. Si je choisis de votre contre, ou si je laisse aux autres cette décision que je ne désire pas.

Alors que tout va bien j’ai l’impression de tenir un discours bien terne. En ce dimanche de Pâques où l’ensemble de la famille CALVAR se réunit, j’irai à un concert classique ce soir. J’ai découvert Hanoï sous un jour que je ne lui connaissais pas, vibrante, vivante, pleine de monde, pleine de sourires et de joie. C’est cette ville que je suis venu habiter. C’est cette ville que je ne suis venu découvrir et apprécier. C’est pour elle que je suis là. Alors que nous sommes mi-avril, j’ai un peu l’impression que mon séjour vietnamien ne fait vraiment que commencer.

Hanoï Hanoï Hanoï

Hanoï Hanoï Hanoï

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XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle

10 Avril 2022 , Rédigé par Pereg

17h30 : je démarre mon article de la semaine après avoir dormi tout d’après-midi. Ce dimanche est en complète dérégulation, un peu hors de temps. Ma journée n’a commencé que vers 6h30 du matin quand j’ai traversé le pont Long-Bien pour rentrer après une soirée animée. Je suis allé à un concert à 21h, je ne suis pas rentré après cette musique, une bière puis une autre, puis des jeux vidéo et la nuit a défilé. Je suis sacrément décalé. Mais ce soir, j’attends 1h du matin avec impatience.

 Cet horaire correspond à 20h en métropole, soit l’heure H pour dévoiler les deux candidats retenus au second tour de l’élection présentielle. J’ai voté par correspondance, toujours dans mon bureau de vote de Vannes car j’ai fait ma procuration. Jamais je n’ai loupé une élection car j’ai toujours pu voter de loin grâce à mes parents. Cette fois-ci, une première depuis longtemps, j’ai eu du mal à me décider… J’ai eu vraiment du mal à me décider. Le président m’a déçu par ses cinq dernières années, avec son ministre de l’Éducation. Tout se qui se trouve à la droite de Jupiter était déjà exclu. Roussel m’a plu un temps, s’il n’avait pas fait sa campagne que sur des mesures nationalistes et de gastronomie. Hidalgo out depuis le presque début, il ne restait finalement que Jadot et Mélenchon. De base, je préfère le premier et la sensibilité verte m’aurait orienté vers Jadot. Mais sa campagne avec ses prises de paroles sur des terrains d’identité et de police l’ont discrédité. Bien que l’homme me gène énormément, le programme des Insoumis, renommés Union Populaire est plutôt bon. D’un militantisme social, vert et féministe. On pourrait le qualifier de simplement d’engagé. Je me suis donc résolu à faire le seul choix de gauche qui pouvait aller au second tour, en espérant que la droite des chats restera à quai. Elle passe pour presque douce avec le pion de Bolloré plus extrémiste qu’elle. Flippant. Pourtant, malgré une désillusion générale de la politique, je ne me voyais pas ne pas voter. Je ne me voyais pas ne pas faire ce geste, quand encore dans le monde, si peu de personnes en ont la possibilité…​​​​​​​

une carte pour suivre le périple

une carte pour suivre le périple

Vendredi 1er avril à minuit, vacances, je me suis rendu au sud de la capitale pour rejoindre le bureau des bus Saoviet qui allaient me permettre de rejoindre Sapa avec Fanny. Départ du trek ! En effet, on en avait parlé déjà en février et on l’avait validé depuis. Faire un long trek ensemble autour de la ville du nord. Ma seule condition, marcher jusqu’au sommet du Vietnam, le Fansipan ! Je découvrais le programme peu à peu. Le but était de marcher plus de quinze kilomètres par jour et de s’arrêter dans des « homestays » tenus par l’une ou l’autre des minorités peuplant les villages autour de Sapa. Après des banh cuon pour petit déjeuner à 6H30, Cô, notre guide, une Hmong noire est venue nous rejoindre et l’on a directement démarré, direction Ta Phin ! Cette première journée fut pour moi une grande découverte. En effet, je n’avais pas imaginé l’état des chemins dans un pays où l’humidité est la norme. Les chemins sont pleins de boue. Chaque pas s’accompagne d’un son caractéristique et d’une fatigue plus importante. « Attention ça glisse », voilà ce que répétait Cô à longueur de journée. Mon sac à dos bien qu’intéressant était significativement trop lourd. Alors avec mon gabarit pour marcher sur les bords de rizières, ce ne fut pas de tout repos. Les choses changèrent dès le lendemain car on avec un bâton je pouvais m’équilibrer bien plus facilement. Le premier soir un bain d’herbes pour se remettre du premier jour.  Au lendemain, direction Giang Ta Chai. Le soleil fut de la partie et les chemins commençaient à sécher. C’est pour cette possibilité que l’on avait choisi cette période, grand bien nous a pris. Le soleil a rayonné tellement que j’ai eu d’énormes coups de soleil dès le dimanche. Je me suis donc couvert intégralement pour le reste de la randonnée.

quelques photos...
quelques photos...
quelques photos...

quelques photos...

Au troisième jour, le lundi, nous sommes allés voir la queue du tigre, le sommet au bout de la vallée, sans les sacs cette fois-ci, on les a déposés chez la nièce de Cô à Su Pan. Ce fut un régal, libérer du poids du sac, je me suis senti comme un cabri. De belles images, et puis une respiration pleine et entière, loin de la ville, loin du travail, voilà ce que l’on était venu chercher. On le trouvait. On a dormi dans le village de Hang Da, où vivent les parents de notre guide. Le lendemain en repartant, nos sacs ne nous accompagnent pas non plus, car ils se rendent directement chez notre guide où nous passerons la nuit. Nous, nous continuerons à marcher, de montées en descentes, de rizières en forêt de bambous, de chemins secs en chemins boueux. Je ne l’ai pas écrit avant, mais j’ai chuté à de nombreuses reprises, ou plutôt j’ai beaucoup glissé. A droite à gauche, un pas trop appuyé dans une flaque, un pied dans la rizière, une descente sur les fesses. De Lao Chai à Cat Cat pour notre cinquième jour, nous reprenions, le sac, délesté de ce qui ne nous serait pas utile pour les trois jours restants. Un passage dans la fête d’inauguration dans une maison voisine, on nous a servi du coca cola chaud, boisson de choix pour cette minorité. Chaud, car pas de réfrigérateur joint à l’habitude de boire chaud. Ils n’aiment pas les bulles. Cette dernière journée avant de s’attaquer au sommet du pays fut la randonnée la plus longue, 18km ou presque. Mais surtout une fin à presque 19h. J’ai senti à ce moment-là que j’avais poussé un peu le bouchon. La soirée avec le guide qui nous expliquait le chemin qu’on allait prendre…

XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle

On arrivait jeudi matin à ce pourquoi je m’étais engagé. Vaincre le Fansipan, le sommet de toute l’Asie du Sud-Est, cumulant à 3143m. on est parti à 9h et dès le matin je ne me sentais pas au mieux. La journée le confirma, un ventre en morceaux, une fatigue avancée, cette randonnée de 10km seulement mais une pleine ascension fut rude. Très rude. J’ai hésité à renoncer, dans ma tête la question a tourné. Mais pas après pas, heure après heure, j’avançais, jusqu’à 16h, avoir le guide qui me dit qu’on voit le refuge ! Mental gonflé à bloc, je poursuis et une heure à peine plus tard, j’étais au refuge. Si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi. Car hormis un toit, pas de fenêtres, pas d’eau, pas de toilette, pas de quoi cuisiner. Notre guide et le porteur nous ont servi un repas royal malgré nos conditions plus que spartiates. 2 degrés durant la nuit, on s’est serré dans nos sacs de couchages et nos multiples épaisseurs. A 21h, je dormais. La nuit fut courte, mais j’ai réussi à récupérer malgré des courbatures et des crampes.

4h30 au petit déjeuner, des nouilles instantanées à l’eau de la rivière, oui on a fait mieux, mais j’étais d’attaque pour la suite et la fin de l’ascension. 5h30 on a démarré, le soleil pointait son nez à l’Est. La vue était superbe. 7h30, pour la première fois, nous avons l’œil sur l’objectif. On aperçoit au loin le temple en haut du sommet, mais il faut une grande descente et une au moins aussi grande montée dans la dernière vallée. 9h30, on a rejoint les travailleurs au bas du temple. Ce moment-là fut rude. Il restait à peine 200 marches après toutes celles que l’on avait fait pendant deux jours. Chaque pas était super lourd, chaque respiration était pleine d’émotion. J’ai eu même limite les larmes aux yeux, car j’achevais ainsi mon périple de sept jours. On a posé les sacs pour conclure cette arrivée. Tout en haut, le guide nous a remis à Fanny et moi une médaille et un certificat de marche. On ne s’y attendait pas, mais c’était cool. Les gens nombreux autour de nous pouvaient être surpris, mais la plupart respectaient la démarche car eux, sont venus en téléphérique. Quelques photos plus tard on prenait un dernier repas tous ensemble et pour être sûr de ne pas faire de bêtise, je suis redescendu en téléphérique. Je ne voulais pas faire la marche de trop. De retour à Sapa, une douche et je me suis posé en attendant Fanny qui redescendait elle à pied.  Sunworld a privatisé le sommet du pays. Le Vietnam est un pays communiste avec une tendance capitaliste folle. Le sommet du pays est comme un parc d’attraction…

Après le trek au Népal, où je suis monté à 3660, je suis allé moins haut, mais plus longtemps, sept jours. Ce fut un relatif exploit mais je suis fier d’avoir réussi. J’aime le trek, j’aime marcher, je suis allé assez loin dans mon corps, dans mon mental, il me faudra d’ailleurs progresser, améliorer ma préparation, améliorer aussi ma perception et mon acceptation. On peut toujours faire mieux, je vais progresser, le Mont-Blanc, n’est pas encore à l’ordre du jour comme Jason, mais qui sait un jour ?  J’ai vécu plein de belles choses durant cette semaine, j’ai vu des paysages de folie, j’ai rencontré des gens formidables, j’ai vécu.

XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle
XXXII. Trek, minorités et élection présidentielle

Cependant il faut rester alerte et une conversation avec la Bosnie m’a permis de mettre les mots sur ce que peut provoquer un tel périple. Car oui, j’ai découvert des minorités, des Hmong noirs, les Zao, les Giay et les Tay, leurs costumes traditionnels, leurs maisons. L’électricité est très restreinte, l’eau courante n’est pas potable. Les repas que l’on nous offrait étaient considérés comme de luxe pour eux, car la viande n’était pas là à tous les repas. La production agricole de riz, de légumes et leurs animaux sont pour leur propre consommation. Cependant quand les Viets s’installent, ils privatisent les chemins et bloquent peu à peu les minorités. Eux, qui vivent du tourisme ont été durement touché avec le Covid, mais en plus, les resorts qui sont construits font semblant d’être locaux alors que ce sont des viets qui reprennent les codes et laissent les populations locales plus démunies encore. Le Liban m’a marqué avec sa crise économique et plus encore mais aussi la résilience de sa population. Ici la misère prend une autre forme, une discrimination forte. L’analogie peut-elle se faire avec les populations immigrées en France ? ... Ils ne se considèrent pas vraiment vietnamiens mais ils n’ont pas d’autres choix. Alors la meilleure manière de les aider, est de les aider à vivre, de les respecter et d’apprendre d’eux. J’espère l’avoir fait de la meilleure des manières. Profiter mais être conscient.

19h00 : je termine et la nuit est tombée, je vais rejoindre Hoan Kiem en marchant pour aller manger par là-bas avant, de découvrir à 1h les résultats. Demain, je déciderai de ce que je fais de ma seconde semaine de vacances, mais il est clair que je vais vouloir bouger à nouveau. Je suis de retour à Hanoï, les élèves seront bien de retour la semaine prochaine en classe alors ce sera intense. Il est donc primordial d’en profiter au maximum. Pura vida !

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